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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Articles avec #histoire et legendes tag

Pas de fleur, pas de pollen ou pas de pollen, pas de fleur, II

25 Mai 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Une histoire du passé :

 

Lorsque les conquistadores revinrent du Nouveau Monde, ils rapportèrent dans leurs cales bien des trésors : parmi eux, une liane qui conquit, par la beauté de ses fleurs et son exotisme, bien des cours royales du vieux continent ; il s’agit de Vanilla planifolia,famille des orchidées, originaire de l’Amérique Centrale, Mexique, ...

 

ab-fleur-de-vanille.jpg

Ainsi une bouture fut plantée dans le Jardin du Roy Louis XIV (futur Jardin des  Plantes).

 

Nombre des botanistes des siècles passés l’étudièrent : restait le fait que ces magnifiques fleurs étaient stériles, faute du petit pollinisateur, insecte spécialisé des forêts humides et tropicales de cette Amérique Centrale, à savoir, pour les entomologistes actuels,  l'abeilles euglossine.ab euglossine


 Or lors de la colonisation des Mascareignes, le gouverneur de l’île Bourbon (la Réunion actuelle) introduisit des plantes de l’espèceVanilla planifolia d’origine mexicaine dans les années 1830, une pépinière de ce qui allait s’appeler  « Vanille Bourbon » fut créée non loin de St Benoît (La Réunion). Souple et peu ramifiée, la liane de vanille épiphyte, à longs entre nœuds, s’élance à l’assaut de son support et peut atteindre 10m ! Des racines aériennes adventices lui permettent d’adhérer à son tuteur et d’y puiser sa nourriture.


ab plant de vanille

 

Les feuilles alternes, planes ovales en fer de lance, à bout pointu, peuvent mesurer jusqu’à 15cm.

La tige et les feuilles sont vertes et charnues, et leur suc transparent et irritant avec possibilité de brûlures, voire de démangeaisons persistantes.

Les fleurs apparaissent à l’aisselle des feuilles ; de couleur verdâtre ou jaune pâle, hermaphrodites,  elles  ont la structure classique de fleur d’orchidée.mais les organes mâles et femelles sont séparés par une petite lamelle membraneuse, le labellum, ce qui rend difficile leur pollinisation.

 

ab planche vanille

 

De plus, comme toute orchidée, le pollen dans les pollinies ne peut pas être dispersé par le vent, et, faute d’insecte pollinisateur, la fleur reste stérile.

Par contre si elle est fécondée, cette fleur donnera une « gousse »,- botaniquement parlant, une capsule -, le terme gousse référant au produit fini vendu à des prix fort élevés selon la qualité de la gousse.

 

ab-mg043-copie-1.jpg

 

Or même à la Réunion, les fleurs n’étaient pas pollinisées par les insectes « indigènes », car comme toute plante (ou animal, poisson, batracien) venue d’ailleurs – et devenant parfois invasive, Vanilla planifolia ne les attirait pas.

Comment produire ces gousses aromatiques, classées, côté cuisine, parmi les épices, sans pollinisateur ?

 

 

 

 

Les armoiries de la Réunionab-la-reunion.jpg

arbore une liane de vanille et la devise :

« Florebo quocumque ferar »

(je fleurirai où que vous me transporterez)

mais la devise était fausse pour la vanille !


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un jeune esclave noir- la France ayant propagé cette pratique infamante jusqu'à La Réunion et ayant bien tardé à abolir l’esclavage - un jeune esclave noir d’un riche planteur a découvert une technique manuelle mais simple, délicate, et finalement rentable.


- « Je n’arrive pas à comprendre comment par quelle magie ces fleurs jusqu’alors stériles se sont mises à enfanter de si belles gousses ? », se serait exclamé M. Féréol Beaumont Bellier de Villentroy, propriétaire et de la vanille et de l’esclave !.

 

-« Patron , c’est pas de la magie, je crois avoir réussi un simple mariage [...],comme toute fleur, la vanille a un affaire mâle et un affaire femelle ; pour déchirer sa petite languette, (cf. labellum) je prends une épine de raquette ( voir cactus). Avec mes doigts, je pèse dessus pour que les deux affaires se collent ensemble. » lui répondit Edmond, son esclave de 11 ans ; et pour le succès de sa découverte, il fut affranchi !

 

Depuis ce temps là, les « marieuses » s’affairent, de septembre à décembre (été dans l’hémisphère sud) auprès des tuteurs où s’enroulent la vanille et fécondent manuellement jusqu’à 1000 fleurs par jour !

 

Tôt le matin, par temps sec, elles utilisent le même procédé que celui d’Edmond Albius  (en l’affranchissant, son maître lui donna le patronyme d’Albius, référence à la couleur de la fleur vanille ....quelle ironie !) : avec une épine, elles décapuchonnent les organes mâles, redresse la languette qui séparent les organes femelles des précédents, et de leurs doigts elles rapprochent l’étamine avec son pollen du stigmate, en les pressant légèrement pour être sûr que le contact a été établi !

 

ab fecf

 

Je ne reviendrai pas sur les utilisations de Vanilla en pâtisserie et autres mets de bouche (y compris liqueurs), ses propriétés sont utilisées en parfumerie et phytothérapie (huile essentielle pour massage et relaxation), en médicine comme fébrifuge, antidépresseur... A noter que les manipulateurs au contact de la vanille moisie peuvent attraper une maladie, le vanillisme.

