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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Fête de la Nature, dimanche 22 mai 2011

27 Mai 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties

 

 

Ce dimanche 22 Mai, le ciel hésitait entre la belle journée d’été et un temps plus orageux. Mais Zeus (Jovet, Jupin, Jupiter) décida de retenir ses foudres et son tonnerre et de laisser libre cours au char étincelant d’Apollon.

A l’heure où le commun des mortels s’arrache aux délices des bras de Morphée, quelle agitation dans la cour du Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy ! Une poignée de ces mêmes mortels montaient des tables tréteaux  et les recouvraient de nappes blanches : un remake du film « Un dimanche à la campagne » ? Pas du tout : c’était le Groupe Nature (botanique) de ce même musée qui mettaient en place les fleurs et plantes récoltées aux quatre coins de Gruffy, la veille (sans oublier les espaces plus élevées de la commune au Semnoz) pour la Fête de la Nature.


01 on installe

 

La crainte d’un éventuel orage fit monter un dais -avec bien des supputations et hésitations : comment enfiler les tubes ?- pour protéger des panneaux accrochés dans la cour.



Une collection invraisemblable de bouteilles et pots de confitures de toutes tailles fit son apparition pour séparer chaque espèce et l’exposer, après avoir été déterminée et avoir reçu la bonne étiquette (parmi les 1400 fiches aimablement prêtées par une association  de botanique amie) par celle qui reste la pierre angulaire du groupe (et même plus encore, en l’absence de Joanny cloué sur son lit d’hôpital) Sylvie SERVE ! Merci Sylvie !

 

03 Sylvie

 (Vous trouverez ailleurs la liste de toutes les plantes exposées).

 

07 Sylvie et Jean


A 12h45 il fallut les arracher à leur labeur et à leurs 150 espèces qui débordaient sur une table supplémentaire à côté du bassin. Le public allait arriver à partir de 14h et les participants aux autres  ateliers commençaient à débarquer.

 

Et voilà le résultat de leur travail!


09 l'expo

 

Rappel du programme :

 

- le sol, le cycle de la matière, la nutrition des plantes avec Bernard Baranger (naturaliste  photographe)

- la flore locale, son habitat, ses relations avec les insectes, (groupe botanique)

- les insectes, leur rôle dans la transformation de la matière avec Philippe Francoz et Kévin Gurcel (entomologiste)

- les oiseaux auxiliaires des arbres et du verger avec Bernard Chabert (LPO)

- la vie des abeilles, leur rôle dans la pollinisation avec Henri Gonard (apiculteur)

- à la nuit tombée, la découverte des papillons de nuit avec Philippe Francoz

 

 Le repas sous le « préau » ne fut pas un simple pique nique ! et rappela plutôt les agapes du dimanche à la campagne, avec bonne humeur et ambiance chaleureuse – ce qui  était vrai depuis le matin !

Les premiers visiteurs arrivèrent, il fallut bien mettre fin au plaisir de cette convivialité à l’image du beau temps.

 

11 A table

Dans l’après-midi, Mme le Maire nous fit l’honneur et l’amitié de faire un tour parmi les ateliers ; dommage que ses administrés ne fussent pas plus nombreux à avoir fait de même ! Mais la concurrence avec Apollon et son magnifique soleil – et aussi les nombreuses autres fêtes de la nature organisées ce même jour-  dépassait nos humbles capacités.

 

Ici on parlait vers de terre!

14

 

 

Là on parlait abeille!

 

15 Henri et les abeilles

 

 

Une photo de groupe s'imposait!


18

 

Vint l’heure de tout replier et les fleurs connurent le funeste sort des fins d’expositions (à part quelques bouquets pour accueillir une classe en visite au musée,  le mardi suivant).


Les plus courageux restant sur place pour participer à la « chasse aux papillons » (drap blanc tendu sous une lampe pour attirer les papillons) partagèrent pizza et restes et eurent droit à une démonstration de sourcier (et sa baguette) par Henri  Gonard : époustouflant, au point que l’on serait tenté de supprimer une voyelle dans le mot ‘sourcier’!


La fraîcheur et un petit vent du nord n’incitèrent guère les papillons à venir faire des rondes chatoyantes sur le drap blanc qui leur était tendu ! Un peu à l’image de la gent humaine.....


Voici tout de même un papillon nocturne, un Aglia tau ou Hachette, nom qui fait allusion au motif blanc qui orne chacun des ocelles de ses ailes. Nous l'avions photographié le 18 mai à …….. 14h ! (Il parait que c’est à cette heure là qu’il a rendez-vous avec sa promise !)

