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Les Agrumes, bigarades et bigaradiers, IV.

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Citrus aurantium, bigaradier, photo internet

Citrus aurantium, bigaradier, photo internet

Rappel 

Citrus aurantium, bigaradier, croisement entre pamplemoussier et mandarinier, famille des Rutacées.

C’est un petit arbre de 3 à 10 mètres, épineux, à feuilles persistantes, à fleurs très odorantes, aux fruits comestibles mais amers. Il est tolérant aux sols passagèrement détrempés ou calcaires, il préfère un climat chaud mais supporte des gels épisodiques jusqu'à −6 °C. Il est plus résistant aux maladies — notamment la gommose à phytophtora — et aux parasites que la plupart des agrumes et sa reproduction par graine est facile. Il peut vivre 400 ans.

Le mot provient du moyen français bigarrat, en provençal bigarrat « arangi bigarrat », du verbe bigarrar : barioler, (latin vestis bigerica : habit bariolé). La bigarade est décrite par Olivier de Serres (1600) : « parmi les sortes d’orangers croissant en Provence est le Cornut ou Bigarrat… »

  • Les feuilles du bigaradier (6,5 à 14 cm) sont ovales, luisantes, vert foncé, odorantes, couvertes d'une cuticule cireuse et persistantes avec une épine à l'aisselle des feuilles inférieures.
  • Les fleurs de l'oranger amer sont hermaphrodites (5 à 12 % de fleurs mâles), axillaires, blanches, très odorantes et plus grandes que celles de l'oranger doux. Elles fleurissent en avril autour de la Méditerranée.
  • Le fruit, selon les variétés, est plus ou moins rugueux et plat, 7 à 8 cm de diamètre, couleur orange parfois teintée de vert ou de jaune. Sa pulpe contenue dans 10 à 12 quartiers est amère, il contient beaucoup de pépins.
Citrus aurantium, bigaradier, photo internet

Citrus aurantium, bigaradier, photo internet

Recoltes

  • Avril-mai, le matin, dès l’éclosion, les fleurs, à la main avec leur pédoncule
  • Juin, après la taille, les brouts qui sont les feuilles et les jeunes rameaux
  • Septembre, les fruits Verts
  • Janvier-février, les fruits murs

NB : il y a tellement de fleurs qu’on ne peut toutes les cueillir, les bigaradiers portent donc des fruits.

Photo de la Société Historique de Tourrettes-sur-Loup

Photo de la Société Historique de Tourrettes-sur-Loup

Un arbre généreux

Photos de l’exposition « à la découverte de la filière Fleur d’oranger en pays de Grasse » soutenue par la Maison Chanel, associée à la famille MUL et à la coopérative NEROLIUM et présentée à La Médicée, en mars 2024.

à la découverte de la filière Fleur d’oranger en pays de Grasse 
à la découverte de la filière Fleur d’oranger en pays de Grasse 
à la découverte de la filière Fleur d’oranger en pays de Grasse 
à la découverte de la filière Fleur d’oranger en pays de Grasse 

à la découverte de la filière Fleur d’oranger en pays de Grasse 

Après tout ce travail d’extractions, de distillations et de macérations

On distingue 4 huiles essentielles issues de l’oranger amer

L’huile essentielle de Néroli obtenue à partir des fleurs

L’huile essentielle de Petit Grain Bigarade obtenue à partir des jeunes rameaux, et des feuilles 

L’huile essentielle bigarade verte obtenue à partir des jeunes fruits verts

L’huile essentielle de Bigarade obtenue à partir des zestes des bigarades jaunes.

 

L’essence de Néroli

Au XVIIème siècle, Anne-Marie Orsini, princesse de Nerola, en Italie, rendit célèbre l’essence de fleurs de bigaradier. Elle utilisait cette essence pour parfumer ses bains et ses gants et son nom resta arraché à l’Huile Essentielle de fleur de bigaradier. Elle est précieuse en parfumerie pour la fabrication des parfums haut de gamme. En effet, l'essence de Néroli provenant des « Bouquetiers de Grasse » entre dans la composition du célèbre N°5 de la maison Chanel, créé en 1921.

Marie-Anne de la Trémoille, princesse de Nerola

Marie-Anne de la Trémoille, princesse de Nerola

L’Huile essentielle de petit grain est utilisée en cosmétique et pour aromatiser des boissons : le thé, le Cointreau, le Grand-Marnier, les limonades. Moins onéreuse, elle remplace parfois l’huile essentielle de Néroli en aromathérapie

Notre eau de fleur d'oranger est un hydrolat de fleur d’oranger obtenue à partir par hydrodistillation, également appelée distillation par entrainement à la vapeur d'eau de fleurs de bigaradier. Cette technique permet d'obtenir deux fractions distinctes : l'huile essentielle et l'hydrolat.

Avec les fruits, on fait de délicieuses confitures que nos voisins anglais appellent marmelades et des vins d’oranges parfumés avec de nombreux épices, vanille, cannelle, badiane, girofle, cardamome…

L’écorce produit une huile essentielle aussi.

Après la conférence passionnante de Jean-Noël Falcou, nous avons exercé notre odorat lors de l’Atelier Senteur. Merveilleuse expérience qui termine ce moment provençal et parfumé. 

Le monde des agrumes a encore beaucoup à nous apprendre et de nouvelles variétés d’agrumes sont découvertes ou redécouvertes. Je le quitte à regret.

                                                                          Christianne

 

  • Jean-Noël FALCOU

Responsable des filières agricoles chez Jean GAZIGNAIRE - Groupe MUL, Vallauris, Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, Histoire de plantes, l’origine des agrumes : leur évolution et la naissance des espèces cultivées

Par François Luro

  • La Garance voyageuse, n°126

 

Les Agrumes, bigarades et bigaradiers, IV.

