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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Les puces de neige

20 Janvier 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Faune

 

      Cela fait plusieurs années que lors de marches hivernales en raquette, dans nos belles forêts enneigées, nos accompagnateurs nous parlent de « puces de neige ». Au début j’ai pensé que c’était un gag pour touristes naïfs, du genre dahu, juste bon à nous faire mettre à quatre pattes dans la neige, à la recherche d’un insecte invisible. Souvent quand je disais « je n’en trouve pas » la réponse était « c’est normal il fait trop froid » ou «aujourd’hui il fait trop chaud ».

Mais la semaine dernière, je les ai vues et elles sautent vraiment. Petites « choses » noires, comme si on avait versé un peu de poivre moulu sur la neige, mais ce poivre là, il bouge !


 Notre guide nous a expliqué :

« Les puces de neiges sont des collemboles, petits insectes très primitifs qui n’ont pas d’ailes et dont certaines espèces sont équipées d’un appendice fourchu appelé furcula ou furca, qui leur permet de sauter comme une puce. Les collemboles que l’on retrouve sur la neige sont appelés Snow Fleas par les anglophones. Un autre organe spécifique aux collemboles est le collophore, ou tube ventral, qui sert à aspirer des liquides et à adhérer à des surfaces lisses. Il participe aussi à la respiration de l'insecte. La taille et la couleur varient beaucoup selon l'espèce. La plupart mesurent moins de 3 mm de long, mais certains peuvent atteindre 1 cm. On  voit les puces des neiges surtout à la fin de l’hiver, elles ont résisté au froid, engourdies et quand la température s'élève, elles s’activent et elles remontent du sol vers la surface».

 

J’ai cherché sur Internet, j’ai trouvé des photos, des articles, surtout de nos amis canadiens qui semblent en héberger beaucoup.

puce neige

 

N’ayant aucun savoir d’entomologiste, je réponds succinctement à quelques questions basiques dont j’ai trouvé les réponses sur Internet, je cite donc :


Qu’est-ce qu’un collembole ?

« Les collemboles sont de très petites bestioles à six pattes, qui ne présentent aucune métamorphose. Ces petits arthropodes sont très anciens, (dévonien, c à dire 400 millions d’années) ; de nombreux caractères primitifs ont motivé les spécialistes à ne plus les considérer comme des insectes ».

J’ai trouvé aussi :

« Nombre d'espèces au Québec : À ce jour, on a recensé 160 espèces de collemboles dans la province. Il y en aurait environ 500 au Canada. En Amérique du Nord, on compte 677 espèces réparties en 7 familles et il y a plus de 6 000 espèces réparties en 20 familles dans le monde. »

Impressionnant non !!

 

Est-ce que ces « puces » peuvent piquer les humains et les animaux ?

Le nôtre semble être le collembole nivicole qui, bien que sauteur, n’est pas une véritable puce et donc ne pique pas.

 

Qu’est qu’ils mangent, ces collemboles ?

Ces arthropodes consomment une grande variété d'aliments, dont principalement des champignons, des spores et de la matière végétale en décomposition.

 

Et qui les mange ?

 Comme tous les êtres vivants (ou presque), ils ont leurs prédateurs : beaucoup d’espèces de fourmis en raffolent.


Comment résistent-ils au froid ?

Sur le sujet rien de précis sur internet, alors si vous avez des « tuyaux » n’hésitez pas à faire des commentaires sur le blog. 

NB : les collemboles ne sont pas tous adaptés au froid, certaines espèces préfèrent la proximité des volcans!


Ils servent à quelque chose ? 

Comme tous les êtres vivants (ou presque), ils ont un rôle dans l'écosystème. 

 Les collemboles font partie de la faune des sols et sont un maillon essentiel dans la décomposition des végétaux. Ils se nourrissent de détritus verts (essentiellement de feuilles mortes) et de champignons. Munis de solides pièces buccales, ils peuvent broyer des matières relativement dures. Ils interviennent ainsi dans la fragmentation des déchets végétaux et facilitent l'action de biodégradation des bactéries ainsi que le processus de compostage.  

En Europe on trouve généralement de 50 000 à 400 000 individus par mètre carré de sol, on devrait donc en retrouver des quantités similaires dans les composts traditionnels (les lombricomposts ne sont pas concernés).