 

20 Aglia tau Hachette

 

Ce fut  une très belle journée et Joanny peut être fier de ses disciples ! Elle nous rappela  que nous faisons partie d’une longue chaîne.

Elle commence par les humbles ouvriers dans l’humus, ils contribuent à la croissance de tout ce qui pousse. Tout cela pour nous nourrir. C’est ce que Charles Darwin en son temps commença à arracher à une méconnaissance totale et un grand dédain : tout ce qui était sous terre « était sale et démoniaque ». N’oublions pas l’abeille représentante insigne de toutes les butineuses anonymes qui permettent aux plantes et aux arbres d’être pollinisés, ni les gardiens d’un équilibre entre toutes ces espèces que sont les oiseaux.

 

Montrons un peu plus de respect envers La Terre, que les grecs anciens appelaient Gaia, notre mère à tous, et envers celle qu'ils appelaient Déméter déesse des moissons, afin que ce que nous avons emprunté à nos petits-enfants soit encore digne d’eux.

 

                                                                      Jean Guhl

 

Retrouvez toutes les photos de la journée dans l'album "22 mai, fête de la nature"

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Montvernier-Montpascal (Maurienne)

17 Mai 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties

A propos de la sortie

à Montvernier-Montpascal,

 le 2 Mai 2011

 

Le 2 Mai fut une belle journée ensoleillée (et l’orage ne fit tomber que quelques gouttes tard dans la soirée). Nous sommes allés explorer la falaise granitique, en plein adret, de MONTVERNIER, que domine la chapelle de la Balme.

Nous «évitons » la via ferrata et préférons les 18 lacets de la route. Nous partons de la commune de PONTAMAFREY, sous la direction de Sylvie SERVE.


02 Pontamafrey

 

Nous remercions Sylvie chaleureusement de nous avoir fourni si patiemment son savoir et ses explications et de nous avoir sortis de notre « pré carré » de Gruffy afin de voir d’autres plantes, de ces xérothermophiles qui aiment tant la chaleur et les milieux secs voire steppiques.

 

Nous sommes sur la rive droite de l’Arc, à peu près au mitan de son cours dans cette vallée de la Maurienne, qui résulte de l’action des glaciers du quaternaire et a servi de voie de communication entre les deux versants des Alpes Savoisiennes. Hannibal serait déjà passé par là et bien d’autres avant et après lui !

L’Arc est une rivière torrentielle, impétueuse au lit rocailleux, qui décrit une grande courbe de 127 km jusqu’au Pont Royal où elle rejoint l’Isère et forme avec celle-ci la silhouette  de la « poule de Savoie » sur les cartes de géographie à grande échelle.

 01 la poule de Savoie

 

Les affluents de l’Arc ne sont pas moins fougueux et en particulier le torrent de la Ravoire (source sur les flancs du Grand Coin qui domine de ses 2730 m.). Ce torrent a causé bien des soucis aux habitants de PONTAMAFREY. Le sentier par le torrent était interdit ce 2 mai, à cause des risques de chutes de pierre. D’une longueur de 7,2 km et de pente moyenne de 29%, il collecte les eaux du bassin versant qui culmine au Grand Coin. L’érosion y est très active, comme en témoignent les ravines sous les crêtes et les nombreux glissements de terrain et éboulements au fil des ans. 

Les plus célèbres (si je puis le dire !) sont ceux de 1965 : cela débuta en mai par l’éboulement d’une superficie de 15 à 20 hectares sur une profondeur de 20 à 30 mètres (Bon Attrait) qui recouvrit routes et voie ferrée dans la vallée sous 2 mètres de déblais. Et cela continua plusieurs mois de cette année 1965 (jusqu’en septembre), au point de former un barrage de 3m de haut dans le lit de l’Arc, qui déborda en amont ! Il fallut évacuer PONTAMAFREY !

  En 2011, l’arrière du village de PONTAMAFREY est protégé par une digue ; la construction de barrages pour retenir boues et pierres, l’aménagement du bas du torrent de la Ravoire (cf. berges où pousse le pavot de Lecoq), la stabilisation de l’éboulement du Grand Coin (la dernière coulée significative date de 1978) tout cela semble écarter une catastrophe majeure... (Librement inspiré du RAIL SAVOIE PONTAMAFREY).

    

 

Les 18 lacets de MONTVERNIER mènent au vieux village de MONTPASCAL. Selon une tradition locale, consigné par Vernier, ce village n’était habité que dans la belle saison. Les habitants de MONTVERNIER et ceux du CHATEL y menaient pâturer leurs bêtes à partir des fêtes de Pâques, d’où son nom, (en patois : « mont pacal »).

