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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

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COQUELICOTS

11 Mars 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques


 

3coquelicot bisS’il est une fleur qui a inspiré les poètes, les peintres, les photographes, ou les rêveurs c’est bien le coquelicot !


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3coquelicot

 

Marcel PROUST, Robert DESNOS… les impressionnistes mais aussi de nombreux peintres amateurs se sont laissé séduire par cette fleur qui n’a pas peur de s’afficher au bord des chemins et dans les champs de blés.

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle est jolie mais elle a quelque chose de plus, sans aucun doute.

 

Histoire


Au Royaume-Uni et dans les pays du Commonwealth, le coquelicot est le symbole des soldats morts au combat.

Au XIXe siècle, on avait déjà remarqué lors des guerres napoléoniennes, que les champs de bataille se couvraient de cette fleur dès la bataille finie.


Un poème datant du printemps 1915, écrit par le lieutenant-colonel John McCrae, un médecin du Corps de santé royal canadien qui fut témoin de la terrible seconde bataille d'Ypres est à l’origine de ce symbole. En fait, les coquelicots fleurissaient dans les pires champs de bataille de la Somme. Le poème s'intitule In Flanders Fields, Au champ d'honneur et a immortalisé cette floraison pleine de douleur. Le coquelicot devint ainsi l’emblème du souvenir.

Nos voisins d’outre-manche (et d'outre-atlantique)  portent un coquelicot en papier lors des commémorations du 11 novembre.


Tombe du soldat inconnu le 11 novembre, au Canada

Canadian_Tomb_of_the_Unknown_Soldier_with_poppies--copie-1.jpg

 

Plus près de nous, MOULOUDJI nous a fait vibrer et peut être verser une larme avec sa chanson Comme un Petit Coquelicot.

 

 

3IMGP5963%[redim]

Rien de joyeux dans tout cela, pourtant son rouge est éclatant, provoquant, mais le coquelicot est éphémère, à peine cueilli, il s’étiole déjà. Les champs de coquelicots embrasent parfois le mois de juin. C’est magnifique mais cela ne dure pas !

 

3MPG 0023 P1010237 [1280x768]

C’est peut-être tout cela qui l’a rendu si attirant. Plante messicole très fréquente jadis, les herbicides l’ont chassé de nos champs de blé, sa graine peut se mêler aux grains de blé et elle concurrence directement la céréale. On l’a qualifiée de «mauvaise herbe » comme beaucoup d’autres messicoles !


3coquelicots 2

 

Etymologie

D'abord écrit coquelicoq (1545), son nom serait une variante de l'ancien français coquerico, désignant le coq par onomatopée. Il s'agit d'une métaphore entre la couleur de la fleur et celle de la crête du coq.


Fiche technique du coquelicot


Coquelicot ou parfois Ponceau ou Poppy en anglais, Papaver rhoeas, de mai à juillet.


Biotopes

Dans les champs, moissons, bords de chemins, friches, talus, décombres, il est xérothermophile* et préfère les sols calcaires ; c'est une plante annuelle hivernale. Très commun jusqu'à 1700-1800 m d'altitude.

 

Famille : Papavéracées.

 

Caractéristiques :

  • Plantule –

Les cotylédons du coquelicot sont linéaires de petite taille (1cm x 1 mm) et fugaces. La plantule, organisée en rosette, se caractérise par des feuilles alternes de couleur vert clair bleuté, très polymorphes, mais toujours munies de longs poils mous à la base du pétiole. Les trois premières feuilles sont ovales et entières. Les suivantes sont de plus en plus découpées.

  • Plante adulte –

La plante adulte atteint une hauteur généralement comprise en 30 et 90 cm.

3IMGP5962%[redim]


La tige et les feuilles sont hérissées de poils raides.Les feuilles sont alternes, de couleur vertmat parfois bleuté.  Elles sont sessiles et profondément lobées et dentées. Les feuilles caulinaires, peu nombreuses sont sessiles. Les variations de la découpure des feuilles d'un individu à l'autre sont très importantes et illustrent parfaitement un grand polymorphisme.

La fleur solitaire est située au sommet d'un long pédoncule non ramifié, initié à l'aisselle des feuilles.

La fleur est d’abord emprisonnée dans un cocon constituée de deux coques velues, à l'extrémité de la tige. Ces deux coques (les sépales) s'ouvriront par la base et se détacheront par la poussée des pétales.

 

3bouton de coquelicot

Quatre pétales rouge écarlate légèrement froissés, longs de 2 à 4 cm s’organisent en paire. Les corolles rouges du coquelicot apparaissent probablement bleu violet aux abeilles (qui ne distinguent pas le rouge) du fait de leur forte réflexion des rayons UV.

Ces pétales, tachetés de noir à leur base entourent des étamines nombreuses violet sombre, produisant jusqu'à 2,5 millions de grains de pollen par fleur.

 

3coquelicot 6


 

L'ovaire glabre pourvu de 7-12 stigmates, après maturation, donne une capsule ovoïde contenant environ 5000 graines.

 

3coquelicots 5

 

 


Utilisation

Comme tous les pavots, le coquelicot a des effets légèrement sédatifs dus aux alcaloïdes qu'il contient. En phytothérapie, on utilise ses pétales séchés, dont on fait le plus souvent des infusions. Ses effets apaisants se font sentir chez l'adulte, mais surtout chez les jeunes enfants (on mélangeait autrefois du coquelicot à la bouillie des enfants pour faciliter leur sommeil). Par ses propriétés émollientes, sédatives et béchiques, le coquelicot est un calmant de la toux et des irritations de la gorge. Les fleurs sont alors utilisées sous forme de sirop pectoral ou de pastilles à sucer.

