Après un excellent repas au Grand Velum, nous visitons le château dans l’après-midi. Ces appartements ont été aménagés par la famille princière de BROGLIE à partir de 1880. Ils permettent d’évoquer l’agencement d’une demeure seigneuriale aux XVème et XVIème siècles, ainsi que les propriétaires prestigieux ayant habité le Château. Nous découvrons les chambres dites des deux rivales, Catherine et Diane, la chambre dite de Ruggieri et la salle du conseil avec son magnifique pavement de majolique du XVIIe siècle. De belles tapisseries animent les murs.
Chambre dite de Catherine de Medicis
La salle du Conseil
Les écuries
La grande écuriea été construite par la famille de BROGLIE. Elle est divisée en divers espaces, les écuries, le manège couvert et la sellerie.
Les écuries et la tour ronde devenue manège
La sellerie
L’importante collection de harnais d’attelage, d’aciers et de fouets qu’elle renferme, est considérée de nos jours comme l’une des plus belles selleries de France.
La sellerie
Quittons le domaine de Chaumont sur quelques beaux spécimens photographiés dans les jardins
Yucca rostrata, yucca à bec
Coprosma repens, laurier de Nouvelle-Zélande, buisson miroir
Asparagus densiflorus, Asperge à fleurs denses
Dryopteris oreades, Dryoptéride des montagnes
Et cette jolie anémone très à la mode en ce moment, Anemone hupehensis, Eriocapitella hupehensis, anémone du Japon. On la voit partout, dans les jardins et les massifs. C'est une plante indigène en Asie. L'épithète spécifique hupehensis signifie « de la province de Hupeh (Hupei, Hubei), Chine » et fait référence à une région où l'espèce est connue. En chinois, on l'appelle dǎ pò wǎn huā huā « fleur de bol cassé ». Il existe de nombreuses variétés, aux belles couleurs tendres et panachées.
Anemone hupehensis, Eriocapitella hupehensis, anémone du Japon
Anemone hupehensis, Eriocapitella hupehensis, anémone du Japon
« Il faut cultiver notre jardin », disait Voltaire par la voix de Candide…
Plus de 250 ans plus tard, cette leçon est d’autant plus d’actualité que le monde semble de plus en plus violent, chaotique, sans âme, courant à sa perte.
Je vous souhaite une année bucolique et végétale. Prenons le temps de suivre le rythme de la nature, regardons les nuages dans le ciel. Et suivons les saisons, dans les jardins, dans les collines ou sur les étages alpins.
Contempler la nature qui nous est proche, c’est s’ouvrir au monde avec patience et empathie.
Je vous souhaite une belle année 2025 pleine de nouvelles découvertes, de rencontres, de beaux partages et de sagesse.
Voici mon château préféré ! C'est un très joli château qui surplombe la Loire et qui accueille chaque année, dans ses jardins, le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire.
Le château de Chaumont illustre l’architecture défensive de l’époque gothique et l’architecture d’agrément de la Renaissance. Une aile a été détruite créant une belle terrasse avec vue sur la Loire.
Chaumont-sur-Loire vu depuis la rive de la Loire
Une histoire mouvementée
Forteresse détruite sur ordre de Louis XI en 1465, puis reconstruite par Pierre d’Amboise une fois les deux ennemis réconciliés, en 1469.
En 1560, Catherine de Médicis, veuve du roi Henri II et régente du royaume de France, achète le château de Chaumont et contraint Diane de Poitiers, ancienne favorite du roi, à lui donner celui de Chenonceau en échange. Cette dernière y fait quelques travaux et y appose ses emblèmes au-dessus des mâchicoulis du chemin de ronde.
Entre la fin du XVIe et le milieu du XVIIIe siècle, les propriétaires du château de Chaumont sont nombreux à se succéder. Mademoiselle de SAY, riche héritière, achète le château en 1875, devient princesse De BROGLIE, mène la grande vie et puis elle est ruinée. Nous visitons de belles pièces meublées et anciennes et un étage "belle époque".
