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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Articles avec #flore tag

Au gui l'an neuf

28 Décembre 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Traditions


Nous avons tous appris à l’école que, à l’époque des Gaulois, les druides allaient en forêt pour couper le gui sacré, le sixième jour de l'année celtique. Ils le coupaient en s'exclamant «O Ghel an Heu» ce qui signifie littéralement «Que le blé germe». Cette expression sera modernisée..... au Moyen Âge  pour devenir «Au gui l'an neuf».

En Bretagne au XIXème siècle encore, les enfants allaient frapper aux portes des maisons bourgeoises en criant « le blé germe » et ils recevaient des étrennes.

Selon une légende scandinave, le démon Loki tua le Dieu solaire Balder, fils du Dieu Odin, avec une flèche fabriquée à l’aide d’une tige de gui.  La mère de Balder Frigga, implora les autres Dieux pour son retour à la vie et Balder, ressuscité, devint le symbole de l'amour et du pardon. Quant au gui, il fut condamné à quitter la terre ferme et à monter dans les arbres pour ne plus jamais en redescendre.

1 arbre contaminé

 

Mais parlons du gui………..

Le gui, Viscum album, est un sous-arbrisseau épiphyte et hémiparasite. On ne trouve les espèces vivants en Europe que sur certaines espèces d'arbres feuillus ou résineux. Son nom est issu du latin viscum devenu Wiscu en gallo-roman, puis gwy et guy.

  • Viscum signifie colle, glu (visqueux) en référence à la viscosité de ses fruits.
  • Album (alba, blanc) fait référence à la couleur blanchâtre des fruits. 

  

Le gui est une plante hémiparasite c'est-à-dire qu'il n'est pas totalement dépendant de son hôte. Il utilise les ressources de la plante hôte en lui soutirant eau et sels minéraux, mais il possède de la chlorophylle et peut synthétiser ses propres sucres, protéines, etc...

 


CIMG3171

Les arbres les plus fréquemment atteints sont les pommiers, les peupliers, les trembles, les aubépines, les saules, les robiniers, les sorbiers et les tilleuls.


Les «récalcitrants» sont les poiriers, les érables, les noisetiers, les charmes, les châtaigniers et les cerisiers, les super récalcitrants sont les noyers et les frênes.

 

Et jusqu’à preuve du contraire, pas de hêtre parasité en France dit-on !!


Le chêne quant à lui, opposerait une barrière chimique empêchant la pénétration du gui dans le rameau. Il ne peut se développer que sur des chênes ayant une déficience génétique ce qui explique sa rareté. C’est sans doute pour cette raison que le gui poussant sur un chêne est devenu sacré chez les celtes.

 

 

Le gui passe souvent inaperçu sur les conifères, mais il existe deux sous-espèces de gui parasitant ces arbres :

Viscum album pini   qui ne s'attaque qu'aux pins montagnards situés à plus de 800 m d’altitude,

Viscum album abietis qui est un parasite fréquent du sapin pectiné.


Un peu de Botanique…….


Apparition

Tombant du ciel dans une fiente d’oiseau, la graine de gui s’encre sous l’écorce de l’arbre hôte à l’aide d’un suçoir primaire de forme conique qui s'enfonce profondément jusqu'au bois, sans pouvoir pénétrer le tissu ligneux. Toutefois, l'accroissement du bois en épaisseur par la formation des cernes annuels, finit par englober plus profondément ce suçoir.  

 

6 boules degui

Feuilles

Les feuilles, vertes ou tirant sur un vert-jaunâtre, sont simples, ovales, sans pétiole, légèrement charnues et disposées par paires opposées à l'extrémité des rameaux. Leur limbe est coriace, de 2 à 8 cm de long, il est parcouru par cinq nervures parallèles. Elles persistent 18 mois à deux ans faisant du gui une plante toujours verte.

 

8 boules degui

Fleurs 

Le gui est dioïque avec des pieds à fleurs femelles et d'autres à fleurs mâles. Il fleurit en mars-avril.
Il peut arriver que les touffes mâles et femelles voisinent et soient imbriquées donnant l'impression de pieds monoïques.

Les fleurs, sessiles et jaunâtres, sont groupées en petites inflorescences glomérules, insérées au niveau des nœuds des tiges.


Les fleurs mâles comportent quatre tépales qui portent les anthères sans filet. À la floraison, elles laissent apparaître le pollen sur leur face interne.

 

Fleurs mâles ???

 

 

3 fleur

Les fleurs femelles comportent quatre tépales surmontant un ovaire infère soudé au réceptacle. Elles sont déjà formées en automne et passent l'hiver fermées ; elles s'ouvrent aux premiers rayons de soleil du printemps.

Fruits 

Les fruits donnés par les touffes femelles sont de fausses baies globuleuses de 6 à 10 mm de diamètre, d'un blanc vitreux -ou jaunâtres pour le Gui du sapin- charnues et visqueuses, caractéristique soulignée déjà par Virgile et Pline, d'où le terme de viscum. La pulpe est constituée d'un mucilage : la viscine, substance collante qui contribue à la fixation des graines sur les branches des plantes-hôtes.