 

3coquelicots 3

Même si elles sont moins grosses que celles de certains pavots, les graines du coquelicot sont utilisées comme elles en pâtisserie ou pour confectionner des pains aromatisés. Les jeunes rosettes de feuilles peuvent s'ajouter crues à des salades ou être consommées cuites en légumes ou en soupe.

Il existe "la liqueur de coquelicot de Nemours".


                                                                               Christianne, tuteurée par Sylvie et Joanny

 

Photos Marie Paule et Christianne

 

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Edelweiss

18 Février 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

 

   

Les lacs de Coua 280%[redim]

 

 

Origine :


Orophyte (végétal adapté au milieu montagnard)  eurasiatique, l’edelweiss aurait migré dans les Alpes pendant la période glaciaire du quaternaire.

Le nom edelweiss vient de l’allemand Edel signifie noble et weiss blanc.

                              

Edelweiss, Leontopodium nivale subsp. alpinum anciennement Leontopodium alpinum. Le nom de genre Leontopodium signifie  "pied de lion".

L’edelweiss  appartient à la grande famille des astéracées.

 

Botanique :


L’edelweiss est une plante vivace  de 3 à 15 cm à tige dressée. La graine de l’edelweiss ne peut germer que dans un milieu propice. Elle développe un système racinaire qui lui assure un bon encrage au sol et lui permet de subsister en hiver.

 La première année, les feuilles basales en rosette sortent de la tige souterraine. La deuxième année les tiges aériennes apparaissent, portant des feuilles alternes, lancéolées, velues, grisâtres.

L’edelweiss n’est pas une fleur au sens commun, mais une inflorescence composée de 50 à 500 fleurs minuscules regroupées en 2 à 12 capitules  entourés de bractées recouvertes d’un duvet de poils laineux qui permet à la plante de limiter l’évaporation et de la protéger des U.V.

 

Edelweiss capitules entourés de bractées

                               

Les bractées (feuilles différentes des autres par la forme et la couleur) entourant les capitules forment une sorte d’étoile irrégulière.


Floraison de juillet à septembre. Les fleurs sont pollinisées en grande partie par des mouches.

Les graines sont contenues dans des fruits ou akénes indéhiscents (qui ne s’ouvrent pas ) surmontés d’une aigrette (soies en forme de parapluie). La dissémination des akènes se fait par le vent (anémochorie).

L’edelweiss pousse sur terrain calcaire, dans les rocailles et les pentes herbeuses, ensoleillées et sèches, de 1700 à 3400m.

 

Edelweiss et gentiane des Dolomites%[redim]

                               

                                  Edelweiss et Gentianes des Dolomites

 

La cueillette excessive de l’edelweiss a réduit ses populations, cette plante devient rare dans beaucoup d’endroits, si vous avez la chance de la voir,

surtout « NE PAS LA CUEILLIR »

C’est une plante protégée, sa cueillette est réglementée.

 

Les lacs de Coua 292%[redim]

Légende :

 

Fleur mythique, l’edelweiss est à l’origine de récits et légendes.

 

« La légende de la reine des neiges détrônée qui séduit l’alpiniste, mais dès que celui-ci s’approche, il est précipité dans le ravin par les elfes. Les larmes de la reine des neiges tombent sur les rochers et se transforment en edelweiss.» (Chavoutier 2005).


L’edelweiss mis à l’honneur dans une chanson écrite en 1959 par Oscar Hammerstein pour la comédie musicale de Richard Rodgers  "The Sound of Music " et adapté en version cinématographique française, "La mélodie du bonheur" .

 

Un extrait :

 «Edelweiss, edelweiss                                                                                   

Toi l’ami des nuages

Fleur de neige ou de ciel

Tu vis libre et sauvage

Veille sur le pays de mes amours

Tout au long des âges

 Edelweiss, edelweiss

 Veille sur mon village »


3 Leontopodium alpinum, Edelweiss%[redim]

 

Utilisation médicinale :

 

En Autriche, l’edelweiss était utilisé  pour ses vertus médicinales pour soigner diarrhées et affections respiratoires.

Aujourd’hui cultivé dans le Valais Suisse, l’edelweiss est utilisé par l’industrie cosmétique pour ses propriétés anti-oxydantes contre le vieillissement cutané.

 


L’edelweiss est la fleur nationale Suisse.

Quelques exemples de son utilisation symbolique :


Insigne des troupes de montagnes en Suisse,  

en Autriche et en Allemagne.0 insigne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

0 pieceUne pièce de 5 francs Suisse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un timbre allemand0timbre allemand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

0 compagnie suisseUne compagnie aérienne Suisse porte son nom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                    

                            Josette tuteurée par Sylvie.....

 

 

 

 

Bibliographie : Charly et Sabine Rey, José Vouillamoz, Catherine Baroffio, Didier Roguet. 2011. Edelweiss reine des fleurs (Editions du Belvédère) et documents internet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Il neige........

12 Février 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Généralités

 

 

81 gruffy

 

 

Par la fenêtre ouverte,  bonjour,  bonjour,

Par la fenêtre ouverte,  bonjour le jour.

Bonjour la nature endormie sous la neige,

A bientôt les amis, après ce sortilège....  

Hélène

 

 

00 P1030032

00 P1030035

08

 

Dans l'interminable

Ennui de la plaine

La neige incertaine

Luit comme du sable 

 

Paul Verlaine 

10 Montagny

 

 

02 Beauregard 062

09 Cascade du Pissieux

 

Il a neigé dans l’aube rose,


Si doucement neigé,


Que les choses

 

Semblent avoir changé…


 

Maurice Carême

 

03 La batterie de l'Alpettaz 027

04 La batterie de l'Alpettaz 034

12

 

Mon hiver je l’entends

Grincer dans les branches,

Craquer sous mes pas

Souffler dans les ruelles...


Véronique Leray

 

05 P1150013

71 gel

 

06 Traineau3


L'hiver, s'il tombe de la neige,

Le chien blanc a l'air beige.