 

                                                    Jean

 

Photos "empruntées" à Internet. 


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Au revoir Jean-Jacques!

30 Janvier 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

 

Cette fois c’est la fin du voyage épistolaire avec notre cueilleur solitaire


  • LETTRE VIII, ou de l’HERBIER :

Cette lettre, mise à la fin des éditions contemporaines, sur la suggestion de JJR lui-même (cf. la 6ième lettre) est sensée avoir été écrite avant la 6ième lettre, puisque datée du  « 11 avril 1773, très à la hâte » !


La confection d’un herbier est, en ces siècles passés, une suite naturelle de l’observation in situ – la meilleure école bien sûr, et préconisée, même s’il faut se contenter des plantes du jardin. La majorité des exemples d’étude, dans les lettres, sont des plantes cultivées. En ce mois d’avril, « la terre commence à verdir, les arbres à bourgeonner, les fleurs à s’épanouir », c’est le moment aussi d’une autocritique : 

 

« je crains que nous l’ayons traitée (la botanique) jusqu’ici d’une manière trop abstraite, en n’appliquant point nos idées sur des objets déterminés » [...] un simple coup d’œil aurait supplée  à des descriptions longues et difficiles ».

 

000herbier St Jean d'Aulp


 «  Pour bien connaître une plante il  faut commencer par la voir sur pied. Les herbiers servent de mémoratifs, pour celles qu’on a déjà connues ; mais ils font mal connaître celles qu’on n’a pas vues auparavant ».

 

JJR a « fabriqué » bons nombre d’herbiers, soit pour en faire cadeaux à ses chères amies, soir même pour en tirer quelques profits aux jours de pénurie et d’expédients (assez vite il y renonce, les copies de musique étant un revenu plus stable !) .... mais avant tout pour correspondre avec les botanistes contemporains. C’est ainsi que l’on retrouve dans les musées de France et de Suisse une petite dizaine d’herbiers (parfois incomplets), confectionnés de la main de Rousseau, qui sont autant de témoignages émouvants de sa passion tardive !!

 

 

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De nos jours, plus d’herbier pour les botanistes amateurs que nous sommes, les appareils photos numériques comblent notre soif d’observation. Mais deux, trois siècles plus tard nos photos seront-elles moins fanées que les plantes des herbiers ?


Conclusion :


Que retenir en ce début du 21°siècle, de la lecture et de la fréquentation des œuvres ‘botanistiques’ de JJR ?


Que, comme pour un certain nombre d’entre nous, la botanique fut pour lui une passion (fort fructueuse) sur le tard ! 

 

 

« Je suis, Monsieur, un pauvre écolier sexagénaire, auquel il ne manque pour devenir botaniste que de la jeunesse, de la mémoire, de la vigueur, des observations et une bonne méthode pour les rédiger. Tous les livres du monde ne valent pas un bon guide et n’y sauraient suppléer » (Lettre au docteur Pierre Clappier, 1768)

 


Ces dernières remarques sont toujours vraies et nous savons la chance que nous avons d’en avoir de forts bons, qui nous mènent dans ces démarches réussies d’observations des plantes.

 

En cela ils perpétuent les principes énoncés par notre grand ancêtre, qui ne cessait de mettre l’accent (au fil des lettres à Mme Delessert)  sur l’observation détaillée –grâce à de petits instruments que nous utilisons toujours : loupe, scalpel (« lancette », dit-il) , ciseaux, etc.. - ; observer sur le terrain, bien connaître la plante avant de vouloir la nommer, voilà qui est toujours en vigueur !

 

«Une connaissance purement livresque  [à la mode jusqu’en ce 18° siècle]  est un vain savoir » et dans la lettre III : « Ayez la patience de ne lire que dans celui (=livre) de la nature et de vous en tenir à mes lettres »


En outre, dans ces lettres, nous (re)trouvons une approche pleine de chaleur humaine au contact d’une expérience mutuellement partagée, qui fait que la botanique n’est plus une science exacte et froide. C’est une atmosphère chaleureuse, dont nous faisons l’expérience au fil de nos cheminements sur les sentiers grufféens et autres !

 


Et puis, JJR contribua par sa notoriété à faire prévaloir le système de Carl von Linné, son contemporain, et sa classification des plantes par leurs organes sexuels et leur appellation binomale (genre/ espèce). « Les » Jussieu –qu’il fréquenta- introduisirent la notion de familles : les grandes familles que JJR décrit dans ses lettres sont toujours valides (même si le vocabulaire a changé). 

 

«Il a fallu pour ne pas m’y perdre tout rapporter à une nomenclature particulière, et j’ai choisi celle de Linnaeus tant par la préférence que j’ai donnée à son système que parce que ses noms composés seulement de deux mots me délivrent des longues phrases des autres. » (Lettre à Malesherbes)


Cher Jean-Jacques  – me permets-tu ce tutoiement, depuis notre longue fréquentation ?-, tu as marqué l’esprit de tes contemporains, et ceux d’une longue cohorte de personnalités qui sont venus, au fil des siècles suivants, te rendre hommage en ce lieu dont tu as dit : « Ici commence le court bonheur de ma vie... »  Référence à l’exposition aux Charmettes, intitulée «Les chemins de Jean-Jacques", évoquant les visiteurs  -et de fort célèbres – aux Charmettes, au fil des siècles, après ton passage.

