Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Articles avec #flore tag

l'hellébore fétide

16 Mars 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Cet article de Joanny a été publié en 2011 mais relisons-le car les hellébores fétides sont en pleine forme au début du printemps et puis elles en annoncent d'autre (hellébores) dont nous vous parlerons bientôt....

Vous ne l'avez peut-être pas remarqué, pourtant il pousse dès la fin de l'hiver, c'est l'hellébore fétide.

Pied d'hellebore

 

          Très largement répandu dans notre région, l’hellébore fétide, Helleborus foetidus, est une plante glabre, vivace, qui pousse naturellement dans les bois, les broussailles ou les endroits rocailleux, en sol calcaire. Il dégage, surtout à la cassure, une odeur désagréable, d'où son nom. Ses tiges herbacées robustes de 30 à 45 cm de haut, atteignent 80 cm à 1 m lors de la floraison.

Vivace, il a toutefois la vie courte (3 ou 4 ans). Les jeunes plantes ne fleurissent qu’après 2 ou 3 ans. La plante meurt après la deuxième floraison.

 

La floraison

 

Elle a lieu en fin d'hiver sous forme d'une grappe importante de fleurs très penchées, accompagnées par de grandes bractées  en forme de feuille simple, de la même couleur jaune-verdâtre que les fleurs.

 

 

Les fleurs elles, sont en forme de cloche penchée (pour se protéger des intempéries). Elles sont composées de cinq sépales pétaloïdes  persistants, souvent bordés de rouge, et de plusieurs pétales transformés   en cornet, secrétant du nectar  (curieux petits godets au nombre de cinq à dix).        

 

Helloborus foetidus pétale et sépale

        

La marque rouge sur le bord des sépales apparaît après fécondation.

 

Hellebore fétide

 

 

Comme chez toutes les Renonculacées, les étamines sont nombreuses et insérées en spirale.  La fleur est visitée par des insectes diptères, ainsi  que par des abeilles et des bourdons. C’est une plante mellifère.   

 

hellebore fétide la fleur

 

 

Le gyynécée est formé de trois à huit carpelles indépendants qui se transformeront en autant de fruits appelés follicules. Les graines, qui possèdent un éléosome, sont semées par les fourmis (myrmécochorie).

 Ainsi on retrouve souvent les rejetons  à plusieurs mètres des plantes mères.

 

 

hellebore fétide le fruit

 

La myrmécochorie est le fait pour une plante de favoriser le transport de ses graines par le biais des fourmis.

 

 

 

Anciennes croyances, anciennes pratiques :

 

·       En bouquet séché disposé dans les bergeries , il éloignerait les serpents et les crapauds, accusés de téter les chèvres.

·       Il repousserait les rats.

·       Il a été utilisé pour chasser les gaz intestinaux des bêtes gonflées par l’absorption d’herbes tendres au début du printemps.

 

Mais......

 

attention danger

 

 

Attention : Toutes les espèces d’hellébores sont toxiques, il faut systématiquement se laver les mains après leur manipulation.

 

 

Nous traiterons le sujet des éléosomes dans un prochain article.

 

 

Ne pas confondre avec le vérâtre commun appelé autrefois Hellébore blanc, ce sera l’objet d’un prochain article également.

 

 

                                                                                                                                                                Joanny   Cuillerat

 

 

 

 

Lire la suite

Melampyrum arvense L. ........

8 Mars 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Melampyrum arvense L. Blé de vache, Rougeotte, Mélampyre des champs 

C’est un très joli mélampyre, aux couleurs chatoyantes, un vrai festival !

Melampyrum arvense L. ........

Les mélampyres sont un genre de plantes qui comprend une trentaine d'espèces en France.

Ce sont des plantes herbacées annuelles hémiparasites : elles se procurent des substances nutritives à partir de plantes hôtes et de filament mycéliens, bien qu'elles soient capables de survivre par elles-mêmes grâce à leur propre photosynthèse puisqu'elles ont des feuilles vertes.

                    

Autrefois scrophulariacées, elles sont devenues orobanchacées depuis la mise à jour APG III.

       

Voir aussi notre article : LES OROBANCHES,  PLANTES PARASITES

Melampyrum arvense L. ........

