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Le château de Valmer, suite....

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Le Lion de Valmer

Le Lion de Valmer

Après avoir traversé la terrasse de Leda, nous arrivons au sommet de l’escalier construit au XVIIIème siècle, qui mène au jardin fleuriste et potager. Deux lions de pierre nous accueillent, ils témoignent de l’âge du domaine, avec leurs sourires fatigués et leurs lichens colorés. L’œil n’arrive pas à embrasser l’ensemble du jardin. Il est clos de murs et constitue un remarquable conservatoire vivant d'environ 900 espèces anciennes ou disparues de fruits, légumes et plantes. Sur un hectare, dessin classique du XVème siècle, il est divisé en quatre carrés, eux-mêmes subdivisés en quatre parcelles et, en son centre, un bassin circulaire harmonise l’ensemble. De hauts murs ceignent ce jardin, flanqués de deux petites tours d'angle servant au rangement des outils et autrefois au logement des jardiniers et de l'âne. Légumes de fleurs cohabitent en bonne entente. .

La tour des ânes

La tour des ânes

Le jardin fleuriste et potager

Le jardin fleuriste et potager

Notre guide nous fait partager cette belle diversité. C’est le mois de septembre, beaucoup de fleurs sont en fruits ! Mais c’est aussi une façon de découvrir la diversité des plantations. Tout d’abord, des bouquets de plus de 2 mètres de haut, aux couleurs vives et automnales, palette de nuances ocre jaune et pourpre, ce sont des Amaranthus cruentus, Amarante à Grains Giant. Les graines sont comestibles et offrent de nombreux nutriments.

Amaranthus cruentus, Amarante à Grains Giant

Amaranthus cruentus, Amarante à Grains Giant

Voici des arbres fruitiers, menés en espaliers le long des murs et en contre-espaliers  les fruits sont plus gros et à portée de main pour la cueillette ce qui permet à notre guide de nous faire goûter des poires «conférence» et «duchesse d’Angoulême», délicieuses. Mais aussi pêchers, brugnons, nectarines, abricotiers, figuiers, nashis, et pommiers. L’art de l’espalier est un art qui ne s’enseignait plus. De ce fait, les propriétaires de ce magnifique jardin proposent une formation. Cet art de l’espalier est désormais inclus au Patrimoine Culturel Immatériel en France.

Nous découvrons des Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya. Arbustes au feuillage vert bleuté portant des épis de bractées rouge pourpré où se cachent des baies de même couleur qui font le régal des oiseaux nous dit-on.

Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya.
Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya.

Leycesteria formosa, arbres aux faisans ou chèvrefeuilles de l'Himalaya.

Des lianes annuelles, légères, aux drôles de petits lampions verts appelés pois de cœur,  Cardiospermum halicacabum, originaire d'Amérique du Nord. Ce pois ornemental n’est pas comestible !

Cardiospermum halicacabum, pois de cœur, 

Cardiospermum halicacabum, pois de cœur, 

Voici une glycine, ce n'est pas celle que nous connaissons, mais Apios americana, glycine tubéreuse autrement appelé haricot-patate ou haricot-pomme de terre, ou encore patate en chapelet ou pénac d’Amérique. C’est une plante potagère et vivrière qui rappelle la pomme de terre par sa récolte et sa consommation. Légume ancien oublié à la saveur de “patate », c’est une plante grimpante ornementale magnifique par sa floraison. Et son système racinaire capte l’azote atmosphérique pour le restituer au sol, comme tous les Fabacées.

 Apios americana, glycine tubéreuse
 Apios americana, glycine tubéreuse

Apios americana, glycine tubéreuse

Mais aussi poireaux, carottes, navets, tomates, christophines (chayottes), poirées, courges musquées, courges bouteilles, raifort

Et pour ajouter à notre bonne humeur, notre guide nous présente la plate-bande du concombre péteur, l'Ecballium elaterium, aussi surnommé "concombre explosif" ou "concombre d'âne". Quand les petits concombres sont arrivés à maturité et qu'on les touche, les fruits tombent en projetant leurs graines jusqu'à plusieurs mètres. Evidemment, chacun de nous a essayé et les concombres sont ressemés pour l’an prochain.

Ecballium elaterium, concombre péteur, concombre d'âne

Ecballium elaterium, concombre péteur, concombre d'âne

Et des fleurs des sauges, des zinnias, des roses, des lavatères, ces fleurs égaillent le jardin, le printemps doit être un vrai festival !

Il faut déjà quitter les terrasses du Château de Valmer, il y avait tant à voir encore ! Je quitte le jardin en me souvenant qu’ici "les pratiques culturales s'attachent à préserver et améliorer la qualité de la terre, de la faune et de la flore (compost maison, paillages, engrais verts etc.). La présence de vivaces mellifères en bordure des carrés assure abri et nourriture aux utiles prédateurs des insectes ravageurs : coccinelle, hérisson, pollinisateurs etc".

Les jardins de Valmer ont été labellisés « Jardin Remarquable » par le Ministère de la culture dès la création du label en 2004.