 

2011 29.09 (1) [1024x768]


Cher Jean-Jacques, continue à descendre la colline du Clos Savoiroux** ! Tu découvriras, à ne pas en douter, en ce lieu maintenant fort urbanisé, quelques « Plantes Urbaines » parmi le béton ! (Plantes Urbaines, de François Couplan, au Sang de la Terre, 2010) (et oui ! nous avons maintenant des livres fort bien illustrés, de ceux qui t’ont fait tant défaut en ce 18° siècle)

 


**Statue de Mars-Vallett (né à Chambéry -1869 -1957), inaugurée le 4 septembre 1910, fondue en 1942, la nouvelle statue à l’identique remise en place le 1° juillet 1962.

 

JJR mars valet

Et toi, botaniste débutant ou confirmé, n’entends-tu pas, au creux du vallon des Charmettes, l’écho des pas de ce marcheur invétéré ? Et cette exclamation, ce cri de joie plus lointain, qui s’y surimpose à la remarque de sa Chère Maman, quelques 30 ans plus tard : «Ah ! Voilà de la pervenche ! » ? (Livre VI des Confessions, lors d’une promenade à Cressier avec son ami M. du Peyrou, 1764) ?

 

Vinca minor 09


Bien sûr, la science a évolué, et la connaissance des plantules ( !) a bien évolué, avec l’apport de nouvelles techniques –voir la note sur les nouvelles classifications, abordées dans deux de nos précédents articles. Cette mise en perspective de l’évolution de la botanique ne nuit nullement au salut fraternel que j'adresse au garnement –pardon, Citoyen- de  Genève !

                                                    

                                                                                                                                  Jean

 

 


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J-J ROUSSEAU, épilogue I

18 Janvier 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

 

L’année 2012 est terminée, nous allons bientôt abandonner Jean-Jacques ROUSSEAU et laisser la mémoire reprendre ses droits. Mais il reste cinq lettres à parcourir ensemble et à illustrer par quelques photos. Cette lecture montre combien le philosophe botaniste a essayé d’être exhaustif auprès de sa chère cousine :

 

  • Dans la lettre IV (juin 1772), JJR aborde une nouvelle famille, dans les «monopétales irrégulières » :

 « les fleurs en gueule, parce que ces fleurs sont fendues en 2 lèvres, dont l’ouverture [...] leur donne l’air d’une gueule béante ».

 

Il divise ensuite ces monopétales en labiées, (qui sont actuellement les lamiacées) et en personnées ou scrophulariacées.


000lamiacées galeobdolonb-copie-1

 

 

 

 

Lamiacées  : 

Lamium galeobdolon, ortie jaune (fleur jaune) et Ajuga reptans, bugle rampante, (fleur bleue), deux lamiacées très fréquentes dans les prairies et sur le bord des chemins.

 

000lamiacées ajuga reptans 113




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la suite de nouvelles classifications génétiques faites à partir de 2003 et dont la dernière date de 2009 (APG III *) la famille des scrophulariacées, famille « fourre-tout », a été complétement remaniée, il ne reste que peu de plantes courantes dans nos nouvelles scrophulariacées, notre Jean-Jacques y perdrait son latin !


000 moléne II

 

 

 

 

 

Il reste néanmoins une plante très fréquente, toujours sur le bord des chemins, la molène noire Verbascum nigrum.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La 5ième leçon (juillet 1772) porte sur les ombellifères, « en pleine fructification dans ce moment ». Il en donne une description détaillée, de la structure des «rayons» (ou pédicules) eux-mêmes terminés par « un ordre de rayons plus petits » ; au passage, il donne l’étymologie du terme ‘ombellifère’ ou «Porte parasol», du latin umbella signifiant parasol.

Actuellement, les ombellifères sont devenues les apiacées.


Laser siler, apiacée très courante


0000apiacées

 

Prairie d'apiacées, en juillet, en Maurienne


000 apiacées II

 

La 6ième leçon porte sur les fleurs du type pâquerette, les Composées ou Astéracées, qui sera la fleur emblématique – et si commune- qu’il nomme aussi « petite marguerite ou marguerite tout court ».


000marguerite

 


Regardez-la bien ! Il en fait une description :


«deux cents ou trois cents fleurs toutes parfaites, c'est-à-dire, ayant chacune sa corolle, son germe, son pistil, ses étamines, sa graine ». « Si vous aviez déjà les doigts exercés aux dissections botaniques, que vous vous armassiez d’une bonne loupe et de beaucoup de patience, je pourrais vous convaincre de cette vérité par vos propres yeux ».

 

Son élève devra le croire sur parole, bien qu’il continue en lui disant «regardez maintenant les brins jaunes qui sont au milieu de la fleur », puis après, «les folioles blanches au-dessus, rose au-dessous qui forment comme une couronne autour de la marguerite »... qui n’aurait pas déjà sorti la loupe, conseillée auparavant !