Château de Chaumont sur Loire
Le Château
Acquis par la Région Centre-Val de Loire en 2007, le Domaine de Chaumont-sur-Loire est devenu un lieu incontournable dans le domaine de l’art et des jardins. La triple identité du domaine : patrimoniale, artistique et jardinistique en fait un lieu singulier dans le circuit des châteaux de la Loire.
Une des missions du Domaine est de développer un ensemble d’activités centrées sur la création contemporaine, dans le château et dans le parc. Elles incluentle Festival international des jardins, créé en 1992.
Ce Festival est un laboratoire de la création contemporaine dans le domaine des jardins et de la création paysagère dans le monde. Depuis 1992, plus de 800 jardins ont été créés, prototypes des jardins de demain. Chaque année, une trentaine d’œuvres végétalisées et éphémères sont créés.
Le Centre d’Arts et de Nature invite chaque année des artistes de renommée
internationale, plasticiens et photographes à venir créer et à exposer sur le thème
de la nature, des oeuvres inédites et originales, “in situ” dans le château, les écuries
et les bâtiments de la ferme, ou “in natura” au coeur des Parcs du Domaine.
Cet événement incarne la fusion entre la nature et la culture, une thématique
fondamentale du Domaine de Chaumont-sur-Loire en tant que pionnier dans le mariage entre les arts et la nature.
Compte-rendu SHS
La cour de la ferme modèle avec le pédiluve pour les troupeaux
A notre arrivée à 10 h 30, deux guides féminines nous attendent. Nous découvrons les jardins en deux groupes…. Sous la pluie !
Thème en 2024, « Jardin source de vie »
Voici quelques créations particulièrement originales.
Ces amateurs de beaux jardins se sont intéressés aux jardins d’ornement où se blottissent les châteaux de la Loire. Beaucoup sont dotés de grands potagers.
En septembre, ces écrins de verdures aux couleurs de fin d’été, se sont dévoilés à nos yeux attentifs, sous la pluie ! Positivons, pas de pelouse jaunie par un été torride, pas de massifs de fleurs fatiguées par la sècheresse, pas d’arbre déjà prêt pour l’automne !
Chambord !
La visite du potager de Chambord est à notre programme. Notre Guide-jardinier nous présente les objectifs qui présidèrent à sa création en 2019 dont l’un est de favoriser le circuit court pour alimenter les différents points de restauration présents sur le Domaine de Chambord. Les premiers bénéficiaires de la production sont les visiteurs. Ce jardin potager est entouré par les murs en ruine des écuries du Maréchal de Saxe construites au XVIIe siècle.
Derrière les murs en ruines, le palais
Notre guide-jardinier nous détaille son organisation et ses méthodes de jardinage, novatrices, écoresponsables, intégrant une démarche d’agriculture et de développement durables.
De belles rangées de choux de tailles impressionnantes, des poireaux aussi, alignés sagement, des carottes, des céleris....
Des choux, des choux...
Des beaux massifs de fleurs comestibles, capucines, soucis, tagètes, qui décoreront les salades des touristes, sont intercalés entre les légumes. Des arbres fruitiers en espaliers rythment les rangées de légumes.
Légumes et fleurs
Le jardin s’étend sur un terrain marécageux. Un ingénieux système de drainage alimente un étang qui restitue pendant les périodes sèches l’eau stockée en hiver.
L'étang, réserve d'eau.
Un autre guide nous attendait pour la découverte ou la redécouverte de ce château extraordinaire, incroyable, révolutionnaire pour l’époque, ce joyau voulu par François 1er et devenu emblème de la Renaissance française à travers l'Europe et le monde.
Chambord, 6 septembre 1519
440 pièces, 365 cheminées, 13 grands escaliers, 70 escaliers secondaires « de fond en comble » ce qui signifie du sol au plafond. Mais ce qu’on rencontre le plus dans cet immense château, ce sont … des courants d’air.
Notre guide explique que le plan de construction repose sur la géométrie, les rapports mathématiques et la régularité, spécifiques de la Renaissance.
