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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Articles avec #flore tag

Les orchidées du Semnoz

14 Juillet 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Samedi 9 juillet, découverte de la flore des Alpages du Semnoz organisée par le Musée d'Histoire Naturelle de Gruffy et ses bénévoles.

Cette animation a été prise en charge financièrement par le département de Haute-Savoie  dans le cadre de sa politique Espaces Naturels Sensibles. Prévue initialement le 11 juin, elle a eu lieu le 9 juillet, météo oblige.

 

Les orchidées du Semnoz
Les orchidées du Semnoz

Nous étions huit (7 plus celle qui prend la photo!) et avons pu profiter d’un magnifique soleil. Une petite brise a rendu l’air léger et alpin ! Le groupe était motivé et sympathique, nous avons partagé un bon moment de botanique !

 

La flore du Semnoz est très riche et les nombreux milieux qui se succèdent offrent une variété remarquable de genres et d’espèces.

Nous nous arrêterons tout d'abord sur quelques orchidées rencontrées dans les Alpages proches du Courant d’Ere !

Rappelons la structure bien particulière de la fleur de ces plantes.

schéma de la fleur d'orchidée

schéma de la fleur d'orchidée

Trois pétales dont un démesuré par rapport à l’ensemble, le labelle, et qui porte souvent un tube pouvant contenir du nectar, l’éperon. Il est accompagné de deux autres pétales situés de chaque côté et beaucoup plus petits.

Le labelle sert le plus souvent à attirer les pollinisateurs.

Trois sépales tout en haut de la fleur, souvent en casque.

Une seule étamine (sauf chez le sabot de Venus), réduite à deux sacs de pollen, agglutinés, portés par une minuscule tige et réunis sur un disque collant : les pollinies.

L’organe femelle, l’ovaire, est souvent torsadé mais toujours situé à l’arrière de la fleur.

Voici l'Orchis de Fuchs,  Dactylorhiza Fuchsii 

Plante de 20-50 cm, à tige pleine

Feuilles très étalées et généralement tachetées. La feuille inférieure a un sommet moins effilé.

 

Orchis de Fuchs,  Dactylorhiza Fuchsii

Orchis de Fuchs, Dactylorhiza Fuchsii

Nombreuses bractées dépassant de l’inflorescence, caractéristiques de toutes les Dactylorhiza.

Inflorescence dense, à nombreuses fleurs.

Labelle souvent rose, très profondément trilobé, à lobe médian à peu près aussi large que les latéraux. Le labelle est parcouru de tiretés et de lignes violet, plus denses vers l’axe médian.

Orchis de Fuchs,  Dactylorhiza. Fuchsii
Orchis de Fuchs,  Dactylorhiza. Fuchsii

Orchis de Fuchs, Dactylorhiza. Fuchsii

Abondante dans les Alpages du Semnoz, on trouve l’Orchis de Fuchs dans des milieux variés, prairies sèches, pentes herbeuses, suintements et bois clairs.

 

Inutile de vous rappeler qu'on ne cueille pas les orchidées !

                                                        

                                                            Christianne

                                                            à suivre.................

 

Sources :

Orchidées sauvages de Rhône-Alpes, biotope Editions.

A la découverte des fleurs des Alpes, Parc National des Ecrins, édition Libris

Consultez aussi ce site de la Socièté Française d'Orchidophilie

Autre site à partager

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Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga.

10 Juillet 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Une véronique que j’aime beaucoup et qui affectionne les lieux humides. Elle a différents noms vernaculaires, cresson de cheval, salade de chouette,  véronique cressonnée, véronique beccabunga.

 

On rencontre souvent à l’étage collinéen des petits ruisseaux calmes et ombragés, couverts de ces jolies feuilles vertes, luisantes, parsemées de petits scintillements bleus.

 

C'est Veronica beccabunga !

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga.

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga.

Espèce très commune des bords de ruisseaux ou des sources, elle est vivace. Elle présente une véritable symétrie bilatérale au niveau des feuilles et des fleurs. Glabre, elle possède une tige ronde.

Les feuilles opposées, à court pétiole, sont ovales, à limbe épais et luisant, à peine dentée.

Les fleurs sont groupées en grappes qui naissent à l’aisselle des feuilles supérieures.

 

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga, .photo d'André.

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga, .photo d'André.

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga.

Calice à quatre sépales.

Petite corolle à quatre pétales blancs à la base puis bleu pâle et légèrement striés.

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga.

Deux étamines et un style.

Ovaire supère à deux carpelles.

Fruits en forme de cœur.

Elle appartient au genre Veronica et comme chez toutes les véroniques, le pétale inférieur est plus étroit que les trois autres.

C’est son nom d’espèce qui surprend, beccabunga !

Le coin du linguiste : Jean a fait des recherches pour nous :

Les Américains ont bien édité un « Etymological Dictionary of Grasses, 2007 » (web) où on lit « in honour of Italian botanist Odoardo Beccari (1843- 1920) » pour expliquer ce terme de beccabunga ; Linné était devin …. !!

Tous (européens) s'accordent pour dire que [becca] vient de beke (du vieil-allemand) ou bach, ruisseau, qui est bien son habitat usuel (Smith, 1823) .