 

Les arbres seront bientôt touffus

Comme dans l'été qui n'est plus.

 

Les oiseaux marquent les allées

Avec leurs pattes étoilées……


Lucie Delarue-Mardrus

 

 

 

74 oiseaux

104

07 Quintal


Magnifiques clichés d’Hélène, Monique, Josette, Andrée, Françoise, André et Jacques, vous découvrirez toutes leurs autres dans l’album photo 

« 2013, quel hiver ! »

OUVREZ-LE, vous vous régalerez !

 

                                                                   Christianne

 

 

 

 

 

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Les Halos lumineux, féérie hivernale

7 Février 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties


Le 1er Décembre 2012, Isabelle, Josette et Monique s’engagent pour une promenade sur le plateau de Beauregard enneigé.


Monique raconte…..


«Après la montée en voiture dans le brouillard, nous arrivons au col de la CROIX-FRY (1467m) où le soleil désagrège des voiles mouvants de brume. De très fines particules de glace étincellent et s’agitent vivement dans l’air, poussées dans la même direction (d’Est en Ouest).

Nous commençons à monter à pied, dans la neige, en empruntant une piste pentue tracée en direction de la pointe de Beauregard et passant sous le restaurant de la Pointe Bleue.

A quelque distance de ce dernier, nous faisons une halte pour calmer notre soif et contempler le paysage de neige. Il s’offre alors à nos regards une apparition étonnante :

-  un double arc en ciel : un premier arc et au-dessus, un arc secondaire séparé du premier par une zone gris foncé. Cette zone est appelée “bande sombre d’Alexandre“.    

- du sommet partent deux arcs tangents, qui retombent latéralement en se relevant à la base. Une ligne lumineuse blanche trace le diamètre des arcs primaire et secondaire, avec une intensité plus forte à chaque intersection. Le plus surprenant consiste en un cône de lumière, ouvert dans l’épaisseur des nuages bas, s’étalant en dessous des halos.

Nous avons observé le phénomène durant trois quarts d’heure jusqu’à son effacement progressif par l’arrivée de nuages voilant complètement le soleil.

Il nous avait été donné de voir quelques fois de la “poussière de diamant“ en montagne, par temps froid, jamais nous n’avions pu observer un tel phénomène. Il restera pour nous, un spectacle inoubliable ».

 


Voici un schéma global du phénomène


0shéma global


 

Nous retrouvons la plupart de ces phénomènes dans les photos prisent

 

le jour même par Isabelle, admirez !

 

Pilier du soleil et halo

1Halo 1

 

Parhélie et cercle parhélique

3Halo 9

Arc de Parry et arc supérieur tangent

4Halo 7

 

Arc supralatéral et arc circumzénithal

5Halo 8

 Arc inférieur tangent6Halo 3


 Arc infralatéral

10Halo 4

 

MAGIQUE, NON !

Arc en ciel 


Un arc-en-ciel est un phénomène optique et météorologique qui rend visible le spectre continu de la lumière du ciel quand le soleil brille pendant la pluie. Ce phénomène est dû à la dispersion de la lumière solaire par réfraction et réflexion dans les gouttes d’eau. Les longueurs d’onde  de la lumière solaire ne sont pas déviées de la même façon et se séparent, ce qui fait apparaître les couleurs de l’arc en ciel.

L’arc en ciel est coloré avec le rouge à l'extérieur et le violet à l'intérieur. Le nombre de couleurs varie de 3 à 9, selon les cultures.   

                             

Aujourd'hui en occident, le nombre généralement retenu est de sept, fixé par Isaac Newton :

rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet.

 

Ce nombre sept a en partie été choisi par analogie à la lumière et au son, la gamme musicale comprenant sept notes par octave. Il correspond aussi approximativement au nombre de couleurs qu'un individu moyen peut discriminer dans le spectre lumineux.

 

L’arc-en-ciel n'a pas réellement d'existence physique mais est une illusion d'optique dont la position apparente dépend de la position de l'observateur et de celle du Soleil, le centre de l'arc-en-ciel étant la direction exactement opposée à celle du Soleil par rapport à l'observateur.

 

8arc en ciel double

 

Arcs secondaires et arcs surnuméraires


Parfois, un second arc-en-ciel moins lumineux peut être aperçu au-dessus de l'arc primaire. Il est provoqué par une double réflexion de la lumière du soleil à l'intérieur des gouttes de pluie. Il apparaît sous un angle de 50-53° dans la direction opposée au Soleil (les couleurs sont inversées), alors que le premier apparaît sous un angle de 40-42°.

 

9arc en ciel


La bande sombre d'Alexandre 


Entre le premier et le deuxième arc-en-ciel, une bande plus sombre apparaît. Cela correspond à la zone de la goutte d'eau comprise entre l'angle de 42° caractérisant la fin du premier et l'angle de 50° caractérisant le début du second. Cette bande intermédiaire où il y a déficit de lumière a été appelée la "bande sombre d'Alexandre", en l'honneur d'Alexandre d'APHRODISE qui la décrivit le premier vers 200 après J.C.


Poussière de diamant et Halos


La “poussière de diamant“ est un brouillard glacé qui se forme à des températures inférieures à – 20°C.  La vapeur d’eau présente dans l’air se transforme alors en cristaux de glace.  Ces cristaux, qui peuvent revêtir différentes formes géométriques génèrent selon leur orientation, d’immenses arcs, points et anneaux lumineux d’une extrême pureté, ce sont les halos.

 7Halo 5 


En tout cas merci à Monique pour ce surprenant récit et à Isabelle pour ces merveilleuses photos 


Vous pourrez découvrir d’autres images et informations sur le sujet, dans l’excellent billet d’Alain Herrault. 

http://blogs.parc-du-vercors.fr/le-blog-d-alain-herrault/broken-parhelie-fatomes.html 

 

                                            Joanny


   merci à Joanny pour toutes ses recherches.