03 les lacets 2

 

La tour carré du CHATEL, vue depuis le pré au débouché des lacets, donjon d’un château aujourd’hui disparu, est considérée comme le berceau de la famille de Savoie : Humbert 1er aux blanches mains y serait mort. L’autre château aux portes de la Maurienne, au-dessus d’Aiguebelle, bien plus stratégique, du nom de « Château de Charbonnières »- en ruines-, fut leur résidence durant 2 siècles.

 


03 la TOUR Chatel

La Chapelle de la Balme, ou Chapelle Saint Marin, fut reconstruite au 19 ème siècle sur l’emplacement de l’ermitage du saint : la légende veut qu’au VIII ème siècle le saint fut nourri de pain et de miel par les ours.  Il y aurait une trace de griffes d’ours... Autre légende du coin –nous sommes très près de St Jean de Maurienne- : au VIème siècle, une femme du nom de Thècle  (ou Tigre) rapporte d’un pèlerinage à Alexandrie des reliques de St Jean Baptiste et se retire dans une grotte : la Balme de Ste Thècle au dessus de St Jean.


 


04 Chapelle de la Balme

 

L’évêché de Maurienne fut fondé en 575 et on retrouve cette histoire hagiographique dans les armes de la ville : la main « bénissant » évoquant les reliques de St jean Baptiste.

Histoire reprise par Joseph Opinel (fils de taillandiers d’Albiez le Vieux) lorsqu’il créa en 1890 le fameux « OPINEL »  avec « la main couronnée » : la couronne symbolise le duché de Savoie. Le succès fut tel qu’il ouvrit une nouvelle usine à Cognin en 1916. Le musée de l’opinel se trouve à St Jean.

  

Mais nous étions venus découvrir des plantes et nous en  prîmes pleins es "mirettes"............et les appareils photographiques !

 



 

La reine du jour : le Fraxinelle (Dictamus albus), si élégant sur les rochers, dominait les précipices et le passant qui prend le temps de lever les yeux !


Fraxinelle 4

 


fraxinelle 3

 

Et puis les magnifiques ‘massifs’ de Laser siler (Laserpitium siler), aux feuilles glaucescentes et ombelles blanches évoquent les hauteurs méditerranéennes :


laserpitium siler 2

 

les cierges ‘drus’ des molènes (Verbascum) côtoient de haut quelques anthéricum à fleurs de lis (Anthericum liliago).


Et l’Alysson enflé (Alyssoides utriculata) !

Alyssoides utriculata

 

Les coussinets de saponaires roses (Saponaria ocymoides) jetaient des éclats de couleur, au gré de la brise dansaient les avoines (Avena sativa) et des tas de bromes (Bromus stérilis..).

 

Les armoises champêtres et communes rivalisaient entre elles. Les digitales n’étaient pas encore fleuries

Et les pastels des teinturiers (Isatis tinctoria) tenaient le haut du pavé! (mais vous le connaissez déjà!)

 

Les résédas –même Reseda luteola- restaient bien modestes  en comparaison.

réséda jaune 2 [

 

Et que dire des plantes plus modestes en taille, mais tout aussi intéressantes :

La centaurée du valais

La Buplèvre à feuilles rondes,

Le Stipe à  tige laineuse...

 

Même si nous étions repus de tous ces charmes (et de nourritures terrestres) au point d’être presque indifférents aux orchidées qui nous ‘attendaient en début d’après-midi, de nouvelles merveilles nous attendaient un peu plus loin :

 

la Tulipe de Montandré (Tulipa montisandrei), à la chapelle du même nom,


Tulipa montisandrei 1


  et l’Iris de Perrier(Iris aphylla) , PERRIER botaniste distingué de Savoie au 18ème siècle.


Iris aphylla

Et il y eut tant d’autres, entre 150 et 180  plantes, qui mériteraient toutes d’être mentionnées ! Alors tous à vos listes  et à vos photos.

                                                                 Jean GUHL


Merci à Françoise, Mireille, Nicole et André pour ces très belles photos et bien d'autres encore que vous pourrez retrouver dans l' album  Ah la Maurienne.

 

   

 

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Les jardins de l'Abbaye de Valloires

11 Mai 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

 

 

J’ai eu la chance de visiter fin avril un jardin extraordinaire en Picardie et je voudrais partager avec vous quelques  unes de mes découvertes.  

Ce jardin est celui de l’abbaye de Valloires, majestueuse abbaye cistercienne située au cœur de la vallée de l’Authie, dans la Somme.