 

Pour finir, une photo de l’aspect général, cette partie noirâtre de la neige, à droite, n'est pas de la neige sale, mais une colonie de « puces de neige » :


Les puces de neiges


Plusieurs sites interessants sur Internet dont

http://www.insectes.org

http://www.jsbouchard.com

http://www2.ville.montreal

                                                                                                                            Christianne

 


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La rose de Noël

12 Janvier 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

La Rose de Noël (Helleborus Niger)


L’Ellébore noir (ou Hellébore), appelé Rose de Noël (Snow-Rose), croît à l´état sauvage, dans les lieux rudes et montagneux d´une partie de l´Europe, dans les Alpes, les Pyrénées les monts d´Auvergne ; on le cultive aussi dans les jardins sous le nom de rose de Noël à cause de la forme de sa fleur et de l´époque de l´année où il fleurit. Les hellébores vivent de nombreuses années en sol calcaire et riche, et supportent même le sec; c'est à mi-ombre et à l'ombre qu'ils deviennent les plus beaux. (et oui, Ellébore est du genre masculin !)

rose de NOEL III


L'appellation latine de la rose de Noël est helleborus niger.


 


Helleborus se traduit par Hellébore qui n'est autre que le nom usuel français de l'espèce.


Quant à "niger", signifiant noir, il désigne certainement la couleur des feuilles, en l'occurrence vert sombre. Il s'agit d'ailleurs de feuilles persistantes et épaisses, découpées en lobes oblongs. Ce type de feuille est dit « pédalée ». Portées par des tiges souples d'une vingtaine de cm de long, les roses de Noël forment une touffe de près de 50 cm de large.


Les racines anciennes sont souvent de couleur noire.


 

feuille d'hellébore

 

Mais l'hellébore n'a rien de commun avec les roses !

 


 

Cette petite plante sans tige appartient comme l’ancolie, le pied d’alouette ou le bouton d’or à la famille toxique des Renonculacées. La "rose de Noël" n’en est donc pas une puisque le vrai rosier appartient lui à la famille du cerisier et de l’amandier, les Rosacées. C’est sa grande fleur blanche à rose foncé, aux nombreuses étamines jaunes qui lui ont valu ce surnom de rose.

 

rose de Noel IV

 

 


On l'appelle également, herbe aux fous, pied de griffon, pied de lion, patte d’ours, rose de serpent ou pain de couleuvre.


C'est une espèce cultivée et rarement subspontanée en France. Les feuilles coriaces sont toutes à la base. Les folioles ont un bord entier ou denté dans leur moitié supérieure. La floraison est hivernale. Les grandes fleurs blanches ou rosées sont solitaires ou par deux, elle porte des feuilles à plusieurs folioles qui s’articulent les uns sur les autres. Le fruit qui succède à la fleur est aussi élégant que celle-ci. Il consiste en une rosace d’éléments allongés terminés chacun par une pointe et que l’on appelle des follicules.

 

fruit

 


Toxicité

 
Sous sa douce blancheur, la Rose de Noël renferme deux substances toxiques, dans les racines, l'helléborine et l'helléboréine. Par ingestion, ces poisons provoquent vomissements et vertiges. Ils peuvent également paralyser le système nerveux et provoquer des arrêts cardiaques en agissant directement sur le cœur. Prudence, donc, ne pas se laisser tenter par sa beauté... 

L´ellébore noir se rapproche beaucoup de l´Ellébore oriental des Anciens dont l´action était si renommée dans les troubles mentaux.


S'il y a plusieurs espèces d'hellébores, il existe également différentes variétés de roses de Noël. "Praecox", la plus hâtive, a des fleurs teintées de rose. "Potter's Wehll" a des grandes fleurs blanc pur. "Withe Magic" est une variété très florifère à fleurs blanches lavées de rose, devenant plus roses encore en vieillissant. "Macranthus", plus haute que les autres, a de grandes fleurs délicatement balayées de rose.

 

rose de noel I


Dans notre région, nous pouvons rencontrer à l’état sauvage, un de ses cousins l’hellébore fétide - Hellorus foetidus. Cette curieuse vivace, très fréquente dans les broussailles et en bordure des chemins creux, fera l’objet d’un prochain article.

 

 

La légende de l'hellébore...


La légende raconte que la petite Madelon, jeune bergère gardant ses moutons dans un champ enneigé, vit passer une riche caravane.

Les rois mages avec leurs somptueux cadeaux suivis par une foule chargée de présents se rendaient dans une étable pour célébrer la naissance de Jésus


Madelon démunie se mit à pleurer, car elle n’avait rien à offrir à ce déjà célèbre nouveau-né. C’est alors qu’un ange compatissant apparut et déposa sur la neige, à ses pieds, une fleur délicate et émouvante : La Rose de Noël.

à suivre....                                                             

                                                                             Joanny Cuillerat

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