Le donjon carré avec ses 4 tours circulaires aux 4 coins, est construit autour de l’escalier à double vis, central. Les quatre tours circulaires qui cantonnent le plan carré de Chambord sont orientées aux quatre points cardinaux. À l’intérieur du donjon, se trouvent cinq niveaux habitables.
La vedette du château, c’est l’escalier à double vis qui n’est peut-être pas de Leonard, il y en dans d’autres châteaux antérieurs à Chambord dont à Amboise, mais celui-ci s’est effondré.
L’esprit de Léonard plane tout de même sur ce bel escalier qu’on retrouve dessiné sur les carnets du maître.
En mars, lors des journées organisées par La Médicée, sur le thème « Quand les plantes se font la malle », nous avons assisté à la conférence de Jean-Noël FALCOU, « Eloge des plantes à parfum : l’histoire duCitrus aurantium (Bigaradier) ».
Il est agrumiculteur bio, producteur de bigarades, à Vallauris. Tout d’abord, il nous a éclairé sur l’origine des bigarades et des..... oranges.
Un fruit magique, l’orange !!! Autrefois,sa rareté en faisait un véritable produit de luxe que l’on offrait à Noël, c’étaitle symbole du soleil en hiver.
Orangers, arbres que j'adore,
Que vos parfums me semblent doux !
Est-il dans l'empire de Flore
Rien d'agréable comme vous ?
Vos fruits aux écorces solides
Sont un véritable trésor ;
Et le jardin des Hespérides
N'avait point d'autres pommes d'or.
Extrait d’un poème de Jean de La Fontaine
Ce fruit apprécié tout au long de l’hiver fait partie du groupe des agrumes dont les étals fruitiers offrent une diversité de plus en plus étonnante : mandarines, clémentines, tangerines, pomelos, citrons, limes, kumquats mais aussi pamplemousses, yuzus, citrons caviar, combava ….
Les botanistes, eux, sont restés longtemps perplexes sur ce foisonnement et leur envie de classer étant irrépressibles, ils ont cherché…. Genre, espèce, variété ?????
Citrus hystrix, Combava , photos internet
Commençons par le début, qu’est-ce qu’un agrume ?
Les agrumes sont des fruits, des baies de type Hespéride, baie possédant un exocarpe (pelure) épais et dont l'endocarpe est scindé en loges (quartier). C’est cette structure en quartier qui les distingue de la plupart des autres fruits.
Ils appartiennent à la famille des Rutacées, comprenant des arbres, des arbustes ou plus rarement des plantes herbacées, des régions tempérées à tropicales, les Rutacées sont producteurs d'huiles essentielles.
Les Rutacées portent également des poches sécrétrices épidermiques et superficielles qui dégagent leur substance volatile au simple frôlement.
Classification récente
Une étude génomique de 2018a apporté un éclairage nouveau sur la différenciation des agrumes à partir de leur origine.
Trois espèces sont qualifiées d’espèces ancestrales
Citrus maxima, le pamplemoussier, (pamplemousse =/= pomelo)
Citrus reticulata , le mandarinier,
Citrus medica, le cédratier.
Elles sont à l’origine de la grande majorité des espèces cultivées et ont évolué séparément dans trois zones géographiques distinctes, respectivement l’archipel Malaisien, le sud de la Chine et le nord-est de l’Inde.
Citrus medica, le cédrat
Des feuilles fossilisées d’agrumes découvertes en 2019, dans le Yunnan en Chine, permettent d’y situer l’origine de ces lignées, il y a 8 millions d’années. L’expansion s’est effectuée vers l’est et l’ouest en fonction des épisodes geologico-climatiques
Mais suite à de nombreux croisements, des formes hybrides élevées au rang d’espèce, sont apparues dont
Extrait de l'Exposition : à la découverte de la filière Fleur d'oranger en pays de Grasse, soutenue par la maison Chanel, associée à la famille MUL et à la Coopérative NEROLIUM et "atelier Senteurs" avec Jean-Noël Falcou
Le bigaradier, Citrus aurantium,croisement entre pamplemoussier et mandarinier,
Le citronnier, Citrus limon, hybride du cédratier et du bigaradier.