 

                                                 Christianne

Zinnia haageana

Zinnia haageana

Publié dans Jardins

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Le Château de Valmer

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Le Château de Valmer

Organisé en septembre par la Société d’Horticulture de Haute Savoie, un beau séjour en Touraine a permis à notre petit groupe de Savoyards de visiter le Jardin Potager Remarquable du Château de Valmer, situé près du village de Chançay en Indre-et-Loire.

L’histoire de ce château commence à la Renaissance lorsque le Sieur Binet, conseiller de François 1er, décide de construire une demeure et des jardins à Valmer, dans le style Renaissance Italienne. Les terrasses, les douves et la chapelle troglodytique creusée dans le tuffeau, ont été bâties à partir de 1520. Le Château est une merveille de la Renaissance italienne.

Le Château de Valmer
La chapelle troglodytique

La chapelle troglodytique

A partir de 1647, Thomas Bonneau, conseiller de Louis XIII et important financier du royaume de France, fait installer une nouvelle chapelle édifiée dans l’aile ouest du Château recemment construite, le Petit Valmer. De ce fait, le service n'est plus fait dans la chapelle troglodytique.

A la fin du XIXe, la chapelle du Petit Valmer est transformée en salon et la chapelle troglodytique retrouve sa fonction primitive. L’ex chapelle du petit Valmer est dotée de hautes fenêtres vitrées.

Malheureusement, le corps du château est détruit dans un incendie en 1948. Seul subsiste le pavillon Louis XIII, le Petit Valmer, et la chapelle troglodytique.

L'originalité de Valmer réside dans ses jardins en terrasses qui épousent la pente naturelle du coteau. Il existe sept terrasses à Valmer, sur un dénivelé d'environ 30 mètres et pour une surface totale de cinq hectares : la terrasse des Devants, la Haute terrasse des charmilles aménagée en chambres de verdure, la terrasse des vases d'Anduze, la terrasse de Léda, la terrasse des fontaines florentines, la terrasse du Vase et, au niveau de la terrasse la plus basse, le potager d'un hectare.

L'entrée de la Propriété

L'entrée de la Propriété

Après avoir franchi le portail d’entrée construit en 1640, nous accédons à la première terrasse, la boutique est à notre droite.  Elle est bordée à l’est par les douves qui forment un jardin à part, tout à la fois frais et ensoleillé, que l'on peut admirer lors du franchissement du pont qui l’enjambe. Regardez à droite !

Les douves séches

Les douves séches

De l'autre côté des douves, nous découvrons la terrasse florentine et ses belles fontaines. Voici les premières vedettes du château : deux majestueux Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon, de la famille des Fabacées, appelé aussi Arbre des Pagodes du fait de sa plantation traditionnelle fréquente en Asie à proximité de ces lieux de culte. Ils sont imposants et leurs branches pendantes tapissent l'intérieur des murs des douves sur près de 13 mètres de hauteur.

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Voici le deuxième :

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Ils ont fleuri durant l'été 2018, c’est assez exceptionnel. Leurs petites fleurs blanches, aussi discrètes que délicates, sont très mellifères. Des gousses succèdent à la floraison du sophora. Classés arbres Remarquables de Touraine ils comptent environ 170 ans.

Le Sophora du Japon du Château de Valmer en fleurs, photo Internet.

Le Sophora du Japon du Château de Valmer en fleurs, photo Internet.

Les Sophoras aux troncs très gerçurés déroulent leurs branches tortueuses au-dessus du mur des douves. L’abondance et la beauté de son feuillage vert franc, ainsi que ses fruits en forme de gousses dansant dans la brise du matin ajoutent un charme incomparable à cette terrasse.

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon
Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon
Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon
Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

Styphnolobium japonicum ‘pendula’, Sophora du Japon

A propos du Sophora  

Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville (1706-1757), missionnaire jésuite à qui l’on doit aussi l’ailante — très invasif dans nos régions — a expédié à Bernard de Jussieu (1699-1777), de Chine, en 1747 entre autres semences, des «graines d’arbres chinois inconnus». Une graine est plantée au Jardin des plantes de Paris et une autre au parc du Petit Trianon. Elles ont donné deux sophoras qui y vivent toujours après 278 ans !

Carl von Linné (1707-1778), créateur de la nomenclature binominale, le nommera bizarrement Sophora japonica. Sophora est une altération de l’arabe ‘asfar qui signifie « jaune », traduit aussi par « arbre de miel » en référence à sa floraison très mellifère, et japonica alors que les graines venaient de Chine !

En 1830, le botaniste autrichien Heinrich Wilhelm Schott (1794-1865) reclasse le sophora dans le genre Styphnolobium qu’il a créé, à partir de deux racines grecques qui signifient « acide, aigre, astringent » et « cosse, capsule, gousse », en référence, dit-on, au goût de la pulpe des chapelets de gousses fraîches de l’arbre.

La terrasse des Fontaines Florentines et ses deux Sophoras, à gauche et à droite au fond de l'image.

Le Château de Valmer

A suivre.....

                          Christianne

Publié dans Jardins

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