Les fruits mûrissent en deux ans et ne tombent qu'au début de la troisième année.

 

7 boules degui

Utilisation :

Attention, les baies sont toxiques.

Les fruits du gui macérés, fermentés et cuits, donnent une colle très adhésive qui servait autrefois de glu.

Les feuilles étaient utilisées autrefois en tisanes. En herboristerie, le gui était prescrit pour soigner l’épilepsie, les désordres nerveux et la digestion. Le gui contient de la viscine, substance ambivalente qui fait actuellement l’objet de recherches scientifiques.

 

9 planche bota


Lutte contre le Gui

La seule lutte efficace contre le gui consiste à couper la touffe, mais cela n'est généralement pas suffisant car tant qu'on n'a pas extirpé les cordons corticaux, ceux-ci peuvent émettre des bourgeons adventifs capables de créer de nouvelles touffes. Il faut donc tailler les branches assez largement avant le point de fixation, mais cela n'est pas faisable si le gui est implanté sur une branche importante.


Aucun produit chimique n'existe actuellement pour contrôler le gui sans nuire à la plante hôte. La prévention, par la sélection de cultivars naturellement résistants, est une des voies de recherche.


En France, le gui figure sur une liste d'organismes dits « nuisibles » dont la destruction peut être rendue localement et temporairement obligatoire par arrêté préfectoral.

 

2 Viscum album

 

Alors que le gui vous porte bonheur en 2012 ! Meilleurs voeux.

Christianne

 

 

Bibliographies

La Hulotte,  n° 49 et n° 50

Sites : Wikipedia et autres et aussi

http://users.telenet.be/sf15590/Gui1.htm


Photos André, Jacques et Joanny


 

 

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Les arbres de nos régions : les érables

4 Décembre 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

 

 Les arbres de notre environnement forestier

 

Un article récent de Christianne nous relate, images à l’appui, les différents stands de la R’vola 2011.

Le stand réalisé par le Groupe Nature a remporté un franc succès. Consacré à la végétation de la forêt et des haies, il permit aux visiteurs, de visualiser les feuillages, les fruits et l’aspect du bois des principaux arbres et arbustes de notre région.

Pour donner une suite à cette expo et pour ceux qui n’ont pas eu la chance de la découvrir, je vous propose, de faire un tour d’horizon des principales essences de nos forêts régionales.

 

Les feuillus :

Les feuillus sont des arbres à feuilles caduques (qui perdent leurs feuilles en hiver). Cependant, le Buis, le Houx, le Laurier…, aux feuilles persistantes, font aussi partie des feuillus.

Les érables : du genre “Acer“ sont désormais de la famille des Sapindacées (1) Les érables étaient auparavant classés dans les Acéracées, cette famille est maintenant invalide.

Erable automne

En France, il existe cinq espèces d’érables à l’état spontané, les parcs et jardins sont arborés avec beaucoup d’autres espèces que nous n’étudierons pas. Ces cinq espèces sont :

  • le sycomore,
  • le plane,
  • l’érable à feuilles d’obier
  • l'érable champêtre
  • l’érable de Montpellier.

Toutes ces espèces sont présentes dans l’Albanais.

Caractéristiques communes :                                                                                                                    

Essences de lumière ou de demi-ombre, ils sont tous à feuilles caduques, opposées. Les feuilles sont caractérisées par une nervation palmée.

Elles ont généralement une forme lobée..                                                                            

Les rameaux sont opposés et en disposition décussée, c'est à dire, que deux paires de rameaux se suivent en tournant de 90°.                                                                                                                       

Les fruits secs ailés sont appelés disamares (2).                                                         

En général, les érables poussent de préférence sur sol calcaire et sont résistants au froid.

Les fleurs, extrêmement mellifères, produisent un miel clair de goût très fin.

Les érables produisent également du miellat.                                                                                                                     

Tous les érables sont mellifères, mais à des degrés différents et pas toujours bien distingués dans la littérature spécialisée. L’érable champêtre semble le plus productif.  

 

Erable sycomore  

Étymologie : 

  Le nom érable apparaît au milieu du 13ème siècle. Il vient du vieux latin "acerarbot", où "acer" est d'origine indo-européenne et signifie "pointu, dur".

On dit ainsi des propos acerbes ou aussi des griffes acérées.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

Légendes et traditions :


Dans la mythologie grecque, l'Érable est dédié à Phobos, dieu de l'Épouvante, fils d'Arès, dieu de la guerre
et frère de Deimos, dieu de la frayeur. L'Illiade rapporte que le cheval de Troie fut fabriqué en Érable.

 

Dans l'astrologie celtique l'érable représente quelqu'un débordant d'imagination et d'originalité, timide et réservé, ...

 

..................................................... à suivre

.................................................................Joanny

 

 

(1)   Famille des sapindacées : La famille tient son nom du genre Sapindus l’arbre à savon qui produit les fruits utilisés comme “ noix de lavage “ en raison de leur pouvoir détergent dû à la présence importante de saponines.  

                                                

(2)   Outre les Erables le Marronnier d’Inde “Aeculus hippocastanum“ a rejoint également les sapindacées.