Le bergamotier, Citrus bergamia, hybride du citronnier et du bigaradier.
Les populations humaines ont été attirées par les qualités gustatives, médicinales et odorantes dès les premières civilisations.
Citrus bergamia, bergamote
A suivre,
Christianne
Sources :
Jean-Noël FALCOU, conférencier
Responsable des filières agricoles chez Jean GAZIGNAIRE - Groupe MUL
Vallauris, Provence-Alpes-Côte d’Azur
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL,
Histoire de plantes, l’origine des agrumes : leur évolution et la naissance des espèces cultivées
« Conçu comme un voyage dans la flore mondiale, ce jardin permet de comprendre les origines et l’histoire des légumes, des fruits et des fleurs, alors qu’on passe peu à peu d’une économie fondée sur la chasse et la cueillette à l’agriculture. Il aide à comprendre le rôle des végétaux dans le progrès des sociétés, autour des éléments fondateurs que sont les couples céréales/civilisations. »
Chaque espace du jardin relie ainsi un continent et des civilisations aux plantes qui les ont aidés à grandir et évoluer. L'automne est la saison des fruits et ce jardin consacré aux fruits comestibles, source de nourriture ou utilisés pour la vie courante est d'une grande richesse. De belles rencontres en perspective !
Je ne passerai pas en revue les cinq continents, ce jardin est si vaste ! Mais il est passionnant et quelques plantes m’ont séduit par leur originalité, leur aspect ou leur taille.
Le Taro (Aracées) est l’une de mes préférées. Deux étaient étiquetés.
Le premier, Alocasia macrorrhizos, grand taro, oreille d’éléphant.
Alocasia macrorrhizos, (Aracées), grand taro, oreille d’éléphant.
Le second, Xanthosoma sagitifolium, taromacabo, malanga ou chou caraïbe
Xanthosoma sagitifolium (Aracées), taro macabo, malanga ou chou caraïbe
De grande taille, avec des feuilles magnifiques, vert clair, glabres, découpées et luisantes, de 50 à 60 cm de long. Le soleil d’automne les ombre délicatement, des gouttes de rosée perlent les nervures. Ces feuilles majestueuses sont très décoratives.
Mais, après recherche sur plusieurs sites internet, il s’avère que l'appellation « Taro » est ambiguë et s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Colocasia esculentaest l'espèce la plus fréquemment désignée sous le nom de « taro » et la plus largement cultivée. Il a bien sa place dans ce jardin, mais je n'ai pas vu de plante étiquetée à ce nom.
Le Taro est aussi le nom du corme ou tubercule comestible, cultivé et consommé dans les zones tropicales de plusieurs continents. Sa teneur en fer, phosphore et calcium est non négligeable. Il contient, de plus, une bonne quantité de protéines. Il se mange en boulettes ou en purée salée ou sucrée. Il est originaire d’Asie.
C’est le nom scientifique de l'espèce à laquelle appartiennent différentes variétés de poivrons et piments. Elle est originaire de la région allant de la Colombie au sud des États-Unis, mais est actuellement l'espèce du genre Capsicum la plus cultivée dans le monde entier. Poivron et piment ont a été introduits en Europe par Christophe Colomb au XVIème siècle, tous deux appartenant à la même famille. Le poivron fait partie des premiers végétaux cultivés par nos lointains ancêtres. Il fut apporté jusqu’en Hongrie en 1585 où il est encore cultivé.
Petit arbre épineux originaire des montagnes d'Asie, aux fleurs très discrètes, particulièrement mellifères.
Les petits fruits gros comme des olives, cachés sous les feuilles vernissées, encore vertes, sont bientôt rouges à maturité. Parfois appelés dattes chinoises, les fruits se consomment bien mûrs (un peu flétris), frais ou cuisinées. La pulpe est sucrée, gélatineuse, à saveur fade. (Fruits confits, liqueur, confiture, ...).
