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histoire et legendes

Visite au Mas Daudet

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Situé sur la commune de St Alban-Auriolles, le mas de la Vignasse appelé aussi Musée Daudet a appartenu à la famille Reynaud, famille de la mère d'Alphonse Daudet, pendant près de trois siècles. C'est un véritable mas ardéchois (Mas, du latin mansus, participe passé de maneo, séjourner).

Musée du Mas Daudet

 

Le grand-père maternel d'Alphonse Daudet est un riche négociant en soie.

Nous voici au XIXéme siècle et nous découvrons la vie d’une magnanerie.

 

 

L'auteur de la Chèvre de M. Seguin y passe ses vacances enfant mais c’est son oncle qui a préservé le lieu sans le vouloir, il y a vécu et l’a laissé tel qu’il en avait hérité.

Mas Daudet

Mas Daudet

La famille de Daudet éleve les vers à soie dans une grande pièce à température constante, où ceux-ci dévorent les feuilles du murier blanc cultivé alentour.

 

Cocons de vers à soie

Cocons de vers à soie

Puis, lorsque les cocons sont prêts, c’est le "décoconnage". Des femmes dévident les cocons sous un grand préau où une cheminée permet de chauffer l’eau pour y plonger les cocons : il faut tuer les chrysalides qui se trouvent à l'intérieur !.

P.S. : L’eau qui contient les chrysalides mortes sert à nourrir un cochon.

Mas Daudet, la salle de decoconnage

Mas Daudet, la salle de decoconnage

Une fois les cocons ébouillantés, des jeunes filles aux doigts agiles, dévident les fils de soie. Voici le dévidoir appelé aussi aspe.

Dévidoir pour la soie ou aspe

Dévidoir pour la soie ou aspe

Les magnans des environs portent leurs cocons chez le grand père de Daudet. Les cocons sont placés dans la cheminée encore chaude pour tuer les "bestioles", avant qu’on dévide la soie. On en garde quelques spécimens pour la reproduction. A peine sortis de leur cocon, mâle et femelle s’accouplent. Chaque femelle pondra entre 400 et 600 œufs. Les œufs peuvent être conservés au frais avant d'éclore.

Eclosoirs

 

 

 

 

Quand le  temps est venu de reprendre un cycle de vie des vers à soie, il faut faire éclore les œufs l

 

Autrefois, les femmes mettaient ces œufs dans un sac entre leurs seins pour les faire éclore ! Au XIXème s. les éleveurs disposaient de petits incubateurs ou éclosoirs.

 

 

 

Alphonse Daudet, né le 13 mai 1840 à Nîmes, mort le 16 décembre 1897. Il commence des études à Lyon, interrompues par la ruine de son père. Il « monte » à Paris et après une vie de bohème et d'insouciante, il se consacre à l’écriture, il se marie et a des  enfants, rencontrera le succès mais meurt en 1897 d’une complication de sa maladie, la syphilis,  en pleine affaire Dreyfus. Ami de Zola, il était néanmoins antidreyfusard.

 

 

 

 

 

 

 

 

On se souvient des Lettres de mon moulin et du Petit Chose, mais Daudet fut aussi l'auteur de nombreuse pièces de théâtre et de romans.

Comme nous l’a expliqué Jean, c’est Henri IV qui a encouragé l’élevage du vers à soie en France et l’Ardèche se trouva être un territoire favorable.

Mais au début du XXéme siècle. l’apparition de maladies telle que la Pébrine, puis la flacherie ravagent les élevages et annoncent le début d’un long déclin que les découvertes de PASTEUR ne parviendront pas à enrayer complètement.

 

 

                                                    Christianne

 

Photos Marie-Paule et Christianne

Retrouvez l'article sur le ver à soie, de juin 2011 :

Publié dans Histoire et légendes

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D'un marronnier l'autre... ou comment Aesculus hippocastaneum en est venu à désigner un type d'article journalistique ?

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Marronnier : du ligure « mar » signifiant caillou (cf aspect et dureté semblables). Originaire d’Asie Mineure, un plant fut introduit à Constantinople en 1557.

Charles de l’Ecluse, ambassadeur à Vienne, en reçut un exemplaire en 1576 ; c'est ainsi qu'en 1612 le botaniste Bachelier planta un marronnier à Paris. Assez rustique, le marronnier est un arbre de parcs, de squares, d’alignement, de cours d'écoles !

Son nom binomial botanique est «étrange », puisque aesculus signifie en latin : chêne dédié à Jupiter ! Quant à hippocastaneum, nom utilisé en italien et allemand (voir dans Flore Helvétique et article précédent), et en anglais -horse chestnut, qui suggère que le marron servait de nourriture aux chevaux ….. (à vérifier) !

Aesculus hippocastaneum

Aesculus hippocastaneum

Comment cet arbre devint un article de journal « de faible importance, meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent, prévisible », et donc souvent repris dans la presse ?

Il est à noter que l'anglais se sert d'une expression similaire : 'old chestnut' ou ' hoary chestnut' (hoary = chenu, suranné). Or en 1816, une pièce de théâtre Broken Sword de William DIMOND faisait fureur, en dépit des mauvaises critiques, à Londres. Un personnage, lors du récit des aventures du héros, s'écrit : « un marronnier, Capitaine, un marronnier ! C'est la 27ème fois que je vous  entend raconter cette histoire et vous disiez toujours un marronnier jusqu'à maintenant ». Plus tard elle fut jouée aux USA et en avril 1896, le journal d'Ohio The Daily Herald tente d'expliquer l'origine de l'expression (argotique) du « marronnier journalistique »  par cette pièce de théâtre.

Broken Sword

Broken Sword

En France, un marronnier aux fleurs rouges fleurissait au-dessus des tombes des Gardes Suisses - tués en août 1792-  dans le jardin des Tuileries.

Chaque année la mention (dans des journaux de l'époque) de cette floraison, qui commençait le 20 mars parait-il, permettait aux nostalgiques de l'Ancien Régime de le commémorer !

Marronnier des Tuileries

Marronnier des Tuileries

Le dictionnaire « le Parler des Métiers » de Pierre Perret - éditions Robert Laffont 2002 – est plus expéditif : « article que l'on fait toujours à la même date : à la Toussaint, pour le 14 Juillet, etc. [Né lors d'un printemps des années 1930, il n'y avait pas d'informations importantes, le journal envoya quelqu'un photographier les marronniers en fleur sur les Champs-Élysées] Il bossait dans un petit canard, on ne sait pas trop ce qu'il vaut. On l'a mis sur les marronniers. » (fin de citation)

C'est ainsi que régulièrement paraissent des articles de teneur similaire aux mêmes dates : « comment perdre quelques kilos pour rentrer dans les maillots », lorsque les beaux jours sont revenus  - un exemple au hasard, parmi tant d'autres !