Le nom mélampyre viendrait du grec melas qui désigne la couleur noire et de pyros qui désigne le blé faisant référence aux graines du fruit.

Mélampyre des champs :

  • Hauteur : 15–40 cm. Tige généralement ramifiée.
  • Habitat : lisières bien exposées, friches, moissons, sur sols calcaires.
  • Période de floraison : mai–août.
Melampyrum arvense L. ........

- Feuilles sessiles, lancéolées-linéaires, rudes, les supérieures incisées-laciniées à la base.

Melampyrum arvense L. ........

- Les fleurs, regroupées en inflorescence cylindrique, sont purpurines à gorge jaune. Elles présentent une corolle rouge soudée, bilabiée, à long tube courbé. Les 4 étamines sont soudées à la corolle.

Melampyrum arvense L. ........

- Bractées souvent d'un beau rouge et marquées de points noirs sur 2 rangs en dessous, ovales-lancéolées, dressées, à bords longuement et finement découpés

Melampyrum arvense L. ........

- Fruit : capsule contenant deux graines toxiques et noires.

Considérés autrefois comme une mauvaise herbe qui posait des problèmes si ses graines se mélangeaient au blé.

Mélampyre des champs
Mélampyre des champs

Mélampyre des champs

Plante très rare en Savoie, où elle est en danger critique d'extinction.

 

En forte régression dans toute la France, cette espèce mériterait amplement un statut de protection.

               

                                                                                                      Christianne

 

 

Photos Nicole, Jacques et Christianne

Melampyrum arvense L. ........
Melampyrum arvense L. ........
Lire la suite

Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné

24 Janvier 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Ce petit arbrisseau rampant et à peine ligneux se rencontre au sud d’une ligne Lyon-Pau, c’est une espèce méditerranéenne. Il appartient à la famille des fabacées.

Nous l’avons découvert en Savoie. Il pousse dans les pelouses arides et les rocailles sur sols calcaires, à l’étage collinéen. L’ensemble de la plante est couvert d’une pilosité argentée. Les feuilles sont composées de trois folioles, chacune étant fortement pliée en son centre.

Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné
Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné

Les fleurs jaunes sont solitaires ou par deux à quatre au sommet des rameaux. Elles prennent souvent une belle teinte orangée avant de faner. L'étendard est bien plus grand que les autres pétales. Le calice est divisé en deux lèvres.

 

Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné
Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné

Hauteur : 10 à 30 cm.

Fleur : 9 à 12 mm.

Floraison : mai à juillet.

Altitude : 0 à 600 m

Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné

A ne pas confondre avec un lotier ou une variété de cytise.

Protégé en Poitou-Charentes

On ne le trouve pas dans nos flores alpines, mais heureusement internet est là !

Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné
Argyrolobium zanonii, Argyrolobe de Linné

Les Fabacées, anciennes légumineuses :

  • Feuilles opposées ou alternes, souvent composées, munies de stipules ou/et de vrilles.
  • Calice à  cinq divisions, souvent à deux lèvres.
  • Corolle irrégulière, composée de cinq pétales inégaux :

1 pétale supérieur, grand, redressé l’horizontal, l’étendard.

2 pétales latéraux, servant de pistes d’atterrissage pour les insectes, les ailes.

2 pétales inférieurs, soudés par le bas, protégeant les parties fertiles de la fleur, la carène.

  • 10 étamines soudées par les filets, ou 1 libre et 9 soudées.
  • 1 ovaire supère à un carpelle.
  • Fruit c’est une gousse, contenant plusieurs graines et pouvant s’ouvrir suivant une ou plusieurs lignes.
Schéma d'une fabacée

Schéma d'une fabacée

Schéma d'une fabacée

Schéma d'une fabacée

 

Ouvrage  à consulter

Stratégies végétales. Garrone B., Schatz B., Martin P. Editions Ecologistes de l'Euzière

Et ce site aussi

Les fabacées ont toutes en commun de vivre en relation symbiotique avec des bactéries installées dans leurs racines (de la famille des Rhizobium).

Ces bactéries ont la capacité de capturer l'azote atmosphérique et de le transformer en substances azotées directement utilisables pour la plante. Cette association permet aux fabacées de se développer sur des sols pauvres en azote. L’utilisation des fabacées comme engrais vert permet d’enrichir les sols en azote.