Reste [bunga] : deux versions s'affrontent mais la première ne tient pas la route devant la deuxième :

1 -V. beccabunga était utilisée aux siècles passés en pharmacopée et cuisine (même Hildegaard de Bingen la conseillait pour soulager goutte, constipation, dépuratif, anti-scorbut).
Son goût âcre, piquant en bouche, rapprocherait bunga de ''pungent'', ''pungency'' (en anglais, de même sens : acre, piquant).

2.- [bunga] vient du vieil-all. Bungo, bulbe ! (à rapprocher de l'anglais bung: his eyes and nose were bunged up, ce qui signifie il avait les yeux et le nez bouffis).

Genaust dans son « Dictionnaire étymologiques des noms de plantes » dit :
« becabunga ist nach ihren Wurzelknollen benannt » ce qui signifie c'est la racine en boules qui donne son nom à la plante (à vérifier!).

Les espagnols, les hollandais suggèrent la même étymologie. On a latinisé tout cela et voici beccabunga, rappel:Veronica est du féminin!.

En fait, même si l’étymologie est incertaine, ce nom d’espèce est si curieux et chantant (on pourrait le répéter en tapant dans les mains)  qu’on le mémorise rapidement !

 

                                                  Christianne et Jean

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga

Véronique des ruisseaux, Veronica beccabunga

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Lilium martagon, lis martagon...

28 Juin 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Le 20 juin, dernier jour de ce printemps pluvieux, nous a enfin permis quelques belles rencontres sur les coteaux ensoleillés de Savoie.

Voici le lis martagon, Lilium martagon.

Ce lis très célèbre, au port et aux couleurs remarquables, est protégé dans de nombreux départements français.

On peut même le trouver sophistiqué, dépassant fierement des graminées alentour.

lis martagon, Lilium martagon, photo d'André

lis martagon, Lilium martagon, photo d'André

Le lis martagon est une espèce d'Europe méridionale et médiane, de la famille des Liliacées, surtout présente dans les bois et les prairies des régions de montagne.  De 30 à 90 cm de hauteur, il affectionne les hêtraies et les chênaies.

lis martagon, Lilium martagon, photo d'André

lis martagon, Lilium martagon, photo d'André

On reconnait facilement ses grappes de fleurs penchées en cloche, aux tépales pourpre clair recourbés vers le haut et tachés de pourpre foncé, ses six étamines pendantes aux anthères recouvertes de pollen brun orangé.

lis martagon, Lilium martagon, photo d'André
lis martagon, Lilium martagon, photo d'André

lis martagon, Lilium martagon, photo d'André

Les feuilles sont toutes caulinaires, les inférieures et moyennes verticillées par 5-10, largement elliptiques-lancéolées, atténuées en court pétiole, rudes aux bords, étalées, en verticilles écartés, les supérieures petites et alternes.

lis martagon, Lilium martagon
lis martagon, Lilium martagon

lis martagon, Lilium martagon

 Capsules de 2-3 cm, à 3 loges, à profil obovale, à graines très nombreuses.

lis martagon, Lilium martagon

lis martagon, Lilium martagon

Si vous voulez en savoir plus, ne manquer pas cet article, du Blog "quelques randonnées en Savoie"  avec le lien ci-dessous.

 

Mais surtout, pas de cueillettes et laissez les bulbes en place !!

On sera heureux de retrouver ces magnifiques lis, l’an prochain.

                                                                                    

                                                                                                         Christianne

 

 

Merci à André pour ses belles photos.

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Les orobanches, plantes parasites...

22 Juin 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Qu’est-ce qu’une plante parasite?

C’est une plante qui a perdu son autotrophie et qui se développe aux dépens d’une autre plante.

Selon le degré de perte de l’autotrophie, elle est Hémiparasite ou Holoparasite, 1% des plantes à fleur sont des plantes parasites.

 

Autotrophie      : capacité d’un végétal à puiser ses éléments dans le seul milieu minéral.

Hémiparasite    : plante pouvant croître seule mais plus vigoureuse par parasitage.

Holoparasite     : plante sans chlorophylle, puisant toute sa nourriture des racines de sa plante hôte.

 

Les orobanches sont des plantes herbacées de petite taille, de 10 à 60 cm selon les espèces.

Elles se reconnaissent principalement à leur tige écaillée, dressée, de couleur jaune paille, généralement non ramifiée, aux feuilles en forme d'écailles triangulaires.

Cette tige porte de petites fleurs bilabiées jaunes, blanches ou bleues, groupées en épi terminal de 10 à 20 fleurs (à l'exception d'Orobanche uniflora aux fleurs solitaires).

Les orobanches, plantes parasites...

Elles sont sans chlorophylle et dépendent entièrement de plantes-hôtes pour les éléments nutritifs dont elles ont besoin : ce sont des holoparasites. Les semences d'orobanches, très nombreuses,  émettent après la germination une pousse à l'aspect de racine qui se fixe rapidement sur les racines des plantes-hôtes les plus proches, et dès lors, la plante prélève l'eau et les éléments nutritifs de la plante-hôte.

 

La plupart des espèces d’Orobanches sont spécifiqus et dépendantes d'une seule espèce-hôte. Les orobanches sont souvent désignées par le nom de genre suivi du nom de la plante parasitée, comme orobanche artemisiae-campestris ou orobanche de l’armoise, que nous avons découvert en 2014.