Publié dans Flore

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Les Agrumes, bigarades et bigaradiers, III

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Quand les plantes se font la malle, la Médicée 15,16, 17 mars 2024

Jean-Noël FALCOU nous raconte l’histoire du Bigaradier en Provence

Le bigaradier est originaire du sud de l'Himalaya. Acclimaté en Mésopotamie, transporté par les Arabes en Syrie au Xème siècle, il poursuit son voyage en Sicile, puis en Andalousie.

Le bigaradier connut un grand succès en Andalousie, ce qui lui valut d’ailleurs le nom d’oranger de Séville. Cultivé pour son parfum, sa beauté, son symbolisme et ses pouvoirs supposés médicinaux, il devient l’arbre d’ornement favori des cours royales et des châteaux arabes et européens dès le XIVe siècle. C’est un signe de richesse.

L’orangerie de Versailles a été construite pour protéger ces arbres majestueux et les jardiniers du Louis XIV réussirent à faire fleurir les bigaradiers toute l’année.

Orangerie de Versailles, photo Internet

Orangerie de Versailles, photo Internet

Le bigaradier arrive en Provence, en particulier dans la région de Golf Juan et Grasse où le climat permet de le cultiver en pleine terre. Les moines de Lérins, dès XVIe siècle, mettent en oeuvre cette culture.

Au moyen-âge, Grasse est réputée pour la qualité de ses cuirs qui sont exportés dans tout le royaume et en Italie.  Mais le cuir tanné avec de l’urine sent mauvais. Un tanneur grassois eu l’idée de parfumer ses gants avec les essence locales, myrte, jasmins et … fleurs d’oranger. On distillait déjà la fleur d’oranger avant la révolution dans le sud de la France !

Des gants parfumés de Grasse auraient été offerts à Catherine de Médicis et ainsi débuta la grande époque des gantiers parfumeurs. La ville de Grasse développe bientôt des fragrances spécifiques pour cette industrie de la ganterie.

Gants parfumés de Grasse, photo Internet

Gants parfumés de Grasse, photo Internet

Aussi, la culture du Bigaradier se développa à Grasse et dans sa région suivie de celle de la tubéreuse, du jasmin, de la rose à cent feuilles, de la rose muscade, des cassiers, de la bergamote, de la lavande et du romarin. Au XVIIIème siècle, la ville fournissait la moitié des essences parfumées en Europe

Flacon ancien, photo internet

Flacon ancien, photo internet

La culture du Bigaradier

Le bigaradier, ou oranger amer, Citrus aurantium, est un arbre vigoureux et épineux pouvant atteindre 10 m de hauteur. Il présente des feuilles persistantes, ovales et pointues, vert foncé. Il développe de nombreuses fleurs blanches très parfumées. Leur odeur est beaucoup plus prononcée que les fleurs d’oranger doux.

La culture a permis de sélectionner plusieurs variétés dont le Bouquetier de Grasse. Cette variété, légèrement naine, produit des fleurs de taille supérieure à la moyenne, groupées en grappes très fournies. Les étamines sont plus nombreuses que chez les autres variétés courantes de bigarades.

Bouquetier de Grasse, photos internet Gerbeaud
Bouquetier de Grasse, photos internet Gerbeaud

Bouquetier de Grasse, photos internet Gerbeaud

Eau et huiles essentielles entrent dans la composition de nombreux parfums. La fin du XIXe voit la création d’une distillerie de fleurs d’oranger à Grasse gérée par une coopérative des arboriculteurs de la région. La culture du bigaradier s’étend ensuite à Bar-sur-loup, Vallauris, Golfe-Juan. L’année 1912 recense une récolte de 2467 tonnes de fleurs. C’est l’âge d’or, la création d’absolue de néroli, extrait grâce à des solvants volatils dope les ventes.

Les Agrumes, bigarades et bigaradiers, III
Les Agrumes, bigarades et bigaradiers, III

Malheureusement, après la seconde guerre mondiale, le déclin s’amorce. Gels, développement de la chimie de synthèse, délocalisation de la culture du bigaradier à l’étranger, en Tunisie particulièrement, urbanisation du sud de la France provoquent la diminution des récoltes et des ventes.

Actuellement la fleur d’oranger française ne représente que 4 à 6 tonnes par an, mais sa qualité reste tout à fait exceptionnelle. Tout est exploité, rien ne se perd, fleurs, feuilles, fruits, écorces.

La culture a sélectionné des porte-greffes performants. Cet arbre est très résistant, peu de maladies en viennent à bout

A la question des auditeurs de la conférence, « quel est le principal ennemi du Bigaradier », Jean-Noël FALCOU répond « actuellement il n'y a pas de ravageurs préoccupants, le principal ennemi du bigaradier, c'est l’urbanisation ».

     à suivre....

                                      Christianne

Sources :

  • Jean-Noël FALCOU

Responsable des filières agricoles chez Jean GAZIGNAIRE - Groupe MUL. Vallauris, Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Les saisons de Chanel, n°5
  • L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, Histoire de plantes, l’origine des agrumes : leur évolution et la naissance des espèces cultivées. Par François Luro
  • La Garance voyageuse, n°126
Grasse

Grasse

Publié dans Flore

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Les Agrumes, bigarades et bigaradiers, II

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

La conquête de l’Ouest :

Domestication et culture des agrumes se sont développées en Asie dans l’aire d’origine de ces arbres.

Première grande migration des espèces ancestrales, Citrus maxima,  pamplemoussier, Citrus reticulata, mandarinier, Citrus medica, cédratier, vers la Mésopotamie, puis vers les rivages de la Méditerranée, l’Égypte et la Grèce, entre le VIIIe et le IVe siècle av. J.-C. Théophraste, botaniste contemporain d’Alexandre le Grand, fit une description détaillée de l’agrume que l’on nomme aujourd’hui cédratier, appelé par les grecs « Pomme de Médie ».