Pour en savoir plus, consultez ce site :

                                                                                           Christianne

Photos Nicole, Christianne, André et Jacques

Lire la suite

Le houx,

5 Janvier 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Ilex aquifolium

 

Pour les fêtes de fin d’années, trois plantes embellissent régulièrement les maisons, en bouquets, en guirlandes ou en couronnes tressées : le sapin, le gui et le houx. Sur ce blog, vous trouverez des articles sur les deux premiers, voici quelques mots sur le houx.

Le houx (Ilex aquifolium) est un arbuste, parfois un petit arbre, à feuillage persistant de la famille des Aquifoliacées, couramment cultivé pour son aspect ornemental, notamment grâce à ses fruits rouge vif. C'est l'une des très nombreuses espèces du genre Ilex et la seule qui pousse spontanément en Europe, jusqu'à 1500 m d'altitude.

Le houx,

Leurs feuillages persistants ont fait du gui et du houx, depuis des siècles des symboles d’immortalité et d’espérance.

Le houx commun a de belles feuilles alternes, coriaces, persistantes, vert foncé brillant, munies d’épines acérées. A noter, plus le houx est âgé, moins ses feuilles sont piquantes, plus les branches sont hautes, moins les feuilles ont d'épines.

Les fleurs sont blanches, à 4 pétales.

Le houx,
Le houx,

Seuls les houx femelles possèdent de beaux fruits d’un rouge éclatant. Le houx est …. dioïque (mais pas toujours) ! les fruits sont des drupes, persistantes le plus souvent, à quatre noyaux.

Le houx,
Le houx,

Protégé en France, si un arrêté préfectoral existe. Contactez votre préfecture pour savoir si un tel arrêté existe

Le houx,

J’ai trouvé sur Internet un florilège de légendes, choisissez celle qui vous plait le mieux :

 

Selon la légende, pour échapper à Hérode qui en voulait à la vie de Jésus, la Sainte Famille fut obligé de fuir en Égypte. Plusieurs miracles lui ont permis de progresser sans danger.

On raconte que l'un de ces miracles eut lieu grâce à des branches de houx. En effet, alors que les soldats d'Hérode étaient sur le point de les trouver, le houx étendit ses branches afin de les cacher.

Marie, très reconnaissante, l'aurait béni en annonçant que le houx resterait vert, symbole d'immortalité

Le houx,
Le houx,

Les Romains célébraient les Saturnales à la fin du calendrier romain c'est à dire au mois de décembre.
En l'honneur de Saturne, dieu des semailles et de la culture de la vigne, ces festivités coïncidaient avec la fin des activités agricoles et le solstice d'hiver. Il était alors de coutume d'envoyer à ses amis des présents garnis de houx.
Voilà d'où nous viendrait, estiment les historiens, la coutume du houx au temps des fêtes, en signe de bienveillance

Le houx,

Les druides, prêtres celtes et gaulois, considéraient le houx comme un symbole sacré. Ils croyaient que le soleil ne quittait jamais les plants de houx. En décorant les habitations de branches de houx, les esprits de la forêt pouvaient y trouver refuge pendant les rigueurs de l'hiver

Le houx,

Mais connaissez-vous le « petit houx » ???

Il s’agit du fragon, Ruscus aculeatus L. C’est une espèce d'arbustes dioïques de la famille des Asparagacées  poussant dans l'aire méditerranéenne-atlantique. Mais on en trouve tout de même en Savoie ou en Haute Savoie, dans les lieux chauds et secs. En fait sa  seule ressemblance avec le Houx est sa « feuille » piquante terminée par une épine.

Le houx,
Le houx,

Cette « feuille » est en réalité un rameau aplati ou cladode, puisqu'il porte, à maturité, des fleurs puis des fruits.

Le houx,
Le houx,
Le houx,

Pour en savoir plus, consultez ces sites.....

                                                                                          Christianne

Lire la suite

L'herbe au bitume...................!

30 Décembre 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Bituminaria bituminosa (L.) ancien nom : Psoralea bituminosa L.