 

 

 

 

 

 

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Au revoir Jean-Jacques!

30 Janvier 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

 

Cette fois c’est la fin du voyage épistolaire avec notre cueilleur solitaire


  • LETTRE VIII, ou de l’HERBIER :

Cette lettre, mise à la fin des éditions contemporaines, sur la suggestion de JJR lui-même (cf. la 6ième lettre) est sensée avoir été écrite avant la 6ième lettre, puisque datée du  « 11 avril 1773, très à la hâte » !


La confection d’un herbier est, en ces siècles passés, une suite naturelle de l’observation in situ – la meilleure école bien sûr, et préconisée, même s’il faut se contenter des plantes du jardin. La majorité des exemples d’étude, dans les lettres, sont des plantes cultivées. En ce mois d’avril, « la terre commence à verdir, les arbres à bourgeonner, les fleurs à s’épanouir », c’est le moment aussi d’une autocritique : 

 

« je crains que nous l’ayons traitée (la botanique) jusqu’ici d’une manière trop abstraite, en n’appliquant point nos idées sur des objets déterminés » [...] un simple coup d’œil aurait supplée  à des descriptions longues et difficiles ».

 

000herbier St Jean d'Aulp


 «  Pour bien connaître une plante il  faut commencer par la voir sur pied. Les herbiers servent de mémoratifs, pour celles qu’on a déjà connues ; mais ils font mal connaître celles qu’on n’a pas vues auparavant ».

 

JJR a « fabriqué » bons nombre d’herbiers, soit pour en faire cadeaux à ses chères amies, soir même pour en tirer quelques profits aux jours de pénurie et d’expédients (assez vite il y renonce, les copies de musique étant un revenu plus stable !) .... mais avant tout pour correspondre avec les botanistes contemporains. C’est ainsi que l’on retrouve dans les musées de France et de Suisse une petite dizaine d’herbiers (parfois incomplets), confectionnés de la main de Rousseau, qui sont autant de témoignages émouvants de sa passion tardive !!

 

 

IMGP6820 [1280x768]

 

De nos jours, plus d’herbier pour les botanistes amateurs que nous sommes, les appareils photos numériques comblent notre soif d’observation. Mais deux, trois siècles plus tard nos photos seront-elles moins fanées que les plantes des herbiers ?


Conclusion :


Que retenir en ce début du 21°siècle, de la lecture et de la fréquentation des œuvres ‘botanistiques’ de JJR ?


Que, comme pour un certain nombre d’entre nous, la botanique fut pour lui une passion (fort fructueuse) sur le tard ! 

 

 

« Je suis, Monsieur, un pauvre écolier sexagénaire, auquel il ne manque pour devenir botaniste que de la jeunesse, de la mémoire, de la vigueur, des observations et une bonne méthode pour les rédiger. Tous les livres du monde ne valent pas un bon guide et n’y sauraient suppléer » (Lettre au docteur Pierre Clappier, 1768)

 


Ces dernières remarques sont toujours vraies et nous savons la chance que nous avons d’en avoir de forts bons, qui nous mènent dans ces démarches réussies d’observations des plantes.

 

En cela ils perpétuent les principes énoncés par notre grand ancêtre, qui ne cessait de mettre l’accent (au fil des lettres à Mme Delessert)  sur l’observation détaillée –grâce à de petits instruments que nous utilisons toujours : loupe, scalpel (« lancette », dit-il) , ciseaux, etc.. - ; observer sur le terrain, bien connaître la plante avant de vouloir la nommer, voilà qui est toujours en vigueur !

 

«Une connaissance purement livresque  [à la mode jusqu’en ce 18° siècle]  est un vain savoir » et dans la lettre III : « Ayez la patience de ne lire que dans celui (=livre) de la nature et de vous en tenir à mes lettres »


En outre, dans ces lettres, nous (re)trouvons une approche pleine de chaleur humaine au contact d’une expérience mutuellement partagée, qui fait que la botanique n’est plus une science exacte et froide. C’est une atmosphère chaleureuse, dont nous faisons l’expérience au fil de nos cheminements sur les sentiers grufféens et autres !

 


Et puis, JJR contribua par sa notoriété à faire prévaloir le système de Carl von Linné, son contemporain, et sa classification des plantes par leurs organes sexuels et leur appellation binomale (genre/ espèce). « Les » Jussieu –qu’il fréquenta- introduisirent la notion de familles : les grandes familles que JJR décrit dans ses lettres sont toujours valides (même si le vocabulaire a changé). 

 

«Il a fallu pour ne pas m’y perdre tout rapporter à une nomenclature particulière, et j’ai choisi celle de Linnaeus tant par la préférence que j’ai donnée à son système que parce que ses noms composés seulement de deux mots me délivrent des longues phrases des autres. » (Lettre à Malesherbes)


Cher Jean-Jacques  – me permets-tu ce tutoiement, depuis notre longue fréquentation ?-, tu as marqué l’esprit de tes contemporains, et ceux d’une longue cohorte de personnalités qui sont venus, au fil des siècles suivants, te rendre hommage en ce lieu dont tu as dit : « Ici commence le court bonheur de ma vie... »  Référence à l’exposition aux Charmettes, intitulée «Les chemins de Jean-Jacques", évoquant les visiteurs  -et de fort célèbres – aux Charmettes, au fil des siècles, après ton passage.

 

2011 29.09 (1) [1024x768]


Cher Jean-Jacques, continue à descendre la colline du Clos Savoiroux** ! Tu découvriras, à ne pas en douter, en ce lieu maintenant fort urbanisé, quelques « Plantes Urbaines » parmi le béton ! (Plantes Urbaines, de François Couplan, au Sang de la Terre, 2010) (et oui ! nous avons maintenant des livres fort bien illustrés, de ceux qui t’ont fait tant défaut en ce 18° siècle)

 


**Statue de Mars-Vallett (né à Chambéry -1869 -1957), inaugurée le 4 septembre 1910, fondue en 1942, la nouvelle statue à l’identique remise en place le 1° juillet 1962.