Citrus medica, le cédrat, la pomme de Médie des Grecs, photo Internet

Citrus medica, le cédrat, la pomme de Médie des Grecs, photo Internet

Quelques rares fresques murales découvertes à Pompéi représentent des agrumes portant des fruits ressemblant aux citrons et aux cédrats. La présence dans le pourtour méditerranéen du cédratier avant le début de notre ère est avérée ainsi que l’introduction en Méditerranée du bigaradier, du pamplemoussier et du citronnier par les Maures, les Génois et les Portugais (X-XIIe siècles).

En Méditerranée, la culture en zones rapprochées de ces différentes espèces d’agrumes, fut propice à l’émergence de nouvelles formes hybrides, comme la bergamote, le clémentinier et le cédrat Corse. De nombreuses variations naturelles sont aussi apparues dont les variétés d’oranges sanguines.

L’essor du commerce maritime au XVe siècle permit la diffusion des agrumes à travers le monde.

Citrus aurantium, bigarade, photo Internet

Citrus aurantium, bigarade, photo Internet

Par contre, l’oranger, l’orange douceCitrus sinensis ne fut connu en zone méditerranéenne qu’au XVe siècle et le mandarinier, Citrus reticulata, mandarine, seulement au XVIIIe siècle, tous deux en provenance de Chine.

Citrus sinensis, orange douce, photo Internet

Citrus sinensis, orange douce, photo Internet

Le pomelo, Citrus paradisi, naquit lui vers la fin du XVIIIe siècle, dans les Caraïbes d’une rencontre fortuite entre un pamplemoussier et un oranger.

Citrus maxima, pamplemousse, photo Internet

Citrus maxima, pamplemousse, photo Internet

Citrus paradisi, pomelo, photo Internet

Citrus paradisi, pomelo, photo Internet

Nota Bene :

Le Pomelo de Corse, Citrus paradisi Macfadyen, est un pomelo à chaire rouge intense à haute teneur en lycopène. Ce fruit est issu du cultivar 'Star Ruby', une variété originaire du Texas et introduite en Corse depuis 1974 pour être cultivée commercialement et destinée principalement à l'exportation. C'est l'unique production française de pomelo. Depuis 2014, il bénéficie d'une appellation européenne d'Indication géographique protégée (IGP) pour ses qualités gustatives liées au savoir-faire, aux conditions climatiques et de sols favorables à sa production en Corse.

Le lycopène est un antioxydant particulièrement efficace, capable de contrer l’action des radicaux libres. Il neutralise très efficacement l’oxygène "singulet", un radical libre particulièrement agressif. Le lycopène préserve la jeunesse de la peau en la protégeant de l’action des radicaux libres et contribue à protéger les cellules du derme de l’oxydation.

Prochain article, les bigarades et les bigaradiers  !

                                                                               Christianne

Sources :

  • Jean-Noël FALCOU

Responsable des filières agricoles chez Jean GAZIGNAIRE - Groupe MUL

Vallauris, Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL,

Histoire de plantes, l’origine des agrumes : leur évolution et la naissance des espèces cultivées

Par François Luro

  • La Garance voyageuse, n°126

 

 

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Le jardin du prieuré de Vauboin à Beaumont sur Dême...

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

"Un jardin né de l’imaginaire d’un homme, Thierry JUGE".

Le prieuré de VAUBOIN est construit par des moines au XIIe siècle et transformé en logis seigneurial en 1623. Thierry JUGE l’achète en 1991. Nichée au pied d'un coteau calcaire, ce logis est d’une très grande sobriété. Thierry JUGE y crée un jardin clos, « interprétation de l’Hortus Conclusus médiéval, il se doit d’être le symbole d’une vie parfaite en Dieu, reproduction du Paradis, clos pour échapper aux tourments et aux tentations du monde ».

Thierry JUGE l’installe autour du logis, sur le fond plat de la propriété. Ce labyrinthe et sa géométrie sacrée est animé par des buis, Buxus sempervirens, plantes connues depuis l’antiquité, symboles de persévérance et d'éternité « sempervirens » ! Pas de grandes floraisons ni de grandes diversités de plantes, que des buis taillés en volumes géométriques disposés avec harmonie. Quelques floraisons de narcisses ou de myosotis blancs tout au plus, au printemps

Le Prieuré

Le Prieuré

Nous entrons par une petite porte ouverte dans la clôture en rondins de châtaignier couverts de sarments de vigne. Nous sommes accueillis par Thierry JUGE à l'entrée du jardin. Le long du logis s’écoule un ruisseau et nous découvrons les plantes de berges, notamment de superbes Gunneras qui s’épanouissent au bord de l’eau.

Clôture de rondins de châtaigniers couverts de sarments de vignes

Clôture de rondins de châtaigniers couverts de sarments de vignes

Gunnera tinctoria

Gunnera tinctoria

Puis nous traversons un premier jardin de buis aux formes végétales géométriques et aux allées de charbon de bois, le « cloitre ».

Le cloître
Le cloître

Le cloître

Nous contournons le Prieuré, traversons un verger, voici une deuxième plantation de buis, à l'architecture structurée, « le labyrinthe ».

Le labyrinthe
Le labyrinthe

Le labyrinthe

Sous les arbres du verger, Thierry JUGE a dessiné un damier de feuilles mortes.

Damier de feuilles mortes

Damier de feuilles mortes

Il y a quelques années, le maître des lieux acquiert le coteau percé d'une grotte auquel s'adosse sa propriété. Sous un couvert de chênes apparaît comme par miracle, une cascade de buis, une symphonie de vert. « Pour soigner son âme, il suffit de compter les verts dans la nature », disait la moniale bénédictine allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179).

