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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Qui suis-je??? la suite

30 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Nous avons rencontrée récemment Cichorium intibus,  alias la chicorée sauvage, elle nous ramène à la plus importante

Cichorium endivia ssp pumulum, à savoir l’ENDIVE,

qui envahit nos rayons de légumes, dès les premiers froids venus ! Un paradoxe, car toutes les chicorées citées précédemment craignent les gelées !!! Elle nous ramène aussi au cœur géographique de cette histoire : l’Artois, le Hainaut et la Flandre.

 

La légende voudrait que dans les années 1830, années de troubles qui ont mené à l’indépendance de ce que nous appelons la Belgique, un paysan aurait dissimulé sa récolte dans sa cave (probablement de la barbe de capucin, déjà mentionnée en 1751 par La Chesnaye – et cultivée par la suite comme les champignons de Paris). Il eut la surprise de découvrir ce que les Flamands appellent WITLOOF (= feuille blanche)  -nom générique de semences d’endive maintenant-, ou CHICON, nom donné par les Chtis de notre Nord  (national et belge francophone).

 

Le premier cageot de ‘’chicons’’ fut vendu aux Halles de Paris en 1879 sous le nom « d’endives de Bruxelles ».

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Cela a donné lieu à une activité artisanale durant les mois d’hiver, jusque dans les années 1960-1970, en particulier dans le Cambraisie, d’où me vient l’histoire, activité à laquelle s’adonnaient les ouvriers d’usine et leurs familles, pour un revenu d’appoint souvent aléatoire. Ce qui était sûr, c’était la fatigue, les dos cassés, et les longues heures de travail en plein champ et dans les hangars, pour conditionner le produit !

 

Ces ouvriers, pour la plupart, ne possédaient pas de terres, et louaient donc des surfaces plus ou moins grandes, surfaces exprimées en « maincordées » - orthographe incertaine et à rectifier !

Quatre maincordées faisant environ 4000 m2.

Après avoir acheté la semence en Belgique, il fallait semer en faisant des « routes » (= des lignes) ; puis « démarier » (= éclaircir) ; puis « ligner » à la main, à savoir désherber aux premières chaleurs (si, si ! il peut faire chaud ! ).

 

Les lignes de cotes

Les lignes de cotes

Les racines (les « carottes » couleur brun clair) se couronnaient de « cotes », feuilles lancéolées et vertes (mais ces plants ne ‘’montent’’ pas – la main de l’homme a déjà sélectionné).

Après les avoir arraché fin septembre, on sépare feuilles et racines, en laissant un collet d’au moins 2cm pour préserver le futur bourgeon. C’est alors que commence le vrai travail et l’aventure du ‘’Chicon’’, plus ou moins fructueuse selon les cours de l’endive aux Halles de Paris !

Chicons

Chicons

On ramène les racines aux champs : elles sont mises « en couches »  (= jauges) généralement de 8 m x 2 m. Les couches sont creusées pour installer une tuyauterie qui forme le cadre (extérieur) sur une profondeur d’une trentaine de cm, puis la terre est « décaissée » (= creusée) à environ 20 cm de profondeur. Les racines  - on les appelle aussi chicons à ce stade !- sont repiqués bien serrés, par carrés ; on les recouvre d’un peu de terre et d’une couche de paille épaisse (80 cm à 10 cm) ; le tout est protégé des intempéries et de la neige par des tôles.

Chicons en jauge

Chicons en jauge

Le plus important reste à faire : installer la chaudière (feu au charbon) et ses deux réservoirs d’eau qui, une fois chauffée, va parcourir les tuyaux entourant la « couche » : la température de l’eau doit fournir une bonne chaleur aux chicons (20° environ), véritable circuit de chauffage central !

 

A maturité et selon les cours des Halles qui varient selon la météo ( !), on « découche », c'est-à-dire on sort les plants et les endives blanches sont cassées du chicon et apportées dans le local des éplucheuses (les femmes du voisinage s’entraident, solidarité des gens du Nord) : elles nettoient et mettent le "produit fini" dans de petites caisses avec du papier bleu, fermées par du fil de fer. Les couches pouvaient produire de 800 kg à 1200 kg d’endives.