 

(3)   Disamares : la disamare est une samare double, un ensemble de deux akènes jumeaux, équipé chacun d'une ailette membraneuse permettant la dispersion par le vent, par rotation semblable à celle d'une hélice d'hélicoptère. L’angle formé par les deux ailettes est spécifique à chaque espèce d’érables.

 

 

Bibliographie, articles sur les arbres. Guide de dendrologie de Marcel Jacamon.

 

 

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Les colchiques

14 Novembre 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Le colchique d'automne, Colchicum autumnale L. (Syn. Colchicum multiflorum Brot.), est un colchique du genre colchicum. Il appartient à la famille des Liliacées  selon la classification classique.

La nouvelle classification dite classification phylogénétique (étude du génome), le place dans la famille des Colchicacées.

 

Remarque : ce n’est que très récemment que le colchique d’automne, attribué à Linné a changé de nom. Il semble que le Colchicum autumnale de Linné corresponde en fait à la description du colchique des Pyrénées, Merendera montana.

 

Colchique 1

 

Description :

 

C'est une plante vivace, assez basse, à corme (nom masculin, organe de réserve souterrain ayant l'aspect d'un bulbe mais formé d'une tige renflée, entourée d'écailles). C’est une plante très répandue de l’étage collinéen à l’étage montagnard. Le colchique « aime » les prés, les prairies de fauche et pousse sur terrain assez riche en nutriments. 

 

Il présente la particularité d'avoir deux apparences très différentes :

  • En automne, seules les fleurs apparaissent, au niveau du sol.

Elles sont formées de 3 pétales roses lilas et 3 sépales… roses lilas et de même aspect. Ce sont donc 6 tépales.

3 styles (style : extrémité de l’ovaire), 1 stigmate recourbé (stigmate : extrémité du pistil fixant le pollen)

 

colchique 2

  • Au printemps, ce sont les feuilles lancéolées et larges qui apparaissent entourant les fruits issus des fleurs de l’année précédente.


colchique 3

 

 

Ces fruits sont de grosses capsules ovoïdes formées d'abord sous terre.

 

colchique 5

 

Noms vernaculaires : colchique d’automne, safran des prés, safran sauvage…En Savoie, deux noms populaires différents étaient attribués au colchique :

en automne (en fleurs) boké dë la mizèra et au printemps (feuilles et capsule), vassërèla (Meilleur, 1985). 


Toxicité

La toxicité du colchique était déjà connue du temps de Dioscoride (médecin Grec, 40-90 après J.C.) qui notait que “l’ingestion du bulbe tue par suffocation, comme les champignons”…


Toute la plante, mais surtout les graines, contient un alcaloïde très toxique, la colchicine. L’ingestion provoque une gêne à la déglutition, des troubles digestifs, des crampes musculaires, de l’hypotension puis des troubles respiratoires pouvant conduire à la mort plusieurs jours après l’intoxication.

 

Elle fut employée pour soigner la goutte mais sa toxicité rendait son emploi difficile.

Les graines du colchique d’automne, aux propriétés anti-inflammatoires, étaient encore listées dans la 9e édition de la pharmacopée française pour le traitement curatif de la crise aiguë de goutte. Un dérivé préparé par hémisynthèse, le thiocolchicoside, est employé comme myorelaxant.

 

Flora batavia

“Flora batava”(1872)-KOPS & al.

attention danger

Anecdotes (si on peut dire !) :

 

Le genre Colchicum vient du grec kolkhikon, originaire de la Colchide, région de la Géorgie actuelle, car c’était la patrie de Médée, magicienne experte en poisons tels que les colchiques !

Il fut un temps où les jouets étaient souvent fournis par la nature. Dans la capsule du colchique d’automne, les graines cliquettent. Il arrivait que des enfants cueillent des capsules, qui devenaient entre leurs mains des hochets assassins.

 

 

 

Il a un cousin !!


 Notons qu’une autre sous-espèce très rare en Savoie, le colchique des Alpes, Colchicum alpinum subsp. merenderoides  a été signalée la première fois au Pas du Roc (Haute Savoie) par les botanistes savoyards Eugène Perrier de la Bâthie et André Songeon. Cette plante est endémique de la Savoie et n’existe pas ailleurs en France ! Elle diffère de la sous-espèce type par son écologie (pelouses calcaires à l’étage montagnard) et ses feuilles linéaires et ondulées (Delahaye T., 2004). Stigmate en forme de massue.

 

Dorénavant, lorsqu'au printemps vous découvrirez un champ comme celui-ci, vous saurez qu'il ne s'agit pas de... tulipes mais de...... colchiques.

 

colchique 8

 

 

                                             Christianne "tuteurée" par Sylvie.

 

Photos Sylvie et Christianne

 

 

 

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2011 Année internationle de la forêt

7 Octobre 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore


CO2 Mon Amour / Denis Cheissoux Samedi 14h sur France Inter !