000fleur de marguerite-copie-1

 

  • LETTRE VII (sans date, probablement fin 1773, début 1774) :

Cette lettre est bien plus courte, et en raison de la saison propice, porte sur les arbres fruitiers que sa Chère Cousine peut trouver dans les vergers. Il en profite pour lui rappeler qu’il est nécessaire d’avoir les feuilles des plantes qu’elle lui envoie, pour les déterminer !

«Le feuillage est souvent nécessaire pour déterminer l’espèce à un aussi mince botaniste que moi ».

 

Au passage il rend hommage «au savant Linnaeus » (Carl von Linné). Que penser de sa remarque : 


« Il ne faut pas, chère amie, donner à la botanique une importance qu’elle n’a pas ; c’est une étude de pure curiosité et qui n’a d’autre utilité réelle que celle que peut tirer un être pensant et sensible de l’observation de la nature et des merveilles de l’univers »?

 

Mais cela est déjà beaucoup et le romantisme du siècle suivant ne serait-il pas en germe dans une telle observation ? 

 

 

à suivre ..........

 

                                                                                 Jean

 

 

*La classification APG III (2009), ou classification phylogénétique, est la troisième version de la classification botanique des angiospermes établie par l'Angiosperms Phylogeny Group. C'est la classification botanique la plus importante aujourd'hui. Elle est construite sur l’étude de deux gènes chloroplastiques et d’un gène nucléaire de ribosome,  ces données sont complétées dans quelques cas par d'autres données.

 

 

 

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J.J. ROUSSEAU, lettre de botanique III

4 Décembre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Jean a lu pour nous la troisième lettre de botanique de JJR

la voici

 


Lettre III (mai 1772) :


img001

 

Mentionnant en premier l’herbier qu’il a fait parvenir à Julie DELESSERT et à sa fille Madelon, JJR en profite pour faire passer son principe éducatif de faire par soi-même, (l’autodidacte n’est jamais loin !).  Il lui rappelle aussi que

 

 

«cette douce et charmante étude qui remplit (par) d’intéressantes observations sur la nature, ces vides du temps que les autres consacrent à l’oisiveté ou à pis ». 


FAB-trifolium pratense


Si son intention avouée dans cette 3ième  lettre est de décrire six familles de plantes pour familiariser ses élèves avec la structure générale des parties caractéristiques des plantes, il insiste pour la mettre en garde contre la lecture de livres de botanique : « avec beaucoup de noms vous aurez peu d’idées, celles que vous aurez se brouilleront, [...] et n’aurez tout au plus qu’une connaissance de mots ».



FAB-JJR jeune et beau


« Chère Cousine, je suis jaloux d’être votre guide dans cette partie [...] ayez la patience de ne lire que dans celui (le livre) de la nature, et de vous en tenir à mes lettres ».


Lire dans le livre de la nature implique observation et expérimentation : sa chère Cousine et la petite Madelon ne risquent pas de l’oublier !

Cette 3ème leçon porte donc sur les POIS – nous sommes en mai et ils sont « en pleine fructification ».

 Madelon est bien jeune et le potager offre maints et maints exemples pour herboriser, même si ce n’est pas la nature sauvage. Nous voici donc avecles Fabacées, pardon « les Papilionacées ou légumineuses » comme on les nommait au XVIIIème siècle.

 

Jardin des Charmettes, à Chambery :


FAB-2011 29.09 (13) [1024x768]

L’observation va du plus général au plus détaillé et permet d’abord de constater que les fleurs de papilionacées  ne sont pas régulières (comme dans les précédentes familles) et ces fleurs irrégulières sont  «d’une construction fort particulière » et il faut «avoir plusieurs fleurs de pois et les disséquer successivement pour observer toutes leurs parties l’une après l’autre, il faut même suivre le progrès de la fructification depuis la première floraison jusqu’à la maturité du fruit ».


Papilionacée très courante : le genêt des teinturiers :

 

genista-tinctoiria-01.JPG

Ainsi en disséquant, elles verront que le calice est monophylle –d’une seule pièce- avec

5 pointes, 2 larges en haut et 3 plus étroites en bas ;


que la corolle se compose d’un Etendard (ou papillon) «tel un parapluie pour garantir ceux qu’il couvre des principales injures de l’air »,

de deux pièces latérales, les Ailes, enfin d’une dernière « pièce qu’à cause de sa forme on appelle la Nacelle [ qui est] comme un coffre-fort dans lequel la nature a mis son trésor à l’abri de l’air et de l’eau » .


Actuellement on ne parle plus de nacelle mais de carène

 

FAB-fleur pap

 

  

Ce trésor donnera la gousse : à ce propos JJR fait observer la différence entre une gousse et une silique. Et là, abandonnant toute rigueur, il ne peut qu’admirer le soin qu’a pris  "le Suprême Ouvrier" pour protéger "la fructification des plantes qui servent à la nourriture de l’homme et des animaux "!


Il ne lui reste plus qu’à énumérer quelques exemples «d’une des familles des plantes les plus nombreuses et les plus utiles » : le Trèfle des prés, les Fèves, les Genets, les Luzernes, ainsi de suite ; il y même des arbres, l’Acacia «qui n’est pas le véritable acacia ».

FAB-gousse

La lettre s’arrête assez brusquement !

Comme notre article………….