Thierry JUGE a eu I‘idée de tout couper, à environ 1,20 m de hauteur... pour ensuite laisser le végétal repousser. Il le façonne en volumes et formes en constante transformation. Plus de géométrie cartésienne, ni d’espace structuré en lignes directrices. Place à l’improvisation, à l’imagination.

La colline aux Buis

La colline aux Buis

Nous découvrons ces sculptures végétales le long du chemin escarpé accroché au coteau. Abrités sous nos parapluies (en fait il pleut !) nous suivons le sentier au milieu de ces buis, élancés ou en boule. Certains évoquent des petits gnomes tenant des conciliabules

Le chemin des buis
Le chemin des buis

Le chemin des buis

Le jardin du prieuré de Vauboin à Beaumont sur Dême...

Thierry JUGE taille 700 buis à la cisaille ou au sécateur en leur donnant des formes étranges et surréalistes, parfois menaçantes, parfois pleine de tendresse. Un travail de longue haleine.  

Quels secrets échangent ils, ces buissons ?
Quels secrets échangent ils, ces buissons ?

Quels secrets échangent ils, ces buissons ?

L'un veut s'envoler, les autres prennent de la hauteur !
L'un veut s'envoler, les autres prennent de la hauteur !

L'un veut s'envoler, les autres prennent de la hauteur !

Cette colline est en cours de création et s’élève à 25m de hauteur. Ce jardin nous transporte entre ciel et terre. « La foule des buis en mouvement accompagne le voyage vers le sommet du coteau, permettant au regard de retrouver alors le luxe, le calme et la volupté du paradis, Thierry JUGE ».

Le maître des lieux nous reçoit dans la grotte aménagée en salle conviviale, il considère que notre rôle est de préserver la nature qui nous a été "seulement prétée".

Il conclut la visite en nous disant :

« Maintenant, l’enclos que j’ai créé prend d’avantage soin de moi que je ne prends soin de lui ».

Nous repartons le cœur serein, charmés par ce lieu insolite et habité.

                                                           Christianne

Photos Catherine et Christianne.

Thierry JUGE et son jardin du Prieuré de Vauboin ont reçu, entre autre

-le prix des Jardins EBTS FRANCE (European Boxwood and Topiary Society France). Association Française pour l'Art Topiaire et le Buis.

-le Prix de l’Art des Jardins de la Fondation Signature.

Le jardin du prieuré de Vauboin à Beaumont sur Dême...

Publié dans Jardins

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Meilleurs voeux

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Meilleurs voeux

Je laisse la parole à mon ami, il tenore Christian, qui a écrit ce beau poème

  
Qui changerait le cycle qui commence, en diadème,

Qui nous ferait sentir la chaleur des madrigaux

Pour entamer cette nouvelle année bien au chaud.

Rassemblons nos bonheurs en fragments

Laissés pêle-mêle au hasard de nos différents.

Couvrons nous de brins de courage jetés au fil des combats,

Unissons nous pour refaire le monde sans corrida.

Sauvons notre joie de vivre, des vauriens des bandits,

Restons debout dans la nuit et supprimons la mélancolie.

Prenons le temps de l’estime, suspendons les gestes frénétiques,

Et partageons l'émerveillement d’une vie fantastique.

A la tyrannie de la vitesse, aux crispations identitaires,

La quête de son propre rythme et la tendresse familière

Nous amènent à prendre le temps de vivre et à contempler le vivant.

Année 2026, éveille toi, nous débarquons unis et fringants !

________________

Publié dans Généralités

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Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

 Aujourd’hui fin décembre 2025, le temps est à l’hiver, en plaine le ciel est bouché, tout est gris, il fait froid, la bise nous glace. Pour nous donner un petit coup de peps et recolorer le paysage, découvrons la fête à la tomate au conservatoire de la tomate au château de la Bourdaisière où notre groupe d’Annecy s’est rendu, en septembre, après la visite au château de Valmer.   

Château de la Bourdaisière, Indre-et-Loire

Château de la Bourdaisière, Indre-et-Loire

Ce Château est une demeure de la Renaissance, construite par François 1er pour abriter ses amours royales. Elle a été habitée par Gabrielle d'Estrée, maîtresse d'Henri IV. Cette bâtisse fut en effet une résidence de femmes qui ont séduit des rois et fait l'histoire avant de devenir, grâce à la famille De Broglie, un hôtel de charme.

Louis Albert de Broglie, a créé en 1998, dans le domaine, le conservatoire de la tomate qui réunit une collection unique au monde rassemblant 785 variétés de tomates, offrant ainsi un panorama inédit de ce fruit aux richesses insoupçonnées. Des graines du monde entier sont rassemblées. Rondes, allongées ou en forme de cœur, noires, vertes ou jaunes, ces tomates anciennes portent des noms étonnants : Dix doigts de Naples, Rouge d’Irak, Erika d’Australie, Cornue des Andes…

Avec cet objectif : Cultiver, Préserver et Transmettre.

Nous découvrons l’immense jardin où les tomates sont cultivées en tipi, structure très esthétique, résistante à la pluie, au vent et qui facilite la récolte. Autour de Nicolas Toutain, jardinier du Conservatoire de la Tomate, un groupe se forme, avide d’entendre ses conseils.