Trèfle bitumineux, Herbe au bitume, Psoralée à odeur de bitume.

Famille des  Fabacées.

Tout à fait extraordinaire, cette plante, elle sent la traverse de chemin de fer ou les chantiers de travaux publics !

Sa présence est insolite sous nos latitudes, elle est plutôt « du sud ».

L'herbe au bitume...................!

Cette plante des pelouses sèches méridionales tient son nom de la très forte odeur de bitume dégagée par ses glandes odorantes. Ses fleurs sont violacées, ses feuilles trifoliées, la plante étant dressée et grêle.

L'herbe au bitume...................!

-  Plante vivace de 50 cm à 1 mètre, herbacée, pubescente-glanduleuse, dressée, à forte odeur de bitume.

- Feuilles trifoliolées, à folioles elliptiques ou lancéolées, entières, ponctuées-glanduleuses

L'herbe au bitume...................!

-  Stipules libres, linéaires acuminées

- Fleurs bleuâtres, 10-15 en têtes subglobuleuses, involucrées, serrées, sur des pédoncules axillaires 2-4 fois plus longs que la feuille

-  Calice velu, en cloche, à 5 dents inégales, lancéolées-linéaires, égalant le tube

-  Etendard oblong, dépassant les ailes et la carène obtuse

-  Etamines diadelphes (soudées en deux faisceaux)

L'herbe au bitume...................!

  Stigmate en tête
 

- Gousse incluse, ovale-comprimée, velue, indéhiscente, à une seule graine.

 

Protégé dans le Limousin

L'herbe au bitume...................!

Écologie : Lieux secs et arides de tout le Midi et le Sud-Ouest ; remonte jusque dans les Hautes-Alpes, l'Isère, la Lozère, l'Aveyron, le Lot, la Corrèze ; Corse.

 

Répartition : Europe méridionale, Asie occidentale, Afrique septentrionale.

 

Floraison ; Mai-octobre.

 

Altitudes : 0 à 1200 mètres

L'herbe au bitume...................!

Nous l’avons rencontré en Juin, en Savoie, sur des Crêtes ensoleillées qui surplombent le Rhône.

L'herbe au bitume...................!

                                                                                                                       Christianne

 

 

 

 

Photos Nicole et Christianne

Lire la suite

Aster amellus L. aster amelle

25 Décembre 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Famille des astéracées, petit rappel :

On peut diviser les capitules des Astéracées en trois groupes :

 

  • les liguliflores (chicorée, pissenlit, laitue etc.), composées uniquement de fleurs ligulées. Une ligule est une corolle en forme de languette dans laquelle les équivalents des pétales sont soudés, généralement par cinq, parfois par trois. Ils sont reconnaissables seulement aux dents de la languette.

 

  • les tubuliflores (chardon, cirse, centaurée etc.) dont le capitule n'est composé que de fleurs tubulées (ou fleurs tubulaires). Ces fleurs sont des tubes terminés par des lèvres imperceptibles ou s'ouvrant plus ou moins largement en cinq lobes.

 

  • les radiées, aux fleurs périphériques ligulées entourant un disque de fleurs tubulées ou fleurons (marguerite, aster, séneçon etc.).

 

 

L’inflorescence d’une astéracée est composée de capitules (ensemble des fleurs) et d’involucres (ensemble des bractées) situées sous le ces capitules.

Aster amellus L. aster amelle

Le 15 septembre 2014, les botanistes partent pour la dernière découverte importante de l’année !! C’est une plante souvent évoquée par Denis JORDAN, qui la reconnaît à ses feuilles, au printemps. Elle fait l’objet d’une protection nationale, elle fleurit à l’automne, c’est Aster amellus. Au pied du Mont de la Charvaz, nous longeons les vignes, le voici, festival mauve à cœur jaune, il est abondamment photographié par le groupe

Aster amellus L. aster amelle

Voyez, voyez les petites bractées réfléchies sous les capitules, elles sont caractéristiques !

Aster amellus L. aster amelle

Et, comme souvent, un peu plus loin au détour du chemin, une multitude de pieds nous attend, tout au long du talus. Nous sommes exhaussés !
Nicole.

