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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Montvernier-Montpascal (Maurienne)

17 Mai 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties

A propos de la sortie

à Montvernier-Montpascal,

 le 2 Mai 2011

 

Le 2 Mai fut une belle journée ensoleillée (et l’orage ne fit tomber que quelques gouttes tard dans la soirée). Nous sommes allés explorer la falaise granitique, en plein adret, de MONTVERNIER, que domine la chapelle de la Balme.

Nous «évitons » la via ferrata et préférons les 18 lacets de la route. Nous partons de la commune de PONTAMAFREY, sous la direction de Sylvie SERVE.


02 Pontamafrey

 

Nous remercions Sylvie chaleureusement de nous avoir fourni si patiemment son savoir et ses explications et de nous avoir sortis de notre « pré carré » de Gruffy afin de voir d’autres plantes, de ces xérothermophiles qui aiment tant la chaleur et les milieux secs voire steppiques.

 

Nous sommes sur la rive droite de l’Arc, à peu près au mitan de son cours dans cette vallée de la Maurienne, qui résulte de l’action des glaciers du quaternaire et a servi de voie de communication entre les deux versants des Alpes Savoisiennes. Hannibal serait déjà passé par là et bien d’autres avant et après lui !

L’Arc est une rivière torrentielle, impétueuse au lit rocailleux, qui décrit une grande courbe de 127 km jusqu’au Pont Royal où elle rejoint l’Isère et forme avec celle-ci la silhouette  de la « poule de Savoie » sur les cartes de géographie à grande échelle.

 01 la poule de Savoie

 

Les affluents de l’Arc ne sont pas moins fougueux et en particulier le torrent de la Ravoire (source sur les flancs du Grand Coin qui domine de ses 2730 m.). Ce torrent a causé bien des soucis aux habitants de PONTAMAFREY. Le sentier par le torrent était interdit ce 2 mai, à cause des risques de chutes de pierre. D’une longueur de 7,2 km et de pente moyenne de 29%, il collecte les eaux du bassin versant qui culmine au Grand Coin. L’érosion y est très active, comme en témoignent les ravines sous les crêtes et les nombreux glissements de terrain et éboulements au fil des ans. 

Les plus célèbres (si je puis le dire !) sont ceux de 1965 : cela débuta en mai par l’éboulement d’une superficie de 15 à 20 hectares sur une profondeur de 20 à 30 mètres (Bon Attrait) qui recouvrit routes et voie ferrée dans la vallée sous 2 mètres de déblais. Et cela continua plusieurs mois de cette année 1965 (jusqu’en septembre), au point de former un barrage de 3m de haut dans le lit de l’Arc, qui déborda en amont ! Il fallut évacuer PONTAMAFREY !

  En 2011, l’arrière du village de PONTAMAFREY est protégé par une digue ; la construction de barrages pour retenir boues et pierres, l’aménagement du bas du torrent de la Ravoire (cf. berges où pousse le pavot de Lecoq), la stabilisation de l’éboulement du Grand Coin (la dernière coulée significative date de 1978) tout cela semble écarter une catastrophe majeure... (Librement inspiré du RAIL SAVOIE PONTAMAFREY).

    

 

Les 18 lacets de MONTVERNIER mènent au vieux village de MONTPASCAL. Selon une tradition locale, consigné par Vernier, ce village n’était habité que dans la belle saison. Les habitants de MONTVERNIER et ceux du CHATEL y menaient pâturer leurs bêtes à partir des fêtes de Pâques, d’où son nom, (en patois : « mont pacal »).

03 les lacets 2

 

La tour carré du CHATEL, vue depuis le pré au débouché des lacets, donjon d’un château aujourd’hui disparu, est considérée comme le berceau de la famille de Savoie : Humbert 1er aux blanches mains y serait mort. L’autre château aux portes de la Maurienne, au-dessus d’Aiguebelle, bien plus stratégique, du nom de « Château de Charbonnières »- en ruines-, fut leur résidence durant 2 siècles.

 


03 la TOUR Chatel

La Chapelle de la Balme, ou Chapelle Saint Marin, fut reconstruite au 19 ème siècle sur l’emplacement de l’ermitage du saint : la légende veut qu’au VIII ème siècle le saint fut nourri de pain et de miel par les ours.  Il y aurait une trace de griffes d’ours... Autre légende du coin –nous sommes très près de St Jean de Maurienne- : au VIème siècle, une femme du nom de Thècle  (ou Tigre) rapporte d’un pèlerinage à Alexandrie des reliques de St Jean Baptiste et se retire dans une grotte : la Balme de Ste Thècle au dessus de St Jean.