 

« Promenons-nous dans les bois, temps que le spéculateur n’y est pas ! »

 

Un samedi du printemps, Denis Cheissoux  commençait son émission hebdomadaire par un billet sur la forêt, billet qu’il a publié sous une  forme légèrement différente dans le numéro de février de Terre Sauvage, p.89. Je lui préfère celui des ondes  (retranscrit  par mes soins) :


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La grande Bretagne vient de faire un changement radical  (à 180°) de politique concernant la privatisation programmée de la gestion des forêts de la Couronne, par la bouche de la Secrétaire à l’Environnement, Ms Spellman. Elle y renonce, et ceci sous la pression indignée de petit peuple britannique si attachée à ses forêts, et la Forêt de Sherwood (Robin Hood-  Robin des bois !) ne sera pas ’transformée en parking’ et ses chênes séculaires ‘transformés en cure-dents ‘!


 Denis Cheissoux donne la parole à la FORET :


« Je vous accueille à branches ouvertes, venez cueillir des histoires, car c’est dans les forêts que germent les graines de livres. On y récolte des Chevaliers de la Table Ronde, des Merlin, des Viviane, des ogres dévoreurs mais néanmoins nécessaires quand les enfants d’aujourd’hui veulent devenir traders. On y récolte aussi des beaux sapins, rois des forêts, que j’aime ta verdure...


Forêt au pied du Pic du Jalouvre, côté Petit Bornand-les-Glières

 

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 Ecoutez-moi mes amis : je fais tout pour vous plaire, moi la forêt. Je chauffe vos foyers, je charpente vos cottages, je fabrique vos journaux qui parlent de déforestation, je nourris vos imprimantes gourmandes et immatures ; je vous donne un châtaignier, à manger, à glander. Je retiens la terre, je retiens la nuit, je filtre l’eau de vos carafes, je cache mes maquisards, j’écoute tous les matins les partitions des oiseaux. J’abrite, comme un trésor, les derniers peuples isolés. Mais jusqu’à quand vais-je résister ?

 

Forêt près du lac Noir au pied du Granier


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Je suis un univers à moi toute seule ! Chlorophylle mon amour, cela fait des millions d’années que je carbure à l’énergie solaire, je suis une spécialiste du zéro déchets : dans mon ventre peuplé d’insectes et d’humus, je recycle en silence feuilles mortes, bouts de bois, et tout le reste : je reconstruis la vie.


"Au pied de mon arbre, je vivais heureux"

 

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Alors cette année on m’a mis à l’honneur, dans les colloques mondiaux où on s’inquiète de mon sort, et on n’a pas tort : pour peu que j’ai du pétrole ou de l’or sous mes racines, c’en est fini de moi ! Sachez me cueillir juste, ne sciez pas la branche sur laquelle votre civilisation est assise, car si vous m’éliminez, c’est vous qui disparaîtrez ! Je suis un modèle de patience, venez me voir : je vous enseignerai l’art de prendre le temps, de ne pas aller vite. Les soirs de vieille lune je donne mon meilleur bois pour les stradivarius, et les jours d’éléments déchaînés, je suis une harpe qui apprivoise les vents.

 

Un des arbres du jardin des Charmettes, chez Mme de Warens


2011 29.09 (17) [1024x768]

Entrez en moi, venez abriter vos rêves, je cache mes amoureux, je fais des gens heureux, moi qui ne sais pas lire ni écrire. J’attends vos mots, vos paroles ; venez lire mon avenir dans les lignes de mes feuilles, et moi je vous donnerai ce qu’il faut pour écrire le vôtre. »

 

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                                                                                             Jean Guhl


Photos de Michel (le Breton), Yvette (de Faverges) et Christianne (d'Annecy)

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Entre Semnoz et Chéran IV

26 Août 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Suite de la conférence de Denis JORDAN, éminent botaniste Haut Savoyard,

conférence organisée par le Musée d'Histoire naturelle de Gruffy,

le 15 juin 2011 

 

 

Et nous voici au bord du Chéran

 

Le chéran

 

Le Chéran, coulant entre ses parois de molasse, est de belle qualité biologique : apparaît l’amélanchier à feuilles ovales, la potentille caulescente (P. caulescens) qui ancre ses tiges solidement dans une fente de rocher.


 Potentille caulescente :

AAA Pot cau

On y trouve aussi la globulaire à feuilles en cœur,


Globulaire à feuilles en coeur :

Glob cordifolia


l’épervière à feuilles embrassantes, la saxifrage paniculée (Saxifraga paniculata) et la fougère des fontaines (Asplenium fontanum),


Fougère des fontaines :

A asplenium fontanium

 le grémil pourpre bleu (Lithospermum purpurocaeruleum), que nous avons déjà rencontré dans le canton de Seyssel.


La hêtraie descend dans la ravine, avec l’if, la dentaire (ou cardamine) à 7 folioles (Cardamine heptaphylla), le cyclamen aux feuilles rondes (C. purpurascens), la sauge glutineuse, la gesse du printemps, l’ancolie, le lys martagon, la laîche digitée (Carex digitata), le polystic à dents sétacées (Polystichum setiferum), fougère qui pousse dans les forêts.

Et des orchidées aussi : céphalanthère à longue feuilles (Cephalanthera longifolia), néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis).