                                                   Jean

Quelques légumes pour un bon régime !!!

D'un marronnier l'autre... ou comment Aesculus hippocastaneum en est venu à désigner un type d'article journalistique ?
D'un marronnier l'autre... ou comment Aesculus hippocastaneum en est venu à désigner un type d'article journalistique ?

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CHARLES DARWIN : 1809-1882, épisode II

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Comment C. Darwin est-il devenu « (Dieu) le père de la science moderne » à la grande barbe blanche ?

C’était un moment favorable où, dans différents domaines et pays, les chercheurs mènent des travaux qui convergent vers ce qui va provoquer une vraie révolution dans la pensée du monde. Darwin a ainsi cristallisé et mis au clair des idées qui flottaient dans l’air.

Il lui faudra revenir chez lui pour prendre conscience de la signification des phénomènes observés dans les contrées lointaines et les îles tropicales qu’il a parcourues. Au départ du Beagle, il ne connaissait pas grand-chose à la géologie ni à l’histoire naturelle (nous dirions à la science de la vie) : il en  reviendra totalement changé en l’homme qui allait bouleverser la vision du monde par l’évidence de sa pensée.

Notons que C. Darwin a toujours travaillé en collaboration avec d’autres scientifiques, mais c’est lui qui fera la synthèse !

Il fera appel à l’ornithologue GOULD  pour déterminer les pinsons, qui étaient en  train d’évoluer et de se différencier par rapport à l’espèce continentale  par le phénomène de l’adaptation à leur nouveau milieu. Leurs becs sont adaptés à la nourriture disponible, là où ils vivent !

John GOULD

John GOULD

Or parallèlement, un autre voyageur et explorateur, plus jeune que Darwin  travaillait dans des contrées lointaines :

Alfred Russel WALLACE (1823 – 1913).

Alfred Russel WALLACE

Alfred Russel WALLACE

 

Gallois d’humble origine, il a eu bien des difficultés dans la vie. Il réussit cependant à partir pour le Brésil afin de collecter des insectes (il s’intéresse aux insectes depuis son adolescence) et en vendre certains pour ne pas sombrer dans la misère. Après la perte d’une partie de ses trouvailles, à la suite de l’incendie du navire qui le transportait, il perd tout !

Grâce au dédommagement de l’assurance du navire, il repart en Malaisie et en Indonésie de 1854 à 1862. Il y élabore ses théories sur l’évolution et le concept de la sélection naturelle. Il écrit à Darwin plusieurs fois et lui envoie son essai sur l’évolution. « On the Law that has Regulated the Introduction of New Species », en 1855: les deux savants – et bientôt amis- partagent une pensée commune et arrivent à des conclusions similaires.

Lorsque Wallace envoie à Darwin pour publication « On the Tendency of Species to form Varieties » (qui décrit les mécanismes d’une évolution divergente des espèces par rapport à d’autres similaires, sous l’influence de l’environnement), l’entourage de Darwin le presse de publier ses propres écrits, en mettant en avant son antériorité, en même temps que l’essai de Wallace. Ce dernier n’en prend pas ombrage et restera un ardent défenseur et avocat de « l’Origine des Espèces par le Moyen de la Sélection Naturelle, ou la Préservation des Races Favorisées dans la Lutte pour la Vie » que Darwin publiera en1859.

CHARLES DARWIN : 1809-1882, épisode II

Voici les 4 grands principes de l’évolution biologique développés  par DARWIN

 

  1. une capacité naturelle à varier, la nouvelle génération n’est pas strictement semblable à celle qui l’a engendrée

 

  1. toute espèce fait preuve d’une capacité à être modifiée (cf. éleveurs)

 

  1. toute espèce se reproduit aussi longtemps qu’elle connaît des conditions favorables : ce fut le cas des lapins en Australie au 19° siècle (introduction d’une espèce allogène ne rencontrant pas de prédateurs). Prédateurs et pression des autres espèces concurrentes jouent un rôle sélectif, et provoque un équilibre qui peut, à tout instant, être remis en cause. La planète n’est pas dominée par une unique  espèce hégémonique. Cette proposition est considérée par les Créationnistes comme une attaque directe de la doctrine dominante inspirée par la Genèse (1, versets 26 à 28) : « faisons l’homme à notre image et qu’il règne (sur le monde).. », « croissez et multipliez ; remplissez la terre, soumettez la [...] Régnez sur ... (tout ce qui y vit et croit..) » 

 

  1. le succès dans la perpétuation d’une espèce dépend des conditions optimales de son environnement : ce qui introduit une sélection naturelle à chaque génération, au sein d’une même espèce. Les individus porteurs de variant(s) momentanément avantageux, dans les conditions du milieu, se reproduisent davantage. Si l’environnement se maintient assez longtemps le variant avantagé finit par remplacer toute la population : l’espèce aura changé. Le fixisme des créationnistes est battu en brèche puisque rien n’est stable ‘’à jamais’’.

 

 

La première esquisse de Darwin d'un arbre phylogénétique tirée de son First Notebook on Transmutation of Species (1837).

La première esquisse de Darwin d'un arbre phylogénétique tirée de son First Notebook on Transmutation of Species (1837).

Ce fut un travail de toute une vie, il se rend bien compte du grand pas qui l’éloigne des idées établies du Créationnisme et il est prudent dans l’annonce de sa révolution, « comme l’aveu d’un meurtre ».

Les critiques hostiles ont très tôt tiré des conséquences qui ne sont pas exprimées par DARWIN, comme le fait que les hommes descendent des singes. !

Le débat déborde rapidement le monde scientifique, témoins les nombreuses caricatures publiées dans les journaux de l’époque :

Magazine Hornet de 1871.

Magazine Hornet de 1871.

Autre célèbre caricature de Darwin, française celle-là, reproduite dans le magazine satirique La Petite Lune.

Autre célèbre caricature de Darwin, française celle-là, reproduite dans le magazine satirique La Petite Lune.

Mais si Darwin avait compris le POURQUOI  de l’évolution, il lui manquait encore le COMMENT !

                                                                                 Jean.

 

A suivre................

Publié dans Histoire et légendes

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Le Granier, Savoie, suite et fin....

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Mais le Mont Granier a été aussi l'objet d'événements positifs : une première hivernale en février 2003 sur cette face nord tant redoutée, considérée comme « pourrie », interdite d'escalade.

