Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Articles récents

Fête de la Science au musée de Gruffy

5 Octobre 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Généralités

Mercredi 7 octobre

- Des ateliers ludiques et pédagogiques :

Notre perception des couleurs n’est pas commune à tous les animaux. Pourquoi l’abeille a-t-elle une vision différente de la notre ? Quels sont les animaux qui préfèrent l’obscurité ? Un jeu de piste vous éclaire sur les secrets entre faune et lumière.  

Pour le public : le mercredi 7 octobre de 9h à 12h et de 14h à 17h

 

 

 

Samedi 10 octobre

une conférence, à 20h à la salle du Clos Guévin à Gruffy :  

La couleur des fleurs ne nous est pas destinée, mais est un langage pour attirer les insectes pollinisateurs selon différentes stratégies végétales. La conférence sera réalisée par Bertrand Schatz, directeur de recherche au CNRS.

Tout public.
 

 

 

 

Voir les autres animations dans les Bauges, sur le site suivant

Lire la suite

L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....

29 Septembre 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

Une plante exotique «envahissante» est une plante exogène, importée et naturalisée, ayant la capacité de coloniser rapidement un milieu naturel ou semi naturel, hors de son territoire d’origine.

Sa prolifération provoque des perturbations qui peuvent nuire à la biodiversité d’un écosystème.  Une de ces envahissante a, en plus des effets nuisibles sur l’écosystème, des conséquences sanitaires importantes sur l'homme,

 

c’est l'ambroisie à feuilles d'armoise Ambrosia artemisiifolia L.

L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....

Arrivée du nouveau monde au XIXe siècle, elle est apparue en France en 1863, vraisemblablement introduite par un lot de semences fourragères. Dans les années 50, les graines se sont propagées à la faveur de travaux d’aménagement car elle aime particulièrement les friches et les lieux incultes. La région lyonnaise a été la première « colonisée ».

Les graines d'ambroisie ne sont pas pourvues des dispositifs habituels permettant leur transport par le vent et, malgré leurs épines,  elles ne s'accrochent pas au pelage des animaux.

Par contre, elles peuvent être entraînées par l'eau et elles collent parfaitement à la terre transportée par les semelles des souliers, les pneus des camions et tracteurs et tous les engins qui travaillent le sol.

Ambrosia artemisiifolia

Ambrosia artemisiifolia

C’est le pollen qui est allergisant et provoque des rhinites, conjonctivites, trachéites et crises d’asthme. Comme elle fleurit en Août-septembre, ces allergies apparaissent à la fin de l’été. Le site de l’INRA annonce 6 à 12% de la population développant une allergie (voir adresse ci-dessous).

L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....

Description :

C’est une plante annuelle de 30-60 cm pubescente ou velue, inodore, rameuse.

- feuilles vertes, ovales-lancéolées dans leur pourtour, pennatipartites, à segments lancéolés, pennatifides ou incisés-dentés.

N.B. : les feuilles de l'ambroisie sont sans odeur contrairement à celles de l'armoise avec laquelle elle peut être confondue.

L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....
L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....
L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....

- fleurs verdâtres, en épis terminaux étroits, allongés, disposés en panicule.

L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....
L'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L....

- fruits petits (4-5 mm de long), plus longs que larges, cylindriques, presque lisses, munis sous le sommet d'un verticille de 5-6 épines courtes, dressées, aiguës, terminés par un bec presque entier.

 

Écologie : Cultures, lieux vagues : Rhône, Loire, Saône-et-Loire, Allier, Nièvre, Puy-de-Dôme, Manche, Vosges.

Mais aussi Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne, Danemark. ?

Ambroisie

Ambroisie

Lutte contre l’ambroisie

La lutte contre l’ambroisie est réglementée par arrêtés préfectoraux dans plusieurs départements : Ardèche, Drome, Isère ......