Les jujubes, riches en vitamines A et C, entrent dans diverses préparations médicinales
Originaires d’Afrique subsaharienne, les gourdes sont comestibles jeunes mais deviennent amères à maturité. La chair à l'intérieur va sécher et seules les graines resteront. Après avoir séchées, elles servent à faire des instruments de musique, des récipients et de magnifiques objets de décoration qu’on peut peindre.
Lagenaria siceraria, (Curcurbitacées), calebasse verruqueuse ou Courge-bouteille.
Solanum aethiopicum, (Solanacées) aubergine d'Ethiopie ou aubergine amère.
L'aubergine africaine, appelée aussi aubergine écarlate, tomate amère, gilo ou jiló, est cultivée en Afrique et au Brésil. C’est un légume-feuille et fruit peu courant. Cette vivace, proche de l’aubergine et du poivron, offre une abondance de fruits globuleux de taille moyenne, à la saveur caractéristique et surtout consommé verts. En Afrique tropicale c'est même le 3e légume consommé, juste après la tomate et l'oignon.
Solanum aethiopicum, (Solanacées) aubergine d'Ethiopie ou aubergine amère.
Notre visite se termine, la découverte de tous ces légumes venus des quatre coins du monde prouve la richesse de la nature et l’ingéniosité des humains qui ont su mettre à profit tout ce qui permettait de nourrir leurs familles. Mais ils ont su aussi apprécier la beauté des plantes et des fleurs pour embellir leur environnement.
Probablement originaire de l'est de l'Argentine, mais largement cultivé depuis longtemps comme plante ornementale et maintenant naturalisé dans de nombreuses régions tempérées et tropicales du monde. Mais ces fruits-là ne sont pas comestibles !
Cucumis metuliferus (Cucurbitacées), Kiwano, métulon, melano, concombre cornu d'Afrique ou encore melon à corne
Est originaire des régions tropicales d'Afrique et d'Arabie (Yémen). Vert il devient jaune à maturité. Son fruit est comestible maisses nombreux pépins le rendent peu appréciable, c'est pour cela qu'il est beaucoup plus utilisé en tant qu'élément décoratif ou ornemental tel que le sont les coloquintes.
Cucumis metuliferus (Cucurbitacées) Kiwano,
Hibiscus cannabinus, (Malvacées) chanvre du Deccan, chanvre de roselle, jute de Java, kénaf.
Cette plante portait une étiquette photographiée ci-dessous. Plantnet n’est pas de cet avis mais je m’en tiendrai à l’étiquette attachée à sa tige.
Le chanvre du Deccan est une annuelle originaire d'Afrique où les jeunes pousses sont consommés comme des légumes.
Sa longue tige érigée (pouvant faire jusqu’à 5 m en culture) fournit des fibres libériennes utilisées dans l'industrie des ficelles, cordes et toiles grossières ainsi que des biocomposites. L’épithète spécifique cannabinus est emprunté au latin, dérivé de cannabis « chanvre » en raison d’une certaine ressemblance de sa feuille avec celle du chanvre, mais Cannabis sativa appartient à la famille des Cannabacées.
Hibiscus cannabinus, (Malvacées) chanvre du Deccan, chanvre de roselle,
Et puis la petite dernière que j'ai rencontré pour la première fois en Sardaigne :
Thunbergia alata, (Acanthacées), Suzanne au yeux noirs,mais aussiOeil de Suzanne, Sourire de Zanzibar.
C'est une plante ornementale à la floraison généreuse de mai à octobre. Vivace et grimpante, elles se pare de fleurs pimpantes jaune ou orange, à cœur noir, très originales. Elle est originaire de l'Afrique de l'Est mais a été trouvée dans le Cerrado du Brésil, à Hawaii, en Australie et dans le Sud des États-Unis
Thunbergia alata, (Acanthacées), Suzanne au yeux noirs
Lorsqu'on arrive à Salagon, on est surpris par l'aspect des bâtiments, un mélange architectural, plusieurs époques se superposent, mais une force vivante se dégage. Ce monument traduit une occupation humaine et religieuse longue et riche.
