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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Les euphorbes

24 Février 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran

Vous les avez surement rencontrées mais les avez sans doute à peine regardées, ce sont des plantes toutes vertes, apparemment sans fleur !

au bord d'une route...

au bord d'une route...

euphorbes cultivées

euphorbes cultivées

Eh bien, détrompez-vous ces euphorbes ont des fleurs, sans calice ni corolle, monoïques, (c'est-à-dire avec des fleurs mâles et des fleurs femelles sur le même pied) mais réunies en un complexe involucral appelé cyathe (du grec kuathos = coupe).

Les euphorbes

Le cyathe est formé d'une fleur femelle entourée de quelques fleurs mâles et de glandes nectarifères, disposées en cymes.

Les fleurs sont nues, pas de sépales ni de pétales, la fleur femelle est réduite au pédoncule et à l'ovaire (composé de 3 carpelles soudés), les fleurs mâles sont constituées chacune d'un pédoncule et d'une seule étamine.

L’ensemble est entouré de bractées, sorte de feuilles situées à la base des fleurs, soudées ou non.

Les euphorbes

Les cyathes sont rarement solitaires, mais la plupart du temps réunis en cymes (simulant une ombelle). Cette organisation est présente chez toutes les espèces du genre, mais nulle part ailleurs dans le règne végétal.

Les euphorbes

La pollinisation est une pollinisation croisée car le pistil d’un cyathe arrive à maturité avant les étamines. Les insectes sont indispensables pour assurer le transport du pollen des anthères (organes mâles) jusqu’aux stigmates (organes femelles). L’aspect des euphorbes se modifie beaucoup au fil des jours : les feuilles ont tendance à disparaître à mesure que l'ombelle se développe, la tige rougit, tandis que le fruit, capsule globuleuse à trois loges, émerge très rapidement de l'inflorescence.

Pour les identifier, il faut observer les feuilles (opposées ou alternes), le nombre de rayons des ombelles terminales, les glandes (rondes ou en croissant), les fruits (lisses ou tuberculeux).

Les euphorbes

La famille des Euphorbiacées

Les euphorbes appartiennent à la famille des Euphorbiacées, mais ne sont pas seules. La plus part des euphorbiacées produisent un suc laiteux souvent très irritant. Certaines sont toxiques.

Les principaux genres sont

  • Le genre Mercurialis
  • Le genre Ricinus
  • Le genre Hevea (mais oui, l’arbre à caoutchouc !)
  • Le genre Euphorbia

 

Voici pour commencer, voici une euphorbe très fréquente à l’étage collinéen, dans nos Savoie :

Les euphorbes

Euphorbia amygdaloides, euphorbe à feuilles d’amandier, euphorbe des bois.

 

  • Tige rougeâtre à la base.
  • feuilles alternes, les inférieures groupées à mi-tige, épaisses, vert sombre, persistantes.
Les euphorbes
  • Ombelles à 5-10 rayons.
Les euphorbes
  • Bractées soudées en disques concaves.
Les euphorbes
  • Glandes jaunes, en croissant, à longues cornes pointues.
Les euphorbes
  • Fruits : capsule poilue mais  lisse.
Les euphorbes

                                à suivre..............................

                                                                                   

                                                                                               Christianne

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L'angélique

19 Février 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Lors d’une escapade en Charente Maritime, au mois d’avril 2013, j’ai été surprise de découvrir que les prairies et les bords des fossés étaient "envahis" par une plante que l’on trouve souvent à l’étage collinéen et montagnard de nos Alpes.

L'angélique

L’Angélique vraie, l’Archangélique ou l’Angélique officinale, Angelica archangelica, est une plante de la famille des Apiacées, ancien Ombellifères, cultivée comme plante condimentaire et médicinale pour ses pétioles, tiges et graines très aromatiques et stimulantes et pour sa racine utilisée en phytothérapie, depuis le moyen-âge.

L’angélique, dite encore «herbe aux anges», doit son nom à ses prétendues vertus magiques et à l'odeur aromatique suave et musquée qu'elle répand. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et il parait que les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.


Les médecins de la Renaissance la surnommaient « racine du Saint-Esprit», à cause de ses « grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies ». Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l'angélique en poudre dissoute dans du vin.

 

L'angélique

A l’état sauvage, on la trouve notamment sur les berges de zones humides, dans les mégaphorbiaies, sur les bords de fossés.