Dans la partie supérieure, une voie ''normale'' fut ouverte en 1967 par Yannick Seigneur, guide, et cinq compagnons. Restaient les 350 premiers mètres depuis la base.....Profitant de conditions hivernales inhabituelles, avec des températures oscillant entre -7°C et -22°C et de la formation d'une goulotte de glace, Benoît Robert, 30 ans, guide de montagne né au pied du Granier, et Jérémie Ponson, 23 ans, se lancèrent dans la directissime de la face Nord intégrale depuis les 1300 m de la base jusqu'au sommet. Il leur fallut 6 jours sur place, souvent dans la pénombre !

Comme le dit B. Robert, familier du Groenland et de l'Alaska : « c’était devenu un objectif incontournable ! L'aventure n'est pas forcément au bout du monde ! » Article de Philippe Revil, in le Monde 21-02-2003

A l'autre bout du plateau sommital du Granier (à parcourir avec prudence - relief karstique !-) se trouve la Grotte de la Balme à Collomb : en novembre 1988, des spéléos explorant la grotte trouvèrent une grande quantité (en milliers) d'ossements d'Ursus spelaeus l'ours des cavernes !

De 1989 à 1994, les fouilles sous la direction du Musée d'Histoire Naturelle de Lyon établirent que cette grotte d'hivernation fut fréquentée plus de 21000 ans [entre -45000 et -24000] !!

 

Voici des photos du site de la grotte de La Balme-à-Collomb :

 Photo du magazine ALPES (1994)

Photo du magazine ALPES (1994)

 Photo du magazine ALPES (1994)

Photo du magazine ALPES (1994)

Le Musée de l'Ours à Entremont le Vieux, très moderne, propose une très intéressante et vivante reconstitution de la vie dans cette grotte (un dispositif ingénieux permet d'entrevoir l'ouverture de la grotte 1000m plus haut ; la grotte est, bien sûr, interdite au public).

L'ours des cavernes, reconstitution. photo internet.

L'ours des cavernes, reconstitution. photo internet.

Le Mont Granier, par sa forme si particulière vue d'en bas, a inspiré bien des peintres – savoyards ou d'ailleurs – quelques-uns sont exposés à Chambéry dans les musées. Les photographes, amateurs ou non, simples touristes l'admirent et le mettent en boîte !

(cf nos articles précédents !!)

Les premiers Magdaléniens ne virent jamais l'ours des cavernes, disparu déjà 11000 ans auparavant ! Nous non plus, mais il nous reste Rupicapra rupicapra cartusiana, le chamois de Chartreuse !

 

le chamois de Chartreuse, photo internet.

le chamois de Chartreuse, photo internet.

Quant aux environ 2000 espèces de plantes, je ne mentionnerai que Cypripedium calceolus, le sabot de Vénus, et sa cohorte d'une soixantaine d'espèces d'orchidées – au pied du Mont Granier.

 

Protection Nationale

Bouquet de sabots de Vénus au pied du Granier;

Bouquet de sabots de Vénus au pied du Granier;

Plus méridionale, au pied du Chamechaude, Dianthus hyssopifolius (Dianthus monspessulanus ssp sternbergii) au parfum si enivrant !

Protection Nationale

Chamechaude vu depuis St Hugues de Chartreuse

Chamechaude vu depuis St Hugues de Chartreuse

Dianthus monspessulanus, oeillet de Montpellier.

Dianthus monspessulanus, oeillet de Montpellier.

 Une mention particulière pour trois autres plantes :

Sideritis hyssopifolia, lamiacée, la crapaudine à feuilles d'hyssope ou thé des Alpes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sideritis hyssopifolia, crapaudine à feuilles d'Hysope.

Sideritis hyssopifolia, crapaudine à feuilles d'Hysope.

Artemisia umbelliformis (Artemisia mutellina), astéracée, le génépi blanc.

 

Protection Nationale

Artemisia umbelliformis (A. mutellina) le génépi blanc, photo de Jacques.

Artemisia umbelliformis (A. mutellina) le génépi blanc, photo de Jacques.

 

Hypericum nummularium, hyperacée,  la vulnéraire …. 

                           La Flora Gallica dit « surtout en Chartreuse »

Protection Nationale

 

(Désolé, je n'ai pas de photo!!)

 

toutes à consommer avec modération !!!!!!

 

                                                                                 

                                            Jean

C'est fini !!

 

Peintres savoyards :

  • Jean-Marie BUGNARD (1806- 1947) : « le peintre du Granier » ! Le Granier au couchant (1921 et 1947) , le Granier,crépuscule triste 1921
  • Roger TERRIER (1917- 1945) : né à Chambéry dans une famille de cheminots. Suit les cours de l'Union Artistique de Savoie (direction : Amédée Daille). Grand résistant, il décède de tuberculose à l'âge de 27 ans en janvier 1945.
  • Jacques DAUGERON (contemporain). Si Chambéry est sa ville d'enfance, il ouvre son 1° atelier à Grenoble en 1993, revient à Chy en 1997, son atelier est 6 rue Métropole .
  • Bernard VINCENT   (contemporain) : pas d'info pour l'heure...

 

Biblio :

Nombreuses entrées sur internet dont carte de  la Chartreuse de Guillaume Daugé

 

Guide du Relief des Alpes du Nord , 3° éd. ,       Henri Widmer    (Editions Gap 2015)

Plaquette des Missionnaires de N.D. de Myans,  Ed. Collard, Covin, Jansol - non datée

La SAVOIE, les 305 communes,                         Ed. Delattre 2008

Dictionnaire Etymologique des Noms de Lieux en Savoie, Adolphe Gros , Ed. La Fontaine de Siloé

Le massif de Chartreuse, carte faite par Guillaume DAUGE

Le massif de Chartreuse, carte faite par Guillaume DAUGE

Publié dans Histoire et légendes

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Le Granier, en Savoie, suite....

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Tout est en place pour la catastrophe en novembre 1248, probablement due à l'érosion et aux infiltrations dans ce relief karstique. Et aussi, peut-être, à un tremblement de terre ressenti jusqu'en Angleterre : une masse de terre évaluée entre 150 à 500 millions de m3, selon les géologues, s'abattit sur la plaine ensevelissant jusqu'à 5000 personnes d'après l'historien Fodéré (chiffre revu à la baisse, actuellement....).

 

La zone d’épandage s'étend sur 23 km2 (parfois 40 m de profondeur). Disparaissent entièrement cinq paroisses – Cognin, Vourey, St André, Granier, St Pérange -, et deux sont partiellement détruites : Myans et Les Murs. Le nom « les Abymes » est fort évocateur, les vignobles y prévalent.

Le Granier, en Savoie,  suite....