Orobanche artemisiae campestris
Orobanche artemisiae campestris

Orobanche artemisiae campestris

 Ce site aborde de façon plus approfondie la biologie des orobanches :

-Orobanche artemisiae-campestris orobanche de l'armoise, remarquons sa corolle, blanche à jaune clair, veinée de brun-violet et ses bractées brunes dépassant la corolle.

Orobanche artemisiae campestris

Orobanche artemisiae campestris

Nous l’avons trouvée fin mai en 2014 et fin juin en 2016, dans une prairie sèche située sur le crêt de Monthoux (73). Artemisia campestris affectionne les pelouses sèches médio-européenne  (xerobromion), son orobanche parasite aussi !    

Orobanche artemisiae campestris
Orobanche artemisiae campestris

Orobanche artemisiae campestris

D'autres sont capables de parasiter plusieurs espèces ou genres, ainsi Orobanche minor qui croît aussi bien sur le trèfle que sur divers genres apparentés des Fabacées.

Orobanche minor

Orobanche minor

-Orobanche minor, orobanche du trèfle, sa tige est jaune à brun pourpré et sa corolle jaune à pourpre brunâtre. 

-Orobanche minor,

-Orobanche minor,

La nôtre, trouvée en 2014 près d’une prairie de fauche à Drumetaz début juin, a choisi une tenue plus proche du violet !

Remarquons les poils glanduleux situés sur la corolle.

-Orobanche minor,

-Orobanche minor,

Un nouvelle rencontre avec cette orobanche le long des champs de Gruffy, debut juin 2016, la voici

-Orobanche minor, photos de Jacques faites cette année
-Orobanche minor, photos de Jacques faites cette année

-Orobanche minor, photos de Jacques faites cette année

-Dans la liste de nos trouvailles 2014, notons aussi Orobanche gracilis, orobanche grêle, autrefois baptisée orobanche cruentaorobanche sanglante ( !) à cause de sa couleur rouge.

Orobanche gracilis
Orobanche gracilis

Orobanche gracilis

-Corolle jaune rougeâtre à l’extérieur, rouge sang à l’intérieur.

Orobanche gracilis
Orobanche gracilis

Orobanche gracilis

-Elle parasite les fabacées et dégage une forte odeur de girofle.

Nous l’avons rencontré plusieurs fois en 2014, aux Teppes de la Repentance, à Pragondran, en montant au col de Cherel etc..

Elle pousse dans des pelouses steppiques (stipo-poion), calcaires.

Elle peut pousser jusqu’à 1300 m. 

-Remarquons ses stigmates jaunes.

Orobanche gracilis

Orobanche gracilis

Citons une quatrième orobanche que nous connaissons déjà, Orobanche caryophyllacea, orobanche du gaillet ou orobanche à odeur d'œillet,  stigmate brun rouge, odeur de clou de girofle ou d'oeillet. C’est la photo du début de l’article et la photo qui suit.

Orobanche caryophyllacea

Orobanche caryophyllacea

De nombreux sites répertorient les orobanches, essayez celui-ci :

P.S. :

Les orobanches appartiennent à la famille des .......orobanchacées!!                                                   

                                                           Christianne

 

Merci à Nicole, Christianne et Jacques, pour ces belles photos.

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Deux orchidées rencontrées dans les Savoie....

9 Avril 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Voici deux orchidées du même genre, présentes dans nos départements des Savoie et très originales, chacune à leur manière.

Il s’agit du genre Himantoglossum, du latin himas signifiant langue et glossa lanière, ce terme fait référence au labelle de la fleur. Ce genre est répandu dans le bassin méditerranéen et sur la façade atlantique.

 

Tout d’abord voici Himantoglossum hircinum, l’orchis bouc. La « langue en lanière » est tout à fait adaptée à son labelle. Hircinum se rapporte à son odeur désagréable, de bouc ? Mais seulement si on « renifle » la fleur de près!

Himantoglossum hircinum, jeune plantule !

Himantoglossum hircinum, jeune plantule !

Himantoglossum hircinum préfère les terrains calcaires et secs, la pleine lumière ou la mi-ombre,  jusqu’à 1000 m en Savoie .

C’est une plante très robuste, de 20 à 100 cm, à tige épaisse.

Une rosette de 4 à 6 feuilles à la base, souvent flétries lors de la floraison.

L’inflorescence est dense, de 40 à 80 fleurs (jusqu’à 120 !).


 

Himantoglossum hircinum, photo de Josette.

Himantoglossum hircinum, photo de Josette.

Périanthe en casque. Le labelle est divisé en trois lobes, deux latéraux courts et le médian étroit et long (de 30 à 60 mm) vrillé et lavé de pourpre.

Voyez ces grands labelles qui s’étirent et se tordent comme des langues à la recherche d’une proie !

Himantoglossum hircinum, photo de Josette.

Himantoglossum hircinum, photo de Josette.

Himantoglossum hircinum, photo de Josette.

Himantoglossum hircinum, photo de Josette.

Cette orchidée est bien présente en Rhône-Alpes mais surtout en Drome, Ain, Ardèche et Isère. Elle est protégée dans la Loire et classée vulnérable en Savoie. En effet, son milieu est menacé du fait de l’anthropisation* et de l’embroussaillement des coteaux qu’elle affectionne.

Floraison de mai à juillet, la rosette est visible dès l’automne.