 

JJR mars valet

Et toi, botaniste débutant ou confirmé, n’entends-tu pas, au creux du vallon des Charmettes, l’écho des pas de ce marcheur invétéré ? Et cette exclamation, ce cri de joie plus lointain, qui s’y surimpose à la remarque de sa Chère Maman, quelques 30 ans plus tard : «Ah ! Voilà de la pervenche ! » ? (Livre VI des Confessions, lors d’une promenade à Cressier avec son ami M. du Peyrou, 1764) ?

 

Vinca minor 09


Bien sûr, la science a évolué, et la connaissance des plantules ( !) a bien évolué, avec l’apport de nouvelles techniques –voir la note sur les nouvelles classifications, abordées dans deux de nos précédents articles. Cette mise en perspective de l’évolution de la botanique ne nuit nullement au salut fraternel que j'adresse au garnement –pardon, Citoyen- de  Genève !

                                                    

                                                                                                                                  Jean

 

 


img021.jpg

 


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Grande consoude

24 Janvier 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

Grande Consoude,  Symphytum officinale L.

 

La Consoude est une plante herbacée vivace du genre Symphytum, appartenant à la famille des Boraginacées, comme la bourrache ou les myosotis. Affectionnant principalement les lieux humides, elle est originaire d’Eurasie, Hongrie, Turquie, Caucase, Géorgie, Iran.....


symphytum officinale 01

 

Il existe beaucoup de noms vernaculaires pour cette plante, du fait de la forme de ses feuilles qui la font appeler "oreille de vache ou oreille d'âne", ou "langue de vache", mais aussi du fait de ses propriétés cicatrisantes et calmantes.

 

En effet, ses racines sont très efficaces pour soigner les coupures et autres blessures, c'est pourquoi on la nomme aussi "herbe à la coupure" ou "herbe aux charpentiers".

 

Botanique :


Plante vivace de 40 cm à 1 m, velue-hérissée, à souche épaisse, charnue, non tubéreuse ;

  • tige robuste, ailée, rameuse aux aisselles supérieures.
  • feuilles épaisses, ovales-lancéolées, les inférieures plus grandes que les moyennes qui sont longuement décurrentes.

symphytum officinale 04

 

  • fleurs blanchâtres, rosées ou violettes.

Le calice à lobes lancéolés, fendu presque jusqu'à la base, ;

La corolle d’environ 15 mm, est en forme de tube à 5 lobes égaux et réfléchis, elle est deux fois plus longue que le calice.


symphytum officinale 03

 


coupe de la fleur

 

 

 

 

 

  La corolle est munie à l'intérieur de 5 écailles allongées, ciliées-glanduleuses formant un cône, qui protègent l’androcée et le gynécée. Ces écailles, situées au niveau du bas de la gorge, forment un véritable double fond de la corolle et rendent la pollinisation compliquée pour certains insectes.

 

 

 

 

 

 

Les anthères sont aiguës, un peu plus longues que le filet ; les carpelles sont lisses, luisants, non contractés au-dessus de la base.


C'est une plante mellifère, ses fleurs sont très appréciées des abeilles. Elles sont aussi systématiquement visitées par les bourdons. Ceux-ci percent un trou à la base de la corolle afin d’accéder plus rapidement au nectar. Les abeilles peuvent ensuite en profiter.


On voit bien "la porte d'entrée" sur une des fleurs de cette photo :


IMGP4290


Histoire :


Son usage médicinal est connu depuis fort longtemps. Le nom de consoude vient du grec et veut dire "qui aide à la soudure" ... des fractures mais aussi des plaies. Pour le grec Dioscoride, qui fut, il y a près de 2000 ans, attaché en tant que médecin militaire d'une légion romaine, la consoude était un remède merveilleux.

 

symphytum officinale 02


Elle contient en effet de l'allantoïne, substance qui, stimulant la multiplication cellulaire, accélère la guérison, et, agissant comme inhibiteur bactérien, ralentit la croissance des bactéries jusqu'à leur destruction.. On soigne également les contusions et diverses maladies de la peau avec des cataplasmes à base de feuilles fraîches hachées.


Parfois utilisées comme plantes fourragères, les consoudes ne sont pas traditionnellement utilisées pour l'alimentation humaine, bien que certains les apprécient pour la réalisation de différentes préparations. Vous pouvez trouver différentes recettes dans le Web, notamment les fameux beignets de feuilles appelés "soles végétales" dont ils rappellent le goût.


Mais attention, les feuilles contiennent un alcaloïde qui, consommé en trop grande quantité ou trop souvent, peut être nocif (troubles hépatiques).


Enfin, la consoude fait le bonheur de nombreux jardiniers. En effet, le purin de consoude, par exemple, est un engrais très prisé.

Vous trouverez de nombreux conseils d’utilisation dans le blog correspondant au lien ci-dessous :

http://www.la-consoude-au-jardin.fr/page/2

 

 

                                                   Joanny

 

 


 

 

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J-J ROUSSEAU, épilogue I

18 Janvier 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

 

L’année 2012 est terminée, nous allons bientôt abandonner Jean-Jacques ROUSSEAU et laisser la mémoire reprendre ses droits. Mais il reste cinq lettres à parcourir ensemble et à illustrer par quelques photos. Cette lecture montre combien le philosophe botaniste a essayé d’être exhaustif auprès de sa chère cousine :

 

  • Dans la lettre IV (juin 1772), JJR aborde une nouvelle famille, dans les «monopétales irrégulières » :

 « les fleurs en gueule, parce que ces fleurs sont fendues en 2 lèvres, dont l’ouverture [...] leur donne l’air d’une gueule béante ».