La thèse souvent retenue de nos jours est la suivante : une partie de la corniche calcaire cède et tombe sur les strates marneuses (vallaginiennes) gorgées d'eau, provoquant le glissement de terrains marneux. Le frottement des strates provoque une élévation de température qui vaporise l'eau ; ceci accélère les coulées entraînant des chutes des pans de la montagne. Une atmosphère de fin du monde, d’apocalypse ! La falaise ainsi créée est de 700 m-800 m de large, haute environ de 900m !

Le Mont Granier n'allait pas en rester là : en juin 1953, de nouveaux blocs se détachèrent de la falaise, créant une brèche de 300m de haut, 80m de largeur, sur une profondeur de 25 m.

Que dire de la brèche récente de janvier 2016 ! Les photos sont impressionnantes et ne manquent pas de ''ressusciter'' les effrois des  effondrements précédents !

2016, Photos parues sur le site du Dauphiné Libéré
2016, Photos parues sur le site du Dauphiné Libéré

2016, Photos parues sur le site du Dauphiné Libéré

L’événement de 1248 a eu un retentissement considérable ! Pas de journalistes ni de témoin oculaire, mais les chroniqueurs de l'époque (1250 à 1283) à savoir les moines (tous ordres) en font des relations fournies : il en reste 9 textes dont je ne retiendrai que deux :

 

- Matthieu Paris, moine anglais, considère que la catastrophe est une punition pour les Savoyards, peuple perfide, comploteur avec le pape, et donc haïssable. Ils sont trop influents dans les affaires du royaume briton à la suite du mariage d'Henri III Plantagenet ( cf . la série TV Wolf Hall) avec Eléonore de Provence, petite-fille du Comte de Savoie Thomas I en 1236 !.....

 

- Étienne de Bourbon, moine français : pour lui c'est la punition du conseiller d'Amédée IV, qui expulsa les moines franciscains du prieuré d’Apremont pour s'accaparer de leurs biens. L'éboulement eut lieu la nuit de ce même jour de leur expulsion.....

 

 

Je vous fais languir ! Voici la légende représentée dans d'anciennes gravures et chroniques : ce gigantesque  éboulement est l’œuvre du Diable et de ses acolytes, les Calabrins ! Au soir d'une journée sereine et calme – sauf pour les franciscains ci-dessus-, tempêtes et fin du monde se déchainèrent et firent tomber la montagne car les Calabrins s'en donnèrent à cœur joie !

               « Pousse, pousse Calabrin,

              Pousse jusqu'à Chignin ! »

S’exhortaient-ils mutuellement !

Fresques réalisées en 1936 par Léon Raffin

Fresques réalisées en 1936 par Léon Raffin

  C’est alors que vint la réponse :

           « Je ne puis, la Noire m'en empêche ! »

 

De fait l'éboulement s'arrêta au pied de la chapelle de la Vierge Noire, plus exactement aux talons des moines apeurés en prière qui avaient trouvé refuge là, fuyant le méchant conseiller cupide !!

Le choeur et la Vierge Noire du Sanctuaire de Myans.
Le choeur et la Vierge Noire du Sanctuaire de Myans.

Le choeur et la Vierge Noire du Sanctuaire de Myans.

Un vrai miracle de la Vierge ! Le pèlerinage était né, puisqu'on vient la supplier en cas de fléaux, d'épidémies, de danger … en témoignent nombre d’Ex-voto dans la crypte. Le sanctuaire et la chapelle supérieure, furent construits en 1498. La monumentale Vierge dorée, sur la tour, dominant toute la plaine est bien plus récente. 

 

La Vierge dorée de Myans (73)

La Vierge dorée de Myans (73)

La plaine qui s'etend actuellement au pied du Granier

à droite, la célèbre faille de Montmélian.

Le Granier, en Savoie,  suite....

Le Granier vu depuis le Lac de St Hélène

 photo de Nicole

photo de Nicole

                                                                  Jean

 

à suivre .......................

Peintres savoyards :

  • Jean-Marie BUGNARD (1806- 1947) : « le peintre du Granier » ! Le Granier au couchant (1921 et 1947) , le Granier,crépuscule triste 1921
  • Roger TERRIER (1917- 1945) : né à Chambéry dans une famille de cheminots. Suit les cours de l'Union Artistique de Savoie (direction : Amédée Daille). Grand résistant, il décède de tuberculose à l'âge de 27 ans en janvier 1945.
  • Jacques DAUGERON (contemporain ):Si Chambéry est sa ville d'enfance, il ouvre son 1° atelier à Grenoble en 1993 ; revient à Chambery en 1997, son atelier est 6 rue Métropole .
  • Bernard VINCENT   (contemporain) : pas d'info pour l'heure...

 

Biblio :

Nombreuses entrées sur internet dont carte de  la Chartreuse de Guillaume Daugé

 

Guide du Relief des Alpes du Nord , 3° éd. ,       Henri Widmer    (Editions Gap 2015)

Plaquette des Missionnaires de N.D. de Myans,  Ed. Collard, Covin, Jansol - non datée

La SAVOIE, les 305 communes,                         Ed. Delattre 2008

Dictionnaire Etymologique des Noms de Lieux en Savoie, Adolphe Gros , Ed. La Fontaine de Siloé

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Le Mont Granier, 1933 m d'altitude, en Savoie.....

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

« Bastion » nord du Massif de la Chartreuse, Chartreuse que Stendhal baptisa l' « Émeraude des Alpes » ! Il suggérait par-là l'aspect très vert de ce massif, grâce à l'abondance de l’eau, en surface et en sous-sol.

Carte du massif de la Chartreuse, de Guillaume Daugé

Carte du massif de la Chartreuse, de Guillaume Daugé

« Le plus chahuté des massifs préalpins », il paraît inexpugnable vu d'en bas et les trois cols dans l'axe général du massif – NNE / SSO -, à savoir cols du Granier, du Cucheron et de Porte,  n'enlèvent rien à cette première impression, tant est déroutant le chaos des sommets intérieurs (tous autour des 2000 m alt.) séparés de vallons abrupts. Le bassin versant penche vers l'ouest et les entailles du Guiers Vif et du Guiers Mort offrent deux ''pénétrantes'' respectivement à partir des Échelles et de St Laurent du Pont.

Le Mont Granier se situe à l'extrémité nord de ce qui s'appelle « les Hauts de Chartreuse », bordure orientale dominant par ses falaises, telles des murailles, la vallée du Grésivaudan avec les Lances de Malissard, la Dent de Crolles proche du St Eynard (et Grenoble) au sud. [Il y a aussi le Col du Coq à ce niveau, qui permet de gagner le Grésivaudan]. Cette partie de Chartreuse correspond au  P.N.R. de Chartreuse créé en 1995.