« Créés par Gilles Clément, paysagiste de renommée internationale, les Jardins de Valloires recèlent plus de

5 000 espèces de plantes et d’arbustes essentiellement asiatiques.

Unique en France, cette collection est classée par critères décoratifs. Ce parti pris, résolument contemporain et pédagogique, associé à un remarquable niveau d’entretien, fait de ce lieu chargé d’histoire l’un des plus beaux jardins du pays ».

   

Nous visitons, accompagnés d’un guide botaniste jeune et passionné, le Jardin Régulier d’inspiration française.

Nous explorons le Jardin des Iles dit « à l’anglaise » et découvrons des sensations dans le Jardin des cinq sens.


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Nous admirons l’île d’or et le «bizzaretum» où nous retrouvons un vieil ami, l’arbre aux mouchoirs  

Davidia involucra. 

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La visite se termine dans l’ambiance paisible et rafraîchissante du Jardin des Marais.

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Une  roseraie mêlant variétés anciennes, sauvages et modernes  nous laisse imaginer ce que sera l’été, les rosiers n’ayant pas encore commencé leurs floraisons.

Exception en ce printemps précoce, nous avons la surprise de découvrir la célèbre et simplissime  rose de Picardie.

 

Elle est devenue au fil des ans l’emblème de cette région, le symbole de la paix retrouvée après la grande guerre, le symbole du renouveau. La chanson « Roses de Picardie » est née en 1916, de la rencontre d’un soldat britannique avec une habitante d’un village de la Somme : frappé par le contraste entre les combats terribles et la vision tranquille de cette femme prenant soin de ses rosiers, le soldat décide d’écrire un poème. Véritable hymne à la paix et à l’amour, le texte a ému toute une génération.


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  Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est de gravir l’échelle du temps dans le « Jardin de l’Evolution ».

Ce jardin installé sur un petit coteau, nous permet de parcourir le temps en gravissant des marches de schistes gris anthracite ; les différentes variétés de végétaux sont plantées selon leur ordre d’apparition sur notre planète. Evidemment ce parcours est très simplifié mais je trouve la démarche originale et intéressante.

06 evolution

Au commencement étaient les fougères et les prêles, l’évolution n’ayant pas encore « inventé » les fleurs.

Equisetum hyemale, prêle d’hiver

08 preles

Puis apparurent les conifères et le célèbre et mythique Ginkgo biloba, l’arbre aux quarante écus, C'est la plus ancienne famille d'arbres connue, puisqu'elle serait apparue il y a plus de 270 millions d’années. Elle existait déjà une quarantaine de millions d'années avant l'apparition des dinosaures !

Voici sa feuille, « squattée » par une araignée du XXIème siècle.

10 gynko

Nous découvrons ensuite différents magnolias et des renonculacées aux couleurs chatoyantes, nouvelle stratégie de Dame Nature pour assurer la reproduction  des espèces : fleurs colorées et parfumées.

Magnolia de Chine : Magnolia sinensis

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Anémones en fleurs et en fruits :

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Les paysagistes du jardin ont choisi de présenter ensuite les apiécées, évolution oblige,  et l’une de leurs plus impressionnantes représentantes, la berce du Caucase. Lors de notre visite, elle ne mesurait que 70 cm environ, on sait qu’elle va atteindre près de 4 mètres en juillet, imaginez ses ombelles (50 cm de diamètre) !!. Les jardiniers sont très attentifs à la « maîtriser » nous dit notre guide, car vous connaissez sa dangerosité (nous vous en reparlerons bientôt).

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 La visite à travers le temps se termine aux milieux des graminées, l’une des dernières inventions de Dame Nature.

l'évolution nous reserve-t-elle d'autres surprises???


Une autre plante mérite qu’on parle d’elle dans cette région, c’est le pastel des teinturiers, Isatis tinctoria, qui fit la richesse d’Amiens au moyen âge et que nous avons retrouvé dans ce jardin. En effet on extrayait de ses feuilles le bleu d’Amiens, qui colorait les draps et autres tissus de l’époque :


 « Au début du XIIIe siècle, période du règne de Philippe Auguste, Amiens vivait en pleine prospérité. La ville profitait de la proximité des  Flandres dont l'activité drapière était florissante. Mais c'était  le commerce de la guéde (ou waide en picard), ce fameux pastel des teinturiers, utilisé pour la teinture des draps et cultivé dans la région, qui assurait à la bourgeoisie amiénoise la base de sa fortune.