                                                                 Jean

 

A suivre

images empruntées à Internet, merci Internet

 


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J.J. Rousseau, lettre de botanique II

15 Novembre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

 

img001La correspondance se poursuit avec sa chère cousine, Mme Delessert, et l’élève comprend vite. JJR commence la description des différentes familles, telles qu’on les connaissait à son époque. Nous le suivrons en complétant avec les connaissances actuelles.

jje-avec-texte-ii.JPG

 

Jean a compilé pour nous la lettre II :

 

Lettre II (octobre 1771) :

 

Deux mois se sont écoulés, avec une réponse de la chère Cousine, dont le contenu est facile à deviner, compte tenu du début de la lettre II :

 

 « Puisque vous saisissez si bien, chère Cousine, les premiers linéaments des plantes [...] et que notre chère petite botaniste s’amuse de corolles et de pétales, je vais vous proposer une autre famille ».

 

Cela sera les Crucifères ou fleurs en croix, actuellement il s’agit des brassicacées. Selon le schéma établi, JJR commence par l’observation, puis la description de la fleur. Il choisit une giroflée.

 

 

k-giroflée

  Il attire l’attention sur la position respective des pièces du calice et de la corolle, position alternative commune...


« ....à toutes les fleurs qui ont un nombre égal de pétales à la corolle et de folioles au calice ».


Puis il attire l’attention sur les étamines au nombre de six, dont deux plus courtes laissant à son élève le soin d’en trouver la raison « si vous y regardez bien ».

 

Enfin il signale la caractéristique essentielle de cette famille : l’ovaire qui devient « une espèce de gousse plate appelée Silique » dont il décrit l’ouverture à maturité. Il lui signale que les botanistes divisent cette famille en deux groupes « qui, quant à la fleur, sont parfaitement semblables, mais diffèrent sensiblement quant au fruit » :

  • ·         les Crucifères à silique, il en donne des exemples : « la Giroflée dont je viens de parler, la Julienne, le Cresson des fontaines, les Choux, les Raves, les Navets, la moutarde etc.

k- planche giroflée

 

  • ·         et les Crucifères à silicule plus courte, « presque aussi large que longue, et autrement divisée en dedans » exemples « entre autres le Cresson alénois, dit Nasitort ou Natou, le Thlaspi appelé Taraspi par les jardiniers, le Cochléaria, la Lunaire, qui, quoique la gousse en soit fort grande, n’est pourtant qu’une silicule, parce que sa longueur excède peu sa largeur ».

Thlaspi perfoliatum :


kandis perfoliatum 20

 

Lunaria rediviva :

 

klunaria annua 1

 

 

Il mentionne la ‘Bourse-à-pasteur’, « si commune parmi les mauvaises herbes des jardins ».

 

k Capsella bursa pasteuri 8

 

Pour finir, il conseille à «sa belle Cousine» de se munir d’une loupe.....

«...instrument dont un botaniste ne peut se passer, non plus que d’une lancette et d’une paire de bons ciseaux fins à découper » ; et il imagine « le tableau charmant de ma belle Cousine empressée avec son verre à éplucher des monceaux de fleurs cent fois moins fleuries, moins fraîches et moins agréables qu’elle ». 

 

Charmante description de notre philosophe botaniste !


Dans de prochains articles, nous étudierons les principales caractéristiques des brassicacées avec l'aide de Joanny et nous poursuivrons le parcours épistolaire de JJR avec Jean. 

 

à suivre............................................

 

 


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Lettres sur la Botanique J.-J. ROUSSEAU

25 Septembre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

CORRESPONDANCE AVEC Mme DELESSERT  (1771 -1773)

 

Jean-Jacques ROUSSEAU - 1712-1778

 

 img001       En cette année anniversaire de la naissance de l’illustre Genevois, Jean a lu pour nous de nombreux ouvrages du philosophe en s’attachant à Jean-Jacques Rousseau, botaniste. On découvre cette facette du philosophe surtout dans sa correspondance avec sa chère cousine, Mme Delessert.

 

 

 

En effet, lorsqu’en 1771 Mme Delessert écrit à JJR qu’elle aimerait bien que sa fille Madelon, reçût quelques rudiments en botanique, JJR s’empressa d’y répondre favorablement. Ce fut l’objet de 8 lettres s’étendant d’août 1771 au printemps 1774. Elles furent publiées sous le titre Lettres élémentaires sur la botanique à Mme de L***, peu après la mort du philosophe.

 

Voici une série d’articles, reprenant la chronologie des leçons de botaniques de JJR qui nous permettront de vous faire découvrir que la démarche de JJR, botaniste du XVIIIème siècle, n’est pas si éloignée de la nôtre. On peut dire que JJR est en avance sur son temps. Vous découvrirez aussi quelques citations de JJR choisies par Jean dans cette correspondance. Joanny illustrera notre propos. (Les citations sont tirées es Lettres sur la Botanique, sauf mention contraire)

 

 

Mais en préambule, Jean Jacques parle de lui et de son intérêt pour la botanique dans plusieurs ouvrages Rousseau juge Jean-Jacques (1772- 1776), Les Rêveries du Promeneur Solitaire Les Confessions., Fragments de botanique...., tard dans sa vie, après avoir été contraint de fuir la société des humains suite à la condamnation de ses livres philosophiques, et à la menace du décret pris contre lui.

