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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Différentes nuances de….blancs, en latin et grec de botanistes !

31 Janvier 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Comment nos chers botanistes ont-ils usé de poésie pour dépeindre l’arc en ciel de couleurs qui pare toutes les fleurs de nos campagnes et de nos montagnes, voila mon propos aujourd'hui. En tout cas, ils ont dû faire preuve de beaucoup de subtilité : ton, demi ton, quart de ton, dans toutes les couleurs, y compris le blanc, voici le challenge…

NB : L’adjectif d’espèce peut caractériser la couleur des fleurs mais aussi celle des feuilles.

Voyons le blanc justement. Il n’y a pas un blanc mais de multiples nuances de blanc. Blanc mat, blanc brillant, blanc cassé, blanc légèrement teinté de jaune, blanc verdâtre, blanc rosé, blanc presque gris etc….

 

Tout d'abord blanc pur, albus en latin. On rencontre de nombreux taxons à fleurs de couleur blanche dans la nature. J’ai l’embarras du choix dans mes photos. J’ai choisi mes préférées.

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc, ne semble pas présent en Haute-Savoie mais on le trouve en montagne, en Savoie et plus au sud. Jolis tépales à nervures dorsales rougeâtres.

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc
Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Dictamnus albus, le dictame blanc ou fraxinelle, c’est l’éclatante beauté du dictame qui a sans doute ébloui nos botanistes car il s’appelle blanc mais les pétales de ses jolies fleurs sont rosés, veinés de pourpre ! Ce taxon peu fréquent est protégé en Rhône-Alpes et PACA.

Dictamnus albus, le dictame blanc, fraxinelle, belle photo de Françoise.

Dictamnus albus, le dictame blanc, fraxinelle, belle photo de Françoise.

Petasites albus, pétasite blanc. Très fréquent et très modeste celui-ci, on le trouve au printemps dans les forêts et les lieux humides.

Petasites albus, pétasite blanc

Petasites albus, pétasite blanc

Même les violettes peuvent être blanches ! C’est Viola alba mais on rencontre, au printemps dans nos campagnes, deux sous-espèces (ssp) de violettes blanches :

Viola alba ssp alba, violette entièrement blanche, même l'éperon.

Viola alba ssp alba,

Viola alba ssp alba,

Et Viola alba ssp scotophylla, elle est blanche mais son éperon est violet clair.

Clic sur la photo pour voir les détails.

Viola alba ssp scotophylla

Viola alba ssp scotophylla

Autre nuance de blanc, blanc comme la neige, niveus. On trouve aussi nivalis ou nivosus.

Luzula nivea, luzule blanc-de-neige, une des plus grandes luzules ! Ses inflorescences légères et immaculées se balancent les longs des chemins de montagnes, au printemps.

 

Luzula nivea, luzule blanc-de-neige

Luzula nivea, luzule blanc-de-neige

Et blanc en grec ? C’est leukos.

Cette fois, ce sont les feuilles que qualifie l’adjectif d’espèce : Adenostyles leucophylla, l’adénostyle à feuilles blanches, (leukos, blanc et phylla vient de phullon, feuille en grec). Les feuilles de cette adénostyle sont blanches dessous.

Adenostyles leucophylla, adénostyle à feuilles blanchâtres.
Adenostyles leucophylla, adénostyle à feuilles blanchâtres.

Adenostyles leucophylla, adénostyle à feuilles blanchâtres.

Et blanc crème, Ochroleucus, (du grec okhros jaune pâle, leukos blanc) 

Trifolium ochroleucron, trèfle beige, un trèfle d’un jaune très pâle, presque blanc.

Trifolium ochroleucron, trèfle beige
Trifolium ochroleucron, trèfle beige

Trifolium ochroleucron, trèfle beige

Une autre racine latine qui a de nombreux dérivés, canus, gris blanchâtre ce qui donne subcanus légèrement gris, canescens ou subcanescens,  grisonnant ou couvert de poils gris (revoici des poils !) et aussi, incanus, blanchi par l’âge....

 

Senecio incanus, le séneçon blanchâtre qui pousse en montagne, dans les Alpes. Là aussi ce sont les feuilles qui sont blanchâtres.

Senecio incanus, séneçon blanchâtre, belle photo de Jacques.

Senecio incanus, séneçon blanchâtre, belle photo de Jacques.

Ou pâlissant pallescens, (pallere, pâlir),

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant qui pousse en montagne dans les Alpes et en Auvergne. Sa particularité, ses fleurs blanches ou rose pâle sont rabattues après floraison.

PS : l’adjectif palissant peut qualifier d’autres couleurs que le blanc.

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

On s'arrête là pour le blanc, la suite en couleur........

                                                                                    Christianne

 

Sources : Le latin au jardin, Diane  ADRIAENSSEN,  librairie Larousse.

     Flore Helvétique, édition Belin.

 

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Différentes nuances de…. Poils, en latin de botanistes !