Aster amellus L. aster amelle
  • Plante vivace de 20-60 cm à tige dressée, simple ou rameuse au sommet.

 

  • Feuilles étroitement elliptiques, les inférieures ovales-oblongues, atténuées en pétiole, les suivantes sessiles, oblongues-lancéolées, aiguës. 
Aster amellus L. aster amelle
  • Involucre (ensemble des bractées) à folioles velues, oblongues, les extérieures très obtuses à sommet recourbé en dehors.
Aster amellus L. aster amelle
  • Capitules de 3 cm environ de diamètre, au nombre de 2 à 6, en corymbe court et lâche.

 

  • Ligules bleues, fleurs du centre tubuleuses jaunes.
Aster amellus L. aster amelle
Aster amellus L. aster amelle
  • Soies de l'aigrette roussâtres, à peine une fois plus longues que l'akène.

 

Au fait, Aster amellus appartient à la famille des asteracées… radiées.

 

Il bénéficie d’une protection sur le plan national.

Ne le cueillez pas !!

Aster amellus L. aster amelle

Écologie          : Bords des bois, près secs, pelouses des côteaux calcaires ou basaltiques.

Répartition    : presque toute la France, sauf l'Ouest et le Nord.

Floraison        : Août-septembre.

                                          

                                                                            Christianne

 

Photos Nicole et André.

 

N.B. : pour ceux qui connaissent ce jeu, et oui, c'est la fiche Qui-suis-je n°19

Aster amellus L. aster amelle
Lire la suite

Lamium amplexicaule....

16 Décembre 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Lamier à feuilles embrassantes

Nous connaissions Lamium purpureum, Lamium maculatum, Lamium album (qui n’existe pas en Savoie et en Haute Savoie), Lamium galeobdolon subsp. montanum ,  

voici Lamium amplexicaule*. Ils appartiennent tous à la famille des lamiacées.

 

*Amplexicaule : feuille ou bractée dont la base élargie embrasse plus ou moins la tige.

Lamium amplexicaule....

C’est quoi, une lamiacée ?

C’est une plante souvent velue et odorante, avec une tige carrée à feuilles opposées et décussées* (…). Ses fleurs se composent d’un calice à cinq dents (quelquefois moins) et d’une corole d’une seule pièce terminée en tube qui s’ouvre par deux lèvres : la supérieure, en forme de casque, abrite les étamines, l’inférieure, en forme de tablier, est le terrain d’atterrissage idéal pour les insectes pollinisateurs. Les lèvres sont à l'origine de l’ancien nom de cette famille, les labiées. »

A la découverte des fleurs des Alpes, édité par le parc des Ecrins, édition LIBRIS

* Décussé : qualifie les feuilles disposées par paires, les paires étant à 90° entre elles

Lamium amplexicaule....

Ce lamier est extrêmement discret car de petite taille. Il fleurit tout au long de l’année. Les fleurs sont petites, de couleur rose, la lèvre supérieure est ovale et entière. Cette plante se rencontre dans les terrains vagues, sur le bord des chemins, dans les vieux murs.

Plante annuelle de 5-25 cm, finement pubescente, à tiges longuement nues en dessous des fleurs

- feuilles inférieures ovales-arrondies, crénelées, pétiolées, les supérieures orbiculaires en rein, sessiles, embrassantes par leur base élargies.

Lamium amplexicaule....

- calice très velu, à dents conniventes après la floraison, un peu plus courtes que son tube

- fleurs purpurines, assez petites, en 2-3 verticilles écartés à l’aisselle des feuilles supérieures.

- corolle d'environ 15 mm, à tube grêle, droit, 3 fois plus long que le calice, à lèvre supérieure entière

- carpelles lisses.

Lamium amplexicaule....
Lamium amplexicaule....

Écologie : Lieux cultivés et incultes, sols limoneux-argileux calcaires, coteaux de basses altitudes ensoleillés (fumario-euphorbion), régulièrement sarclés et amandés. Espèce caractéristique du milieu.

 

Répartition : dans toute la France et la Corse. Europe, Asie, jusqu'au Japon, Afrique septentrionale.

Lamium amplexicaule....

Floraison : Mars-octobre.