 

«La contemplation de la nature eut toujours un très grand attrait pour son cœur : il y trouvait un supplément aux attachements dont il avait besoin ; mais il eût laissé le supplément pour la chose, s’il en avait eu le choix et il ne se réduisit à converser avec les plantes qu’après de vains efforts pour converser avec des humains ».

 

Et si cette longue conversation avec les plantes lui permettait, à nouveau, de converser avec des humains ?

 

Maison natale de JJR, à Genève

 

maison natale de JJR à Geneve, gde rue

 

Lettre I août 1771, première leçon de botanique

 

S’adressant à des débutantes, mère et fille, il n’oubliera pas qu’il faut se mettre à leur portée, utiliser un langage simple avec aussi peu de mots savants que nécessaire ; que le meilleur mode de connaissance est l’observation directe de la plante, au contact de la nature :

«Le botaniste ne souffre point d’intermédiaire entre la nature et lui » (dans Fragments de Botanique).

Il faut commencer simple et ménager une progression vers le plus complexe.

Il commence par la description des différentes parties d’une plante : racine, tige, branches feuilles, fleurs et fruits. Les « Pétales de la Corolle » sont faciles à observer ...

 

Ensuite on observe le Pistil,

« petite colonne attachée tout au fond qui pointe directement vers le haut » et se divise en 3 parties, et les étamines avec leurs filets et anthères « avec une poussière jaune très odorante, qui n’a point de nom français, chez les botanistes on l’appelle le Pollen, mot qui signifie poussière ».

 

 

Faisons comme JJR mais avec les moyens du XXIème siècle

Fleurs

cerisiers

 

1 - Pédoncule floral.

2 - Réceptacle floral : extrémité plus ou moins dilatée du pédoncule portant les pièces florales.

3 - Sépale : une des pièces formant le calice, enveloppe extérieure de la fleur généralement verte.

4 - Pétale : une des pièces formant la corolle, enveloppe intérieure généralement colorée.

5 - Périanthe : Ensemble du calice et de la corolle.

6 - Ovaire : partie inférieure du pistil qui contient les ovules*.

7 - Style : filet reliant le stigmate à l’ovaire.

8 - Stigmate : sommet glanduleux du pistil, il a pour rôle de capter les grains de pollen.

9 - Pistil : organe femelle comprenant ovaire, style et stigmate.

10 - Filet : partie inférieure de l’étamine supportant l’anthère.

11 - Anthère : partie terminale de l’étamine renfermant le pollen constitué de deux loges.

12- Etamine : organe sexuel mâle de la fleur produisant le pollen.  

 

* - Ovule élément globuleux dans lequel se différencie le gamète femelle qui donnera après fécondation, la graine.

 

 

Cela permet d’introduire la notion de classification suivante : Polypétales et Monopétales. Nous disons, au XXIème siècle, dialypétale et gamopétale.

 

 

  • Dialypétale : corolle avec des pétales libres, séparés les uns des autres jusqu’à la base et se détachant un par un (définition de Jeanne Covillot).

          Exemple d'une fleur dialypétale, l'onagre (01 fleur, 02 fruit)


dialypétale

 

 

  • Gamopétale : corolle dont les pétales sont soudés au moins à la base, la corolle se détache d’une seule pièce (définition de Jeanne Covillot).

          Exemple d'une plante gamopétale, la digitale (01 fleur, 02 fruit)


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Il voulait aussi arracher la connaissance des plantes au savoir livresque des facultés de médecine, et boutiques d’herboristes ou apothicaires qui ne voyaient dans les plantes que source de médications : 

 

«Le premier malheur de la Botanique est d’avoir été regardée dès sa naissance comme une partie de la Médecine [....] On ne cherchait des plantes que pour trouver des remèdes, on ne cherchait pas des plantes, mais des simples ». 


dans Fragments pour un dictionnaire des termes d’usage en Botanique.   Voir aussi la 7ième Promenade, dans Les Rêveries du promeneur solitaire.

 

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                                              Jean et Joanny

 


à suivre........................

 

Photos d'André

 

 

 

 

 

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Le Chéran IV

11 Mai 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

 

voilà notre dernier rendez-vous avec la balade de Jean au bord du Chéran,

                                                                                 merci à toi, Jean 


Loisirs et Chéran 


  • des circuits de randonnée / promenade sont aménagés pour pouvoir accéder et profiter du Chéran............... et voilà nos randonneurs sur le pont de l'Abîme!!!P9130027 [1024x768]
  • le canoë-kayak est praticable sur trois parcours :

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- Du Pont d’Escorchevel au barrage de Bange (Allèves) 9km

- De la passerelle de Cusy/Gruffy à la Capetaz (Alby) 7km ;

- De l’aval du barrage d’Alby à la base de loisirs des Pérouses (Rumilly) 10km


 

 

 

 

 

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  • Les bases de loisirs de Lescheraines et de Rumilly

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  •  Le Chéran est une « rivière à truites » : d’où l’attention permanente portée à la bonne santé de la rivière pour favoriser les activités de pêche -SMIAC (1) et AAPPMA (2) de l’Albanais-

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Tout ceci nécessite des travaux d’entretien, de restauration des berges – menacées par l’érosion, les embâcles, les détritus, etc.-, de la végétation (menace des invasives, balsamine de l’Himalaya, la renouée du Japon et …..)