La création du musée ethnologique concrétisé le passé agricole du Prieuré. C'est un musée de territoire dédié au patrimoine de la Haute Provence mais aussi au patrimoine agricole mondial.
La visite des jardins dégage une grande sérénité et une apparente simplicité… il aurait fallu plus de temps pour découvrir tous les jardins à thème mais ce sera une belle motivation pour revenir un prochain printemps.
Un grand bâtiment moderne accueille les visiteurs, il y a une boutique avec des souvenirs, beaucoup de livres intéressants, une zone d’exposition, un coin pique-nique en extérieur et une serre où des plantes sont proposées à la vente.
Les Jardins
Deux hectares, six jardins à thèmes
Le jardin médiéval, le jardin des simples et des plantes villageoises (flore domestique à usage médicinal), le jardin des senteurs (plantes odorantes… ou pas), le jardin de la noria, celui du chêne blanc et celui des temps modernes (un des derniers créés).
" 1700 plantes cultivées, un écrin de verdure, un livre à ciel ouvert…"
Nous avons passé deux heures dans ces jardins et bien sûr nous n’avons pas vu l’ensemble des plantations. Nous avons découvert un des derniers nés...
Le jardin de senteurs
Exploration de la botanique des odeurs à travers la grande diversité des plantes aromatiques, et, au choix, bonnes et mauvaises odeurs.
Le prieuré vu depuis le jardin des senteurs, photo Internet
Une collection riche, étiquetages parfaits, pictogrammes indiquant la partie odorante de la plante(feuille, fleur….). Buplèvres, santolines, serpolets, livèches, cistes, nombreuses sauges venues de plusieurs pays dont une sauge Salviatingitana (Lamiacées) sauge de Tanger, aux feuilles à l’odeur très puissante ! Classée malodorante ? C’est une question de nez !
Salvia tingitana (Lamiacées) sauge de Tanger,
Malgré la saison bien avancée, il y a de nombreuses plantes fleuries, en voici une...
Clerodendrum bungei (Verbénacées), Arbre du clergé
Originaire de Chine.Les feuilles de 20 cm de longueur, vert foncé, parfois teintées de pourpre à l'état juvénile, laissent apparaître à la fin de l'été des fleurs étoilées d'un beau rose profond regroupées en panicules. Ces « pompons » exhalent un parfum délicieux qui attirera à coup sûr les insectes pollinisateurs dans votre jardin.
Cyphomandra betacea, (Solanacées) tomate en arbre de La Paz, tamarillo
Choisya tornata, (Rutacées), oranger du Mexique
Originaire du Mexique ainsi que du sud-ouest des États-Unis et découvert en 1804. C’est un arbuste persistant et élégant,apprécié pour son feuillage éclatant et sa floraison parfumée. Ses petites fleurs blanches éclosent en abondance au printemps, puis parfois en août-septembre, auréolées d'un arôme de fleur d'oranger. Le parfum des fleurs, mais aussi du feuillage lorsqu'il est froissé, rappelle beaucoup celui des agrumes, chez cette plante qui fait partie de la même famille botanique. Son attrait vient de ses fleurs, parfumées et de son feuillage persistant.
Plante vivace dressée pouvant atteindre 2,5 à 3 m de haut, feuilles alternes dont le limbe comporte 3 à 5 lobes. Ce tournesol pousse souvent en massif. Les grandes fleurs voyantes sont jaunes ou orange et de 5 à 15 cm de diamètre. Originaire du...Mexique et d'Amérique centrale.
Vacances en octobre, pourquoi pas, les Alpes de Haute-Provence sont accueillantes, le temps est clément et agréable en ce début d’automne. Et nous voici à la découverte d’un jardin, un de plus mais en France, les jardins foisonnent partout !
Situé sur la commune de Mane dans la banlieue de Forcalquier, le prieuré Notre-Dame de Salagon est un prieuré roman, plusieurs fois remanié. Il est restauré et conserve une église romane à deux nefs, un logis Renaissance et deux cours caladées. L’église est dotée de vitraux contemporains, d’Aurélie Nemours.