 

* En géographie et en écologie, l'anthropisation est la transformation d'espaces, de paysages,  d'écosystèmes ou de milieux semi-naturels sous l'action de l'homme.

Orchis bouc, à Gruffy

Orchis bouc, à Gruffy

La deuxième espèce d'himantoglossum  présente dans les Savoie (73 seulement) arrive directement du Sud par la vallée du Rhône, elle a atteint les rives du lac du Bourget depuis plusieurs années. Elle n’est connue que de quelques sites.

 

C’est Himantoglossum robertianum, orchis géant, orchis à longues bractées, on l’appelle aussi Barlia robertiana.

Himantoglossum robertianum, en 2010, en Savoie, photo de Jacques

Himantoglossum robertianum, en 2010, en Savoie, photo de Jacques

Aussi, au printemps, l’un de nous ou nous tous (le Groupe Nature de Gruffy), allons lui rendre une petite visite pour prendre de ses nouvelles et cette année, elles sont trois sur le même site !!

Himantoglossum robertianum, en 2016, en Savoie. Photo d'André.

Himantoglossum robertianum, en 2016, en Savoie. Photo d'André.

Cette plante de 30-60 cm a une tige très robuste.

Rosette de 5 à 8 feuilles, charnues

Inflorescence dense, 20 à 60 fleurs


Himantoglossum robertianum, en 2016, en Savoie. Photo d'André.

Himantoglossum robertianum, en 2016, en Savoie. Photo d'André.

Bractées lancéolées dépassant les fleurs.

Casque verdâtre à rosé et labelle court (jusqu’à 20 cm) et large, trilobé, rose violacé, le médian divariqué en cœur renversé, les lobes latéraux ondulés.

Himantoglossum robertianum,

Himantoglossum robertianum,

Préfère les terrains calcaires et secs, la pleine lumière ou la mi-ombre, jusqu’à 750 m. Pelouses, garrigues. Dans les départements plus méditerranéens, il n’est pas rare de la trouver au bord de routes.

Floraison de janvier à avril, rosette présente dès octobre. Surtout en région méditerranéenne et en vallée du Rhône. N’est plus protégée (depuis 1997) car ses effectifs ont beaucoup augmentés.

Himantoglossum robertianum, en Savoie en 2013, photo de Josette.

Himantoglossum robertianum, en Savoie en 2013, photo de Josette.

                                                                                  Christianne

 

Merci à Sylvie pour ses conseils.

Source : 

A la rencontre des orchidées sauvages de Rhône-Alpes, Biotope éditions, Mèze 2012.

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Le printemps est là......

2 Avril 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

La nature nous offre ses premières fleurs que nous connaissons bien.

Voici celles qui poussent presque dans la neige,

 

  • Le crocus, Crocus vernus.
Crocus vernus, photos de Jacques
Crocus vernus, photos de Jacques

Crocus vernus, photos de Jacques

  • La nivéole de printemps, Leucojum vernum, protégée dans de nombreux départements.
Leucojum vernum, photo de Nicole

Leucojum vernum, photo de Nicole

Leucojum vernum, photo de Nicole

Leucojum vernum, photo de Nicole

Les printanières, qui accompagnent la première verdure,

 

  • La scille à deux feuilles, scilla bifolia, et ses feuilles cuculées.
Scilla bifolia, photo de Jacques.

Scilla bifolia, photo de Jacques.

  • L’erythrone dent-de-chien, Erythronium dens-canis, dent de chien à cause de la forme de son bulbe, avec ses feuilles en "tenue de campagne".
Erythronium dens-canis, photo de Jaxques.

Erythronium dens-canis, photo de Jaxques.

Les plus rares voire très rares

  • Le bulbocode, bulbocodium vernum ou Colchicum bulbocodium, qu’il faut aller chercher sur les versants rocheux et ensoleillés du Vuache, par exemple.
Bulbocodium vernum, photo de Jacques

Bulbocodium vernum, photo de Jacques

Et évidemment il y a la primevère, Primula acaulis (vulgaris), Primevère commune, très répandue mais pas partout en France.

En effet, elle est protègée en Lorraine et dans le Nord-Pas-de-Calais.

 

Elle a fait l’objet de nombreux articles sur ce blog, ainsi que la famille à laquelle elle appartient, les primulacées.

 

Voir aussi les articles de juin 2014 en particulier celui du 23 juin, qui étudie le genre « primula », de nos amis Monique, Hélène, Odile, Jean-Pierre et Jean.

Primula acaulis
Primula acaulis

Primula acaulis

Mais il y a une particularité de primula acaulis que nous n’avons pas abordée.

Voici deux photos, regardez bien, les primevères sont presque identiques, seulement…. presque.

La première est « longistylée », clic sur la photo pour l'agrandir.

Photo 1 : Primula acaulis longistylée.

Photo 1 : Primula acaulis longistylée.

La seconde est « brévistylée ».

Photo 2 : Primula acaulis brévistylée.

Photo 2 : Primula acaulis brévistylée.

et si vous voulez comprendre la raison de ces différences, voilà un blog qui vous éclairera sur le comment et le pourquoi :

Vous avez compris ? Voilà qui rend les primevères moins banales, il faut se pencher et les regarder de près.