Cephalanthére à longues feuilles :

BCephalanthera longifolia 01

 

B Cephalanthera longifolia 02


Néottie-nid-d'oiseau :

B neottia nidus-avis 2 [1024x768]

B neottia nidus-avis 1 [1024x768]


Une petite pinède abrite la coronille émérus arbrisseau (Hippocrepis emerus), la céphalanthère rouge (C. rubra)


Cephananthère rouge :

cephal rubra

 

et le géranium sanguin. Deux plantes à fleurs protégées : le laser de Prusse (Laserpitium prutenicum – en Rh.-Alpes) et l’aster amelle (Aster amellus) protection nationale.


Dans le chaos du Chéran, on trouve des fleurs descendues de « là-haut », d’altitude : l’érine des Alpes et le saxifrage aïzoon ou saxifrage paniculé (Saxifraga paniculata).


Saxifrage paniculé :

AA Sax pan

 

S’y trouve aussi des fougères (Asplenium s.p.) et encore une fois, l’inule de Suisse ! Un arbuste, le saule blanchâtre (Salix laggeri) et avec lui au bord du torrent le pétasite (Petasites hybridus) et le chérophylle hérissé (Chaerophyllum hirsutum agg.).

 

Mais si des plantes descendent de la montagne, d’autres se servent de la voie naturelle de pénétration que représente le Chéran pour remonter et envahir : l’impatience de l’Himalaya, la renouée du Japon, (dont nous vous avons déjà parlé).

 

                                                            Jean GUHL

 

 

 

 

Vous trouverez un article et des photos de la renouée du Japon sur ce blog.


Le pont de l'abîme et le Chaos du Chéran :

Le pont fut édifié en 1888 par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Ferdinand ARNODIN. Il s'agissait alors de remplacer une passerelle qui se situait deux kilomètres en aval au fond de la vallée.

Cet ouvrage métallique est à suspension amovible, d'une portée de 72.60 m et culmine à 96 m au dessus du Chéran.

 

 

 

le chaos du Chéran


  Retrouvez l'histoire du pont de l'abîme sur le site :

 

 

photos.piganl.net/2010/abime/abime.html


et pour la balade, voyez ce plan car quand il fait chaud, c’est parfait !

 

balade Chaos du chéran 

 

Photos Nicole, Sylvie et Christianne


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Entre Semnoz et Chéran III

10 Août 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore


Suite de la conférence de Denis Jordan – Musée de Gruffy 15 Juin 2011-

  

Nous voilà arrivés dans les zones humides :

 

Toutes les communes au pied du Semnoz ont des zones humides (sauf Gruffy – encore qu’il y a bien un petit marais de pente.....). Si Viuz possède beaucoup de petits marais/gouilles et de marais de pente, Cusy se targue de deux marais plus explorés : Meurat et les Mièges. Dans ces zones humides, une flore typique s’y développe, comme les formations de jonc à feuilles obtuses (Juncus tenageia).


 Ces biotopes très spécifiques sont mal connus et mal aimés du grand public :


« Ils hébergent des miasmes, des fièvres, des feux follets (méthane)  et des nuisibles (moustiques), sont un gâchis de terres potentiellement cultivables ou constructibles…… »


Cependant ils s’y trouvent de nombreuses plantes protégées (Rhône-Alpes) :

Le séneçon des marais (S. palustris) et le séneçon aquatique (S. aquaticus), l’œillet superbe (Dianthus superbus)


Dianthus superbus :

Dyanthus superbus


l’inule de Suisse (Inula helvetica) et l’épipactis des marais (E. palustris).  


Epipactis des marais

E pipastis palustris 3

 

Epipactis palustris 4


Dans un bas marais calcaire pousse la linaigrette à larges feuilles (Eriophorum latifolium)

 

eriophorum.latifolium

 

On y trouve aussi la grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris) et  le drosera d’Angleterre ou rossolis à longues feuilles (Drosera anglica) – à ne pas confondre avec Drosera rotundifolia qui pousse dans les marais d’altitude- et son hybride D.anglicaXrotindifolia.


L’utriculaire (s.l.) très minuscule et difficile à voir, a une floraison capricieuse et se nourrit par ses feuilles submergées et munies de vésicules, lesquelles piègent les microorganismes de l’eau. Elle n’a pas de racine !


Voici le trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata) aux fleurs blanches en grappe, qui n'a de trèfle que le nom et des feuilles à trois folioles,  le voilà

Menyanthes trifoliata

 

Menyanthes trifoliata 2

 

Menyanthes trifoliata 3

 

Il nous amène aux orchidées (une fois encore, mais pas les mêmes !!) le liparis de Loesel du marais des Mièges (protection européenne), l’orchis des marais (O. palustris – protégé Rh-Alpes).

 

Les marais exigent une certaine gestion sous peine de boisement assez rapide : le saule cendré, à la silhouette en boule si caractéristique, est le pionnier suivent ensuite divers buissons. Alors, le marais n’offre plus d’intérêt botaniquement et lorsque le solidage géant  (Solidago gigantea) apparaît, la mort du marais est imminente!