Prieuré de Salagon, Alpes-de-Haute-Provence
Histoire
Façades du XIIe, mais de la période médiévale, il ne reste que l’église à deux nefs. Un logis prieural est construit du XIIIe au XVIe. Au XVIIIe siècle, le site sert de grenier pour les récoltes des fermiers du domaine avant d'être vendu comme bien national à la Révolution. Il est acquis par une famille de paysans qui y restera jusqu'en 1980 et y fera divers aménagements. En 1956, l'abbé Pierre Martel, curé de Mane et l'association qu'il a créée, Alpes de Lumière, nettoient l'église avec l'accord de la famille Calixte, propriétaire des lieux.
Façade du XIIe
Nef et vitraux d’Aurélie Nemours.
Et commencent les collections, objets et plantes cultivées. En 1981, la commune de Mane devient propriétaire du site. L'association Alpes de Lumière est chargée d'animer le site et de conduire sa restauration. Des lors, Salagon est ouvert au public et devient le conservatoire ethnologique de la Haute Provence.
Qu’est-ce que l’ethnobotanique ?
C’est un domaine de l’ethnologie qui étudie les relations entre les hommes et les plantes, des usages les plus utilitaires (se soigner, se nourrir, fabriquer des outils…) aux plus symboliques (prédire l’avenir, célébrer des dieu).
En 1984, le conseil général des Alpes de Haute-Provence se substitue à la commune de Mane et accélère la remise en état des lieux. Jusqu'en 1995, d'importants chantiers de restauration sont menés par l'association pour transformer Salagon en lieu culturel.
Le 1er janvier 2000, Salagon devient un musée départemental géré par le conseil général des Alpes de Haute-Provence. En 2011, l'association Alpes de Lumière et le conseil général signent une convention de cession de la collection d'Alpes de Lumière qui devient propriété du département.
L’histoire du Prieuré est contée, allons le visiter !
à suivre.....
Christianne
Le Prieuré vu depuis le jardin des senteurs, photo internet.
Dirigeons-nous vers le “Nord/Est“ de La Réunion en direction de Sainte Suzanne pour une visite de sa Vanilleraie.
Située au cœur d’un authentique domaine créole, le Domaine du Grand Hazier à Sainte-Suzanne, "la Vanilleraie", est le fruit de la rencontre entre des producteurs de vanille passionnés par leur métier et les propriétaires du domaine.
Carte empruntée à Internet
Origine de la Vanille à la Réunion :
En 1819, le capitaine Philibert et le botaniste Perrotet introduisent la vanille à la Réunion en vue de la cultiver.
Le Vanillier, Vanilla planifolia, famille des Orchidacées,
Cette liane originaire du Mexique restera, pendant une trentaine d’années une plante d’ornement, faute de fructification naturelle
En effet l’abeille, Euglossa viridissima, famille des Apidées, vivant au Mexique, seule pollinisatrice naturelle de la vanille, n’a pu être acclimatée à La Réunion.
Photo empruntée à Internet
Il faudra attendre 1841 pour qu’Edmond Albius, un jeune esclave âgé de 12 ans, trouve le procédé de pollinisation manuelle de la vanille, encore utilisé de nos jours.
Schéma de la pollinisation manuelle
Pollinisation manuelle
Développement de la Culture de la vanille :
Après cette découverte majeure, la culture de la vanille va connaitre un développement de grande ampleur sur l’île. Malheureusement, les gousses de vanille se fendent à maturité et perdent de leur valeur commerciale. Il faudra toute l‘ingéniosité de deux producteurs réunionnais, Ernest Loupy et David De Floris, pour mettre au point un procédé de préparation permettant à la gousse de vanille de développer tout son arôme sans se fendre (procédé toujours utilisé de nos jours).
Culture de la vanille :
Le vanillier est cultivé de façons très différentes depuis des modes très extensifs (type culture en sous-bois) jusqu’à des modes très intensifs (type culture hors-sol sous ombrage artificiel).