Sur la première photo, on voit, au centre de la corolle, le stygmate (sommet du pistil), car le pistil est plus long que les étamines. C’est la primevère  longistylée…

Sur la seconde, on voit au centre de la corolle, les étamines, qui sont plus longues que le pistil. C’est la primevère  brévistylée…

 

Sur la photo ci-dessous, la P. longistylée est à droite, la P. brévistylée est à gauche................

Primula acaulis, en coupe, à droite longistylée, à gauche brevistylée, photo commentée d'André

Primula acaulis, en coupe, à droite longistylée, à gauche brevistylée, photo commentée d'André

Tout ça pour ça !!!

 

Fruits de Primula acaulis....

Fruits de Primula acaulis....

                                              Christianne

 

Merci à Joanny pour ses recherches sur Internet.

 

Ps : voir aussi "les primulacées" sur les onglets en tête du blog.

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Connaissez-vous le coscoll ??

29 Février 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Notre amie Josette a "herborisé" dans les Pyrénées Orientales, en Juin 2015 et nous raconte une de ses découvertes, originale .....

 

Dès le début du printemps, en Catalogne, les habitants de la région partent à la recherche du COSCOLL, qui se prononce  « Couscouille » en catalan (oui, vous avez bien entendu, couscouille!).

PS : Cette appellation en ouille est relativement récente et popularisée avec le tourisme, donc un brin francisé... coquin mais les Catalans de souche prononcent ce mot Catalan uniquement comme il s'écrit: "COSCOLL"  avec la même terminaison phonétique que "ŒIL".

Il s’agit du Molopospermum peloponnesiacum, le Moloposperme du Péloponnèse, de la famille des Apiacées. On l’appelle aussi angélique sauvage.

Le terme Molopospermum, qui signifie « graine meurtrie », fait allusion au sillon qui marque sa graine.

Molopospermum peloponnesiacum

Molopospermum peloponnesiacum

 

Plante vivace 1 à 2 m, glabre, aromatique, à racine épaisse, la tige est creuse, striée, à rameaux supérieurs opposés ou verticillés.

Photo empruntée à Internet.

Photo empruntée à Internet.

Feuilles inférieures très grandes, tripennatiséquées (trois fois complètement divisées), à segments lancéolés, incisés-dentés, se terminant par une pointe.

Molopospermum peloponnesiacum
Molopospermum peloponnesiacum

Molopospermum peloponnesiacum

Fleurs blanches, en ombelle, à 15-40 rayons  serrés, avec un involucre (collerette de folioles) de 6 à 9 bractées inégales.

Molopospermum peloponnesiacum
Molopospermum peloponnesiacum

Molopospermum peloponnesiacum

Fruits ovoïdes nettement ailés.

Molopospernum peloponnesiacum

Molopospernum peloponnesiacum

Fruit, photo empruntée à Internet.

Fruit, photo empruntée à Internet.

Le coscoll pousse principalement dans les éboulis et les escarpements rocheux des Pyrénées orientales et des Alpes méridionales,  entre 700 et 2000 m d’altitude.

Espèce protégée en région PACA.

 

Répartition en France

Photo empruntée à Tela botanica.

Photo empruntée à Tela botanica.

Cette plante fait partie de la cuisine traditionnelle de catalogne. Les tiges sont cueillies avant la floraison, pelées, coupées en morceaux de 5 à 6 cm, lesquels sont fendus sur la longueur et plongés dans l’eau fraîche. Une fois recroquevillée et frisée, elle peut être consommée en salade. Autrefois, cette salade était assimilée à une cure régénératrice printanière.

Mais attention de ne pas confondre le moloposperme du Péloponnèse avec d'autres plantes. On trouve sur internet cette "anecdote" :  il y a quelques années, des ouvriers italiens qui travaillaient au barrage de Puyvalador ont récolté des pieds d'aconit, sans doute trompés par le limbe divisé des feuilles. Après les avoir consommés, ils sont morts empoisonnés.

Le reste des tiges à cotè d'un pied fleuri.

Le reste des tiges à cotè d'un pied fleuri.

Photo empruntée à Internet.

Photo empruntée à Internet.

Connaissez-vous le coscoll ??

Le Coscoll est presque devenu la plante sacrée des Catalans

A Sahorre, village des Pyrénées  catalanes, a été crée la Confrérie du Coscoll et  au printemps on y célèbre la fête du Coscoll.   

On trouve même des tee-shirts  à l’effigie du Coscoll !!

Photos empruntées à Internet
Photos empruntées à Internet

Photos empruntées à Internet

  Mais rappelez-vous, cette espèce est protégée en région PACA !!!!

 

                                                               Article et photos de Josette.

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La déesse Vénus et la botanique....

18 Février 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Laissons le latin, le grec et leurs couleurs pour nous intéresser à la beauté, cependant l'antiquité n'est pas loin !

Elle a inspiré les peintres, les écrivains, les sculpteurs et……les botanistes. Elle incarne l’idéal féminin, le charme et la beauté.

Un peu de mythologie

Vénus est romaine, mais c'est l'Aphrodite grecque, fière et cruelle qui hante la nature animale et règne sur les cœurs. Après son assimilation à Aphrodite, Vénus devient, par imitation, la déesse de la beauté, fille de Gaia, la terre, et d'Ouranos, le ciel, et mère de Cupidon, dieu de l'amour.