Solidago canadensis 002 Sentier du Chéran redimensionner

 


                  Jean GUHL


 à suivre........


Photos d'Isabelle, Jacques et Christianne.

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Entre Semnoz et Chéran II

29 Juillet 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Suite de la conférence de Denis Jordan – Musée de Gruffy 15 Juin 2011-

 

Après les milieux boisés, sujet de notre précédent article, nous voici dans "Les prairies et pelouses à caractère naturel"

Quelques photos des paysages de Gruffy au printemps :


54 gruffy le village le semnoz

 

52 Gruffy

 

53 gruffy depuis la Tour


Tel un promeneur sur le terrain, nous passâmes au deuxième milieu, les prairies et pelouses « naturelles » :

Elles ne sont pas accessibles aux engins agricoles à cause de leur pente le plus souvent. Parfois fauchées, parfois pâturées, parfois laissées en friche, elles sont à l’opposé des prairies dites artificielles qui sont celles que l’on « enfume »  afin de faire du foin pour le bétail mais qui sont sans grand intérêt pour le botaniste.

 

Ce qui les menace c’est l'embroussaillement :

Il y a alors apparition du robinier faux acacia et de l’aubépine. Toutefois, cette dernière est bien utile à la pie-grièche écorcheur (entre autres oiseaux) qui raffole de ses baies. Apparition aussi de quelques invasives comme le buddleia... 

 

La prairie mésophile, prairie moyennement humide et moyennement pauvre, reste très fleurie et diversifiée : les carlines sans tiges, Carlina acaulis, et les carlines vulgaires Carlina vulgaris, le cirse sans tige, Cirsium acaulis, dont voici une photo


46 cirse acaule


Et voici la campanule agglomérée, Campanula glomerata, l’œillet des Chartreux, Dianthus carthusianorum, la sauge des prés, Salvia pratensis, le coucou, Primula veris, ils sont souvent annonciateurs des orchidées, pourvu que la pelouse soit maigre, c’est à dire dépourvue de toute fumure.


Illustrées par de nombreuses diapos lors de la conférence,  voici l’homme pendu, Aceras anthropophorum,l’orchis pyramidal, Anacamptis pyramidalis, l’orchis brûlé, Orchis usulata, les orchis militaire singe bouffon, Orchis militaris, simia, morio, les ophrys araignée, bourdon, mouche, Ophrys sphegodes, holosericea, insectifera.


 

Quelques exemples que vous connaissez déjà :



Anapcamptis pyramidalis

O. simia 2-copie-1

 

 

32 orchis militaire

Orchis morio 1

 

 

 

34 Ophrys mouche

Les prairies grasses, celles que l’on enfume, seront bien sûr fleuries (plus brièvement à cause de la fauche), mais n’auront pas d’espèces aussi rares. Le pissenlit et le salsifis des prés seront ici chez eux.

 

 

 Taraxacum officinalis (agg) le pissenlit :

40 pissenlit

Tragopogon pratensis, salsifis des prés, en boutons :42 Tragopodon pratense en bouton

 

 

 

                                                                                                                     Jean GUHL

                                                                                                    

Note du rédacteur :

  «L’intérêt d’une station peuplée de nombreuses orchidées dépasse largement celui que l’on peut déduire de la seule présence de ces plantes : il est généralement l’indice de la biodiversité élevée de ce site» (p.8 dans « Les Orchidées de France, de Belgique, et du Luxembourg – sous l’égide le la S.F.O.)

 

                                                                        à suivre..............

Photos Nicole Jacques  Joanny et Christianne.

 

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Les jardins de l'Abbaye de Valloires

11 Mai 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

 

 

J’ai eu la chance de visiter fin avril un jardin extraordinaire en Picardie et je voudrais partager avec vous quelques  unes de mes découvertes.  

Ce jardin est celui de l’abbaye de Valloires, majestueuse abbaye cistercienne située au cœur de la vallée de l’Authie, dans la Somme.

« Créés par Gilles Clément, paysagiste de renommée internationale, les Jardins de Valloires recèlent plus de

5 000 espèces de plantes et d’arbustes essentiellement asiatiques.

Unique en France, cette collection est classée par critères décoratifs. Ce parti pris, résolument contemporain et pédagogique, associé à un remarquable niveau d’entretien, fait de ce lieu chargé d’histoire l’un des plus beaux jardins du pays ».

   

Nous visitons, accompagnés d’un guide botaniste jeune et passionné, le Jardin Régulier d’inspiration française.

Nous explorons le Jardin des Iles dit « à l’anglaise » et découvrons des sensations dans le Jardin des cinq sens.


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Nous admirons l’île d’or et le «bizzaretum» où nous retrouvons un vieil ami, l’arbre aux mouchoirs  

Davidia involucra. 

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La visite se termine dans l’ambiance paisible et rafraîchissante du Jardin des Marais.

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Une  roseraie mêlant variétés anciennes, sauvages et modernes  nous laisse imaginer ce que sera l’été, les rosiers n’ayant pas encore commencé leurs floraisons.

Exception en ce printemps précoce, nous avons la surprise de découvrir la célèbre et simplissime  rose de Picardie.