Culture en tipi
Culture en tipi

Culture en tipi

Autour de Nicolas Toutain, jardinier du Conservatoire de la Tomate, un groupe se forme, avide d’entendre ses conseils. Tout d’abord il confirme que ce jardin compte aujourd’hui plus de 750 variétés dont de nombreuses variétés anciennes. Les graines sont semées sous serre au début du printemps et les plants sont plantés mi-mai et commencent à produire, à partir de la mi-juillet, des fruits de couleurs, formes, tailles, odeurs et goûts différents. Elles sont magnifiques, ces tomates rouges, jaunes, ocres, vert foncé, vert clair, orange, violette…

 

Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,
Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,
Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,
Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,
Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,

Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,

« Le conservatoire de la tomate est d’abord un lieu de beauté et d’émerveillement. En franchissant les grilles du potager, les visiteurs pénètrent dans un jardin d’Eden dédié à la diversité et à la prodigalité de la nature. De carré en carré, ils se laissent surprendre par l’harmonie des plantations et ils ne peuvent s’empêcher de s’exclamer devant les centaines de variétés de tomate de toutes les couleurs et toutes les formes…

C’est aussi un lieu de « conservation » et de mise en valeur d’un patrimoine méconnu. Un travail de recherche et de rassemblement de collections variétales a abouti à la culture de plus de 700 variétés de tomates anciennes.
Labélisée « Conservatoire agréé » par le CCVS depuis 1998, la collection représente un véritable engagement à préserver ces trésors de la nature et à les faire connaître.

Enfin le Conservatoire de la Tomate est un lieu de recherches et de découvertes. Les visiteurs y retrouvent l’envie de mieux se nourrir, plus sainement et plus simplement. Les producteurs, les professionnels de la filière, les chefs cuisiniers et les scientifiques y trouvent l’endroit rêvé pour étudier ces centaines de variétés et percer le secret de leur goût et de leurs vertus…
Louis Albert de Broglie »

Culture en tipi

Culture en tipi

Histoire de la Tomate, de sa découverte au Mexique à son parcours à travers l’Europe

Elle est originaire des régions andines de la côte nord-ouest d’Amérique du Sud où diverses espèces, dont Solanum lycopersicum cerasiforme (la tomate cerise) et Solanum pimpinellifolium, se multiplient spontanément. Au Mexique, les tomates à gros fruits existaient déjà lors de la conquête Espagnole en 1519. Le nom nous vient des Aztèques Xictomatl en Natualt, la langue aztèque. La tomate, « pomme d'amour », mais également « pomme d'or » — en italien pomodoro.

Introduite en Europe, comme ornement pour jardins et tonnelles car jugée non comestible fait de son apparentement à la belladone (Atropa belladonna), bien connue pour sa toxicité, elle conquiert l’Espagne au XVe puis l’Italie et elle entre dans la cuisine française au XVIIIe.

Elle ne vous font pas envie toutes ces belles tomates !

Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,
Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,
Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,
Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,

Ah! les belles tomates ! Solanum lycopersicum,

La tomate, Solanum lycopersicum, possède de nombreux atouts nutritionnels qui contribuent à garder ‘’la forme‘’ : riche en vitamines et minéraux, très faible en calories, bon antioxydant, source de fibres, de vitamines A et C et de minéraux tel que le potassium… Consommée fraîche, en jus, en sauces, en concentrés, en condiments, la tomate fait aujourd’hui l’objet d’une production industrielle considérable ainsi que de nombreuses recherches scientifiques. Le décryptage de son génome, qui vient d’être réalisé, permettra de nouveaux progrès dans sa conservation, sa saveur, la création de nouvelles variétés. Il devrait être rapidement suivi par celui des génomes d’autres solanacées.

 

J’oubliai, les noms des tomates, ils sont curieux, romantiques, cocasses, drôles, énigmatiques….

 

Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière
Fête de la tomate et des saveurs au château de la Bourdaisière

Et voilà aujourd’hui, ce n’est pas la saison des tomates, le réveillon du 31 c’est demain ! Je vous souhaite une belle fin d’année et à bientôt…

 

                                          Christianne

Publié dans Jardins

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Le château de Valmer, suite....

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Le Lion de Valmer

Le Lion de Valmer

Après avoir traversé la terrasse de Leda, nous arrivons au sommet de l’escalier construit au XVIIIème siècle, qui mène au jardin fleuriste et potager. Deux lions de pierre nous accueillent, ils témoignent de l’âge du domaine, avec leurs sourires fatigués et leurs lichens colorés. L’œil n’arrive pas à embrasser l’ensemble du jardin. Il est clos de murs et constitue un remarquable conservatoire vivant d'environ 900 espèces anciennes ou disparues de fruits, légumes et plantes. Sur un hectare, dessin classique du XVème siècle, il est divisé en quatre carrés, eux-mêmes subdivisés en quatre parcelles et, en son centre, un bassin circulaire harmonise l’ensemble. De hauts murs ceignent ce jardin, flanqués de deux petites tours d'angle servant au rangement des outils et autrefois au logement des jardiniers et de l'âne. Légumes de fleurs cohabitent en bonne entente. .

La tour des ânes

La tour des ânes

Le jardin fleuriste et potager

Le jardin fleuriste et potager

Notre guide nous fait partager cette belle diversité. C’est le mois de septembre, beaucoup de fleurs sont en fruits ! Mais c’est aussi une façon de découvrir la diversité des plantations. Tout d’abord, des bouquets de plus de 2 mètres de haut, aux couleurs vives et automnales, palette de nuances ocre jaune et pourpre, ce sont des Amaranthus cruentus, Amarante à Grains Giant. Les graines sont comestibles et offrent de nombreux nutriments.

Amaranthus cruentus, Amarante à Grains Giant

Amaranthus cruentus, Amarante à Grains Giant

Voici des arbres fruitiers, menés en espaliers le long des murs et en contre-espaliers  les fruits sont plus gros et à portée de main pour la cueillette ce qui permet à notre guide de nous faire goûter des poires «conférence» et «duchesse d’Angoulême», délicieuses. Mais aussi pêchers, brugnons, nectarines, abricotiers, figuiers, nashis, et pommiers. L’art de l’espalier est un art qui ne s’enseignait plus. De ce fait, les propriétaires de ce magnifique jardin proposent une formation. Cet art de l’espalier est désormais inclus au Patrimoine Culturel Immatériel en France.