 

Elle symbolise la beauté féminine. Les riches romains la vénèrent et lui construisent de nombreux temples. Au fil du temps, les poètes célèbrent le contour parfait de son visage, l’éclat de ses yeux, la perfection de son sourire, la pureté de ses seins….

Vénus de Cnide, ville de la Grèce antique.

Vénus de Cnide, ville de la Grèce antique.

Les sculpteurs grecs et romains, les peintres de toutes les époques magnifient sa beauté. Les chanteurs contemporains, Brassens, Alain Bashung, Jean Louis Murat et bien d’autres, ont succombé à son (ses) charme(s) .

 

Je t’offre ces beaux œillets,

Vénus, je t’offre ces roses,

Dont les boutons vermeillets

Imitent les lèvres closes

Que j’ai baisé par trois fois,

Marchant tout beau dessous l’ombre…

 

Joachim Du Bellay

 

 

Les botanistes ne sont pas en reste, elle en a inspiré plus d’un. Sans doute la beauté des plantes qu’ils rencontrent a-t-elle exalté leur imagination mais ils sont juste un peu plus….. terre à terre !!    

Chaque partie du corps de la belle trouve un écho, si je puis dire, dans une plante. Voici des associations art/botanique tout à fait personnelles et qui n’engagent que moi….

Vénus de Milo, découverte sur l’île de Milo en 1820, conservée au Musée du Louvre.

Le nombril de Vénus, Umbilicus rupestris, Crassulacées.

On le rencontre sur les vieux murs  et les rochers ombragés en terrain siliceux, dans tout l’Ouest, le centre et le Sud de la France mais pas dans les Savoie.

Vénus de Milo.

Vénus de Milo.

Nombril de Vénus, Umbilicus rupestris
Nombril de Vénus, Umbilicus rupestris
Nombril de Vénus, Umbilicus rupestris

Nombril de Vénus, Umbilicus rupestris

Miroir de Vénus de sir Edward Burnes (1833-1898).

Le Miroir de Vénus, Legousia speculum-veneris, Campanulacées.

Plante messicole (qui pousse dans les moissons), présente dans toute la France et en Corse, mais cependant vulnérable.

 

NB : Le miroir est l’un des attributs de Vénus où étaient enfermés les grâces et les attraits de la déesse : le sourire engageant, le doux parler, le soupir le plus persuasif, le silence expressif et l'éloquence des yeux.....

Miroir de Vénus de sir Edward Burnes

Miroir de Vénus de sir Edward Burnes

Miroir de Vénus, Legousia speculum-veneris
Miroir de Vénus, Legousia speculum-veneris

Miroir de Vénus, Legousia speculum-veneris

Vénus de Rubens (1577-1640)

Le Peigne de Vénus, Scandix pecten-veneris, Apiacées.

Plante adventice (pousse dans les endroits cultivés) présente en France mais on la trouve très rarement dans les Savoie…

 

Vénus de Rubens.

Vénus de Rubens.

Peigne de Vénus, Scandix pecten-veneris.
Peigne de Vénus, Scandix pecten-veneris.

Peigne de Vénus, Scandix pecten-veneris.

Vénus et Cupidon de Lucas Cranach le Jeune (1515-1586).

Les cheveux de Vénus, Adiantum capillus-veneris, Pteridacées.

C’est une fougère qui affectionne les bords de ruisseaux ou de cascades, ou les fontaines ombragées, moitié sud de la France, elle est, elle aussi, vulnérable………

Vénus et Cupidon de Lucas Cranach le Jeune.

Vénus et Cupidon de Lucas Cranach le Jeune.

Cheveux de Vénus, Adiantum capillus-veneris.
Cheveux de Vénus, Adiantum capillus-veneris.

Cheveux de Vénus, Adiantum capillus-veneris.

Vénus Verticordia de Dante Gabriel Rossetti (1828-1882).

Les sourcils de Vénus, Achillea millefolium, Astéracées.

Plante très répandue dans les près, les bois et les bords des chemins, dans toute la France. Notre belle aurait-elle froncé un sourcil devant ses admirateurs ??

Vénus Verticordia de Dante Gabriel Rossetti.

Vénus Verticordia de Dante Gabriel Rossetti.

Sourcils de Vénus, Achillea millefolium
Sourcils de Vénus, Achillea millefolium

Sourcils de Vénus, Achillea millefolium

Evidement il est impossible de ne pas citer une des fleurs les plus remarquables parmi les orchidées, Cypripedium calceolus, le sabot de Vénus, qui pare le pied mignon de notre déesse,  il est protégée en France et en Europe ce qui nous permet de nous extasier à chaque rencontre, de plus en plus nombreuses. Dame Nature a déployé tout son talent et tout son art pour piéger les insectes dans son magnifique labelle.

Alors admirons aussi la Venus de Botticelli sans doute la représentation la plus célèbre de la déesse Romaine.

Naissance de Vénus

Naissance de Vénus

La déesse Vénus et la botanique....
Cypripedium calceolus, sabot de Vénus

Cypripedium calceolus, sabot de Vénus

                                                                           Christianne

Voir aussi l'article du 10 juin 2015.

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Différentes nuances de….rouges, en latin et grec de botanistes !

9 Février 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Après le blanc, voyons le rouge, c'est une couleur fascinante qui ne laisse personne indifférent, on l’adore ou on la déteste. Elle est souvent pétillante, chaude, éclatante, agressive  mais elle est aussi douce ou sombre. Dans la nature, le rouge se décline du rose pâle au brun rouge.