 

 

 

 


 

«Le lit du Chéran s’est enfoncé de plusieurs mètres au cours des dernières décennies (extraction de matériaux, endiguement), ce qui perturbe l’équilibre de la rivière et la coupe de ses milieux annexes » extrait du Site du SMIAC.

 

Tout au long de son cours une rivière a une fonction de lien fondamental, d’amont en aval et vice versa, mais elle a aussi une fonction de lien transversal d’une rive à l’autre, ce qui, en dépit d’éventuelles querelles de voisinage, oblige les hommes à se parler et à travailler ensemble.


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« Le « contrat rivière » du Chéran a conduit à une politique globale de gestion et d’entretien, et enfin une mise en valeur du patrimoine, du paysage et des activités de loisirs liées à l’eau » (dans Encyclopédie..., opus cité, sous article « Chéran »)

« [...] ces nouvelles fonctions dévolues aux rivières [...] motivent un partage de l’eau. Ce retour aux rivières longtemps délaissées s’accompagne de la protection des milieux aquatiques et riverains auxquels on confère aujourd’hui une forte valeur environnementale. » (Jean-Paul Bravard, dans opus cité, p.45)

 

 

Les botanistes rencontrent, quant à eux, quelques beaux spécimens le long des berges :


La prêle géante


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L'épervière humble, nichée au creux d'un rocher

 

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                    Photos et textes de Jean, encore merci


 

Voir aussi la rubrique « nos amis »


1-S.M.I.A.C

Syndicat Mixte Interdépartemental d’Aménagement du Chéran,

Basé à Alby sur Chéran.

2- AAPPMA,

 Association Agréée Pour la Pêche et la protection des Milieux Aquatiques et son site : cheran-terredepeche.com

 

 


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Le Chéran III

25 Avril 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Activités humaines autour du Chéran :


Comme toute rivière, le Chéran a été, dans le passé, une force motrice au service de l’homme ! À côté des activités pastorales s’est développé tout un réseau de petites industries avec ses moulins et ses martinets, nécessitant la proximité de l’eau :

  •  Scieries, fabrication de ‘l’argenterie des Bauges’
  •  Clouterie à partir des filons de fer (le Châtelard et le Noyer)
  • Moulins, dont le moulin Janin, sur la rive de Cusy reste un exemple

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Mais, peu commun, le Chéran charrie de l’or et fait partie des 4 rivières aurifères de Hte Savoie : Rhône, Arve, Fier et Chéran. (L’or des rivières ou or alluvionnaire, provient de la désintégration d’anciens filons détritiques).

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Selon Pline l’Ancien (déjà !) «L’or du Chéran est le plus pur des Gaules ! »

Jusqu’au XVIII° siècle les orpailleurs ont trouvé dans le lit du Chéran des paillettes d’or. Hélas, pas de mines d’or : la ruée vers l’or, sous l’impulsion de celle des USA en 1848, fut totalement infructueuse.

Si l’on consulte "orpaillage" dans l’encyclopédie des Alpes (opus cité), on vous renvoie à l’article "Chéran" :

«Il (le Chéran) a longtemps été fréquenté par les orpailleurs surtout au niveau d’Alby-s-Chéran et d’Allèves. Cette dernière commune a gardé la trace de baux d’orpaillage passés au 18°siècle, qui démontrent qu’il était fréquent de trouver des paillettes d’or dans le sable de la rivière. Le musée d’Annecy possède une pépite de près de 50 gr trouvée en 1863 par Joseph Domenge d’Alby-sur-Chéran. » 

 

L’histoire locale raconte que ’ la Biolla’ –alias J. Domenge-, pauvre hère, resta bien pauvre malgré sa trouvaille (43,5 gr/ de 23,5 carats (presque de l’or pur !) qui fut vendue 141,90FF et dont le musée garde un moulage en plâtre ! (Henri Travers)


"L’on est orpailleur comme on est chiffonnier ou marchand de peaux de lapin".

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Orpailleur...californien


La méthode reste la même et, même si les instruments se sont modernisés, il faut toujours une bâtée, voire une table ou rampe de lavage ou sluice, et un bon coup de main ! Le principe pour séparer l’or des alluvions est d’utiliser la gravité,  grâce à un mouvement giratoire : la densité de l’or alluvionnaire (16 à 19 selon la teneur des autres métaux) fait que la paillette d’or reste au fond de la bâtée alors que le sable (densité 2) est éliminé.

 

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Quelques pépites!

pepites

 

 

L’or peut aussi se trouver dans des marmites – infractuosités rocheuses au fond du lit de la rivière-  mais le courant ne doit pas être trop violent : bien difficile de devenir riche, mais c’est une activité de plein air...

 


« L’or électricité » à Alby-s-Chéran.

En 1888, M. Mugnier, scieur à la Maladière (et donc utilisant déjà la force du Chéran) eut l’idée de creuser un canal de dérivation sur la rive droite du Chéran et de faire fonctionner une dynamo, qui ainsi fournit l’éclairage électrique au bourg et au Pont-neuf (tiré du site Internet de la Communauté des communes d’Alby).


 

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A suivre........

                                                              Jean

photos de Jean et "empruntées" à Internet.