 


04 Chapelle de la Balme

 

L’évêché de Maurienne fut fondé en 575 et on retrouve cette histoire hagiographique dans les armes de la ville : la main « bénissant » évoquant les reliques de St jean Baptiste.

Histoire reprise par Joseph Opinel (fils de taillandiers d’Albiez le Vieux) lorsqu’il créa en 1890 le fameux « OPINEL »  avec « la main couronnée » : la couronne symbolise le duché de Savoie. Le succès fut tel qu’il ouvrit une nouvelle usine à Cognin en 1916. Le musée de l’opinel se trouve à St Jean.

  

Mais nous étions venus découvrir des plantes et nous en  prîmes pleins es "mirettes"............et les appareils photographiques !

 



 

La reine du jour : le Fraxinelle (Dictamus albus), si élégant sur les rochers, dominait les précipices et le passant qui prend le temps de lever les yeux !


Fraxinelle 4

 


fraxinelle 3

 

Et puis les magnifiques ‘massifs’ de Laser siler (Laserpitium siler), aux feuilles glaucescentes et ombelles blanches évoquent les hauteurs méditerranéennes :


laserpitium siler 2

 

les cierges ‘drus’ des molènes (Verbascum) côtoient de haut quelques anthéricum à fleurs de lis (Anthericum liliago).


Et l’Alysson enflé (Alyssoides utriculata) !

Alyssoides utriculata

 

Les coussinets de saponaires roses (Saponaria ocymoides) jetaient des éclats de couleur, au gré de la brise dansaient les avoines (Avena sativa) et des tas de bromes (Bromus stérilis..).

 

Les armoises champêtres et communes rivalisaient entre elles. Les digitales n’étaient pas encore fleuries

Et les pastels des teinturiers (Isatis tinctoria) tenaient le haut du pavé! (mais vous le connaissez déjà!)

 

Les résédas –même Reseda luteola- restaient bien modestes  en comparaison.

réséda jaune 2 [

 

Et que dire des plantes plus modestes en taille, mais tout aussi intéressantes :

La centaurée du valais

La Buplèvre à feuilles rondes,

Le Stipe à  tige laineuse...

 

Même si nous étions repus de tous ces charmes (et de nourritures terrestres) au point d’être presque indifférents aux orchidées qui nous ‘attendaient en début d’après-midi, de nouvelles merveilles nous attendaient un peu plus loin :

 

la Tulipe de Montandré (Tulipa montisandrei), à la chapelle du même nom,


Tulipa montisandrei 1


  et l’Iris de Perrier(Iris aphylla) , PERRIER botaniste distingué de Savoie au 18ème siècle.


Iris aphylla

Et il y eut tant d’autres, entre 150 et 180  plantes, qui mériteraient toutes d’être mentionnées ! Alors tous à vos listes  et à vos photos.

                                                                 Jean GUHL


Merci à Françoise, Mireille, Nicole et André pour ces très belles photos et bien d'autres encore que vous pourrez retrouver dans l' album  Ah la Maurienne.

 

   

 

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Foise 06/06/2013 18:44

Merci d'avance. Si vous parvenez à trouver un texte qui décrive les particularités de cet iris, ce serait un super dépannage, car là, je suis en rade avec mes images !

Foise 31/05/2013 16:44

Je suppose que Monsieur Eugène Perrier a rédigé un texte au sujet de cet iris localisé en Savoie et qu'il semble être le seul à avoir décrit et ne s'est pas contenté de donner son nom. Si vous avez
accès à un document, une description détaillée ce serait épatant de me l'offrir en partage.
Difficile pour les amateurs de comprendre ce nom aphylla.

Entre Semnoz et Chéran 06/06/2013 17:16



Je me renseigne et vous tiens au courant


A+ Ch*



Foise 28/05/2013 07:05

Hier,quelques iris étaient encore là pour mon objectif. Une observation que je dois comme vous à Sylvie.
Aphylla ??? Pas évident ! J'espérais trouver un texte sur les observations d'Eugène Perrier.

Entre Semnoz et Chéran 31/05/2013 14:04



Bonjour, quelle est votre demande au juste, je peux transmettre


Ch*