Voyons ce que nous réserve la botanique,

Ruber rouge  ou rubens, du verbe rubere, rougir.

 

Cephalanthera rubra, céphalanthère rouge, une orchidée délicate qui affectionne les coteaux pierreux et les bois secs, dans presque toute la France.

Cephalanthera rubra, céphalanthère rouge, photos de Françoise.
Cephalanthera rubra, céphalanthère rouge, photos de Françoise.

Cephalanthera rubra, céphalanthère rouge, photos de Françoise.

Trifolium rubens, trèfle pourpré, un beau trèfle que l’on trouve sur les coteaux et les bois secs partout en France.

Trifolium rubens, trèfle pourpré, photos de Jacques.
Trifolium rubens, trèfle pourpré, photos de Jacques.

Trifolium rubens, trèfle pourpré, photos de Jacques.

En latin on trouve aussi Incarnatus, incarnat, un rouge qui serait plutôt rose foncé.

 

Dactylorhiza incarnata, dactylorhize incarnat, présente jusqu’à 2000 m dans les marais humides. Son labelle rosé est ponctué de petits points rose foncé. Elle est protégée dans plusieurs régions de France. Une de ses caractéristiques, ses feuilles supérieures sont cuculées (cuculé : sommet en forme de capuchon).

Dactylorhiza incarnata, dactylorhize incarnat.
Dactylorhiza incarnata, dactylorhize incarnat.

Dactylorhiza incarnata, dactylorhize incarnat.

Voici Atrorubens, rouge foncé, atro noir et rubens.

 

Epipactis atrorubens, épipactis pourpre noirâtre, une belle orchidée des forêts claires, de feuillus et de résineux dans presque toute la France.

(Voir aussi article du vendredi 6 février 2015, épipactis.......)

Epipactis atrorubens, épipactis pourpre noirâtre.
Epipactis atrorubens, épipactis pourpre noirâtre.

Epipactis atrorubens, épipactis pourpre noirâtre.

Et Purpureus, la pourpre romaine, il y a une pointe de mauve dans ce rouge-là ! On trouve aussi purpuratus.

 

Prenanthes purpurea, prénanthe pourpre, on la rencontre souvent mais dans les bois, en montagne, des Vosges aux Alpes-Maritimes, dans les Cévennes et les Pyrénées.

Prenanthes purpurea, prénanthe pourpre
Prenanthes purpurea, prénanthe pourpre

Prenanthes purpurea, prénanthe pourpre

Epipactis purpurata, épipactis pourpre, elle est plus rare, préfère les hêtraies ombragées, fleurit fin Août et c’est sa tige qui est pourpre. Cette orchidée est protégée dans diverses régions de France.

 

(Voir aussi article du vendredi 6 février 2015, épipactis.......)

Epipactis purpurata, épipactis pourpre
Epipactis purpurata, épipactis pourpre

Epipactis purpurata, épipactis pourpre

Connaissez-vous Phaeus, grec latinisé (phaios), rouge brun sombre.

 

Geranium phaeum, géranium brun, un géranium de montagne avec des fleurs dont les pétales sont toutes dans le même plan. Vit dans les prés, bois et ravins en montagne.

Geranium phaeum, géranium brun.
Geranium phaeum, géranium brun.

Geranium phaeum, géranium brun.

Un autre rouge, Sanguineus, rouge sang

Geranium sanguineum, géranium sanguin, superbe géranium qui s’épanouit sur les coteaux secs et ensoleillés. Une fleur éblouissante, d’un rouge brillant. Dans  presque toute la France.

Geranium sanguineum, géranium sanguin.

Geranium sanguineum, géranium sanguin.

Une autre nuance de rouge, Cruentus ensanglanté du verbe cruentare, mettre en sang, ça devient « gore » ! .

 

Orobanche cruenta, orobanche grêle, elle s’appelle maintenant orobanche gracilis. Ce sont ses fleurs dont l’intérieur est rouge, qui lui ont donné son ancien nom, cruenta. Pourquoi gracilis, maintenant, si vous le savez, dites-le moi!

PS  (11-2-2016) : Jean m'a apporté la réponse, gracilis : mince, grêle, maigre, svelte, de forme élancée (Gaffiot) notre orobanche est "gracile", fragilité gracieus, d'après le ROBERT, Dico. Hist. de la Langue Fr. –direction Alain Rey, 1998

 

Elle parasite les fabacées et dégage une forte odeur de girofle, elle est présente dans presque toute la France.

(voir aussi article du 19 novembre 2014, orobanches, plantes parasites)

Orobanche cruenta, orobanche grêle, orobanche gracilis.
Orobanche cruenta, orobanche grêle, orobanche gracilis.

Orobanche cruenta, orobanche grêle, orobanche gracilis.

Une dernière nuance de rouge et un cas particulier........ deux fois rouge :

 

Rhododendron ferrugineum, rhododendron ferrugineux, deux fois rouge, composé de Rhodo, du grec Rhodos rose et de Ferrugineus qui signifie de couleur rouille. En montagne Alpes et Pyrénées.

Différentes nuances de….rouges, en latin et grec de botanistes !
Différentes nuances de….rouges, en latin et grec de botanistes !