Le Granier vu depuis Curienne

Le Granier vu depuis Curienne

La plupart des sommets sont en calcaire urgonien sur strates de marnes, ce qui est idéal pour créer un relief karstique, vrai gruyère fait de réseaux de grottes et galeries souterraines creusées par les infiltrations d'eau. Ainsi 341 grottes et 65 km de galeries pour le Mont Granier, et pour la Dent de Crolles  c'est encore plus vaste, petit paradis pour spéléologues !

 

Si St Bruno se retira en son « désert »  (la future Grande Chartreuse) au XIe siècle, sûr d'y trouver solitude et sérénité silencieuse loin du monde, nombre de petites localités s'installèrent au pied de ce ''château fort'', telle Apremont la bien nommée (asper mons = montagne rocheuse et rude). 

La grande Chartreuse, au vallon de St Bruno, photo internet Patrice 78500

La grande Chartreuse, au vallon de St Bruno, photo internet Patrice 78500

Elle est déjà mentionnée dans le Cartulaire de Grenoble, vers 1100 : « ecclesia Sancti Petri de Asperomonte » en 1191- ceci n'a guère changé, c'est toujours l'église St Pierre. On y trouve mention de « apud monasterium quod granarium dicitur » 1097. D'aucuns prétendent que « granarium » était un véritable grenier, lieu d’approvisionnement pour les armées romaines. Au Moyen-Age « granarium » avait ordinairement le sens plus modeste de grange (granea, en latin). Ce hameau a laissé son nom à la montagne !

Le Granier vu depuis Apremont

Le Granier vu depuis Apremont

Il en est de même pour la bourgade de St André, chef-lieu du Décanat de Savoie, sous l'autorité de l'évêque de Grenoble. Fort probablement sur l'emplacement du village actuel de St André (à proximité du lac du même nom).

Avant de raconter l'histoire, un dernier lieu, toujours au pied du Mont Granier, doit être mentionné : Myans sur la commune de '' Les Murs'', l'actuelle Les Marches. Cette appellation '' Myans'', sous-entendu castellum ou podium (monticule), désigne une position médiane, au milieu de la vallée sur une moraine. Ici y fut construit une chapelle, dès le XIIe siècle, vouée au culte mariale : à « N.D. Noire en éthiopienne ».

Voici l'église telle que nous la voyons au XXIe siècle 

 

Le sanctuaire N.D. de Myans

Le sanctuaire N.D. de Myans

Le clocher et la Vierge dorée de Myans.

Le clocher et la Vierge dorée de Myans.

                                                                 Jean

à suivre......................

Peintres savoyards :

  • Jean-Marie BUGNARD (1806- 1947) : « le peintre du Granier » ! Le Granier au couchant (1921 et 1947) , le Granier,crépuscule triste 1921
  • Roger TERRIER (1917- 1945) : né à Chambéry dans une famille de cheminots. Suit les cours de l'Union Artistique de Savoie (direction : Amédée Daille). Grand résistant, il décède de tuberculose à l'âge de 27 ans en janvier 1945.
  • Jacques DAUGERON (contemporain). Si Chambéry est sa ville d'enfance, il ouvre son 1° atelier à Grenoble en 1993 ; revient à Chy en 1997 , son atelier est 6 rue Métropole .
  • Bernard VINCENT   (contemporain) : pas d'info pour l'heure...

 

Biblio :

Nombreuses entrées sur internet dont carte de  la Chartreuse de Guillaume Daugé

 

Guide du Relief des Alpes du Nord , 3° éd. ,       Henri Widmer    (Editions Gap 2015)

Plaquette des Missionnaires de N.D. de Myans,  Ed. Collard, Covin, Jansol - non datée

La SAVOIE, les 305 communes,                         Ed. Delattre 2008

Dictionnaire Etymologique des Noms de Lieux en Savoie, Adolphe Gros , Ed. La Fontaine de Siloé 2004

Aquarelle, Jacques Daugeron (internet)

Aquarelle, Jacques Daugeron (internet)

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Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

 

Fleurs cultivées, emblématique du début novembre, elles ont les couleurs de l’automne mais restent réservées à la Toussaint. Ce sont des plantes annuelles ou vivaces, plutôt méridionales, de la famille des Astéracées.

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

Rappel

Les Astéracées ont la caractéristique commune d'avoir des fleurs minuscules, réunies en un réceptacle floral appelé capitule, elles sont serrées les unes à côté des autres, sans pédoncules. Le capitule est entouré par des bractées qui forment un involucre.

Ainsi, contrairement au terme de la langue commune, ce qu'on appelle une « fleur » de tournesol, de pissenlit  ou de….. chrysanthème n'est pas, en réalité  « une » fleur mais un capitule formé d'une multitude de petites fleurs.

Inflorescence en capitule: ensemble de fleurs sessiles, serrées les unes contre les autres, sans pédoncules, réunies sur un réceptacle floral élargi.

 

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

Le mot Chrysanthème vient du grec "khrusas" qui signifie or et "anthos" qui veut dire fleur. L'appellation "Fleur d'or" fait référence à la couleur des fleurs des premiers chrysanthèmes.

Le chrysanthème a été rapporté d'Asie. À l'origine, les Chinois le cultivaient il y a 2.000 ans. Un des premiers botanistes qui l’a décrit est le naturaliste Thunberg, élève de Linné, qui, en voyage au Japon en 1775, mentionne Chrysanthemum indicum, terme impropre d’ailleurs, indicum signifiant « d’Inde ». Il note qu'il est très cultivé dans les maisons et les jardins, qu'on le trouve à l'état sauvage et qu'il fleurit durant l'été et l'automne.

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

L'introduction définitive du chrysanthème revient à un Marseillais, le capitaine Pierre-Louis BLANCARD. Il rapporte de Chine en 1789, trois variétés, une blanche, une violette et une pourpre, seule la pourpre survécut aux aléas du long voyage et arrive vivante à Marseille.

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

En Europe, Le chrysanthème est devenu la fleur des morts lorsque Raymond Poincaré, en 1919, a exigé que tous les monuments aux morts de France soient fleuris le 11 novembre. Puis la coutume a « glissé » progressivement du 11 novembre au 1er novembre. Et si cette fleur est devenue emblématique de la Toussaint, c'est tout simplement que c'est l'une des rares plantes qui ait encore une floraison, spectaculaire à cette période. Avec une trentaine de milliers de monuments aux morts en France, la décision de Raymond Poincaré a donné un essor commercial énorme au chrysanthème !!

Alain Baraton
France-Inter le 1er novembre 2015

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

En 2010, quelques 21,3 millions de pots ont été achetés en France à la charnière des mois d'octobre et novembre.

L’association du chrysanthème avec la mort n'est pas universelle.