 

Il divise ensuite ces monopétales en labiées, (qui sont actuellement les lamiacées) et en personnées ou scrophulariacées.


000lamiacées galeobdolonb-copie-1

 

 

 

 

Lamiacées  : 

Lamium galeobdolon, ortie jaune (fleur jaune) et Ajuga reptans, bugle rampante, (fleur bleue), deux lamiacées très fréquentes dans les prairies et sur le bord des chemins.

 

000lamiacées ajuga reptans 113




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la suite de nouvelles classifications génétiques faites à partir de 2003 et dont la dernière date de 2009 (APG III *) la famille des scrophulariacées, famille « fourre-tout », a été complétement remaniée, il ne reste que peu de plantes courantes dans nos nouvelles scrophulariacées, notre Jean-Jacques y perdrait son latin !


000 moléne II

 

 

 

 

 

Il reste néanmoins une plante très fréquente, toujours sur le bord des chemins, la molène noire Verbascum nigrum.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La 5ième leçon (juillet 1772) porte sur les ombellifères, « en pleine fructification dans ce moment ». Il en donne une description détaillée, de la structure des «rayons» (ou pédicules) eux-mêmes terminés par « un ordre de rayons plus petits » ; au passage, il donne l’étymologie du terme ‘ombellifère’ ou «Porte parasol», du latin umbella signifiant parasol.

Actuellement, les ombellifères sont devenues les apiacées.


Laser siler, apiacée très courante


0000apiacées

 

Prairie d'apiacées, en juillet, en Maurienne


000 apiacées II

 

La 6ième leçon porte sur les fleurs du type pâquerette, les Composées ou Astéracées, qui sera la fleur emblématique – et si commune- qu’il nomme aussi « petite marguerite ou marguerite tout court ».


000marguerite

 


Regardez-la bien ! Il en fait une description :


«deux cents ou trois cents fleurs toutes parfaites, c'est-à-dire, ayant chacune sa corolle, son germe, son pistil, ses étamines, sa graine ». « Si vous aviez déjà les doigts exercés aux dissections botaniques, que vous vous armassiez d’une bonne loupe et de beaucoup de patience, je pourrais vous convaincre de cette vérité par vos propres yeux ».

 

Son élève devra le croire sur parole, bien qu’il continue en lui disant «regardez maintenant les brins jaunes qui sont au milieu de la fleur », puis après, «les folioles blanches au-dessus, rose au-dessous qui forment comme une couronne autour de la marguerite »... qui n’aurait pas déjà sorti la loupe, conseillée auparavant !


000fleur de marguerite-copie-1

 

  • LETTRE VII (sans date, probablement fin 1773, début 1774) :

Cette lettre est bien plus courte, et en raison de la saison propice, porte sur les arbres fruitiers que sa Chère Cousine peut trouver dans les vergers. Il en profite pour lui rappeler qu’il est nécessaire d’avoir les feuilles des plantes qu’elle lui envoie, pour les déterminer !

«Le feuillage est souvent nécessaire pour déterminer l’espèce à un aussi mince botaniste que moi ».

 

Au passage il rend hommage «au savant Linnaeus » (Carl von Linné). Que penser de sa remarque : 


« Il ne faut pas, chère amie, donner à la botanique une importance qu’elle n’a pas ; c’est une étude de pure curiosité et qui n’a d’autre utilité réelle que celle que peut tirer un être pensant et sensible de l’observation de la nature et des merveilles de l’univers »?

 

Mais cela est déjà beaucoup et le romantisme du siècle suivant ne serait-il pas en germe dans une telle observation ? 

 

 

à suivre ..........

 

                                                                                 Jean

 

 

*La classification APG III (2009), ou classification phylogénétique, est la troisième version de la classification botanique des angiospermes établie par l'Angiosperms Phylogeny Group. C'est la classification botanique la plus importante aujourd'hui. Elle est construite sur l’étude de deux gènes chloroplastiques et d’un gène nucléaire de ribosome,  ces données sont complétées dans quelques cas par d'autres données.

 

 

 

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La ruine de Rome!

10 Janvier 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

 

 

Sur tous les murs des villes d’Europe, vieux murs d’enceinte, murs en ruine, vieilles maisons, anciennes clôtures… vous la trouverez, la ruine de Rome. Lui doit-on la chute de l’Empire ??


La Cymbalaria muralis, linaire cymbalaire, cymbalaire des murs, linaire des murs….. est une plante herbacée commune en France (et en Europe) sur les vieux murs et les rochers. Ses fines tiges rampantes peuvent mesurer jusqu’à 60 cm de long. Autrefois scrophulariacées, elle est actuellement classée dans la famille des Plantaginacées, selon la classification APG III de 2009*.

 

ZZ5 Ruine de rome%[redim]

  • Étymologie

Du latin Cymba = nacelle par allusion à la forme concave des feuilles ; Muralis = murs.


  • Description

Plante vivace à tiges filiformes et retombantes, glabres.

 

ZZ2 Ruine de rome


 

*       Les feuilles, à long pétiole, alternes, à limbe presque arrondi ont 5 à 7 lobes, avec une base en cœur. Les nervures sont disposées en éventail. Les feuilles sont souvent marginées de pourpre.

 

ZZ1 Ruine de rome


 

*       Les fleurs sont violet pâle avec un palais jaune. Elles sont portées par un pédoncule long et glabre, à l’aisselle des feuilles. La corolle est en forme de tube muni de deux lèvres, avec un éperon, plus court que la corolle et contenant le nectar. La lèvre supérieure est bilobée et dressée, l'inférieure trilobée avec une base présentant deux bosses colorées en jaune. Elles présentent 4 étamines soudées à la corolle, groupées en deux paires de taille différente.

