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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Entre Semnoz et Chéran IV

26 Août 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Suite de la conférence de Denis JORDAN, éminent botaniste Haut Savoyard,

conférence organisée par le Musée d'Histoire naturelle de Gruffy,

le 15 juin 2011 

 

 

Et nous voici au bord du Chéran

 

Le chéran

 

Le Chéran, coulant entre ses parois de molasse, est de belle qualité biologique : apparaît l’amélanchier à feuilles ovales, la potentille caulescente (P. caulescens) qui ancre ses tiges solidement dans une fente de rocher.


 Potentille caulescente :

AAA Pot cau

On y trouve aussi la globulaire à feuilles en cœur,


Globulaire à feuilles en coeur :

Glob cordifolia


l’épervière à feuilles embrassantes, la saxifrage paniculée (Saxifraga paniculata) et la fougère des fontaines (Asplenium fontanum),


Fougère des fontaines :

A asplenium fontanium

 le grémil pourpre bleu (Lithospermum purpurocaeruleum), que nous avons déjà rencontré dans le canton de Seyssel.


La hêtraie descend dans la ravine, avec l’if, la dentaire (ou cardamine) à 7 folioles (Cardamine heptaphylla), le cyclamen aux feuilles rondes (C. purpurascens), la sauge glutineuse, la gesse du printemps, l’ancolie, le lys martagon, la laîche digitée (Carex digitata), le polystic à dents sétacées (Polystichum setiferum), fougère qui pousse dans les forêts.

Et des orchidées aussi : céphalanthère à longue feuilles (Cephalanthera longifolia), néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis).


Cephalanthére à longues feuilles :

BCephalanthera longifolia 01

 

B Cephalanthera longifolia 02


Néottie-nid-d'oiseau :

B neottia nidus-avis 2 [1024x768]

B neottia nidus-avis 1 [1024x768]


Une petite pinède abrite la coronille émérus arbrisseau (Hippocrepis emerus), la céphalanthère rouge (C. rubra)


Cephananthère rouge :

cephal rubra

 

et le géranium sanguin. Deux plantes à fleurs protégées : le laser de Prusse (Laserpitium prutenicum – en Rh.-Alpes) et l’aster amelle (Aster amellus) protection nationale.


Dans le chaos du Chéran, on trouve des fleurs descendues de « là-haut », d’altitude : l’érine des Alpes et le saxifrage aïzoon ou saxifrage paniculé (Saxifraga paniculata).


Saxifrage paniculé :

AA Sax pan

 

S’y trouve aussi des fougères (Asplenium s.p.) et encore une fois, l’inule de Suisse ! Un arbuste, le saule blanchâtre (Salix laggeri) et avec lui au bord du torrent le pétasite (Petasites hybridus) et le chérophylle hérissé (Chaerophyllum hirsutum agg.).

 

Mais si des plantes descendent de la montagne, d’autres se servent de la voie naturelle de pénétration que représente le Chéran pour remonter et envahir : l’impatience de l’Himalaya, la renouée du Japon, (dont nous vous avons déjà parlé).

 

                                                            Jean GUHL

 

 

 

 

Vous trouverez un article et des photos de la renouée du Japon sur ce blog.


Le pont de l'abîme et le Chaos du Chéran :

Le pont fut édifié en 1888 par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Ferdinand ARNODIN. Il s'agissait alors de remplacer une passerelle qui se situait deux kilomètres en aval au fond de la vallée.

Cet ouvrage métallique est à suspension amovible, d'une portée de 72.60 m et culmine à 96 m au dessus du Chéran.

 

 

 

le chaos du Chéran


  Retrouvez l'histoire du pont de l'abîme sur le site :

 

 

photos.piganl.net/2010/abime/abime.html


et pour la balade, voyez ce plan car quand il fait chaud, c’est parfait !

 

balade Chaos du chéran 

 

Photos Nicole, Sylvie et Christianne


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L'orchis à odeur de bouc

19 Août 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties


Elle n’a pas été citée par Denis Jordan lors de sa conférence mais nous avons eu la chance de la  découvrir dans nos déambulations sur les chemins de Gruffy, sur un de ces talus de prairies naturelles, où se plaisent force orchidées. Parmi les Cephalantheras et les Gymnadenias, se «cache» une orchidée rare. Elle est localisée, inféodée à ces milieux secs menacés, ce qui rend cette espèce vulnérable :

 

himantogl hircinum 1

C’est l’orchis à odeur de bouc, Himantoglossum hircinum (L.) Spreng. 

 

himantogl hircinum 3

 

En fait, elle a du mal à se cacher car elle est haute de 30 à 90 cm voire 110 cm ! Son inflorescence mesure de 10 à 40 cm. Le lobe médian du labelle de sa fleur mesure de 3 à 8 cm, il est étroit et rubané, torsadé, d’abord blanc maculé de pourpre, il devient vert à l’extrémité, une merveille !!!


himantogl hircinum 2

 

 

L’Orchis à odeur de bouc a une cousine qui vit normalement plus au sud, dans les garrigues et les pelouses maigres de la zone méditerranéenne. Mais la cousine, très rare, veut voir du pays et remonte vers le nord depuis quelques années.

 

Himantoglossum robertianum 1

Nous l’avons aperçue sur les bords du lac du Bourget sur un talus ensoleillé.

 

Il s’agit de Barlia robertiana ou actuellement Himantoglossum robertianum (Loisel.) P. Delforg. 