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Les femmes étaient payées 100 fr de l’heure, l’équivalent de 20 carambars ! On pouvait gagner quelque argent, encore fallait-il «  découcher » quand le prix de l’endive allait grimper...

Le père de celui qui me raconte l’histoire n’a guère eu cette chance, et dans le village, il était connu pour cela !

«  Ah ! Le Père S. découche, l’endive va encore baisser ! » disaient les voisins.

Puis un jour sa femme a dit : «  ça suffit ! C’est trop de travail, on arrête ! ».

 

C’est la fin de l’histoire...  

 

Maintenant cette production se fait dans des serres, avec des installations ultra sophistiquées. Cependant, je me suis laissé dire que les amateurs gourmets, en quête des saveurs d’antan inégalées, paient fort cher la production - confidentielle- d’endives de plein champ......

                                                                               Jean

Endives de Bruxelles

Endives de Bruxelles

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Qui suis-je ?????

24 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran

Plante herbacée, j’égaye chemins et bords de routes de mes touffes bleu clair, à la belle saison.

Je suis une astéracée liguliflore très  commune ; et si mon habitus (= aspect, port) est un peu dégingandé, avec ma tige anguleuse aux rameaux divariqués, je porte haut (80cm – 100cm) et beau mes nombreux capitules bleu clair.

 

Mes feuilles supérieures sont lancéolées et sessiles, mais celles de la base en rosette sont découpées en lobes – avec le terminal un peu plus grand- ce qui leur donne de faux airs de feuilles de pissenlit.  

 

Je suis une rudérale mésophile qui n’aime guère les humus riches en azote, ni les fortes chaleurs ni les pluies : une bonne fille, quoi, sans grande exigence, bien que je me ferme l’après-midi et par temps pluvieux.

 

Je suis d’origine Euro asiatique et fais partie de l’environnement depuis fort longtemps : je fus, dit-on, domestiquée dans le Proche Orient vers 6000 ans avant J.C. et le papyrus d’Ebers (sorte de codex médical égyptien, 4000 ans avant J.C.) me mentionne déjà pour mes nombreuses applications thérapeutiques concernant l’appareil digestif !

 

Plus proche de nous, Dioscoride (1° siècle après J.C.) me préconise pour fortifier l’estomac, Galien, son cadet en médecine, (2° moitié du deuxième siècle), m’appelle « l’amie du foie » !

(Sainte) Hildegarde de Bingen, au 12° siècle, m’emploie pour faire un digestif.

 

Tout est comestible en moi, racine comprise, et mes propriétés digestives, apéritives, dépuratives (sans doute à cause de l’amertume de mon latex blanc) ont traversé les âges.

Et pour finir ce tableau, Jeanne Covillot m’a fait la vedette de sa 

 

« Clé d’Identification Illustrée des Plantes Sauvages »

 

puisque j’en orne sa couverture !

Qui suis-je ?????

Je suis, .... je suis,....            

 

Cichorium intybus ssp intybus !

Cichorium intybus ssp intybus
Cichorium intybus ssp intybus
Cichorium intybus ssp intybus

Cichorium intybus ssp intybus

Nom  bizarre puisque redondant !

Chichorium en latin  (du grec kichore) désigne une chicorée sauvage ; Intybus (dont l’origine suggérée serait syrienne, désignant une flûte, car ma tige est creuse comme cet instrument) est aussi en latin le nom d’une chicorée (voir Pline le Naturaliste). D’ailleurs, du temps de Charlemagne, on m’appelait INTUBA.  

 

J’ai connu, de par les siècles, une descendance très prolifique, auprès des humains, après moultes sélections – mais les OGM ne se sont pas encore intéressés à moi ?..... Quelques apparentées :

 

Cichorium spinosum L. : aux feuilles basales tendres et sans amertume sont mangées en salade par les Crétois (les feuilles supérieures sont épineuses, les capitules peu nombreux ; elle pousse sur des sols caillouteux et dans les fentes des rochers, voire même dans la phrygane (garrigue dégradée)

Chicorée de Crete

Chicorée de Crete

Cichorium endivia ssp divaricatum : toujours sauvage, dont les feuilles (jeunes) sont consommées en Grèce

Cichorium intybus variante foliosum : ou barbe de capucin, cultivée déjà des siècles en arrière.