 

ZZ6 cymbalaire fleurs


 

  

 

*       Le fruit est une capsule presque sphérique s'ouvrant au sommet par 3 dents. Celle-ci contient des graines marquées de crêtes sinueuses. Après la floraison, le pédoncule de la fleur s’allonge, phénomène appelé accrescence, et se recourbe pour que la capsule s'introduise dans les interstices des pierres.

 

ZZ4 Ruine de rome ff%[redim]


 

*       Floraison d'Avril à Octobre.


ZZ3 Ruine de rome

 


 

*       La pollinisation est assurée par les insectes (elle est entomogame) mais il arrive que les fleurs s’autofécondent également (dans ce cas on dit que la pollinisation est autogame).

 


 

QUELQUES NOTES :


- *La classification APG III (2009), ou classification phylogénétique, est la troisième version de la classification botanique des angiospermes établie par l'Angiosperms Phylogeny Group. C'est la classification botanique la plus importante aujourd'hui. Elle est construite sur l’étude de deux gènes chloroplastiques et d’un gène nucléaire de ribosome,  ces données sont complétées dans quelques cas par d'autres données.


-Une fleur nommée Cymbalaris ou Cymbalaria est décrite dans l'Herbarius du pseudo-Apulée.

Il s’agit d’un herbier illustré d'origine grecque, compilé en latin au IVe siècle. Il est attribué à Sextus Apuleius Barbarus et décrit 131 plantes en précisant leur usage médical ainsi que la façon de les utiliser. Cet ouvrage a connu une importante diffusion en Europe et au proche-Orient. Il fut traduit, copié et recopié par des générations de scribes jusqu'à l'invention de l'imprimerie. Autour de 1481 parut sa première version imprimée, ce qui en fit le tout premier herbier totalement illustré et imprimé.

 

zz0 ruine de rome


- Le déclin de l'Empire romain, aussi appelé chute de l'Empire romain se rapporte à l'effondrement de l'Empire romain d'Occident. La date du 4 septembre 476, date de l'abdication de Romulus Augustule, dernier empereur de l'Empire romain d'Occident est souvent citée. Les raisons du déclin de l'Empire romain font l'objet d'un certain nombre de théories controversées et beaucoup d'historiens remettent en question la notion même de «chute». L'absence de données objectives de la part des chroniqueurs qui vécurent cette période si troublée explique le grand nombre de théories développées. Mais notre jolie cymbalaire n’y est jamais mise en cause !!

 

 

ZZ8 rome en ruine

 

 

                                                   Christianne

photos Joanny et Christianne.

 


 

 


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Les tulipes sauvages

8 Décembre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

 

Historique de la tulipe


La tulipe figure parmi les fleurs les plus connues et les plus courantes dans nos jardins ou chez le fleuriste. Pourtant son histoire est tout à fait romanesque…


TTS mozaiquesIl était une fois une petite fleur toute simple qui poussait, à l’état sauvage, dans les Montagnes du Pamir, au pied de la chaîne de l'Himalaya. La contrée étant sous la domination du vaste empire ottoman conquis par le turc Suliman le Magnifique, les précieuses fleurs arrivèrent à Constantinople comme tributs des provinces soumises.

 

Les jardiniers furent séduits par la belle et elle devint pendant longtemps, l'apanage des riches jardins d’Istanbul.

 

La fleur devint même l'emblème des sultans de plus hautes lignées. Les mosaïques turques en témoignent.

 

Le commerce de cette fleur était jalousement interdit. Mais au XVIème siècle, alors que Constantinople devenait un carrefour incontournable du commerce, de nombreux visiteurs étrangers découvrirent cette fleur si secrète.

Très vite, le renom de la tulipe dépassa les frontières de la capitale ottomane pour parvenir à l'oreille des princes d'Europe. Ainsi de simple et modeste, notre tulipe devint précieuse et convoitée.

TSS première tulipe

 

 

 

 

 

Le botaniste suisse Conrad GESSNER publia en 1561 la première illustration de la tulipe.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

TSS C de l'Ecluse

 

 

 

Le botaniste Charles de l’Ecluse, publia la première diagnose (description méthodique permettant de la caractériser sans ambiguïté). En 1593, il obtint un poste de Professeur de Botanique à l’Université de Leiden où il contribua à créer un des premiers jardins botaniques en Europe. Clusius posa les fondations de la culture et de l’industrie de la tulipe et des bulbes en Hollande telle que nous la connaissons aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

N’oublions pas un des personnages essentiels de l’histoire des tulipes, Ogier Ghislain de Busbecq. Ecrivain et herboriste flamand, il fut aussi l’Ambassadeur de l’Empereur autrichien Ferdinand Ier à Istambul. Il est responsable du nom donné aux tulipes aujourd’hui. Il a en effet, confondu la traduction du mot décrivant la forme de la fleur – «Tulipam » (signifiant Turban) – et le nom donné à la fleur. Les Turcs appelaient cette fleur «laleh», un nom emprunté à la langue Perse. Lorsque l’erreur fut identifiée, il était déjà trop tard et cette fleur conserva ainsi son nom de tulipe.

 

Cette plante fut à l'origine de la tulipomania en Hollande au XVIIe siècle, première bulle spéculative et financière de l'histoire. Elle finit, comme toutes les bulles financières, par un grand « crash » et la ruine des spéculateurs.

 

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Mais la tulipomania n’a pas quitté la Hollande, le printemps couvre le pays de milliers de champs colorés.

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A notre époque


Quant à la tulipe sauvage de France, on ne sait pas exactement comment elle est arrivée dans nos prairies. On pense qu’elle a été mélangée avec des bulbes de safran ou avec les pieds de vignes lors des invasions sarrasines du milieu du IXème siècle. Ou bien elle aura été naturalisée au XVIème siècle, à partir d’espèces cultivées.