 

Himantoglossum robertianum 3

 

Elle est plus petite et si la première a vraiment une odeur de bouc quand on la renifle de très prés, la cousine du Sud sent l’iris. Elle mesure de 20 à 50 cm, l’inflorescence mesure de 6 à 20 cm, le labelle trilobé allongé, rose lavé de vert ne dépasse pas 3 cm.

 

Himantoglossum robertianum 2

 

Cherchez-les, admirez-les mais surtout ne les ramassez pas et n’essayez pas de les planter dans votre jardin, elles mourraient !!

 

                                                                               Christianne

Photos de Nicole, Jacques et Christianne


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Entre Semnoz et Chéran III

10 Août 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore


Suite de la conférence de Denis Jordan – Musée de Gruffy 15 Juin 2011-

  

Nous voilà arrivés dans les zones humides :

 

Toutes les communes au pied du Semnoz ont des zones humides (sauf Gruffy – encore qu’il y a bien un petit marais de pente.....). Si Viuz possède beaucoup de petits marais/gouilles et de marais de pente, Cusy se targue de deux marais plus explorés : Meurat et les Mièges. Dans ces zones humides, une flore typique s’y développe, comme les formations de jonc à feuilles obtuses (Juncus tenageia).


 Ces biotopes très spécifiques sont mal connus et mal aimés du grand public :


« Ils hébergent des miasmes, des fièvres, des feux follets (méthane)  et des nuisibles (moustiques), sont un gâchis de terres potentiellement cultivables ou constructibles…… »


Cependant ils s’y trouvent de nombreuses plantes protégées (Rhône-Alpes) :

Le séneçon des marais (S. palustris) et le séneçon aquatique (S. aquaticus), l’œillet superbe (Dianthus superbus)


Dianthus superbus :

Dyanthus superbus


l’inule de Suisse (Inula helvetica) et l’épipactis des marais (E. palustris).  


Epipactis des marais

E pipastis palustris 3

 

Epipactis palustris 4


Dans un bas marais calcaire pousse la linaigrette à larges feuilles (Eriophorum latifolium)

 

eriophorum.latifolium

 

On y trouve aussi la grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris) et  le drosera d’Angleterre ou rossolis à longues feuilles (Drosera anglica) – à ne pas confondre avec Drosera rotundifolia qui pousse dans les marais d’altitude- et son hybride D.anglicaXrotindifolia.


L’utriculaire (s.l.) très minuscule et difficile à voir, a une floraison capricieuse et se nourrit par ses feuilles submergées et munies de vésicules, lesquelles piègent les microorganismes de l’eau. Elle n’a pas de racine !


Voici le trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata) aux fleurs blanches en grappe, qui n'a de trèfle que le nom et des feuilles à trois folioles,  le voilà

Menyanthes trifoliata

 

Menyanthes trifoliata 2

 

Menyanthes trifoliata 3

 

Il nous amène aux orchidées (une fois encore, mais pas les mêmes !!) le liparis de Loesel du marais des Mièges (protection européenne), l’orchis des marais (O. palustris – protégé Rh-Alpes).

 

Les marais exigent une certaine gestion sous peine de boisement assez rapide : le saule cendré, à la silhouette en boule si caractéristique, est le pionnier suivent ensuite divers buissons. Alors, le marais n’offre plus d’intérêt botaniquement et lorsque le solidage géant  (Solidago gigantea) apparaît, la mort du marais est imminente!


Solidago canadensis 002 Sentier du Chéran redimensionner

 


                  Jean GUHL


 à suivre........


Photos d'Isabelle, Jacques et Christianne.

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La lathrée écailleuse

4 Août 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

 

Dans son premier article concernant les milieux qui environnent le village de Gruffy décrits par Denis Jordan, Jean vous citait la lathrée écailleuse, voici quelques mots à propos de cette fleur un peu particulière :


Nous l’avons découverte au bord du Chéran en 2010 et l’avons retrouvée, fidèle aux noisetiers qu’elle parasite, en 2011. C’est normal car elle pousse de préférence dans les bois et les haies, aux bords des ruisseaux. Mais elle reste peu fréquente.

 

38 latrée écailleuse

Nom présent dans la flore de Coste : Lathraea squamaria Linné scrofulariacée (classification classique) ou orobanchacée (classification phylogénétique).


On l’appelle aussi clandestine écailleuse


 C’est une plante vivace, parasite de divers arbres en particulier noisetiers et aulnes et  parfois hêtres.

Elle vit à leur dépend car elle n’a pas de feuille et ne fabrique pas de  chlorophylle. Elle utilise des suçoirs qui sont fixés sur les racines de ses hébergeurs.

 

38 lathrée ec 1

 Elle apparaît en avril et mesure de 8 à 30 cm. Ses fleurs sont blanchâtres ou rosées, assez petites, inclinées, disposées en grappes unilatérales, elles produisent à maturation de  nombreuses graines globuleuses.

Sa souche souterraine, blanchâtre à écailles, munie de   suçoirs, met dix ans à produire sa première tige florifère.


39 lartrée ec 2

         Comme elle fleurit pendant la montée de la sève et disparaît ensuite, son hôte     souffre très peu.

 

Ouf, les noisetiers ne mourront pas et nous la retrouverons surement en 2012, au bord du Chéran ! Christianne

Photos Nicole et Christianne 

                                                                                        

 


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