 

Elle est devenue au fil des ans l’emblème de cette région, le symbole de la paix retrouvée après la grande guerre, le symbole du renouveau. La chanson « Roses de Picardie » est née en 1916, de la rencontre d’un soldat britannique avec une habitante d’un village de la Somme : frappé par le contraste entre les combats terribles et la vision tranquille de cette femme prenant soin de ses rosiers, le soldat décide d’écrire un poème. Véritable hymne à la paix et à l’amour, le texte a ému toute une génération.


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  Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est de gravir l’échelle du temps dans le « Jardin de l’Evolution ».

Ce jardin installé sur un petit coteau, nous permet de parcourir le temps en gravissant des marches de schistes gris anthracite ; les différentes variétés de végétaux sont plantées selon leur ordre d’apparition sur notre planète. Evidemment ce parcours est très simplifié mais je trouve la démarche originale et intéressante.

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Au commencement étaient les fougères et les prêles, l’évolution n’ayant pas encore « inventé » les fleurs.

Equisetum hyemale, prêle d’hiver

08 preles

Puis apparurent les conifères et le célèbre et mythique Ginkgo biloba, l’arbre aux quarante écus, C'est la plus ancienne famille d'arbres connue, puisqu'elle serait apparue il y a plus de 270 millions d’années. Elle existait déjà une quarantaine de millions d'années avant l'apparition des dinosaures !

Voici sa feuille, « squattée » par une araignée du XXIème siècle.

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Nous découvrons ensuite différents magnolias et des renonculacées aux couleurs chatoyantes, nouvelle stratégie de Dame Nature pour assurer la reproduction  des espèces : fleurs colorées et parfumées.

Magnolia de Chine : Magnolia sinensis

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Anémones en fleurs et en fruits :

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Les paysagistes du jardin ont choisi de présenter ensuite les apiécées, évolution oblige,  et l’une de leurs plus impressionnantes représentantes, la berce du Caucase. Lors de notre visite, elle ne mesurait que 70 cm environ, on sait qu’elle va atteindre près de 4 mètres en juillet, imaginez ses ombelles (50 cm de diamètre) !!. Les jardiniers sont très attentifs à la « maîtriser » nous dit notre guide, car vous connaissez sa dangerosité (nous vous en reparlerons bientôt).

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 La visite à travers le temps se termine aux milieux des graminées, l’une des dernières inventions de Dame Nature.

l'évolution nous reserve-t-elle d'autres surprises???


Une autre plante mérite qu’on parle d’elle dans cette région, c’est le pastel des teinturiers, Isatis tinctoria, qui fit la richesse d’Amiens au moyen âge et que nous avons retrouvé dans ce jardin. En effet on extrayait de ses feuilles le bleu d’Amiens, qui colorait les draps et autres tissus de l’époque :


 « Au début du XIIIe siècle, période du règne de Philippe Auguste, Amiens vivait en pleine prospérité. La ville profitait de la proximité des  Flandres dont l'activité drapière était florissante. Mais c'était  le commerce de la guéde (ou waide en picard), ce fameux pastel des teinturiers, utilisé pour la teinture des draps et cultivé dans la région, qui assurait à la bourgeoisie amiénoise la base de sa fortune.

Amiens en avait le quasi-monopole et l'évêché d'Amiens participait à la prospérité générale. Les généreux donateurs ne manquaient pas et les ressources de l'évêché lui permettaient de financer le chantier gigantesque de la cathédrale. Les tailleurs de pierre ont su rendre hommage à cette brassicacée (quatre pétales) en ornant tous les porches de la cathédrale de semis de pastel »


05iSATIS TINCTORIA


 

Guirlande de pierre à l'image de l'Isatis


05 porches de la cathe

 J’espère vous avoir intéressé et rendez-vous pour un prochain article concernant la Picardie.


Si vous passez dans les environs :

                   Abbaye de Valloires 80120 ARGOULES

                  Téléphone : 03 22 29 62 33

                  E-mail : contact@abbaye-valloires.com

 

 

                                                     Christianne

Photos de Nicole, Marie Paule, Yvette et Christianne.

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Souvenez-vous, l'arbre aux mouchoirs

15 Avril 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

L'an dernier déjà Joanny vous invitait à découvir cet arbre.

Il est en fleurs maintenant.


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Si vous êtes de passage à Annecy cette semaine, ne manquez pas, de vous rendre vers l’entrée principale du palais de justice. En effet, à l’angle de la rue Sommeiller et de la rue Guillaume Fichet, vous pourrez encore admirer “l’arbre aux mouchoirs“, en fin de floraison.                                                          

Cet arbre nommé “ Davidia involucra“ de la famille des Nyssacées, doit son nom à un missionnaire naturaliste, Français Jean Pierre Armand David (1826 -1900).                        

Introduit en Europe vers 1897, le “ Gong tong“ ainsi nommé par les Chinois, vit environ cent ans il fleurit au bout d’une dizaine d’années et porte  de très longues et larges bractées blanches.