En orient, le chrysanthème jaune était un symbole de longévité et d'immortalité. De Pékin à Séoul et jusqu’en Russie, le chrysanthème symbolise l’éternité, la gaité, le plaisir, sans doute parce qu’il illumine de sa floraison colorée la fin de l’automne.

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

Au Japon, où il fut introduit au VIIIe siècle après J.C., le chrysanthème est immédiatement devenu la fleur emblème de la Famille Royale puisqu’on lui attribuait la capacité de rendre la vie plus belle, plus longue.

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....
Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

En fait, la particularité du chrysanthème est effectivement d’être une plante dite de jours courts, le chrysanthème fleurit seulement lorsque les nuits sont plus longues que les jours, soit après le 21 septembre !

Jean-Marie Pelt
France-Inter le 31 octobre 2015

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

Il existe de très nombreuses variétés de chrysanthèmes et de nombreux hybrides. Il y quelques années, on voyait surtout ces grosses boules blanches, jaunes ou violacées.

 

 

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....
Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

Mais la mode change. Actuellement les bruyères ont une cote montante, car elles ne craignent pas le gel, contrairement aux chrysanthèmes.

Ce changement de mode permet à Chrysanthemum indicum et ses hybrides, de sortir des cimetières et d’envahir jardinières, plates-bandes et jardins, pour notre plus grand plaisir.

Je les trouve très beaux et toutes ces couleurs éclatantes sont comme les derniers feux de l’été et de l’automne, avant la grisaille et les frimas de novembre.

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

Christianne

En cette journée du 11 novembre, rappelons-nous que les poilus français ont choisi

le bleuet comme symbole de leur guerre.

Fleurs d’automne, les chrysanthèmes.....

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Qui suis-je??? la suite

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Nous avons rencontrée récemment Cichorium intibus,  alias la chicorée sauvage, elle nous ramène à la plus importante

Cichorium endivia ssp pumulum, à savoir l’ENDIVE,

qui envahit nos rayons de légumes, dès les premiers froids venus ! Un paradoxe, car toutes les chicorées citées précédemment craignent les gelées !!! Elle nous ramène aussi au cœur géographique de cette histoire : l’Artois, le Hainaut et la Flandre.

 

La légende voudrait que dans les années 1830, années de troubles qui ont mené à l’indépendance de ce que nous appelons la Belgique, un paysan aurait dissimulé sa récolte dans sa cave (probablement de la barbe de capucin, déjà mentionnée en 1751 par La Chesnaye – et cultivée par la suite comme les champignons de Paris). Il eut la surprise de découvrir ce que les Flamands appellent WITLOOF (= feuille blanche)  -nom générique de semences d’endive maintenant-, ou CHICON, nom donné par les Chtis de notre Nord  (national et belge francophone).

 

Le premier cageot de ‘’chicons’’ fut vendu aux Halles de Paris en 1879 sous le nom « d’endives de Bruxelles ».

Qui suis-je???  la suite

Cela a donné lieu à une activité artisanale durant les mois d’hiver, jusque dans les années 1960-1970, en particulier dans le Cambraisie, d’où me vient l’histoire, activité à laquelle s’adonnaient les ouvriers d’usine et leurs familles, pour un revenu d’appoint souvent aléatoire. Ce qui était sûr, c’était la fatigue, les dos cassés, et les longues heures de travail en plein champ et dans les hangars, pour conditionner le produit !

 

Ces ouvriers, pour la plupart, ne possédaient pas de terres, et louaient donc des surfaces plus ou moins grandes, surfaces exprimées en « maincordées » - orthographe incertaine et à rectifier !

Quatre maincordées faisant environ 4000 m2.

Après avoir acheté la semence en Belgique, il fallait semer en faisant des « routes » (= des lignes) ; puis « démarier » (= éclaircir) ; puis « ligner » à la main, à savoir désherber aux premières chaleurs (si, si ! il peut faire chaud ! ).

 

Les lignes de cotes

Les lignes de cotes

Les racines (les « carottes » couleur brun clair) se couronnaient de « cotes », feuilles lancéolées et vertes (mais ces plants ne ‘’montent’’ pas – la main de l’homme a déjà sélectionné).

Après les avoir arraché fin septembre, on sépare feuilles et racines, en laissant un collet d’au moins 2cm pour préserver le futur bourgeon. C’est alors que commence le vrai travail et l’aventure du ‘’Chicon’’, plus ou moins fructueuse selon les cours de l’endive aux Halles de Paris !

Chicons

Chicons

On ramène les racines aux champs : elles sont mises « en couches »  (= jauges) généralement de 8 m x 2 m. Les couches sont creusées pour installer une tuyauterie qui forme le cadre (extérieur) sur une profondeur d’une trentaine de cm, puis la terre est « décaissée » (= creusée) à environ 20 cm de profondeur. Les racines  - on les appelle aussi chicons à ce stade !- sont repiqués bien serrés, par carrés ; on les recouvre d’un peu de terre et d’une couche de paille épaisse (80 cm à 10 cm) ; le tout est protégé des intempéries et de la neige par des tôles.

Chicons en jauge

Chicons en jauge

Le plus important reste à faire : installer la chaudière (feu au charbon) et ses deux réservoirs d’eau qui, une fois chauffée, va parcourir les tuyaux entourant la « couche » : la température de l’eau doit fournir une bonne chaleur aux chicons (20° environ), véritable circuit de chauffage central !

 

A maturité et selon les cours des Halles qui varient selon la météo ( !), on « découche », c'est-à-dire on sort les plants et les endives blanches sont cassées du chicon et apportées dans le local des éplucheuses (les femmes du voisinage s’entraident, solidarité des gens du Nord) : elles nettoient et mettent le "produit fini" dans de petites caisses avec du papier bleu, fermées par du fil de fer. Les couches pouvaient produire de 800 kg à 1200 kg d’endives.

Qui suis-je???  la suite
Qui suis-je???  la suite

 

Les femmes étaient payées 100 fr de l’heure, l’équivalent de 20 carambars ! On pouvait gagner quelque argent, encore fallait-il «  découcher » quand le prix de l’endive allait grimper...

Le père de celui qui me raconte l’histoire n’a guère eu cette chance, et dans le village, il était connu pour cela !

«  Ah ! Le Père S. découche, l’endive va encore baisser ! » disaient les voisins.

Puis un jour sa femme a dit : «  ça suffit ! C’est trop de travail, on arrête ! ».

 

C’est la fin de l’histoire...  

 

Maintenant cette production se fait dans des serres, avec des installations ultra sophistiquées. Cependant, je me suis laissé dire que les amateurs gourmets, en quête des saveurs d’antan inégalées, paient fort cher la production - confidentielle- d’endives de plein champ......