 

Qui suis-je ?????

Les salades ‘’scarole’’, ‘’ frisée’’, ’’Trévise’’ sont des variétés cultivées, dérivées de C. intybus. Au passage saluons C. intybus ssp sativum, alias chicorée à torréfier (la racine) ou succédané du café.

Café et chicorée

Café et chicorée

 

                                                                 Jean

L'article ne s'arrête pas là.............à suivre

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Nuit de la chauve-souris au Musée de Gruffy.

18 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Généralités

samedi 29 août à 20h30 au musée à Gruffy,

 

dans le cadre de la « Nuit internationale de la chauve-souris »,

le Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy

vous invite à découvrir et observer

ces incroyables mammifères volants aux mœurs nocturnes,

souvent méconnus.

Une conférence, un petit film

et une sortie dans le village vous attendent !

Cette soirée sera animée par Christian DODELIN,

spéléologue du Spéléo Club de Savoie,

membre de la Société Française d’Etude

et de Protection des Mammifères.

 

Gratuit

Renseignements:

Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy

04 50 77 58 60 – info@musee-nature.com - www.musee-nature.com

Nuit de la chauve-souris
Nuit de la chauve-souris

Nuit de la chauve-souris

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Une boraginacée, Anchusa italica, buglosse azurée.

7 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Les boraginacées sont des plantes herbacées en Europe mais qui peuvent être ligneuses dans d’autres parties du monde.

Elles sont largement répandues avec une concentration autour du bassin méditerranéen.

Elles possèdent très fréquemment des poils rigides caractéristiques.

Les feuilles sont souvent entières, simples, alternes (rarement opposées), exstipulées (dépourvues de stipules). Les cellules des feuilles possèdent souvent des cristaux d’oxalate de calcium. Ces plantes contiennent souvent des alcaloïdes.

Les inflorescences sont le plus souvent des cymes*  unipares* scorpioïdes*.

Les fleurs sont généralement colorées en bleu mais la couleur peut varier en fonction du pH du sol (présence d'anthocyanes).

Elles ont 5 sépales soudés, 5 pétales soudés, généralement bleus, 5 étamines soudées à la corolle et 2 carpelles soudés

Les fruits sont des tétrakènes.

Je trouve le bleu de certaines boraginacées, profond, intense, particulièrement … réussi : la bourrache, les myosotis....

Aujourd’hui voyons une très jolie boraginacée Anchusa italica, la buglosse azurée, rencontrée à Montmélian fin mai.

Anchusa italica

Anchusa italica

Elle s’appelle aussi buglosse d’Italie, fausse bourrache, bourrache bâtarde.

- Plante vivace de 30-80 cm, hérissée de soies raides très étalées, à tige dressée, rameuse.

- feuilles oblongues et lancéolées, entières, les inférieures atténuées en pétiole, les supérieures sessiles.

Anchusa italica

Anchusa italica

- fleurs bleues ou roses, assez grandes, en grappes d'abord compactes, rapprochées en panicule terminale.

Anchusa italica

Anchusa italica

- pédicelles aussi longs que les sépales et les bractées linéaires-lancéolées, épaissis et dressés à la maturité

Anchusa italica

Anchusa italica

- Corolle 10-15 mm, à gorge garnie d’écailles saillantes, découpées en lanières filiformes réunies en pinceau  

Une boraginacée, Anchusa italica, buglosse azurée.

- carpelles grisâtres, dressés, 2 fois aussi longs que larges.

Écologie : bords des champs et coteaux calcaires, dans presque toute la France et en Corse, mais « occasionnelles » dans les Savoie.

 

*Cyme : inflorescence dont les ramifications se développent en donnant toujours naissance au même nombre d’axes.

*Unipare : toutes les fleurs sont du même côté de l’axe principal de l’inflorescence

*Scorpioide : cyme unipare recourbée d’un côté en queue de scorpion.

 

Christianne

Photos André Jacques et Christianne

Une boraginacée, Anchusa italica, buglosse azurée.
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