« ..les propriétaires, locataires, ayant-droit ou occupants à quelque titre que ce soit,(y compris agricoles) ainsi que les gestionnaires des domaines publics de l’État et des collectivités territoriales, et les responsables des chantiers de travaux, sont tenus
- de prévenir la pousse des plants d’ambroisie,
- de nettoyer et entretenir tous les espaces où pousse l’ambroisie.
En cas de défaillance des intéressés, les Maires sont habilités à faire procéder, aux frais de ceux-ci, à la destruction des plants d’ambroisie. »

L'Agence Régionale de Santé (ARS Rhône-Alpes) publie des fiches détaillées pour lutter contre l’envahisseur, à destination des Collectivités, sur son excellent site internet

De leurs côtés, les Chambres d’Agriculture et les instituts agricoles ARVALIS et CETIOM proposent aux agriculteurs des protocoles de lutte très complets et adaptés à chaque type de culture.

Pour décider  les propriétaires et les exploitants de terrains porteurs d’ambroisie à agir, il existe deux leviers :

- l’information, la pédagogie, l'appel au sens civique

- l’application de la réglementation

 

La lutte est aussi entreprise à l’échelon européen, voir sur le site

internet précédent l'onglet www.ambroisie.info/pages/doc.

Vous y trouverez  le compte-rendu du colloque,  Ambrosia  2012 qui a eu

lieu à LYON en mars 2012

Lutte biologique :

 

C’est une des pistes étudiées, plusieurs candidats dont la chrysomèle de l'ambroisie identifiée au Tessin.

Une fois l’ambroisie bien établie, il est difficile de l’éradiquer», confirme Robert Vautard. Seul un petit scarabée du nom d’Ophraella semble capable de la déloger. Utilisé en lutte biologique en Chine et en Australie, il est arrivé il y a peu en Italie du Nord, où il a contribué à faire baisser drastiquement les concentrations de pollen d’ambroisie dans l’air.

Article du Temps, sciences et environnement, 26 mai 2015

Ophraella

Ophraella

Article sur la chrysomèle Ophraella communa

                                                                                          Christianne

Lire la suite

Une onagracée bien discrète....

12 Septembre 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Voici un article de Jean déjà publié mais très interessant en cette saison. Il nous raconte une petite fleur que nous avons rencontrée jeudi dans la forêt claire du Roc de Chère. On passe souvent sans la voir sauf si on s'interroge sur les minuscules points blancs qui parsèment les herbes encore vertes de ce début d’automne. Je laisse la parole à Jean….

 

Il est fréquent de voir aux bords des routes, talus, l'espèce éponyme de la famille, Oenothera biennis (onagre bisannuelle) ou, comme dans la photo ci-dessous, Oenothera glazioviana (onagre de Glaziou – probablement échappée d'un jardin)

Une onagracée bien discrète....

Sépales striés de rouge......

Une onagracée bien discrète....

Et quatre stigmates dépassant largement les étamines.

Une onagracée bien discrète....

 

Étymologiquement, il y a de l'âne dans ce nom (onagros), mais aussi du vin (oinos) et la décoction des racines ferait un philtre de sorcière pour amadouer les bêtes sauvages ! Il y a là des sortilèges du dieu Pan.... mais ne nous égarons pas ! Pas de pan......ique !

En revanche, il y a bien de la magie dans cette famille peu étendue, car une plante discrète  (pas évidente à repérer la première fois) en fait partie et porte le nom à semer l'effroi de Circaea lutetiana (Circée de Paris, herbe aux sorcières).

Ce nom est celui de la magicienne qui transforma les compagnons d'Ulysse en pourceaux - tout en leur laissant leur conscience d'êtres humains - ! L'ensorceleuse fut néanmoins vaincue, « conquise », par notre héros ; il fut guidé pour ce faire par Hermès (Mercure), « qui lui donna une herbe qui le sauverait des mortels artifices de Circé » .

                                                                                                                                                

Une onagracée bien discrète....

Qui distingue à première vue, dans ce fouillis de bois humide et de ravin (son milieu habituel), Circaea lutetiana ?

Une onagracée bien discrète....

Vue de plus près, on ne s’attend pas à des sortilèges :

Une onagracée bien discrète....

Plante pubescente, aux feuilles ovales-lancéolées acuminées*, elle dresse une hampe florale d'une bonne dizaine de cm, avec de fleurs bimères (2S,2P,2E), pétales bifides, blanc ou rosé.

 

* se terminant en longue pointe éffilée.

Une onagracée bien discrète....
Une onagracée bien discrète....

à noter les sépales teintés rouge rosé, réfléchis.

Une onagracée bien discrète....
Une onagracée bien discrète....