                                                                               Jean

Endives de Bruxelles

Endives de Bruxelles

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L'Hermione

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

Retour vers l'Hermione, l'aventure contunue, elle part pour

l'Amérique, à suivre sur son blog...............

 

Rochefort, 7 septembre 2014, l’Hermione prend le large, j’y étais !!

Rien à voir avec la botanique, mais une fois n’est pas coutume.......

 

L’Hermione est un navire de guerre français en service de 1779 à 1793. C'était une frégate de 12 (en référence au calibre de ses canons), portant 34 canons. Elle faisait partie des frégates de la classe Concorde, construites à partir de 1777 à l'arsenal de Rochefort.

 

Elle est connue pour avoir conduit le marquis de La Fayette aux États-Unis en 1780, lui permettant de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance.

L’Hermione est mise en chantier en 1778 à l'arsenal de Rochefort La frégate est lancée en 1779, soit six mois après sa mise sur cale et est totalement achevée en à peine onze mois. Entre mai et décembre, le navire est testé avec succès dans le golfe de Gascogne sous le commandement du jeune lieutenant de vaisseau Louis-René-Madeleine de Latouche-Tréville (futur vice-amiral et commandant en chef de la marine de Napoléon).

La Fayette embarque du port de Pauillac (Gironde, un monument commémore son départ) sur la frégate en mars 1780 et après trente-huit jours de navigation, débarque à Boston pour annoncer l'envoi de renforts français au général Washington.

wikipedia

En 1997, l’Association Hermione-Lafayette se lance dans la reconstruction de la frégate, la plus fidèle possible. 

En Juillet 2012, a lieu la mise à flot de la coque, « l’Hermione dévoile ses formes ».

 

Longueur : 44.20 m

Largeur : 11.55 m

Grand mât : 54 m

L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione

Le chantier continue, il faut maintenant monter les mâts et les gréements, les aménagements intérieurs etc…de nombreux artisans travaillent sur ce chantier.

En 2014, elle est prête

 

L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione

C'est le grand jour pour la réplique de l'Hermione, frégate du jeune La Fayette. Au terme d'un chantier titanesque de dix-sept années, le trois-mâts s'est élancé pour la première fois, dimanche 7 septembre.

"Sorti dans la nuit de sa cale de construction pour rejoindre le port de commerce de Rochefort (Charente-Maritime), le trois-mâts a pris la direction de l'île d'Aix, au large des côtes du département, dans la journée du dimanche 7 septembre.

Pour cette première navigation, la réplique était parée de ses gréements, mais sans la totalité de ses voiles ni de sa mâture, en partie démontée pour passer sous le viaduc de la Charente".

Sous le viaduc de la Charente, en route pour l'Atlantique 

L'Hermione

Avant de baigner dans les eaux de l'océan Atlantique, des dizaines de milliers de spectateurs massés sur les rives la saluaient lors de sa descente de la Charente, au moteur, accompagnée de 120 bateaux, dont une cinquantaine de vieux gréements. A son passage devant l'arsenal de Rochefort où elle a été construite, un coup de canon a été tiré et les matelots massés sur le pont lançaient des « hourras » sous les applaudissements d'une foule compacte.

Contrairement aux apparences, l'Hermione ne navigue pas dans les champs !

L'Hermione

ni les vieux gréements qui l'accompagnent...

L'Hermione

Mais dans l'Atlantique....

L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione
L'Hermione

Ce n'est pas encore le grand départ pour les Etats-Unis, prévu en avril 2015, sur les traces de Gilbert du Motier (1757-1834), marquis de La Fayette, qui avait traversé l'Atlantique en 38 jours. Avant cela, plusieurs semaines d'entraînement seront nécessaires au large de l'île d'Aix. Mais la sortie du trois-mâts au large de la Vendée est un premier aboutissement pour ce défi lancé en 1997 par quelques passionnés : reconstruire l'Hermione à l'identique, en faisant revivre l'arsenal et les métiers de l'époque.

Le soleil se couche à la Pointe de la Fumée, au loin, de droite à gauche lîle d'Aix, le Fort Enet et l'Hermione :

L'Hermione

Entre Fort Boyard et Fort Enet

L'Hermione
L'Hermione

Depuis Fouras..

Au centre, la lueur du phare à éclats de Chassiron, sur l'île d'Oléron.

L'Hermione
L'Hermione

« On nous a souvent dit que ça ne marcherait pas. Mais on a toujours dit qu'on allait traverser l'Atlantique et on va le faire », s'est enthousiasmé Benedict Donnelly, président de l'Association Hermione-Lafayette, qui compte aujourd'hui 8 000 adhérents.

Suivez les aventures de l'Hermione sur son blog dont voici l'adresse

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Qui suis-je ?

Publié le par Entre Semnoz et Chéran

 

 

 

Plante herbacée, j’égaye chemins et bords de routes de mes touffes bleu clair, à la belle saison.


Je suis une astéracée liguliflore très  commune ; et si mon habitus (= aspect, port) est un peu dégingandé, avec ma tige anguleuse aux rameaux divariqués, je porte haut (80cm – 100cm) et beau mes nombreux capitules bleu clair ; mes feuilles supérieures sont lancéolées et sessiles, mais celles de la base en rosette sont découpées en lobes – avec le terminal un peu plus grand- ce qui leur donne de faux airs de feuilles de pissenlit.

 

Je suis une rudérale mésophile qui n’aime guère les humus riches en azote, ni les fortes chaleurs ni les pluies : une bonne fille, quoi, sans grande exigence, bien que je me ferme l’après-midi et par temps pluvieux.


Je suis d’origine Euro asiatique et fais partie de l’environnement depuis fort longtemps : je fus, dit-on, domestiquée dans le Proche Orient vers 6000 ans avant J.C. et le papyrus d’Ebers (sorte de codex médical égyptien, 4000 ans avant J.C.) me mentionne déjà pour mes nombreuses applications thérapeutiques concernant l’appareil digestif !

 

Plus proche de nous, Dioscoride (1° siècle après J.C.) me préconise pour fortifier l’estomac, Galien  (son cadet en médecine, 2° moitié du deuxième siècle, m’appelle « l’amie du foie » ! (Sainte) Hildegarde de Bingen, au 12° siècle, m’emploie pour faire un digestif.

 

Tout est comestible en moi, racine comprise, et mes propriétés digestives, apéritives, dépuratives (sans doute à cause de l’amertume de mon latex blanc) ont traversé les âges.

Et pour finir ce tableau, Jeanne Covillot

m’a fait la vedette de sa 

« Clé d’Identification Illustrée des Plantes Sauvages »

puisque j’en orne sa couverture !