 

TSS KEUKONOFF%[redim]

 

Actuellement, les tulipes sont protégées sur tout le territoire national, mais comme elles poussent le plus souvent dans les terres cultivées (céréales, vignes..), les arrêtés de protection sont totalement inefficaces. Depuis les années soixante, les tulipes disparaissent à une vitesse incroyable, elles sont victimes de leur beauté et sont surtout cueillies ou arrachées. Mais elles sont aussi victimes de l’urbanisation, des désherbants et des pesticides......

 

La protection des tulipes ne sera bientôt plus un problème car il n’y aura plus rien à protéger.


Les survivantes


Il reste quatre espèces présentes dans quelques regions de France et un peu plus dans nos régions alpines, mais plus pour longtemps. Le seul espoir, c’est que les conservatoires botaniques qui tentent de cultiver et de multiplier les rescapées, réussissent dans leur entreprise de réintroduction.


J’ai eu la chance de rencontrer une des rescapées dans nos prairies hautes savoyardes,


C’est Tulipa sylvestris ssp syvestris


TSSIMGP1112 tulipa sylvestris 5

Présente dans toute la France, mais en raréfaction.

·      Assez grande tulipe, inclinée avant la floraison.


TSS Tulipa sylvestris 1

·         Corolle jaune, verdâtre extérieurement.

·         Étamines à filets poilus.

TSSIMGP1114 tulipa sylvestris 4

Elle a une cousine Tulipa sylvestris ssp australis , plus meridionale


TSA Tulipa sylvestris subsp australis

·         Petite tulipe, inclinée avant la floraison.


TSA 01

·         Corolle jaune, orangée extérieurement.

 

TSA 04

·         Étamines à filets poilus.

 

Alors si vous rencontrez une tulipe sauvage, n’y touchez pas !!

 

                                               Christianne, grâce à Sylvie

 

photos internet,Sylvie,Christianne.

 

 


 

 

 

 

 

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J.J. ROUSSEAU, lettre de botanique III

4 Décembre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Jean a lu pour nous la troisième lettre de botanique de JJR

la voici

 


Lettre III (mai 1772) :


img001

 

Mentionnant en premier l’herbier qu’il a fait parvenir à Julie DELESSERT et à sa fille Madelon, JJR en profite pour faire passer son principe éducatif de faire par soi-même, (l’autodidacte n’est jamais loin !).  Il lui rappelle aussi que

 

 

«cette douce et charmante étude qui remplit (par) d’intéressantes observations sur la nature, ces vides du temps que les autres consacrent à l’oisiveté ou à pis ». 


FAB-trifolium pratense


Si son intention avouée dans cette 3ième  lettre est de décrire six familles de plantes pour familiariser ses élèves avec la structure générale des parties caractéristiques des plantes, il insiste pour la mettre en garde contre la lecture de livres de botanique : « avec beaucoup de noms vous aurez peu d’idées, celles que vous aurez se brouilleront, [...] et n’aurez tout au plus qu’une connaissance de mots ».



FAB-JJR jeune et beau


« Chère Cousine, je suis jaloux d’être votre guide dans cette partie [...] ayez la patience de ne lire que dans celui (le livre) de la nature, et de vous en tenir à mes lettres ».


Lire dans le livre de la nature implique observation et expérimentation : sa chère Cousine et la petite Madelon ne risquent pas de l’oublier !

Cette 3ème leçon porte donc sur les POIS – nous sommes en mai et ils sont « en pleine fructification ».

 Madelon est bien jeune et le potager offre maints et maints exemples pour herboriser, même si ce n’est pas la nature sauvage. Nous voici donc avecles Fabacées, pardon « les Papilionacées ou légumineuses » comme on les nommait au XVIIIème siècle.

 

Jardin des Charmettes, à Chambery :


FAB-2011 29.09 (13) [1024x768]

L’observation va du plus général au plus détaillé et permet d’abord de constater que les fleurs de papilionacées  ne sont pas régulières (comme dans les précédentes familles) et ces fleurs irrégulières sont  «d’une construction fort particulière » et il faut «avoir plusieurs fleurs de pois et les disséquer successivement pour observer toutes leurs parties l’une après l’autre, il faut même suivre le progrès de la fructification depuis la première floraison jusqu’à la maturité du fruit ».


Papilionacée très courante : le genêt des teinturiers :

 

genista-tinctoiria-01.JPG

Ainsi en disséquant, elles verront que le calice est monophylle –d’une seule pièce- avec

5 pointes, 2 larges en haut et 3 plus étroites en bas ;


que la corolle se compose d’un Etendard (ou papillon) «tel un parapluie pour garantir ceux qu’il couvre des principales injures de l’air »,

de deux pièces latérales, les Ailes, enfin d’une dernière « pièce qu’à cause de sa forme on appelle la Nacelle [ qui est] comme un coffre-fort dans lequel la nature a mis son trésor à l’abri de l’air et de l’eau » .


Actuellement on ne parle plus de nacelle mais de carène

 

FAB-fleur pap

 

  

Ce trésor donnera la gousse : à ce propos JJR fait observer la différence entre une gousse et une silique. Et là, abandonnant toute rigueur, il ne peut qu’admirer le soin qu’a pris  "le Suprême Ouvrier" pour protéger "la fructification des plantes qui servent à la nourriture de l’homme et des animaux "!


Il ne lui reste plus qu’à énumérer quelques exemples «d’une des familles des plantes les plus nombreuses et les plus utiles » : le Trèfle des prés, les Fèves, les Genets, les Luzernes, ainsi de suite ; il y même des arbres, l’Acacia «qui n’est pas le véritable acacia ».

FAB-gousse

La lettre s’arrête assez brusquement !

Comme notre article………….

                                                                 Jean

 

A suivre

images empruntées à Internet, merci Internet

 


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