Les fruits sont des capsules obovales en poire, hérissés de poils crochus, hispides à deux loges.

Une onagracée bien discrète....
Une onagracée bien discrète....

Pourquoi Circé ? Pourquoi Lutetiana ?  Paris était connu jadis comme la ville des sorcières ? (L'Affaire des poisons date de 1680, où la Voisin fut brûlée en place de Grève – un siècle avant Linné!)

Elle fut utilisée en Autriche, naguère, comme tisane. En usage externe, en macération dans de l'alcool, elle traitait les rhumatismes, la goutte, infections et fièvres (c'est l'alcool qui devait faire effet, la plante qu'un prétexte !...)

Gaston Bonnier aurait écrit..............

 

plante magique ayant servi dans les enchantements. On dit que celui qui la cueille sera maudit.

Le Guide Vigot de la Flore dit ..............

qu'elle devrait plutôt porter le nom '' d'herbe des sourciers'', tant elle révélatrice de la présence d'humidité et d'eau en sous-sol.

 

Mais c'est là faire grand cas de l’appellation vernaculaire et n'explique pas son nom latin.

Alors rêvons un peu, imaginons que c'est elle la plante magique utilisée par Ulysse.......

Une onagracée bien discrète....

NB. : les épilobes  -espèces plus nombreuses – font partie des onagracées !

 

La Flora Helvetica dit des onagres, genre venu d'Amérique du Nord :

"Ce genre présente des combinaisons de caractéristiques si nombreuses qu'une taxonomie n'est pas possible" p .682

 

(photos de l’auteur, sauf trois emprunts à –Wikipedia)

                                                   Jean

Lire la suite

J.E.P. à Gruffy : les plantes envahissantes.............

10 Septembre 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Généralités

 

Les plantes envahissantes,

une menace pour l’avenir de notre patrimoine naturel ?!

 

A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine,

le samedi 19 et le dimanche 20 septembre 2015,

le Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy vous propose

une exposition d’une quinzaine de plantes envahissantes,

ainsi qu’un diaporama sur ces espèces,

afin de les reconnaître et

de lutter contre leur expansion.

 

Vous pourrez également visiter le Musée, présentant 300 animaux naturalisés de la région, domestiques et sauvages, replacés dans un décor reconstituant leur milieu naturel.

 

Dans une deuxième salle, initiez-vous au monde fantastique

des abeilles, avec une projection vidéo,

une exposition et une ruche vitrée vivante,

le tout à un tarif réduit (de 14h à 18h, le samedi et le dimanche).

 

Pour tout renseignement :

 

Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy

 

335 route de Beauregard,

Les Choseaux, 74540 GRUFFY –

04 50 77 58 60 –

info@musee-nature.comwww.musee-nature.com

J.E.P. à Gruffy : les plantes envahissantes.............
Lire la suite

La Reine des Alpes

5 Septembre 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

L’été 2015 restera gravé dans nos mémoires de botanistes comme celui de la pénurie en plus de celui de la canicule. La végétation a beaucoup souffert de la chaleur et du manque d’eau. Les plantes se sont protégées en ralentissant leur pousse. Beaucoup ont disparu. Quand nous avions le courage d’affronter les ardeurs du soleil, nous n’avions presque rien à voir.

Les plus courageux, ou les plus sportifs, ont choisi l’altitude 2000, 2500, 3000 m !! Là où la flore a pu résister aux rigueurs……estivales. Voici une de leurs trouvailles

Eryngium alpinum

Eryngium alpinum

La reine des Alpes ou panicaut des Alpes ou chardon bleu des Alpes...

voici sa majesté Eryngium alpinum L.

Reine des Alpes

Reine des Alpes

C’est une Apiacée de 30 à 60 cm, vivace.

- Ses feuilles inférieures, d’un beau vert gai, sont ovales, en cœur et dentées. Elles sont légèrement  épineuses, mais elles sont molles et non piquantes. Rien à voir avec un chardon !!

Panicaut des Alpes

Panicaut des Alpes

- Ses feuilles caulinaires peu coriaces sont sessiles et incisées en plusieurs lobes allongées.

Chardon bleu des Alpes

Chardon bleu des Alpes

- Ses petites fleurs blanches ou bleutées sont serrées et forment une tête oblongue ou cylindrique.