14 Janvier 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Rassurez-vous, cet article n’est pas classé X !

Les différentes « nuances » de poils dont Dame Nature, créatrice « échevelée », s’est ingéniée à équiper la flore terrestre, ont titillé les botanistes.

En effet, l'aspect des poils est un caractère souvent important pour identifier une plante, il peut permettre de lui donner son nom latin. Les botanistes ont, de ce fait, utilisé tout un choix d’adjectifs, latins ou grecs latinisés, dans le but de décrire le système pileux de la flore.

 

L’œil peut être un outil pour apprécier un système pileux mais une bonne loupe, c’est beaucoup mieux.

Evidemment, certains taxons n’en ont pas, de poils, ils sont….......

glabres, glaber !

Mais aussi lisse, laevigatus, comme l’aubépine lisse, Crataegus laevigata (au fait, en latin les arbres sont du genre féminin, d’où la terminaison a de l’adjectif laevigata).

Différentes nuances de…. Poils, en latin de botanistes !

Revenons au système pileux …..

Il y a des taxons qui sont couverts de duvet, pubens, ou couverts de poils fins et courts, pubescens.

Il y a aussi ceux qui sont ont des soies, setaceus, (seta : soie de porc).

Achillea setacea,  achillée sétacée.

Achillea setacea, achillée sétacée, superbes photos d'André.
Achillea setacea, achillée sétacée, superbes photos d'André.

Achillea setacea, achillée sétacée, superbes photos d'André.

D’autres sont duveteux, pilosellus, ou à poils longs et doux, pilosus.

Hieracium pilosella, épervière piloselle

 

Hieracium pilosella, épervière piloselle

Hieracium pilosella, épervière piloselle

Oxytropis pilosa, oxytropis poilu.

Oxytropis pilosa, oxytropis poilu.
Oxytropis pilosa, oxytropis poilu.

Oxytropis pilosa, oxytropis poilu.

Il y a les mal-coiffés, hirsute, hirtus, ceux qui ont des poils en brosse, hirsutus, ceux à poils rudes, hispidus, d’autres à poils nombreux, longs et ondulés, villosus.

Hieracium villosum, épervière velue.

Hieracium villosum, épervière velue

Hieracium villosum, épervière velue

Les épineux spinosus (spina : épine) et les très très épineux spinosissimus, c’est le superlatif latin, comme en français, pour dire très très grand, on dit grandissime.

Circium spinosissimum, cirse très épineux.

Circium spinosissimum, cirse très épineux

Circium spinosissimum, cirse très épineux

Ne pas oublier les barbus, barbatus.

Campanula barbata, campanule barbue (féminin).

Campanula barbata, campanule barbue

Campanula barbata, campanule barbue

Ni les laineux, eriophorus (du grec erion, laine et phoros, qui porte)

Cirsium eriophorum, cirse laineux.

Cirsium eriophorum, cirse laineux.

Cirsium eriophorum, cirse laineux.

Et les tomenteux tomentosus  (tomentum : feutre)

Hieracium tomentosum, épervière tomenteuse

Hieracium tomentosum, épervière tomenteuse.
Hieracium tomentosum, épervière tomenteuse.

Hieracium tomentosum, épervière tomenteuse.

Des poils, un peu, beaucoup…., ceci n'est qu'un bref aperçu.

Merci à Jean pour son petit memo « latin, la faute à Linné » qui m'a remis les déclinaisons latines en tête.

Merci à Catherine pour son memo plein d’humour que j’ai maladroitement essayé de « plagier ».

Mais « Jamais sans ma loupe » est et reste le mot d’ordre des botanistes !!

 

                                                                            Christianne

 

Source : le latin au jardin, Diane  ADRIAENSSEN,  librairie Larousse

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Qui suis-je, épisode II, le retour du chocolat !

3 Janvier 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Qui suis-je, épisode II, le retour du chocolat !

Vous êtes-vous régalés de truffes, ganaches, orangettes et bouchées pralinées ?? On a tellement l'embarras du choix !

Revenons au cacaoyer, Theobroma cacao

 

Un peu de botanique……………..

 

Le genre Theobroma comprend 22 espèces, seules plusieurs variétés de Theobroma cacao sont cultivées pour la production.

Zones du monde où sont cultivés les cacaoyers, chaque couleur correspond à une variété différente.

Zones du monde où sont cultivés les cacaoyers, chaque couleur correspond à une variété différente.

Theobroma cacao, le cacaoyer, est un petit arbre (10 à 15 m mais taillé à 8 ou 10 m) à feuilles persistantes, de la famille des Sterculiacées, selon la classification classique, ou des Malvacées, selon la classification phylogénétique.

Cacaoyers

Cacaoyers

Il produit des fèves comestibles aux saveurs différentes suivant les variétés de cacaoyers. C’est à partir de ces fèves qu’on fabrique le cacao, le produit de base du chocolat.

Il pousse entre les deux tropiques, dans les forêts humides.

