Le Château de Valmer
Organisé en septembre par la Société d’Horticulture de Haute Savoie, un beau séjour en Touraine a permis à notre petit groupe de Savoyards de visiter le Jardin Potager Remarquable du Château de Valmer, situé près du village de Chançay en Indre-et-Loire.
L’histoire de ce château commence à la Renaissance lorsque le Sieur Binet, conseiller de François 1er, décide de construire une demeure et des jardins à Valmer, dans le style Renaissance Italienne. Les terrasses, les douves et la chapelle troglodytique creusée dans le tuffeau, ont été bâties à partir de 1520. Le Château est une merveille de la Renaissance italienne.
A partir de 1647, Thomas Bonneau, conseiller de Louis XIII et important financier du royaume de France, fait installer une nouvelle chapelle édifiée dans l’aile ouest du Château recemment construite, le Petit Valmer. De ce fait, le service n'est plus fait dans la chapelle troglodytique.
A la fin du XIXe, la chapelle du Petit Valmer est transformée en salon et la chapelle troglodytique retrouve sa fonction primitive. L’ex chapelle du petit Valmer est dotée de hautes fenêtres vitrées.
Malheureusement, le corps du château est détruit dans un incendie en 1948. Seul subsiste le pavillon Louis XIII, le Petit Valmer, et la chapelle troglodytique.
L'originalité de Valmer réside dans ses jardins en terrasses qui épousent la pente naturelle du coteau. Il existe sept terrasses à Valmer, sur un dénivelé d'environ 30 mètres et pour une surface totale de cinq hectares : la terrasse des Devants, la Haute terrasse des charmilles aménagée en chambres de verdure, la terrasse des vases d'Anduze, la terrasse de Léda, la terrasse des fontaines florentines, la terrasse du Vase et, au niveau de la terrasse la plus basse, le potager d'un hectare.
Après avoir franchi le portail d’entrée construit en 1640, nous accédons à la première terrasse, la boutique est à notre droite. Elle est bordée à l’est par les douves qui forment un jardin à part, tout à la fois frais et ensoleillé, que l'on peut admirer lors du franchissement du pont qui l’enjambe. Regardez à droite !
De l'autre côté des douves, nous découvrons la terrasse florentine et ses belles fontaines. Voici les premières vedettes du château : deux majestueux Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon, de la famille des Fabacées, appelé aussi Arbre des Pagodes du fait de sa plantation traditionnelle fréquente en Asie à proximité de ces lieux de culte. Ils sont imposants et leurs branches pendantes tapissent l'intérieur des murs des douves sur près de 13 mètres de hauteur.
Voici le deuxième :
Ils ont fleuri durant l'été 2018, c’est assez exceptionnel. Leurs petites fleurs blanches, aussi discrètes que délicates, sont très mellifères. Des gousses succèdent à la floraison du sophora. Classés arbres Remarquables de Touraine ils comptent environ 170 ans.
Les Sophoras aux troncs très gerçurés déroulent leurs branches tortueuses au-dessus du mur des douves. L’abondance et la beauté de son feuillage vert franc, ainsi que ses fruits en forme de gousses dansant dans la brise du matin ajoutent un charme incomparable à cette terrasse.
A propos du Sophora
Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville (1706-1757), missionnaire jésuite à qui l’on doit aussi l’ailante — très invasif dans nos régions — a expédié à Bernard de Jussieu (1699-1777), de Chine, en 1747 entre autres semences, des «graines d’arbres chinois inconnus». Une graine est plantée au Jardin des plantes de Paris et une autre au parc du Petit Trianon. Elles ont donné deux sophoras qui y vivent toujours après 278 ans !
Carl von Linné (1707-1778), créateur de la nomenclature binominale, le nommera bizarrement Sophora japonica. Sophora est une altération de l’arabe ‘asfar qui signifie « jaune », traduit aussi par « arbre de miel » en référence à sa floraison très mellifère, et japonica alors que les graines venaient de Chine !
En 1830, le botaniste autrichien Heinrich Wilhelm Schott (1794-1865) reclasse le sophora dans le genre Styphnolobium qu’il a créé, à partir de deux racines grecques qui signifient « acide, aigre, astringent » et « cosse, capsule, gousse », en référence, dit-on, au goût de la pulpe des chapelets de gousses fraîches de l’arbre.
La terrasse des Fontaines Florentines et ses deux Sophoras, à gauche et à droite au fond de l'image.
A suivre.....
Christianne
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