Nous l’avons rencontré à Serrières en Chautagne, le 7 avril et sur un mur de jardin, derrière le grillage, dans le village de Branson, lors de notre escapade du 15 avril en Valais.

 

                                                                                    Christianne

Photos Sylvie, Christianne, Joanny et Jacques

Lamium amplexicaule....

Ce site connait notre lamier...

Lire la suite

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille

5 Novembre 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Nous l’avons découverte (saxifrage est féminin) par une belle journée de printemps, le premier mai, sur les crêtes ensoleillées de la Chambotte, dans une prairie pâturée. Nous avions rencontré auparavant un petit troupeau de jolies génisses (hélas sans leurs cornes), curieuses et en mal de compagnie.  Elles nous ont suivies longtemps, intriguées par nos déambulations !

 

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille

Bien que dénommé abusivement «massif», la Chambotte (environ 1000m) appartient géologiquement au massif du Jura et se compose de calcaires.

Sa partie méridionale borde le lac du Bourget sur sa rive orientale tandis que son extrémité septentrionale marque le trait de scie des gorges du Val de Fier séparant la montagne des Princes de celle du Gros Foug.

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille, est une plante bisannuelle, de 20 à 50 cm de haut. Les feuilles sont soit basales, soit caulinaires. La tige est dressée, simple. Les racines produisent de nombreuses bulbilles non squameuses. 

 

-Tige dressée, délicatement velue et très peu feuillée, couverte de poils glanduleux et visqueux, mais sans bulbilles.

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille

-Feuilles radicales en rosette, arrondies en forme de rein et incisées. Elles sont palmées, poilues, charnues et munies de bulbilles hypogées, leurs incisions n’atteignent pas le milieu du limbe, de 3-8 lobes, 

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille
Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille

-Inflorescence en cymes lâches à fleurs peu nombreuses.

-Fleurs blanches, en cloche épanouie (12-15 mm de long), portées par un pédicelle assez long.

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille
Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille

-calice poilu-glanduleux. Il forme un tube court et renflé, soudé à l'ovaire et terminé par 5 lobes allongés. .

-5 pétales obovales en coin, 3 fois plus longs que les sépales, 5 sépales ovales et 10 étamines.

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille
Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille

-Floraison Avril-juin

Écologie : Près, lande,  lisière, mégaphorbiaie  (Calluno-Genistion), milieu acide à neutre, mésophile à sec, altitude 200 m à 1000 m.

Répartition : Présente dans presque toute la France, sauf Haute Savoie et Finistère où sa présence est à confirmer. En Europe, Asie occidentale jusqu'à l'Himalaya et l’Algérie.

Ne pas la confondre avec Saxifraga bulbifera, saxifrage bulbifère, présente dans les Alpes de Haute Provence, en Corse et en Valais. Elle est relativement rare et préfère les milieux secs à arides et nous l’avons rencontrée  lors de notre randonnée à Martigny, en avril.

Elle porte ses bulbilles sur sa tige.

Voir article « En avril à Martigny », mai 2014

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille

                                       Christianne

 

Photos Nicole, Jacques et Christianne

Sources : Telabotanica, Flora Helvetica et guide des milieux naturels de Suisse.

 

Saxifraga granulata, saxifrage à bulbille
Lire la suite

Nos découvertes 2014, aujourd'hui la drave de printemps.....

3 Octobre 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

L’automne est là et nos balades du lundi vont sans doute s’arrêter bientôt. L’année 2014  (et Sylvie surtout !) nous a permis de découvrir, ou de redécouvrir, de nombreux taxons. Je me propose de vous faire partager notre enthousiasme par de petits articles et quelques photos.

 

Au printemps, l’impatience nous gagne, un petit tour dans Gruffy et voilà Erophylla verna ou Draba verna, la drave de printemps.

Modeste et très fréquente, elle annonce le renouveau, on la trouve le long des chemins ou près des vieux murs dès le mois de mars.

Nos découvertes 2014, aujourd'hui la drave de printemps.....

Plante annuelle, plus ou moins poilue, de 3-15 cm.