Les fleurs apparaissent toute l'année sur des renflements du bois de l'arbre, appelés coussinets floraux. Par conséquent, on trouve au même moment des fleurs et des fruits sur l'arbre.

 

 

Qui suis-je, épisode II, le retour du chocolat !

Les fruits appelés  « cabosses », sont de grosses baies allongées ressemblant à un petit ballon de rugby. Chaque cabosse peut peser jusqu'à 400 g pour 15 à 20 cm de long. 

Cabosses
Cabosses

Cabosses

Les cabosses contiennent de nombreuses graines (entre 25 et 75) regroupées en épis et appelées fèves de cacao, riches en amidon, en matières grasses et en alcaloïdes.

Chaque graine mûre est entourée d'une pulpe appelée « mucilage ». Il est blanc, aqueux et sucré et conditionne la fermentation nécessaire à la production du cacao marchand.

 

Contenu d'une cabosse
Contenu d'une cabosse

Contenu d'une cabosse

Après fermentation et séchage, ces graines ou fèves, sont torréfiées. La torréfaction, c'est-à-dire un chauffage de 140 à 160 °C pendant 20 à 30 minutes, permet le développement des arômes du cacao. On en retire les 50 % de graisse, que l'on appelle beurre de cacao, pour certains usages aromatiques et pharmaceutiques notamment.

Qui suis-je, épisode II, le retour du chocolat !

NB : Charles de l'Écluse et Tournefort avaient appelé le cacaoyer Cacao. Charles de Linné, qui s’éprend lui aussi du chocolat rejette ce nom « barbare » et va jusqu’à le baptiser du petit nom élogieux de Théobroma  du grec theo  dieu et broma nourriture, et qui signifie  « nourriture de Dieu ».

Un peu de biologie………………………….

 

Le chocolat est un aliment plus ou moins sucré produit à partir de la fève de cacao. Celle-ci est fermentée, torréfiée, broyée jusqu'à former une pâte de cacao liquide dont on extrait la matière grasse appelée beurre de cacao. Le chocolat est constitué du mélange, dans des proportions variables, de pâte de cacao, de beurre de cacao et de sucre. Le chocolat contient une grande quantité de substances chimiques antioxydantes (flavonoïdes, de la famille des polyphénols ou « tanins ») présentes dans les fèves de cacao. Ces substances possèdent de nombreuses propriétés.

Qui suis-je, épisode II, le retour du chocolat !

Le chocolat contient aussi des alcaloïdes dont la théobromine, substance responsable des effets bénéfiques de celui-ci sur notre humeur.

En effet, elle bloque les récepteurs de l'adénosine contenus dans le cerveau (tout comme la caféine et la théophylline). L'adénosine s'accumule dans le cerveau au cours de la journée et elle accentue l'envie de dormir. Lorsque la théobromine intervient, l'adénosine a moins d'action sur le cerveau.

 

Cependant, la théobromine n'a pas pour seule action de bloquer les récepteurs de la molécule d'adénosine. Elle augmente également la production de noradrénaline,  responsable de la « bonne humeur » d’un individu. La théobromine a donc un effet euphorisant chez la personne qui en consomme, cette molécule peut cependant être mortelle si elle est absorbée en trop grande quantité mais rassurons-nous, la quantité trouvée dans le chocolat est suffisamment faible pour qu'on puisse en toute sécurité en consommer.

 

La théobromine stimule aussi les influx nerveux (un peu comme le cannabis).

Par contre, l’organisme de nos amis les chiens est incapable d’assimiler la théobromine, ce qui peut provoquer chez cet animal de graves intoxications.

Chocolats

Chocolats

Le chocolat contient aussi du tryptophane, acide aminé nécessaire à la fabrication de sérotonine. La sérotonine est un stimulant naturel endogène qui nous procure un sentiment de bien-être. La question est de savoir si la quantité limitée de tryptophane dans le chocolat est suffisante pour obtenir un effet perceptible.

La viande, le lait, les œufs, les bananes, les kiwis, les abricots, les prunes, les ananas, les tomates, les graines de tournesol et les noix contiendraient proportionnellement beaucoup plus de tryptophane !

 

Enfin le chocolat c'est bon, noir ou au lait, avec des noisettes, des noix, des amandes, des liqueurs, de la menthe, que sais-je encore... Et ça, je ne sais vous dire pourquoi !

Ce sera tout pour aujourd'hui à propos du chocolat, j'ai lu aussi sur Internet, que le chocolat (noir) ne provoquerait pas de crise de foie, alors régalez-vous....

                                                                                       Christianne

Sources et photos : Internet

 

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Bonne année 2016...

1 Janvier 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Généralités

Nous laissons derrière nous l'année 2015 et ses drames

et entrons dans la nouvelle année plein d'espoir.

 

Toute l'équipe du groupe botanique de Gruffy

vous souhaite une année 2016 apaisée et

fertile, fertile en amours et amitiés, en rencontres et découvertes...

 

Bonne année à tous, chers lecteurs et chères lectrices

et merci de votre fidélité.

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