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Encore une gymnosperme extra-ordinaire, le Gingko biloba.

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Il orne les rues de nos villes depuis quelques années. C’est la seule espèce actuelle de la famille des Ginkgoacées.  C'est une espèce panchronique (voir article précédent).

On appelle le Ginkgo l’arbre aux 40 écus...

Robuste, peu exigeant quant au climat, le Ginkgo biloba n’a pas seulement résisté à Hiroshima, il a résisté au temps : son ancêtre était présent il y a 250 millions d’années, avant l’apparition des dinosaures. Il est également présent au Jurassique (ère secondaire). S’il est sans doute le doyen de nos arbres, il est à feuilles caduques, caractéristique moderne. Notre cher Darwin l’appelait « fossile vivant ».

Son port hésite entre celui des conifères et celui des feuillus (branches peu ramifiées, rameaux très courts).

Ginkgo biloba

Ginkgo biloba

 

 

 

Sa feuille ne ressemble à aucune autre avec sa forme d’éventail, elle est divisée en deux lobes chez les arbres jeunes d’où son nom bi-loba.

Les variations climatiques du quaternaire ont sans doute eu raison de ses ancêtres en Europe et en Amérique. Aussi, il ne doit sa survie qu’à l’homme, contrairement à beaucoup d’espèces.

L’arbre est beau, il passe du vert tendre au jaune d’or. Le fait que cet arbre soit dioïque correspond au goût de l’alternative extrême-orientale (le Ying et le Yang….), cela a sans doute influencé le choix des jardiniers qui entretenaient les «espaces verts» des palais et des monastères d'Asie. Et c'est grâce à  la sagesse et à la patience des jardiniers chinois, il y a 3000 ans que le gingko est parvenu jusqu'à nous !

Ce sont ses belles couleurs et sa résistance à la pollution qui le font choisir par les paysagistes urbains contemporains.

 

Ginkgo biloba

Ginkgo biloba

Le ginkgo ne dissémine ni spores, (telles les fougères) ni graines (tels les plantes à fleurs ou les graminées) mais directement des ovules.

L’espèce est dioïque, c.-à-d. qu’il existe des individus mâles et des individus femelles. Au printemps, l’arbre femelle se couvre de gros ovules (3 ou 4 cm de diamètre) tandis que l’arbre mâle porte des fleurs mâles, de forme cylindrique, qui apparaissent en même temps que les feuilles.

Ovules de Ginkgo biloba

Ovules de Ginkgo biloba

Fleurs mâles de Ginkgo biloba

Fleurs mâles de Ginkgo biloba

L'ovule est couvert d'un tégument de couleur jaune-brun, charnu extérieurement et coriace intérieurement. Il possède une chambre micropylaire qui accueille le pollen dès le printemps. A l'automne, l’ovule tombe à terre mais la fécondation aura lieu en fin d'hiver. Un ovule fécondé par le pollen d'un plant de ginkgo mâle germera immédiatement, donnant naissance au printemps, à une jeune pousse, généralement située au pied du plant mère.

Ce mode reproduction met en évidence le caractère aléatoire de la survie du Ginkgo. En effet un évènement climatique néfaste à l’automne, en hiver ou au printemps peut détruire les chances du futur arbre.

 Le Ginkgo biloba, couleur d'automne

Le Ginkgo biloba, couleur d'automne

A noter :

L’ovule est lisse et attirant mais toxique, notamment la partie charnue du tégument, car elle contient de l’acide butanoïque, ce dernier est à l'origine de l'odeur de beurre rance que dégage l'ovule à l'automne lorsqu'il commence à se rider.

 

Propriétés médicinales :

Le ginkgo a de très nombreuses applications médicales (circulation capillaire, vasodilatateur, circulation veineuse, etc.) découvertes depuis plusieurs millénaires. Riche en flavonoïdes, l'extrait de feuilles de ginkgo est un puissant antioxydant.

Il permettrait aux personnes atteintes du syndrome de Raynaud de supporter le froid.

 

P.S. : on dit que le chignon des sumotori à la forme d’une feuille de Ginkgo

Encore une gymnosperme extra-ordinaire, le Gingko biloba.

Pour la petite histoire, le premier pied de Ginkgo biloba en France a été apporté par Auguste Broussonnet (1761-1807) qui l'avait reçu en présent de Sir Joseph Banks (1743-1820). Broussonnet le donna alors à Antoine Gouan (1733-1821) qui le planta au jardin des plantes de Montpellier en 1778. Il donna pour la première fois des ovules le 12 avril 1812. En 1795, une bouture prise sur ce ginkgo de Montpellier est plantée au jardin des plantes de Paris. Ces deux arbres sont toujours vivants à ce jour.

 

                                                                                   Christianne

 

Sources :

L’arbre qui a vaincu le temps de Pierre-François MICHEL, éditions du Félin

La botanique redécouverte Aline RAYNAL-ROQUES, édition Belin

Wikipédia

Publié dans Flore

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