La Reine des Alpes

Le coup de génie de Dame Nature, ce sont les fines bractées de son involucre, délicatement dentées et dressées, qui enserrent la tête florale d’un magnifique écrin épineux bleu améthyste !

La Reine des Alpes

Ces « ombelles » sont portées par de longs pédoncules, bleus eux aussi.

La Reine des Alpes

Imaginez découvrir, après une longue ascension sur un chemin caillouteux, une prairie de chardons bleus des Alpes !!

La Reine des Alpes

Elle a ses amoureux, la reine !!

Elle est entogame  (reproduction des plantes dans lequel le pollen est essentiellement véhiculé par des insectes).

La Reine des Alpes
La Reine des Alpes

Cette plante affectionne les terrains frais et riches en humus, parfois orientés au nord, et elle pousse exclusivement dans une terre calcaire. Elle est adorée, c’est une reine, mais elle est très convoitée..

Aussi elle est protégée dans toute l’Europe.

On peut la découvrir en été (Juillet-Août) dans les pâturages de hautes montagnes : Jura, et Alpes de la Savoie, du Dauphiné, de Provence.

Elle reste rare.

 

A la fin de l’été la plante se dessèche et les graines contenues dans les fruits sont dispersées par le vent qui secoue les hampes florales. La première floraison a lieu au bout de 2 à 4 ans après la germination, puis la plante peut fleurir tous les ans ou tous les deux ans.

 

Merci à Josette, André et Jacques, pour leurs magnifiques photos, nous sommes gâtés  !!!

La Reine des Alpes

Sources :

A la découverte des fleurs des Alpes, Parc des Ecrins, édition LIBRIS.

Voici leur site :

Lire la suite

Qui suis-je??? la suite

30 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Nous avons rencontrée récemment Cichorium intibus,  alias la chicorée sauvage, elle nous ramène à la plus importante

Cichorium endivia ssp pumulum, à savoir l’ENDIVE,

qui envahit nos rayons de légumes, dès les premiers froids venus ! Un paradoxe, car toutes les chicorées citées précédemment craignent les gelées !!! Elle nous ramène aussi au cœur géographique de cette histoire : l’Artois, le Hainaut et la Flandre.

 

La légende voudrait que dans les années 1830, années de troubles qui ont mené à l’indépendance de ce que nous appelons la Belgique, un paysan aurait dissimulé sa récolte dans sa cave (probablement de la barbe de capucin, déjà mentionnée en 1751 par La Chesnaye – et cultivée par la suite comme les champignons de Paris). Il eut la surprise de découvrir ce que les Flamands appellent WITLOOF (= feuille blanche)  -nom générique de semences d’endive maintenant-, ou CHICON, nom donné par les Chtis de notre Nord  (national et belge francophone).

 

Le premier cageot de ‘’chicons’’ fut vendu aux Halles de Paris en 1879 sous le nom « d’endives de Bruxelles ».

Qui suis-je???  la suite

Cela a donné lieu à une activité artisanale durant les mois d’hiver, jusque dans les années 1960-1970, en particulier dans le Cambraisie, d’où me vient l’histoire, activité à laquelle s’adonnaient les ouvriers d’usine et leurs familles, pour un revenu d’appoint souvent aléatoire. Ce qui était sûr, c’était la fatigue, les dos cassés, et les longues heures de travail en plein champ et dans les hangars, pour conditionner le produit !

 

Ces ouvriers, pour la plupart, ne possédaient pas de terres, et louaient donc des surfaces plus ou moins grandes, surfaces exprimées en « maincordées » - orthographe incertaine et à rectifier !

Quatre maincordées faisant environ 4000 m2.

Après avoir acheté la semence en Belgique, il fallait semer en faisant des « routes » (= des lignes) ; puis « démarier » (= éclaircir) ; puis « ligner » à la main, à savoir désherber aux premières chaleurs (si, si ! il peut faire chaud ! ).

 

Les lignes de cotes

Les lignes de cotes

Les racines (les « carottes » couleur brun clair) se couronnaient de « cotes », feuilles lancéolées et vertes (mais ces plants ne ‘’montent’’ pas – la main de l’homme a déjà sélectionné).

Après les avoir arraché fin septembre, on sépare feuilles et racines, en laissant un collet d’au moins 2cm pour préserver le futur bourgeon. C’est alors que commence le vrai travail et l’aventure du ‘’Chicon’’, plus ou moins fructueuse selon les cours de l’endive aux Halles de Paris !