- Feuilles toutes en rosette radicale, lancéolées-spatulées ou linéaires, non rigides

- Fleurs blanches, petites

- Grappe, fructifère courte et lâche, à pédicelles étalés-dressés

- Silicules arrondies, ovales ou oblongues, glabres

Lieux secs et sablonneux, dans toute la France et l’Europe.

 

 

Nos découvertes 2014, aujourd'hui la drave de printemps.....

 

 

Deux sous-espèces que l’on détermine en examinant les poils situés sur les feuilles à la loupe :

 

à Poils simples 

Nos découvertes 2014, aujourd'hui la drave de printemps.....

à Poils bifurqués ou étoilés

Nos découvertes 2014, aujourd'hui la drave de printemps.....

à suivre...

Christianne et Joanny

Lire la suite

"Pas de fleur, pas de pollen ou Pas de pollen, pas fleur !!"

25 Septembre 2014 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Relisons un article très interéssant de Jean...

POLLINISATION ET ABEILLES

 

« Pas de fleur, pas de pollen, Pas de pollen, pas de fleur !»

ou 

Homo sapiens sapiens serait-il aussi bon pollinisateur qu’Apis mellifera ?

 

C’est une évidence, les plantes enracinées dans le sol ne peuvent se déplacer ! Dans le monde animal, les gamètes mâles passent du mâle à la femelle en un bref voyage et dans un milieu humide, ce qui facilite bien, et la migration, et la survie du dit gamète !

Mais le pollen ?

 

Pas étonnant que nombre de plantes aient une reproduction sexuelle et une reproduction végétative à leur disposition. L’auto fécondation reste possible pour certaines plantes hermaphrodites, avec étamines et pistil.

Mais rien ne vaut, pour une progéniture saine, une fécondation croisée. Mais alors, il est nécessaire d’avoir un intermédiaire « colporteur » du pollen – tels les entremetteuses de mariage aux temps passés-, terme auquel je préfère le mot anglais, car plus  suggestif, de « go-between » pollinisateur.

 

Bourdon sur Althéa 004 redimensionner

 

De nombreuses plantes, en particulier celles dont les inflorescences mâles sont en chatons -voir les noisetiers en ce moment- , les conifères, les orties, ou les graminées se contentent de la dispersion des grains de  pollen au gré du vent frivolant ; les grains de pollen des conifères se voient adjoindre deux sacs aériens qui allègent leur poids ; les graminées ont des anthères montées sur des filets qui s’agitent au moindre vent  alors que leurs stigmates sont plumeux pour mieux piéger le pollen.

 

D’autres espèces, moins nombreuses, comptent sur les oiseaux (les colibris par exemple) ou sur de petits mammifères par exemple les chauve-souris comme Megaptera, du type végétarien.

 

Au passage, une curiosité : la plante la plus populaire, au sens littéral du "peuple’’, en Angleterre, au début du 20ième siècle, l’Aspidistra (voir le roman de George Orwell, qui remplace l’Union Jack par l’Aspidistra ) est la seule fleur répertoriée comme étant pollinisée par un ………….. escargot !!!                                                                                            Quand on connaît le dégoût de ce peuple pour toute forme culinaire de ce gastéropode.......

 

 

La grande cohorte des pollinisateurs reste celle des insectes.

Parmi les insectes distinguons :

 

Les insectes sociaux :

Tout d’abord ceux de l’ordre des Hyménoptères, dont les pièces buccales sont de type broyeur-lécheur, adaptées pour aspirer le nectar des fleurs. Notons en particulier les Apoïdes, abeilles et bourdons  parmi lesquels Apis mellifera, l’abeille domestique,  en tête, mais il y a bien d’autres.

 

Abeille

04 abeille

04-Pyrenees-2010-0134-Rando-lac-de-Gaube_redimen-copie-1.JPG

 Bourdon

02 Bourdon 004 redimensionner

Bourdon-0011_redimensionner.JPG

 

Les fourmis, insectes sociaux, fécondent les fleurs souvent fortuitement lors de la quête du nectar ou du pollen dont elles se nourrissent – mais contrairement aux abeilles domestiques elles n'en nourrissent pas leur colonie, sans parler de faire du miel ! 