Ces spectaculaires involucres, sont à l’origine d’autres surnoms pittoresques, arbre aux pochettes, aux colombes, aux fantômes et pour les Anglophones “Dove tree, Handkerchief tree ou Ghost tree.                                                                                                                                        

Cet arbre est endémique au sud-ouest de la Chine, dans les forêts de feuillus entre 1500 et 2000  metres d’altitude. Il est maintenant protégé car il est en voie de disparition.

 

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Les deux "mouchoirs" blancs ne sont pas les pétales de la fleurs, ce sont des bractées, c'est la petite boule centrale qui est la fleur, curieux, non?

 

Il faut s'arrêter pour le découvrir, ne le manquez pas

A bientôt

Christianne


 


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La rose de Noël

12 Janvier 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

La Rose de Noël (Helleborus Niger)


L’Ellébore noir (ou Hellébore), appelé Rose de Noël (Snow-Rose), croît à l´état sauvage, dans les lieux rudes et montagneux d´une partie de l´Europe, dans les Alpes, les Pyrénées les monts d´Auvergne ; on le cultive aussi dans les jardins sous le nom de rose de Noël à cause de la forme de sa fleur et de l´époque de l´année où il fleurit. Les hellébores vivent de nombreuses années en sol calcaire et riche, et supportent même le sec; c'est à mi-ombre et à l'ombre qu'ils deviennent les plus beaux. (et oui, Ellébore est du genre masculin !)

rose de NOEL III


L'appellation latine de la rose de Noël est helleborus niger.


 


Helleborus se traduit par Hellébore qui n'est autre que le nom usuel français de l'espèce.


Quant à "niger", signifiant noir, il désigne certainement la couleur des feuilles, en l'occurrence vert sombre. Il s'agit d'ailleurs de feuilles persistantes et épaisses, découpées en lobes oblongs. Ce type de feuille est dit « pédalée ». Portées par des tiges souples d'une vingtaine de cm de long, les roses de Noël forment une touffe de près de 50 cm de large.


Les racines anciennes sont souvent de couleur noire.


 

feuille d'hellébore

 

Mais l'hellébore n'a rien de commun avec les roses !

 


 

Cette petite plante sans tige appartient comme l’ancolie, le pied d’alouette ou le bouton d’or à la famille toxique des Renonculacées. La "rose de Noël" n’en est donc pas une puisque le vrai rosier appartient lui à la famille du cerisier et de l’amandier, les Rosacées. C’est sa grande fleur blanche à rose foncé, aux nombreuses étamines jaunes qui lui ont valu ce surnom de rose.

 

rose de Noel IV

 

 


On l'appelle également, herbe aux fous, pied de griffon, pied de lion, patte d’ours, rose de serpent ou pain de couleuvre.


C'est une espèce cultivée et rarement subspontanée en France. Les feuilles coriaces sont toutes à la base. Les folioles ont un bord entier ou denté dans leur moitié supérieure. La floraison est hivernale. Les grandes fleurs blanches ou rosées sont solitaires ou par deux, elle porte des feuilles à plusieurs folioles qui s’articulent les uns sur les autres. Le fruit qui succède à la fleur est aussi élégant que celle-ci. Il consiste en une rosace d’éléments allongés terminés chacun par une pointe et que l’on appelle des follicules.

 

fruit

 


Toxicité

 
Sous sa douce blancheur, la Rose de Noël renferme deux substances toxiques, dans les racines, l'helléborine et l'helléboréine. Par ingestion, ces poisons provoquent vomissements et vertiges. Ils peuvent également paralyser le système nerveux et provoquer des arrêts cardiaques en agissant directement sur le cœur. Prudence, donc, ne pas se laisser tenter par sa beauté... 

L´ellébore noir se rapproche beaucoup de l´Ellébore oriental des Anciens dont l´action était si renommée dans les troubles mentaux.


S'il y a plusieurs espèces d'hellébores, il existe également différentes variétés de roses de Noël. "Praecox", la plus hâtive, a des fleurs teintées de rose. "Potter's Wehll" a des grandes fleurs blanc pur. "Withe Magic" est une variété très florifère à fleurs blanches lavées de rose, devenant plus roses encore en vieillissant. "Macranthus", plus haute que les autres, a de grandes fleurs délicatement balayées de rose.

 

rose de noel I


Dans notre région, nous pouvons rencontrer à l’état sauvage, un de ses cousins l’hellébore fétide - Hellorus foetidus. Cette curieuse vivace, très fréquente dans les broussailles et en bordure des chemins creux, fera l’objet d’un prochain article.

 

 

La légende de l'hellébore...


La légende raconte que la petite Madelon, jeune bergère gardant ses moutons dans un champ enneigé, vit passer une riche caravane.

Les rois mages avec leurs somptueux cadeaux suivis par une foule chargée de présents se rendaient dans une étable pour célébrer la naissance de Jésus


Madelon démunie se mit à pleurer, car elle n’avait rien à offrir à ce déjà célèbre nouveau-né. C’est alors qu’un ange compatissant apparut et déposa sur la neige, à ses pieds, une fleur délicate et émouvante : La Rose de Noël.

à suivre....                                                             

                                                                             Joanny Cuillerat

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