Chicons

Chicons

On ramène les racines aux champs : elles sont mises « en couches »  (= jauges) généralement de 8 m x 2 m. Les couches sont creusées pour installer une tuyauterie qui forme le cadre (extérieur) sur une profondeur d’une trentaine de cm, puis la terre est « décaissée » (= creusée) à environ 20 cm de profondeur. Les racines  - on les appelle aussi chicons à ce stade !- sont repiqués bien serrés, par carrés ; on les recouvre d’un peu de terre et d’une couche de paille épaisse (80 cm à 10 cm) ; le tout est protégé des intempéries et de la neige par des tôles.

Chicons en jauge

Chicons en jauge

Le plus important reste à faire : installer la chaudière (feu au charbon) et ses deux réservoirs d’eau qui, une fois chauffée, va parcourir les tuyaux entourant la « couche » : la température de l’eau doit fournir une bonne chaleur aux chicons (20° environ), véritable circuit de chauffage central !

 

A maturité et selon les cours des Halles qui varient selon la météo ( !), on « découche », c'est-à-dire on sort les plants et les endives blanches sont cassées du chicon et apportées dans le local des éplucheuses (les femmes du voisinage s’entraident, solidarité des gens du Nord) : elles nettoient et mettent le "produit fini" dans de petites caisses avec du papier bleu, fermées par du fil de fer. Les couches pouvaient produire de 800 kg à 1200 kg d’endives.

Qui suis-je???  la suite
Qui suis-je???  la suite

 

Les femmes étaient payées 100 fr de l’heure, l’équivalent de 20 carambars ! On pouvait gagner quelque argent, encore fallait-il «  découcher » quand le prix de l’endive allait grimper...

Le père de celui qui me raconte l’histoire n’a guère eu cette chance, et dans le village, il était connu pour cela !

«  Ah ! Le Père S. découche, l’endive va encore baisser ! » disaient les voisins.

Puis un jour sa femme a dit : «  ça suffit ! C’est trop de travail, on arrête ! ».

 

C’est la fin de l’histoire...  

 

Maintenant cette production se fait dans des serres, avec des installations ultra sophistiquées. Cependant, je me suis laissé dire que les amateurs gourmets, en quête des saveurs d’antan inégalées, paient fort cher la production - confidentielle- d’endives de plein champ......

                                                                               Jean

Endives de Bruxelles

Endives de Bruxelles

Lire la suite

Qui suis-je ?????

24 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran

Plante herbacée, j’égaye chemins et bords de routes de mes touffes bleu clair, à la belle saison.

Je suis une astéracée liguliflore très  commune ; et si mon habitus (= aspect, port) est un peu dégingandé, avec ma tige anguleuse aux rameaux divariqués, je porte haut (80cm – 100cm) et beau mes nombreux capitules bleu clair.

 

Mes feuilles supérieures sont lancéolées et sessiles, mais celles de la base en rosette sont découpées en lobes – avec le terminal un peu plus grand- ce qui leur donne de faux airs de feuilles de pissenlit.  

 

Je suis une rudérale mésophile qui n’aime guère les humus riches en azote, ni les fortes chaleurs ni les pluies : une bonne fille, quoi, sans grande exigence, bien que je me ferme l’après-midi et par temps pluvieux.

 

Je suis d’origine Euro asiatique et fais partie de l’environnement depuis fort longtemps : je fus, dit-on, domestiquée dans le Proche Orient vers 6000 ans avant J.C. et le papyrus d’Ebers (sorte de codex médical égyptien, 4000 ans avant J.C.) me mentionne déjà pour mes nombreuses applications thérapeutiques concernant l’appareil digestif !

 

Plus proche de nous, Dioscoride (1° siècle après J.C.) me préconise pour fortifier l’estomac, Galien, son cadet en médecine, (2° moitié du deuxième siècle), m’appelle « l’amie du foie » !

(Sainte) Hildegarde de Bingen, au 12° siècle, m’emploie pour faire un digestif.

 

Tout est comestible en moi, racine comprise, et mes propriétés digestives, apéritives, dépuratives (sans doute à cause de l’amertume de mon latex blanc) ont traversé les âges.