Il en existe en France deux espèces sauvages : Angelica sylvestris, présente à peu près partout sauf sur le pourtour méditerranéen, et, sur les flancs du Canigou, la variété sauvage angélique de Razouls, Angelica razulii, où les amateurs la traquent dès le début de l’été, pour la Saint-Jean en particulier.

Afin de la distinguer de la redoutable ciguë, il suffit de froisser quelques feuilles : l’angélique dégage une odeur agréable, alors que la ciguë empeste. On peut aussi la confondre avec  la Berce des prés, Heracleum sphondylium, mais  la tige de la berce est densément hérissée de poils raides alors que l’angélique des bois est glabre.

L'angélique

Feuilles, racines, graines, tout est utile dans l'angélique, mais ce sont surtout ses tiges creuses qui intéressent les gourmands : on peut en faire des compotes (comme pour la rhubarbe) et des confitures, et les préparer en confit. L'angélique est en effet la star des macédoines de fruits confits ; en général, l'élément vert, c'est elle !

 

L'angélique
L'angélique

L’angélique pousse à l’état sauvage dans les régions septentrionales et en Europe centrale. Plante emblématique du marais poitevin, l’angélique est une plante bisannuelle de la famille des Ombellifères reconnaissable à sa tige cannelée épaisse et creuse ainsi qu’à son arôme spécifique.

 

 

L'angélique

Originaire de Scandinavie, l’angélique fut importée en France par le biais des Ardennes au XIIe siècle. À cette époque, elle était utilisée dans les cloîtres d’Europe centrale pour ses propriétés anti-pesteuse. Cependant, la culture de l’angélique remonte à la plus haute antiquité : l’Égypte pharaonique en cultivait déjà dans le sud du pays pour ses propriétés médicinales.

L'angélique

C’est en 1602, à l’occasion d’une grave épidémie de peste, que fut introduite la culture de l’angélique dans le Marais Poitevin.

L’angélique confite, recette que l’on attribue aux sœurs de la Visitation de Sainte-Marie, fut mise au point à cette époque et devint une des spécialités niortaises. Les religieuses seraient aussi à l’origine de la fabrication de la liqueur d’Angélique.

Néanmoins, si Niort est connu depuis longtemps pour son angélique confite, ce n’est qu’à partir de 1869 que l’on commença à la cultiver à grande échelle. Cette année-là, lors de la démolition du château, un notaire nommé Morisseau eut l’idée ingénieuse d’utiliser les fossés pour en faire une plantation d’angélique. Cette « allée d’angélique », au milieu de laquelle se promenaient les Niortais, fut appelé « allée Morisseau ».

L'angélique

Aujourd’hui, et depuis une douzaine d’années, l’«Association de promotion de l’Angélique Niort-Marais poitevin » avec le soutien des collectivités territoriales s’emploie à redynamiser cette filière pour que l’angélique, qui fait partie du patrimoine local niortais, renaisse.

Afin de valoriser les pratiques culturales traditionnelles et dans le but de sauvegarder les savoir-faire locaux, des producteurs et artisans de la région Poitou-Charentes se sont engagés dans une démarche qualité mise en place par l’IRQUA Poitou-Charentes. Regroupés au sein de l’«Association de promotion de l’angélique Niort-Marais poitevin », les professionnels de cette filière ont obtenu l’identifiant régional « Signé Poitou-Charentes » en 2006 pour l’angélique confite. La compote, la confiture et la crème sont également identifiées régionalement depuis juin 2010.

Pour nous les Savoyards, l’angélique, Angelica sylvestris,  reste une plante sauvage que nous découvrons au fil de nos balades.

 

                                                  Christianne

L'angélique
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Arabidopsis thaliana, la plante modèle en biologie moléculaire des végétaux.

1 Février 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran

L’arabette des Dames ou arabette de Thalius, Arabidopsis thaliana, appartient à la famille des Brassicacées (anciennement les crucifères, qui comprennent le radis, le chou, le colza et bien d’autres) et que nous avons évoqué à plusieurs reprises sur ce BLOG.

Elle est originaire d’Eurasie. C’est une plante commune et très répandue, on peut la rencontrer fleurie d’avril à août, dans les zones cultivées, talus, murs, friches et même en milieu urbain, au bord des trottoirs. L’origine de son nom est incertaine, elle serait dédiée à Johannes Thalius (1542-1583), un botaniste Allemand. Une autre version l’attribuerait à l’une des neuf muses, Thalie, la florissante, l’abondante, devenue muse de la poésie pastorale !