 

Les insectes solitaires :

On y retrouve bon nombre d’abeilles, des bourdons, des guêpes, les lépidoptères, (rhopalocères, papillons de jour et hétérocères, papillons de nuit). Ceux-ci, grâce à leur « proboscis »  -longue ‘langue’- vont butiner les fleurs, y compris les fleurs de forme tubulaire

 

Abeille charpentière

05 Abeille charpentière 002 redimensionner

 

Les guêpes potières (Eumenidae) construisent des nids  pour leurs larves carnivores, mais vivent sur les fleurs.

les guêpes-coucous (Chrysididae) adorent la chaleur et se nourrissent de pollen. (leurs mœurs rappellent celles du coucou –d’où leur nom vernaculaire- et tant pis pour les nids de guêpes qu’elles ‘’squattent’).’

 

Les abeilles sauvages, déclarées « reines de la pollinisation » par Pollinis, nichent dans des trous et butinent près de 70% des plantes à fleurs. Elles ne vivent pas en colonies, telles les abeilles solitaires de la famille des Megachilidae, les abeilles maçonnes  (ou osmies).

Ces dernières, au nombre de 500 à 600 sur un hectare de verger fruitier, seraient capables de faire la même tâche que deux ruches d’abeilles domestiques (soit 40000 à 50000 sujets). Souvent on assiste à une sorte de cooptation entre un type de fleur et une espèce d’insecte. Si l’insecte disparaît, la fleur disparaît aussi. Ils butinent les fleurs pour nourrir leurs larves et au passage agissent comme agents pollinisateurs (‘’à l’insu de leur plein gré’’ !)  C’est une situation très fréquente parmi les  bourdons, et pensez aux diverses « ophrys » ! Vous savez les ruses pour attirer les insectes en imitant leurs femelles selon leur genre.

 

 

Les mouches, dont certaines se sont adaptées à la visite de fleurs : chez diverses espèces le proboscis, court d’abord, s’est allongé pour visiter les fleurs plus évoluées. De même, en contrepartie, des fleurs ont développé des odeurs de charogne pour attirer certaines espèces de mouches.

Phaonia-viarum-001_redimensionner.JPG

 

La mouche du trolle d'Europe

06 trollius europaeus 01 et chiastochieta

 

Les coléoptères, réputés les plus anciens visiteurs des fleurs : leurs fossiles sont plus anciens que les premiers fossiles de fleurs, lesquels datent d’environ 100 millions d’années. Cryptocephalus sericeus (Chysomelidae) visite de mai à juillet les fleurs jaunes des astéracées, épervière et pissenlit notamment.

   

07 P1070037 [1600x1200]

 

 

Les lépidoptères, les papillons, en particulier la famille des Sphingidae, participent à cette pollinisation ; la famille des Sphingidae est très  ‘’spécialisée’’ dans les fleurs puisque leurs noms tant en latin qu’en français renvoient à un type de fleur spécifique : Agrius convolvuli, Sphinx ligustri, Hyloicus pinastri, Hyles euphorbiae ; leurs trompes sont très longues et leur permettent d’aspirer le nectar en volant sur place : cela les rend moins aptes à transmettre le pollen, même si quelques grains peuvent rester coller à la trompe ?

 

Moro sphinx

IMGP0227--1024x768-.JPG

 

 

08-IMGP0229--1024x768--copie-1.JPG

 

                                                            Jean

A suivre……………………

 

Bibliographie :

 

- La vie sexuelle cachée des fleurs  - palynologie (Ed  Télémaque 2011)

 

- articles du Monde papier  février – mars 2013

 

- George Orwell : Keep the Aspidistra Flying ! Ed Penguin.

 

- La Grande Encyclopédie des Insectes, Gründ 1991 ( il y a peut-être eu des « révolutions » chez les entomologistes, comme chez les botanistes, alors excuses si la dénomination a changé !!)

 

- L’Ecole des Champs ...en Albanais, édition Edilac, 2010

 

- suggéré , mais non lu: Revue Abeilles et Cie  2005 un article  « Abeilles, Pollinisation et biodiversité » par Bernard Vaissière, Nicolas Morison, Gabriel Carré.

 

- (dernière minute)  n° «394 du Bulletin de la SHNS »

   

Photos Jacques,Marie Paule, Christianne

 

 

 

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>