Et pour finir ce tableau, Jeanne Covillot m’a fait la vedette de sa 

 

« Clé d’Identification Illustrée des Plantes Sauvages »

 

puisque j’en orne sa couverture !

Qui suis-je ?????

Je suis, .... je suis,....            

 

Cichorium intybus ssp intybus !

Cichorium intybus ssp intybus
Cichorium intybus ssp intybus
Cichorium intybus ssp intybus

Cichorium intybus ssp intybus

Nom  bizarre puisque redondant !

Chichorium en latin  (du grec kichore) désigne une chicorée sauvage ; Intybus (dont l’origine suggérée serait syrienne, désignant une flûte, car ma tige est creuse comme cet instrument) est aussi en latin le nom d’une chicorée (voir Pline le Naturaliste). D’ailleurs, du temps de Charlemagne, on m’appelait INTUBA.  

 

J’ai connu, de par les siècles, une descendance très prolifique, auprès des humains, après moultes sélections – mais les OGM ne se sont pas encore intéressés à moi ?..... Quelques apparentées :

 

Cichorium spinosum L. : aux feuilles basales tendres et sans amertume sont mangées en salade par les Crétois (les feuilles supérieures sont épineuses, les capitules peu nombreux ; elle pousse sur des sols caillouteux et dans les fentes des rochers, voire même dans la phrygane (garrigue dégradée)

Chicorée de Crete

Chicorée de Crete

Cichorium endivia ssp divaricatum : toujours sauvage, dont les feuilles (jeunes) sont consommées en Grèce

Cichorium intybus variante foliosum : ou barbe de capucin, cultivée déjà des siècles en arrière.

 

Qui suis-je ?????

Les salades ‘’scarole’’, ‘’ frisée’’, ’’Trévise’’ sont des variétés cultivées, dérivées de C. intybus. Au passage saluons C. intybus ssp sativum, alias chicorée à torréfier (la racine) ou succédané du café.

Café et chicorée

Café et chicorée

 

                                                                 Jean

L'article ne s'arrête pas là.............à suivre

Lire la suite

Nuit de la chauve-souris au Musée de Gruffy.

18 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Généralités

samedi 29 août à 20h30 au musée à Gruffy,

 

dans le cadre de la « Nuit internationale de la chauve-souris »,

le Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy

vous invite à découvrir et observer

ces incroyables mammifères volants aux mœurs nocturnes,

souvent méconnus.

Une conférence, un petit film

et une sortie dans le village vous attendent !

Cette soirée sera animée par Christian DODELIN,

spéléologue du Spéléo Club de Savoie,

membre de la Société Française d’Etude

et de Protection des Mammifères.

 

Gratuit

Renseignements:

Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy

04 50 77 58 60 – info@musee-nature.com - www.musee-nature.com

Nuit de la chauve-souris
Nuit de la chauve-souris

Nuit de la chauve-souris

Lire la suite

Une boraginacée, Anchusa italica, buglosse azurée.

7 Août 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Les boraginacées sont des plantes herbacées en Europe mais qui peuvent être ligneuses dans d’autres parties du monde.

Elles sont largement répandues avec une concentration autour du bassin méditerranéen.

Elles possèdent très fréquemment des poils rigides caractéristiques.

Les feuilles sont souvent entières, simples, alternes (rarement opposées), exstipulées (dépourvues de stipules). Les cellules des feuilles possèdent souvent des cristaux d’oxalate de calcium. Ces plantes contiennent souvent des alcaloïdes.

Les inflorescences sont le plus souvent des cymes*  unipares* scorpioïdes*.

Les fleurs sont généralement colorées en bleu mais la couleur peut varier en fonction du pH du sol (présence d'anthocyanes).

Elles ont 5 sépales soudés, 5 pétales soudés, généralement bleus, 5 étamines soudées à la corolle et 2 carpelles soudés

Les fruits sont des tétrakènes.

Je trouve le bleu de certaines boraginacées, profond, intense, particulièrement … réussi : la bourrache, les myosotis....

Aujourd’hui voyons une très jolie boraginacée Anchusa italica, la buglosse azurée, rencontrée à Montmélian fin mai.

Anchusa italica

Anchusa italica

Elle s’appelle aussi buglosse d’Italie, fausse bourrache, bourrache bâtarde.