 

 


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Le Chéran II

11 Avril 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Géologie :


Le Chéran s’est trouvé au cœur des phénomènes géologiques alpins. D’où l'inscription aux Géoparks et sa quarantaine de sites géologiques à visiter dans le monde.

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Le débit du Chéran ne suffit pas pour expliquer, dans son lit, la présence de blocs de granite, ophiolite, grès parmi les galets de calcaire urgonien et autres.

 

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En fait, le cœur des Bauges a été traversé par les flux glaciaires (l'épaisseur des glaciers atteignait parfois 1200m) : au quaternaire- glaciation de Würms- le glacier de l’Isère passe par les cols du Frêne et de Leschaux et vient :


  • concasser les roches cristallines et les filons aurifères apparues lors de l’orogenèse alpine (naissance des hautes montagnes alpines –tel le massif du Mont Blanc- quand les plaques eurasienne et africaine se sont chevauchées)

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  • transporter les débris ainsi obtenus (les glaciers –du Rhône ou de l’Isère- sont très forts pour transporter tous les éléments détritiques, de la paillette d’or, de la pépite à un gros bloc "erratique" (voir la place du Caillou à Lyon)  sur de grandes distances. De l’or dans le Chéran ? Eh, oui, mais pas au-dessus de la Charniaz !! 

On en parle plus loin...


Le gros Caillou, à la croix Roussele gros caillou

 

                                                     

                                         article et photos de Jean

 

à suivre..................

Voir aussi sur le site du PRN des Bauges, l'article sur le Geopark

 


 

 

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Le Chéran I

30 Mars 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Le Chéran est qualifié de «Rivière précieuse» par le poète Henri Travers, une personnalité de Gruffy.

 

Pour faire écho à l'exposition qui se trouve au Musée de Gruffy en ce moment, explorons avec Jean cette belle rivière....


"Rivière française, affluent du Fier, longue de 50 Km(1)", le Chéran prend sa source dans les Bauges, sur le versant sud de la pointe de Chaurionde, vers 1500m d’altitude.  La Pointe de Chaurionde culmine à 2168m d'alitude, sur la commune de Clery, Savoie.

 

 Pointe Chaurionde [1024x768] 

Il draine un bassin versant de 433 km² pour se jeter dans le Fier en aval de Rumilly. Savoyard dans sa partie supérieure, il devient Haut Savoyard vers le Pont de Bange, ne servant de limite entre les départements que sur une courte distance (jusqu’au pont de l’Eau Morte).


Plus un élément d’union que séparateur, il est, à sa manière, un symbole du PNR du Massif des Bauges.

Elément fédérateur, il incarne aussi ce travail en commun des Pays de Savoie par l’intermédiaire du Syndicat Mixte Interdépartemental pour la Sauvegarde du Chéranen un mot le SMIAC !

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Etymologie :


 «Chéran» viendrait de ‘Cara’, forme féminine de ‘Carus’, ancien nom de plusieurs rivières – entre autre le Cher. Cara –Caran- devenu Cheran  par suite de la déclinaison germanique, d’un usage fréquent pour les noms de rivières. Il a un Homonyme : le Chéran, rivière de la Mayenne (2). 

Ernest Nègre (3), propose la «racine préceltique hydronymique ‘KAR’, qui pourrait signifier "gros gravier dans le lit des rivières".

Quelques citations :  

                 aqua que dicitur Cara (1288),

                 aqua de cheran (1435)

                 super aquam Care se Cheran (1444)

 

Hydrologie :


Les plus hauts sommets des Bauges entourent sa source (Arcalod, Trélod sur sa rive droite ; Péclod, Arclusaz sur sa rive gauche) et son premier cours (N.E.–S.O.) est celui d’un torrent de montagne, tout au long du vallon de Bellevaux.

 

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Puis vers Ecole en Bauges, le Chéran change de direction du S.E. vers le N.O., pour desservir deux plaines alluviales –à la pente moins raide- de la Compote (Bauges ‘devant’) et celle de Lescheraines (Bauges ‘derrière’)

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C’est par le canyon du Pont de l’Abîme que le Chéran sort de son basin supérieur : ce canyon profond de 93m et aux parois parallèles est la cluse entre la Montagne de Bange et le Semnoz.

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Entre Gruffy-Cusy et Marigny –St Marcel son cours devient plus étroit entre des falaises calcaire dominantes et il prend de la vitesse.

En aval, après Alby/Chéran, le Chéran a un cours moins rectiligne à travers la dépression molassique de l’Albanais, pour rejoindre le Fier (confluence en aval du Rumilly (308m alt.)

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En dépit des nombreuses infiltrations dans le calcaire karstique (courants souterrains nombreux –cf. grottes de Prerouge ) il reçoit près de 18 ruisseaux et nants.

Il se caractérise par des crues violentes, fonte des neiges et pluies.

Il traverse 18 communes.

 

                                                Texte et photos de Jean

à suivre..................

 

 

(1)  Dictionnaire Encyclopédique des Alpes, Ed GLENAT, 2006

(2) Dictionnaire Etymologique des noms de lieu de la Savoie, Adolphe Gros, Ed. La Fontaine de Siloé 2004.

(3) Toponymie Générale de la France, Genève, Librairie Droz, 1990.



[1]  Dictionnaire Encyclopédique des Alpes, Ed GLENAT, 2006

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