Nous découvrons des Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya. Arbustes au feuillage vert bleuté portant des épis de bractées rouge pourpré où se cachent des baies de même couleur qui font le régal des oiseaux nous dit-on.

Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya.
Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya.

Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya.

Des lianes annuelles, légères, aux drôles de petits lampions verts appelés pois de cœur,  Cardiospermum halicacabum, originaire d'Amérique du Nord. Ce pois ornemental n’est pas comestible !

Cardiospermum halicacabum, pois de cœur, 

Cardiospermum halicacabum, pois de cœur, 

Voici une glycine, ce n'est pas celle que nous connaissons, mais Apios americana, glycine tubéreuse autrement appelé haricot-patate ou haricot-pomme de terre, ou encore patate en chapelet ou pénac d’Amérique. C’est une plante potagère et vivrière qui rappelle la pomme de terre par sa récolte et sa consommation. Légume ancien oublié à la saveur de “patate », c’est une plante grimpante ornementale magnifique par sa floraison. Et son système racinaire capte l’azote atmosphérique pour le restituer au sol, comme tous les Fabacées.

 Apios americana, glycine tubéreuse
 Apios americana, glycine tubéreuse

Apios americana, glycine tubéreuse

Mais aussi poireaux, carottes, navets, tomates, christophines (chayottes), poirées, courges musquées, courges bouteilles, raifort

Et pour ajouter à notre bonne humeur, notre guide nous présente la plate-bande du concombre péteur, l'Ecballium elaterium, aussi surnommé "concombre explosif" ou "concombre d'âne". Quand les petits concombres sont arrivés à maturité et qu'on les touche, les fruits tombent en projetant leurs graines jusqu'à plusieurs mètres. Evidemment, chacun de nous a essayé et les concombres sont ressemés pour l’an prochain.

Ecballium elaterium, concombre péteur, concombre d'âne

Ecballium elaterium, concombre péteur, concombre d'âne

Et des fleurs des sauges, des zinnias, des roses, des lavatères, ces fleurs égaillent le jardin, le printemps doit être un vrai festival !

Il faut déjà quitter les terrasses du Château de Valmer, il y avait tant à voir encore ! Je quitte le jardin en me souvenant qu’ici "les pratiques culturales s'attachent à préserver et améliorer la qualité de la terre, de la faune et de la flore (compost maison, paillages, engrais verts etc.). La présence de vivaces mellifères en bordure des carrés assure abri et nourriture aux utiles prédateurs des insectes ravageurs : coccinelle, hérisson, pollinisateurs etc".

Les jardins de Valmer ont été labellisés « Jardin Remarquable » par le Ministère de la culture dès la création du label en 2004.

 

                                                 Christianne

Zinnia haageana

Zinnia haageana

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Le Château de Valmer

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Le Château de Valmer

Organisé en septembre par la Société d’Horticulture de Haute Savoie, un beau séjour en Touraine a permis à notre petit groupe de Savoyards de visiter le Jardin Potager Remarquable du Château de Valmer, situé près du village de Chançay en Indre-et-Loire.

L’histoire de ce château commence à la Renaissance lorsque le Sieur Binet, conseiller de François 1er, décide de construire une demeure et des jardins à Valmer, dans le style Renaissance Italienne. Les terrasses, les douves et la chapelle troglodytique creusée dans le tuffeau, ont été bâties à partir de 1520. Le Château est une merveille de la Renaissance italienne.

Le Château de Valmer
La chapelle troglodytique

La chapelle troglodytique

A partir de 1647, Thomas Bonneau, conseiller de Louis XIII et important financier du royaume de France, fait installer une nouvelle chapelle édifiée dans l’aile ouest du Château recemment construite, le Petit Valmer. De ce fait, le service n'est plus fait dans la chapelle troglodytique.

A la fin du XIXe, la chapelle du Petit Valmer est transformée en salon et la chapelle troglodytique retrouve sa fonction primitive. L’ex chapelle du petit Valmer est dotée de hautes fenêtres vitrées.

Malheureusement, le corps du château est détruit dans un incendie en 1948. Seul subsiste le pavillon Louis XIII, le Petit Valmer, et la chapelle troglodytique.

L'originalité de Valmer réside dans ses jardins en terrasses qui épousent la pente naturelle du coteau. Il existe sept terrasses à Valmer, sur un dénivelé d'environ 30 mètres et pour une surface totale de cinq hectares : la terrasse des Devants, la Haute terrasse des charmilles aménagée en chambres de verdure, la terrasse des vases d'Anduze, la terrasse de Léda, la terrasse des fontaines florentines, la terrasse du Vase et, au niveau de la terrasse la plus basse, le potager d'un hectare.

L'entrée de la Propriété

L'entrée de la Propriété

Après avoir franchi le portail d’entrée construit en 1640, nous accédons à la première terrasse, la boutique est à notre droite.  Elle est bordée à l’est par les douves qui forment un jardin à part, tout à la fois frais et ensoleillé, que l'on peut admirer lors du franchissement du pont qui l’enjambe. Regardez à droite !

Les douves séches

Les douves séches

De l'autre côté des douves, nous découvrons la terrasse florentine et ses belles fontaines. Voici les premières vedettes du château : deux majestueux Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon, de la famille des Fabacées, appelé aussi Arbre des Pagodes du fait de sa plantation traditionnelle fréquente en Asie à proximité de ces lieux de culte. Ils sont imposants et leurs branches pendantes tapissent l'intérieur des murs des douves sur près de 13 mètres de hauteur.