- Plante vivace de 30-80 cm, hérissée de soies raides très étalées, à tige dressée, rameuse.

- feuilles oblongues et lancéolées, entières, les inférieures atténuées en pétiole, les supérieures sessiles.

Anchusa italica

Anchusa italica

- fleurs bleues ou roses, assez grandes, en grappes d'abord compactes, rapprochées en panicule terminale.

Anchusa italica

Anchusa italica

- pédicelles aussi longs que les sépales et les bractées linéaires-lancéolées, épaissis et dressés à la maturité

Anchusa italica

Anchusa italica

- Corolle 10-15 mm, à gorge garnie d’écailles saillantes, découpées en lanières filiformes réunies en pinceau  

Une boraginacée, Anchusa italica, buglosse azurée.

- carpelles grisâtres, dressés, 2 fois aussi longs que larges.

Écologie : bords des champs et coteaux calcaires, dans presque toute la France et en Corse, mais « occasionnelles » dans les Savoie.

 

*Cyme : inflorescence dont les ramifications se développent en donnant toujours naissance au même nombre d’axes.

*Unipare : toutes les fleurs sont du même côté de l’axe principal de l’inflorescence

*Scorpioide : cyme unipare recourbée d’un côté en queue de scorpion.

 

Christianne

Photos André Jacques et Christianne

Une boraginacée, Anchusa italica, buglosse azurée.
Lire la suite

Le temps des myrtilles

27 Juillet 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

J'ai retrouvé cet article qui parle d'un fruit emblématique des Savoie et

autres contrées montagneuses. Il est bientôt temps d'aller à la cueillette si

toutefois les délicieuses baies ont réussie à murir cette année.

Quand nous chanterons le temps des myrtilles,

Gentils montagnards et gais randonneurs

Seront tous en quête.......

 

 

 

Vous connaissez tous  la myrtille, "Vaccinium myrtillus", petite baie cachée sous les feuilles du myrtillier, qui nous colore la langue et les lévres et nous laisse un gout sucré, à peine acidulé quand on la déguste.

La voilà prête à être ceuillie

 Vaccinium myrtillus en aout 2

Attention! sa cueillette est réglementée.

Ses petits noms : embrune, brimbelle, bluet, lucet, gueule noire, raisin des bois etc......

 

Mais ce n'est pas la seule baie que l'on rencontre en montagne, voilà sa soeur, que les botanistes appellent souvent airelle des marais. Elle a la couleur des myrtilles mais ce n'est pas une myrtille c'est "une fausse myrtille " Vaccinium uliginosum"

Comment la distinguer de la vraie myrtille? Sa chair est blanche, elle ne nous colore pas la langue et elle est fade.

De plus la plante a des feuilles d'un vert différent, plus bleuté, plus glauque. Rien à voir donc

La voilà  :

Vaccinium uliginosum en aout 2

 

La voilà en fleur, fin juin :

Vaccinium uliginosum en fleurs

Et puis cherchez bien, vous découvrirez une autre baie,

L'airelle rouge, plante qu'ont en commun les Européens et les Japonais, les habitants de la Sibérie et les Américains du Nord. Elle se mélange parfois aux myrtilliers ou aux fausses myrtilles.

Ses fruits en grappe sont à l'origine de son nom "vigne du Mont Ida"  Vaccinium vitis-idaea

Elle est plus acidulée et même légérement poivrée et s'accorde parfaitement avec le gibier. Les Scandinaves l'adorent.

La voila :

Vaccinium vitis-idaea en fruits

La voilà en fleur, fin juin : 

 

Vaccinium vitis-idaea à fleurs blanches 2

 

Et la petite dernière,  rare dans nos Alpes

La canneberge «vaccinium microcarpium», la grande airelle d’Amérique du Nord, Cranberry en anglais, Atoca au Québec, appelée aussi pomme des prés ;

Nos amis américains la cultivent. Elle est reconnue pour ses qualités thérapeutiques et antioxydantes.

La voilà, photographiée dans les tourbières du Beaufortin

Vaccinium oxycoccos en aout 1

Mais il est bien court le temps des myrtilles,

Il nous restera l’odeur des sous-bois

Et les confitures qu’on mange en rêvant

Les matins d’hiver…

                                                                                        Christianne

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>