Laissons là la flore dont le nom d'espèce indique la couleur rouge. Bien sûr, cet article ne recense que quelques nuances, agrémentées de quelques photos.

                                                                                                    Christianne

 

 

Sources : Le latin au jardin, Diane  ADRIAENSSEN,  librairie Larousse.

      Flore Helvétique, édition Belin.

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Différentes nuances de….blancs, en latin et grec de botanistes !

31 Janvier 2016 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Comment nos chers botanistes ont-ils usé de poésie pour dépeindre l’arc en ciel de couleurs qui pare toutes les fleurs de nos campagnes et de nos montagnes, voila mon propos aujourd'hui. En tout cas, ils ont dû faire preuve de beaucoup de subtilité : ton, demi ton, quart de ton, dans toutes les couleurs, y compris le blanc, voici le challenge…

NB : L’adjectif d’espèce peut caractériser la couleur des fleurs mais aussi celle des feuilles.

Voyons le blanc justement. Il n’y a pas un blanc mais de multiples nuances de blanc. Blanc mat, blanc brillant, blanc cassé, blanc légèrement teinté de jaune, blanc verdâtre, blanc rosé, blanc presque gris etc….

 

Tout d'abord blanc pur, albus en latin. On rencontre de nombreux taxons à fleurs de couleur blanche dans la nature. J’ai l’embarras du choix dans mes photos. J’ai choisi mes préférées.

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc, ne semble pas présent en Haute-Savoie mais on le trouve en montagne, en Savoie et plus au sud. Jolis tépales à nervures dorsales rougeâtres.

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc
Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Asphodelus albus, l’asphodèle blanc

Dictamnus albus, le dictame blanc ou fraxinelle, c’est l’éclatante beauté du dictame qui a sans doute ébloui nos botanistes car il s’appelle blanc mais les pétales de ses jolies fleurs sont rosés, veinés de pourpre ! Ce taxon peu fréquent est protégé en Rhône-Alpes et PACA.

Dictamnus albus, le dictame blanc, fraxinelle, belle photo de Françoise.

Dictamnus albus, le dictame blanc, fraxinelle, belle photo de Françoise.

Petasites albus, pétasite blanc. Très fréquent et très modeste celui-ci, on le trouve au printemps dans les forêts et les lieux humides.

Petasites albus, pétasite blanc

Petasites albus, pétasite blanc

Même les violettes peuvent être blanches ! C’est Viola alba mais on rencontre, au printemps dans nos campagnes, deux sous-espèces (ssp) de violettes blanches :

Viola alba ssp alba, violette entièrement blanche, même l'éperon.

Viola alba ssp alba,

Viola alba ssp alba,

Et Viola alba ssp scotophylla, elle est blanche mais son éperon est violet clair.

Clic sur la photo pour voir les détails.

Viola alba ssp scotophylla

Viola alba ssp scotophylla

Autre nuance de blanc, blanc comme la neige, niveus. On trouve aussi nivalis ou nivosus.

Luzula nivea, luzule blanc-de-neige, une des plus grandes luzules ! Ses inflorescences légères et immaculées se balancent les longs des chemins de montagnes, au printemps.

 

Luzula nivea, luzule blanc-de-neige

Luzula nivea, luzule blanc-de-neige

Et blanc en grec ? C’est leukos.

Cette fois, ce sont les feuilles que qualifie l’adjectif d’espèce : Adenostyles leucophylla, l’adénostyle à feuilles blanches, (leukos, blanc et phylla vient de phullon, feuille en grec). Les feuilles de cette adénostyle sont blanches dessous.

Adenostyles leucophylla, adénostyle à feuilles blanchâtres.
Adenostyles leucophylla, adénostyle à feuilles blanchâtres.

Adenostyles leucophylla, adénostyle à feuilles blanchâtres.

Et blanc crème, Ochroleucus, (du grec okhros jaune pâle, leukos blanc) 

Trifolium ochroleucron, trèfle beige, un trèfle d’un jaune très pâle, presque blanc.

Trifolium ochroleucron, trèfle beige
Trifolium ochroleucron, trèfle beige

Trifolium ochroleucron, trèfle beige

Une autre racine latine qui a de nombreux dérivés, canus, gris blanchâtre ce qui donne subcanus légèrement gris, canescens ou subcanescens,  grisonnant ou couvert de poils gris (revoici des poils !) et aussi, incanus, blanchi par l’âge....

 

Senecio incanus, le séneçon blanchâtre qui pousse en montagne, dans les Alpes. Là aussi ce sont les feuilles qui sont blanchâtres.

Senecio incanus, séneçon blanchâtre, belle photo de Jacques.

Senecio incanus, séneçon blanchâtre, belle photo de Jacques.

Ou pâlissant pallescens, (pallere, pâlir),

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant qui pousse en montagne dans les Alpes et en Auvergne. Sa particularité, ses fleurs blanches ou rose pâle sont rabattues après floraison.

PS : l’adjectif palissant peut qualifier d’autres couleurs que le blanc.

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

Trifolium pallescens, trèfle pâlissant

On s'arrête là pour le blanc, la suite en couleur........

                                                                                    Christianne

 

Sources : Le latin au jardin, Diane  ADRIAENSSEN,  librairie Larousse.

     Flore Helvétique, édition Belin.

 

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