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Voici le deuxième :

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Ils ont fleuri durant l'été 2018, c’est assez exceptionnel. Leurs petites fleurs blanches, aussi discrètes que délicates, sont très mellifères. Des gousses succèdent à la floraison du sophora. Classés arbres Remarquables de Touraine ils comptent environ 170 ans.

Le Sophora du Japon du Château de Valmer en fleurs, photo Internet.

Le Sophora du Japon du Château de Valmer en fleurs, photo Internet.

Les Sophoras aux troncs très gerçurés déroulent leurs branches tortueuses au-dessus du mur des douves. L’abondance et la beauté de son feuillage vert franc, ainsi que ses fruits en forme de gousses dansant dans la brise du matin ajoutent un charme incomparable à cette terrasse.

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon
Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon
Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon
Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

A propos du Sophora  

Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville (1706-1757), missionnaire jésuite à qui l’on doit aussi l’ailante — très invasif dans nos régions — a expédié à Bernard de Jussieu (1699-1777), de Chine, en 1747 entre autres semences, des «graines d’arbres chinois inconnus». Une graine est plantée au Jardin des plantes de Paris et une autre au parc du Petit Trianon. Elles ont donné deux sophoras qui y vivent toujours après 278 ans !

Carl von Linné (1707-1778), créateur de la nomenclature binominale, le nommera bizarrement Sophora japonica. Sophora est une altération de l’arabe ‘asfar qui signifie « jaune », traduit aussi par « arbre de miel » en référence à sa floraison très mellifère, et japonica alors que les graines venaient de Chine !

En 1830, le botaniste autrichien Heinrich Wilhelm Schott (1794-1865) reclasse le sophora dans le genre Styphnolobium qu’il a créé, à partir de deux racines grecques qui signifient « acide, aigre, astringent » et « cosse, capsule, gousse », en référence, dit-on, au goût de la pulpe des chapelets de gousses fraîches de l’arbre.

La terrasse des Fontaines Florentines et ses deux Sophoras, à gauche et à droite au fond de l'image.

Le Château de Valmer

A suivre.....

                          Christianne

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Giverny.....

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Lors de notre croisière sur la Seine en avril 2025, nous avons naviguer de Paris au Havre, sur ce fleuve qui a fait, au cours des siècles, la richesse de Paris grâce à sa navigabilité et son débouché sur la Manche.

Notre périple nous a permis de découvrir Giverny, le sanctuaire de Monet. Pour moi c’était un rêve de découvrir son merveilleux jardin qu’il a peint si souvent.

Claude Monet appartient au mouvement impressionniste, né dans les années 1870. En 1876, il est veuf et rencontre Ernest Hoschedé, un mécène souvent absent, absences qui conduisent au rapprochement de Monet et d'Alice Hoschedé. Monet recherche alors une vaste maison à loyer modique, à l'écart de Paris, loin des rivalités et des ragots, notamment parce qu'il vit avec une femme mariée, Alice Hoschedé. En 1883, lui, ses deux enfants et la famille Hoschedé emménagent définitivement à Giverny. Le train permet de s’y rendre depuis Paris, en une heure. Il a trouvé une maison au crépi rose et avec un jardin potager et un verger, le Clos Normand. Claude Monet l'achète et vit dans sa maison de 1883 à 1926, elle est réaménagée par ses soins : gardant le crépi rose, il la repeint aux couleurs de sa palette : portes et volets verts, salle à manger jaune de chrome vif, ornée d'estampes japonaises. Il consacrera des années à faire de ce jardin un tableau vivant, source inépuisable d'inspiration..

Giverny.....

Ce jour-là, de nombreux visiteurs ont fait le choix de cette découverte.

Une guide, charmante, nous accueille et nous commençons notre visite autour du jardin d’eau, l'étang aux nymphéas. Monet l’a fait creuser en 1893, dix ans après son arrivée à Giverny. Il est traversé par un petit cours d'eau, le Ru, une dérivation de l'Epte.

Le secret des nymphéas

Les pépinières de plantes aquatiques Latour-Marliac ont été fondées en 1875, pour assurer la propagation, la culture et la commercialisation des nymphéas, par Joseph Bory Latour-Marliac, Inventeur des nymphéas de couleur par hybridation, à l’issue de vingt-cinq années de recherche. Son secret ne sera jamais révélé.

En 1889, il présente sa collection à l’Exposition Universelle de Paris.

Installés dans les jardins d’eau devant le Trocadéro, les nymphéas hybrides attirent l’œil du peintre Claude Monet qui décida d’aménager un jardin d’eau à Giverny.

Les reflets changeants, les nuances de lumière à différentes heures de la journée et la tranquillité des eaux des étangs l'ont profondément inspiré. Les variétés choisies par Claude Monet ont été achetées à Bory Latour Marliac, ce célèbre hybrideur de nymphéas rustiques et de Lotus. Les nymphéas sont généralement en fleur de mai à octobre, tandis que les Lotus fleurissent de juillet à septembre.

 

Nymphéas avec reflets de hautes herbes, 1897, Giverny, collection Nahmad.

Nymphéas avec reflets de hautes herbes, 1897, Giverny, collection Nahmad.

Mais voilà, le 25 avril 2025, les nymphéas ne sont pas encore fleuris ! Nous nous en doutions et la déception disparait très vite car les rives du jardin d'eau sont merveilleuses.

Les masses colorées des buissons rouge vif, lilas foncé, vert tendre et blancs parsemées de touches bleu se reflètent dans l’eau. Saules pleureurs, rhododendrons fuchsia et jaunes, hydrangeas paniculées, fougères, érables du japon, se mêlent en de belles harmonies…

Giverny.....
Giverny.....
Giverny.....

Un hêtre pourpre s'élance dans le ciel paré de ses feuilles à la couleur ecarlate.

Giverny.....