Arabidopsis thaliana,  la plante modèle en biologie moléculaire des végétaux.

D’une taille de 15-20 cm de hauteur, c’est une herbacée à sexualité gynodioïque*. Elle est formée d'une rosette de feuilles de 2 à 5 cm de diamètre située au ras du sol dont se détachent une courte racine et un pédoncule floral portant une inflorescence. D'autres inflorescences se forment sur les rameaux secondaires.

 

Les feuilles vertes ou légèrement violacées sont couvertes de petits poils unicellulaires (appelés trichomes). Ses fleurs blanches sont petites, 3 mm de diamètre, disposées en corymbe et formeront des siliques contenant en moyenne cinquante graines.

 

 

 

Arabidopsis thaliana,  la plante modèle en biologie moléculaire des végétaux.

*La Gynodioécie est un cas particulier dans les plantes dioïques qui ont des fleurs mâles et des fleurs femelles sur des pieds séparés.

Les Plantes Gynodioïques ont des pieds femelles et des pieds hermaphrodites, il n’y a jamais de pieds uniquement mâles. Ce cas de figure n’est pas rare dans la nature, par exemple la Brunelle, le géranium mou, le lierre terrestre, l’origan, la  sauge colombaire, le séneçon jacobée ….

Arabidopsis thaliana,  la plante modèle en biologie moléculaire des végétaux.

Cette plante sert d’organisme modèle** pour la recherche génétique dans le monde végétal.             

En effet, à partir du début du XXe siècle, Arabidopsis thaliana a commencé à être utilisée à des fins de recherches et les premières collections de mutants furent produites à partir de 1948. Cependant Arabidopsis thaliana n’a été désignée comme organisme modèle qu'en 1998.                  

Actuellement Arabidopsis thaliana est un organisme de référence aussi bien pour la recherche végétale que pour l’évolution, la génétique ou encore la recherche fondamentale.

Les raisons du choix de cette plante comme modèle sont multiples :

  • Sa petite taille, son cycle de vie rapide de six semaines (de graines à graines), le nombre de graines produites très important (environ 40 000 graines par plan), sa résistance et sa capacité à s’autoféconder.   

 

  • Mais aussi, l’absence d’intérêts économiques suscités par cette plante facilite la diffusion des informations entre laboratoires.

 

  • Mais surtout, le génome d’Arabidopsis thaliana est l'un des plus petits du monde végétal (157 millions de paires de base réparties sur cinq chromosomes) et sa séquence a été déterminée en 2000.

 

 

 

 

**Un organisme modèle est une espèce qui est étudiée de manière approfondie pour comprendre un phénomène biologique particulier, en supposant que les résultats de ces expériences seront partiellement valables pour la connaissance d'autres organismes (souvent les humains).

Arabidopsis thaliana,  la plante modèle en biologie moléculaire des végétaux.

Le projet The 1001 Genomes Project, lancé en 2008, va à terme, permettre le séquençage du génome de 1001 lignées d’Arabidopsis thaliana isolées à travers le monde afin d’en décrypter la variabilité génétique.

 

Une application tout à fait surprenante : des recherches sont actuellement en cours pour permettre la détection de mines anti-personnel grâce à des graines d'Arabidopsis qui, après modification génétique, changeraient de couleur en cas de culture au-dessus d'une mine, ce qui en faciliterait la détection et l'élimination.

Caracteristiques d’ Arabidopsis thaliana

- inflorescence en grappe,

- fleur à symétrie bilatérale comprenant 4 sépales, 4 pétales, 6 étamines et 2 carpelles,

- fruits (siliques) longs de 3 à 5 mm offrant 30 à 60 graines.

- Cycle de développement : - court, environ 2 mois en conditions optimales (peut s'accomplir entièrement in vitro).

- Mode de reproduction : - principalement par autofécondation.

- plante très prolifique (plusieurs dizaines de milliers de graines par individu).

- une forte densité de plantation (1000 individus/m2) n'altère pas le cycle de reproduction.

- Génome c'est le plus petit génome végétal connu (celui du riz est 4 fois plus grand et celui du maïs, 20 fois)

- 5 chromosomes constitués de 125 millions de bases

- 25498 gènes

 

JOANNY

 

 

P.S. : elle n'est pas facile à photographier !!

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