Culture en sous-bois, photo empruntée à Internet
Culture hors-sol sous ombrage artificiel
Pour se développer, la vanille a besoin d’un climat tropical chaud et humide. C’est la raison pour laquelle on retrouve les plantations de vanille sur la côte Est de la Réunion (la plus arrosée). La plupart des parcelles se situe en forêt car un certain ombrage est nécessaire au bon développement du plant de vanille.
Après plantation, il faudra attendre trois ans avant de voir s’épanouir les premières fleurs de vanille.
Photo empruntée à Internet
Ces dernières, éphémères, doivent être fécondées dans la matinée, la fleur se fanant en l’espace d’une journée.
La gousse de vanille atteint sa taille définitive deux mois après fécondation mais il lui faudra 9 mois pour arriver à maturité.
Récolte de la vanille :
La récolte de la vanille s’effectue gousse par gousse, en fonction de son degré de maturité. Elle commence en juin pour se terminer à la mi-octobre.
Echaudage et égouttage :
Le procédé appelé échaudage, permet d'éviter que les gousses se fendent, il doit être entrepris dans les 48 heures suivant la récolte. Les gousses de vanille sont plongées dans une eau chauffée à 65°C pendant 3 mn.
Echaudage et chaudière à échaudage, photos empruntés à Internet.
Egouttage
Après égouttage, les gousses de vanille sont placées durant 24 heures dans des caisses capitonnées de couvertures pour les faire transpirer, c’est l’étuvage.
Etuvage
Etuvage :
C’est au cours de cette étape que les gousses de vanille changent de couleur et prennent leur belle robe chocolat. A ce stade, les gousses de vanille sont encore gorgées d’eau et doivent être séchées pour assurer leur conservation
Séchage :
Le séchage de la vanille se déroule en deux étapes : un premier séchage très intense au soleil pendant une dizaine de jours puis un séchage plus lent à l’ombre durant 2 à 3 mois. Les gousses de vanille sont régulièrement triées pour juger de leur état de dessiccation.
Séchage au soleil
Séchage à l'ombre, photo empruntée à Internet
Maturation :
Les gousses de vanille sèches partent en malle de maturation pour une période de 12 mois minimum alors que les gousses insuffisamment sèches repartent au séchage. C’est lors de cette phase de lente maturation aromatique que les arômes de la vanille s’élaborent. C'est comparable au passage en barrique pour le vin.
Pendant ces 12 mois, un contrôle régulier des malles est effectué pour éviter tout développement de moisissure ph 15.
C’est à l’issue de ce long processus de maturation que les gousses de vanille acquièrent leur parfum subtil et délicat.
Calibrage :
Les gousses sont triées à la main selon leur longueur, les plus longues seront les mieux valorisées.
Table de calibrage et calibrage de la vanille Bourbon
Les gousses de même longueur sont conditionnées en bottes, pour être stockées, toujours en malles où elles vont conserver leurs qualités. Alors, seulement, elles seront prêtes à être commercialisées. Au total, il se sera écoulé près de deux ans entre la récolte des gousses de vanille et leur commercialisation.
Malle de stockage
C’est un très long travail pour obtenir de bonnes gousses de vanille, ce qui explique leur qualité exceptionnelle et leur prix élevé.
Appellation “Vanille“ :
L'appellation commerciale « vanille » s'applique aux gousses préparées de longueur au moins égale à 15 centimètres. Les plus beaux fruits, dits «Vanille ménagère», sont destinés à la vente au détail ; ils ne doivent être ni fendus, ni ragués (éffilochés), ni secs. Une gousse de qualité doit pouvoir être enroulée autour du doigt sans s'abîmer.
Test de qualité de la vanille Bourbon
La qualité la plus exceptionnelle est appelée «vanille givrée» : la vanilline a cristallisé en surface en légères efflorescences neigeuses. C'est la vanille la plus intensément et la plus délicatement parfumée.
Amour et patience sont les maîtres mots qui caractérisent la vanille et en font un produit d’exception.
J'espère que la découverte ou la redécouverte de cette fabuleuse épice vous aura fait voyager un peu plus au cœur de l'île intense.
Joanny
Photos Anaële et Joanny et quelques unes empruntées à Internet