 

 

 

4 covillot

 

Je suis, .... je suis :             Cichorium intybus ssp intybus !

 

4 cichorium intybus 01

Nom bizarre puisque redondant !

 

Chichorium en latin  (du grec kichore) désigne une chicorée sauvage ;

Intybus (dont l’origine suggérée serait syrienne, désignant une flûte, car ma tige est creuse comme cet instrument) est aussi en latin le nom d’une chicorée (voir Pline le Naturaliste).

D’ailleurs, du temps de Charlemagne, on m’appelait INTUBA.

 

4 cichorium intybus 02

 

J’ai connu, de par les siècles, une descendance très prolifique, auprès des humains, après moultes sélections – mais les OGM ne se sont pas encore intéressés à moi ?.....

 

 

  4 chichorium intybus

 

 

Quelques apparentées :


Cichorium spinosum L. : aux feuilles basales tendres et sans amertume sont mangées en salade par les Crétois (les feuilles supérieures sont épineuses, les capitules peu nombreux ; elle pousse sur des sols caillouteux et dans les fentes des rochers, voire même dans la phrygane (garrigue dégradée).

 

4 chicorée crète


Cichorium endivia ssp divaricatum : toujours sauvage, dont les feuilles (jeunes) sont consommées en Grèce.

 

 

Cichorium intybus variante foliosum : ou barbe de capucin, cultivée déjà des siècles en arrière.

 

barbe-de-capucins.jpg

 

 

 


scarole.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les salades ‘’scarole’’, ‘’ frisée’’,’’Trévise’’ sont des variétés cultivées, dérivées de C. intybus.

 

Au passage saluons C. intybus ssp sativum, alias chicorée à torréfier (la racine) ou succédané du café.

 

 

Elle nous ramène à la plus importante :  

4 salade


C. endivia ssp pumulum, à savoir l’ENDIVE, qui envahit nos rayons de légumes, dès les premiers froids venus ! Un paradoxe, car toutes les chicorées ci-dessus craignent les gelées !!!

 

 

Elle nous ramène aussi au cœur géographique de cette histoire : l’Artois, le Hainaut et la Flandre.

 

La légende voudrait que dans les années 1830, années de troubles qui ont mené à l’indépendance de ce que nous appelons la Belgique, un paysan aurait dissimulé sa récolte dans sa cave (probablement de la barbe de capucin, déjà mentionnée en 1751 par La Chesnaye – et cultivée par la suite comme les champignons de Paris) ; il eut la surprise de découvrir ce que les Flamands appellent WITLOOF (= feuille blanche)  -nom générique de semences d’endive maintenant-, ou CHICON, nom donné par les Chtis de notre Nord  (national et belge francophone).

 

 


Le premier cageot de ‘’chicons’’ fut vendu aux Halles de Paris en 1879 sous le nom "d’endives de Bruxelles".

 

Cela a donné lieu à une activité artisanale durant les mois d’hiver, jusque dans les années 1960-1970, en particulier dans le Cambraisie, d’où me vient l’histoire.

 

c'est une activité à laquelle s’adonnaient les ouvriers d’usine et leurs familles, pour un revenu d’appoint souvent aléatoire. Ce qui était sûr, c’était la fatigue, les dos cassés, et les longues heures de travail en plein champ et dans les hangars pour conditionner le produit !

4 chicon

 

Ces ouvriers, pour la plupart, ne possédaient pas de terres et louaient donc des surfaces plus ou moins grandes. Les surfaces étaient exprimées en "maincordées" - orthographe incertaine et à rectifier ! Quatre maincordées faisaient environ 4000m2.

 

 

lignes

 

 

 

Après avoir acheté la semence en Belgique, il fallait semer en faisant des  "routes"  (des lignes) ; puis "démarier" (éclaircir) ; puis "ligner" à la main, à savoir désherber aux premières chaleurs (si !  si !il peut faire chaud ! ).

 

 

 

 

 

 

 

 

4 chicon 2Les racines (les « carottes » couleur brun clair) se couronnaient de "cotes", feuilles lancéolées et vertes (mais ces plants ne ‘’montent’’ pas – la main de l’homme a déjà sélectionné).


Après les avoir arraché fin septembre, on sépare feuilles et racines, en laissant un collet d’au moins 2cm pour préserver le futur bourgeon. C’est alors que commence le vrai travail et l’aventure du ’Chicon’, plus ou moins fructueuse selon les cours de l’endive aux Halles de Paris !


 

On ramène les racines aux champs : elles sont mises "en couches" (jauges) généralement de 8m sur 2m.

 

4-en-couche.jpg

Les couches sont creusées pour installer une tuyauterie qui forme le cadre (extérieur) sur une profondeur d’une trentaine de cm, puis la terre est "décaissée" (creusée) à environ 20cm de prof ; les racines  - on les appelle aussi chicons à ce stade !- sont repiqués bien serrés, par carrés ; on les recouvre d’un peu de terre et d’une couche de paille épaisse (80cm à 100cm) ; le tout est protégé des intempéries et de la neige par des tôles.

 

Le plus important reste à faire : installer la chaudière (feu au charbon) et ses deux réservoirs d’eau, qui une fois chauffée va parcourir les tuyaux entourant la "couche" : la température de l’eau doit fournir une bonne chaleur aux chicons (20° environ), véritable circuit de chauffage central !

 

4 champ d'endivesA maturité, et selon les cours des Halles qui varient selon la météo ( !), on "découche", c'est-à-dire on sort les plants et les endives blanches sont cassées du chicon et apportées dans le local des éplucheuses (les femmes du voisinage s’enter aident, solidarité des gens du Nord) : elles nettoient et mettent le ‘produit fini’ dans de petites caisses avec du papier bleu, fermées par du fil de fer. Les couches pouvaient produire de 800kg à 1200kg d’endives.

 

 Les femmes étaient payées 100Fr de l’heure, l’équivalent de 20 carambars !

On pouvait gagner quelque argent, encore fallait-il "découcher" quand le prix de l’endive allait grimper... Le père de celui qui me raconte l’histoire n’a guère eu cette chance, et dans le village il était connu pour cela !


«  Ah ! Le Père S. découche, l’endive va encore baisser ! » disaient les voisins. Puis un jour sa femme a dit : "ça suffit ! C’est trop de travail, on arrête ! "

 

C’est la fin de l’histoire...

 

Maintenant cette production se fait dans des serres, avec des installations ultra sophistiquées.

 

Je me suis laissé dire que des amateurs gourmets, en quête des saveurs d’antan inégalées, paient fort cher la production - confidentielle- d’endives de plein champ......

 

                                                          Jean

Photos Jean Christianne et empruntées à Internet

 


 

 

 


 

 

 

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