Amiens en avait le quasi-monopole et l'évêché d'Amiens participait à la prospérité générale. Les généreux donateurs ne manquaient pas et les ressources de l'évêché lui permettaient de financer le chantier gigantesque de la cathédrale. Les tailleurs de pierre ont su rendre hommage à cette brassicacée (quatre pétales) en ornant tous les porches de la cathédrale de semis de pastel »


05iSATIS TINCTORIA


 

Guirlande de pierre à l'image de l'Isatis


05 porches de la cathe

 J’espère vous avoir intéressé et rendez-vous pour un prochain article concernant la Picardie.


Si vous passez dans les environs :

                   Abbaye de Valloires 80120 ARGOULES

                  Téléphone : 03 22 29 62 33

                  E-mail : contact@abbaye-valloires.com

 

 

                                                     Christianne

Photos de Nicole, Marie Paule, Yvette et Christianne.

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L'asaret d'Europe

1 Mai 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

Au début du printemps, nos sous-bois recélent une fleur étrange, particulierement discrète.

Il faut parfois, pour l'apercevoir, enlever les feuilles mortes qui la cachent. Cette plante mystérieuse c’est l’asaret d’Europe «Asarum europaeum ». Les sous-bois des berges encaissées dominant le Chéran sont particulièrement riches de cette “aristolochiacée“.

 

Son nom scientifique provient du grec « asê » signifiant « dégoût », « nausée » (allusion à son odeur).


Botanique


L'Asaret est une plante vénéneuse et vivace aux feuilles arrondies sombres brillantes poussant dans la strate herbacée des bois et des forêts d'Europe.

Asaret 3


Sa souche et ses tiges sont longuement rampantes, semi-souterraines portant des rameaux aériens très courts et écailleux.

 

Ses feuilles sont vert-sombre, luisantes, réniformes, à long pétiole velu, isolées ou regroupées par paire, elles sont persistantes en hiver.


 

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Les Fleurs, situées à la base des feuilles, sont peu visibles, de couleur brun-pourpre à l'intérieur, brun-vert à noirâtre sur l'extérieur, solitaires, courtement pédonculées. Ces clochettes velues sont constituées d'un périanthe à trois lobes égaux.

 

 

Fleur d'asaret 2

 

Fleur d'asaret

Ses fruits sont des capsules globuleuses, dures, à 6 loges contenant chacune 2 rangées de graines creuses qui seront disséminées par les fourmis (myrmécochorie)*.


Particularité :


Toute la plante est velue et a une odeur âcre, poivrée à camphrée (voire nauséabonde). La fleur, quant à elle, rappelle la noix de muscade. La racine, elle, rappelle le niaouli.


«Asarum europaeum »   est présent en Europe centrale et de l’ouest,  surtout en climat montagnard, excepté la région méditerranéenne.

 

Asaret d'europe 2[1024x768]

Phytothérapie :


Cette plante fait partie des plantes médicinales utilisées dans la Grèce antique, les grecs s'en servaient pour soigner les affections rénales.

L'asaret dégage une odeur de camphre. C'est le rhizome (la racine) du nom de Rhizona asari qui est utilisé en phytothérapie. Il contient surtout une huile essentielle qui donne de l'asarone que l'on appelle aussi camphre d'Asaret. La plante possède un goût amer et elle contient d'autre part de l'amidon, de la résine et des substances bactéricides (inhibant la prolifération des bactéries).


Ses noms vernaculaires sont asaret (nom masculin), cabaret, oreille-d'homme. De manière secondaire et régionale, il est nommé oreillette, rondelle, roussin, herbe de Cabaert ou encore nard sauvage. Le terme «cabaret» évoquerait l'usage qu'en faisaient autrefois les ivrognes après leurs excès pour se dégager l'estomac, dissiper leur ivresse. La plante a en effet des propriétés vomitives.

Actuellement l'Asaret Europe est utilisé comme émétique (provoquant théoriquement les vomissements), diurétique et cathartique.

 


Propriétés
Lutte contre le catarrhe.
Diurétique.
Émétique.
Anti-inflammatoire des voies respiratoires.

Accessoirement
L'Asaret Europe permet en théorie de lutter contre l'alcoolisme (cure de désintoxication). Il est toxique et donc susceptible, à forte dose, d'entraîner des problèmes gynécologiques et urinaires. L'Asaret d'Europe est particulièrement dangereux pendant la grossesse.

 

asaret 1

 

                                                              Joanny Cuillerat

 

* vous vous rapellez ? La myrmécochorie .........


c'est le fait pour une plante de favoriser le transport de ses graines par le biais des fourmis. voir hellébore fétide.

Photos Nicole et Christianne

 

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