Il n’y a pas de nymphéas dans le jardin d’eau mais le pont japonais ne nous fait pas défaut ! Sa jolie couleur verte, auréolée de glycines en fleurs dégage un charme plein de nostalgie.

Giverny.....
Giverny.....

Monet a peint son pont 45 fois ! Pour le construire, il a fait appel à un artisan local. Au moment de la restauration du jardin le pont était trop abîmé pour être récupérable. Pour notre bonheur, il a été reconstruit. Je ne sais lequel vous proposer, celui-ci est au musée d'Orsay.

Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte

Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte

Nous quittons le jardin d’eau pour nous diriger vers la maison.  Les parterres du clos Normand sont magnifiques. Les tulipes des massifs s’harmonisent avec les myosotis et se fondent en une mosaïque de couleurs.  

Giverny.....
Giverny.....
Giverny.....
Giverny.....

Les Pivoines arbustives, en fleurs, sont éclatantes.  

Giverny.....
Giverny.....

La tonnelle qui mène à l’entrée de la maison est bordée de tulipes.

Giverny.....
Musée des Augustins

Musée des Augustins

Musée Marmottan

Musée Marmottan

Voici la maison rose aux volets verts,

Giverny.....

Et voici Claude Monet, dans son jardin....

Giverny.....

                                                                                        Christianne

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Saint Jean de Beauregard et la fête des plantes...

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Misère, Tradescantia cerinthoides Kunth,

Misère, Tradescantia cerinthoides Kunth,

Un point fort de notre périple "Val de Loire" en septembre 2024, est la fête des plantes à Saint Jean de Beauregard, en Essonne. Nous sommes loin de la flore sauvage qui a illustré de nombreuses pages de ce blog. Mais ses plus rares taxons deviennent inaccessibles pour moi, la flore des beaux jardins réconforte le regard et l’esprit aussi. Voici comment trouver de quoi fleurir merveilleusement son jardin… quand on en a un ou qu'on en rêve un !

Depuis 1984, deux fois par an, pendant trois jours, au printemps (avril) et à l’automne (septembre) se déroule la Fête des Plantes. Un lieu de rencontre, de partage, entre amateurs pour découvrir des collections exceptionnelles, des variétés inédites avec la présence de professionnels du jardin. Cette fête se déroule sur le domaine du château de Saint-Jean de Beauregard un témoignage de l’art de bâtir du XVIIe siècle et de l’art de vivre à la française.

Quelques mots sur le château, avant la visite guidée du jardin,

Le bâtiment principal, en grès clair, est une construction classique du XVIIe siècle, sur 3 niveaux. A découvrir le parc à la française, son maillage d’allées et ses salles vertes, le Potager fleuri à la française, rare exemple de Potager du Grand Siècle, l’un des plus grands pigeonniers d’Ile-de-France. Après 1780, cette période complexe conduit à l’abandon progressif du château.

En 1878, la fille du Duc de PADOUE se porte acquéreuse du Domaine, le parc, le jardin et le potager sont réhabilités. Le Domaine connaît depuis une stabilité, il s’est transmis de génération en génération, jusqu’à l’actuel propriétaire, le Vicomte de CUREL.

Le château et les stands des horticulteurs

Le château et les stands des horticulteurs

Notre objectif n’est pas la visite du château mais celle du magnifique Potager fleuri à la française et attenant au château. Il rappelle que le domaine a toujours été un domaine de famille où il fait bon vivre.

Le Potager de Saint Jean de Beauregerd

Le Potager de Saint Jean de Beauregerd

Le jardin, 2 ha

Le Potager fleuri à la française de Saint-Jean de Beauregard nous est raconté par notre guide qui nous apprend que le potager est l’alliance parfaite de l’utile (vivre en autarcie) à l’agréable (en harmonie). Depuis le XVIIème siècle, le potager peut alimenter la table du château de Beauregard et peut nourrir jusqu’à 40 personnes. Il est protégé du froid et des vents, par des murs élevés des quatre cotés du jardin.

La parcelle autour du bassin central est divisée en quatre grands carrés, par une grande croix de quatre allées en herbe.

Puis chaque carré, est lui-même divisé par une autre croix, en quatre carrés plus petits. Les bordures des carrés sont fleuries tout au long de l’année. Les couleurs choisies ne doivent rien au hasard.

Chaque carré est utilisé pour la rotation des cultures vivrières.

Le bassin central du potager
Le bassin central du potager

Le bassin central du potager

Saint Jean de Beauregard et la fête des plantes...
Carrés de légumes entourés de fleurs

Carrés de légumes entourés de fleurs

Les arbres fruitiers sont là également, poiriers en espalier et le long des murs ensoleillés, actinidiers et abricotiers. Au fond du jardins une pommeraie et des serres où poussent des vignes

Arbres fruitiers
Arbres fruitiers

Arbres fruitiers

Les serres et le raisin
Les serres et le raisin

Les serres et le raisin

Comment garder du raisin pour Noël,

Pour cela, il faut avoir récolté la grappe de raisin en ayant fait la coupe non pas sur la tige mais sur le sarment. Ensuite, il faut suspendre la grappe en plongeant la partie sarment (10 cm) dans un flacon d’eau. Dans les beaux jardins de St-Jean de Beauregard, on abrite les grappes dans un meuble fruitier équipé de ces petits flacons et lui-même placé dans un local sec et hors gel (5 à 7°C). On place dans chaque flacon un petit morceau de charbon de bois pour éviter le croupissement de l’eau.  

Saint Jean de Beauregard et la fête des plantes...
Du raisin à Noël !

Du raisin à Noël !

Nous allons visiter maintenant l’exposition des horticulteurs et peut-être nous laisser tenter par une merveille inconnue !

 

A suivre ..............

                                                         Christianne

Publié dans Flore, Jardins

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