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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Articles récents

Une bien belle rencontre,

11 Octobre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties

 

Mi-juin de l’an de grâce 2003, Nicole et moi prenons quelques vacances pour randonner dans les environs de Barcelonnette.

Après quelques crapahuts dignes de ce nom, nous décidons de nous accorder une journée plus « cool »  (510 m de dénivelé seulement …) en suivant le canal de Débalens situé sur le versant ouest de la montagne faisant face à Saint Paul en Ubaye.

 

la vallée des bouchiers

 

 

 

Pour l’irrigation des prés de fauche au lieu-dit les Bouchiers, réputés très secs car situés sud/sud-ouest, une famille de paysans avait, au prix d’un dur labeur, creusé un long canal (plus d’1,5 km) au travers d’une forêt très pentue pour recueillir l’eau précieuse dans le vallon des Mastrettes.

 

 

 

 

 

 

 

La petite balade qui au départ devait être tranquille, s’est vite transformée en galère pour trouver un sentier non entretenu et visiblement peu fréquenté.

 

St Paul

 

 

 

 

 

Enfin, après beaucoup d’efforts nous arrivons à dénicher le fameux canal.

Au vu de l’ouvrage réalisé et en imaginant les travaux entrepris, on se dit que nos ancêtres étaient de fameux (et ingénieux) gaillards pour oser s’attaquer à la pelle et à la pioche à un tel chantier, d’autant que dans le cas présent seuls quelques membres d’une famille, les Débalens, ont participé à sa réalisation.

 

 

 

 

 

 

 

Ce devait vraiment être une question de survie …

   

Ce canal est loin d’être unique. Aux siècles précédents, ce mode de transport de l’eau était fréquemment utilisé en montagne ; il en existe de nombreux en Suisse voisine qui portent  le nom de Bisses dont certains sont pour le moins impressionnants.


automne-foret.JPG

 

 

 

 

Après avoir suivi cet ancien canal, nous débouchons sur un champ surplombant la vallée de l’Ubaye ; la vue est magnifique depuis l’orée du bois. Nous décidons donc de faire une petite halte d’autant que midi sonne au clocher de St Paul.

 

 

 

 

 

 

En déballant le pique-nique je lève la tête en direction du sous-bois et c’est alors, que, entre les broussailles, j’aperçois à une vingtaine de mètres la tête caractéristique d’une chevrette (femelle du chevreuil) qui me surveille.

 

 

img020Très discrètement j’entreprends d’équiper mon appareil photographique d’un zoom longues focales pour immortaliser l’évènement.

Quelques instants plus tard, la chevrette commence à se déplacer latéralement. Prudemment j’avance dans sa direction pour essayer de la photographier dans de meilleures conditions. L’entreprise n’est pas facile car les obstacles sont nombreux.

 

 

img019Je continue à avancer vers celle-ci ; elle s’éloigne un peu, puis s’arrête et me regarde. J’avance de nouveau, elle repart puis stoppe pour m’observer. Je commence à être intrigué par ce comportement inhabituel.

Rapidement je n’aperçois plus l’animal et continue à avancer lentement.

 

 

Quelques instants plus tard, je comprends le stratagème de la chevrette, car ô merveille, à une dizaine de mètres, je découvre un jeune faon qui, visiblement inquiet, cherche sa mère. A cet instant il constate ma présence et se dirige alors vers un pin tout proche.

Je redouble de prudence et continue à progresser le plus discrètement possible.

 

Arrivé à 7 ou 8 m environ de l’arbre, je stoppe net, subjugué par le spectacle qui m’est offert. Deux magnifiques petits faons sont tapis côte à côte au pied de l’arbre. Ils sont parfaitement immobiles.

 

Faon2w


J’essaye d’avancer encore un peu tout en craignant qu’ils prennent la fuite. Etant mal placé pour faire des photos, je m’approche encore mais me déplace surtout latéralement pour mieux les observer. Je veille cependant à laisser un minimum de 5 m entre eux et moi.

Là, le cœur battant, je fais rapidement quelques clichés. Surpris de ne pas les voir bouger je les observe plus longuement et fais signe à Nicole de me rejoindre pour admirer le spectacle.

 

En les observant plus longuement au travers de l’objectif, je constate qu’hormis leurs yeux qui sont grands ouverts, seuls de petits mouvements des naseaux permettent de voir qu’ils sont en vie.

Nous ne nous attardons pas plus longtemps pour ne pas les déranger et surtout en espérant que leur mère vienne rapidement les rejoindre.


 

Faon1w

 

 

Nous repensons souvent à l’intense bonheur éprouvé en observant ces petites bestioles sans défenses. Pourtant elles savaient déjà comment faire pour passer inaperçues pendant que leur mère cherchait de son côté à éloigner le danger de sa progéniture.


Si le début de la journée avait été particulièrement harassant, il va sans dire que cela a été très largement compensé par le spectacle auquel il nous a été permis d’assister.


En narrant cet épisode à un voisin chasseur et en lui montrant les photos il nous a confirmé que les faons étaient âgés de 2 jours tout au plus, ce qui nous fait mesurer plus encore la chance qui nous a été donnée ce jour-là de pouvoir les observer de si près !

Nul doute que cela ne se reproduira pas …

 

 

                                                                                                          André

Photos d'André

 

 

 

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Sorties d'automne

4 Octobre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties

 

 

Malgré la fin de floraison de la plupart des taxons, l’automne n’arrête pas les botanistes du Groupe Nature de Gruffy.
Sylvie et Joanny ont trouvé des coins de Savoie et de Haute Savoie où découvrir encore de belles inconnues.   

La Spiranthes spiralis  a été vraiment la star de cette fin d’été, nous vous l'avons présentée sur ce blog.

 

Voici quelques photos souvenirs de nos randonnées.

 

201 Bot. Les Mottets

 

 

 

Au Bourget du lac, les plantes de zones humides nous intéressent, les joncs en particulier.

 

 

202 Bourget 02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

203 Bourget

 

 

 

 

 

 

 

Mais aussi les envahissantes venues d’ailleurs  qui colonisent rapidement tous les espaces en friches (ou pas).

Vous les connaissez??


 

Séneçon du Cap, Impatience de l'Himalaya, Conyze du Canada, Solidage du Canada, Aster de Nouvelle Belgique, Renouée du Japon...

 

 

Découverte du château de Thomas II, au Bourget du lac 204

et de son petit jardin. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

205 IMGP6352 [1024x768]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec des «coccinelles» noires à points blancs accompagnées d’insectes un peu plus gros, noirs et verts qui semblent être des Nezara virudula, punaises vertes ponctuées, (d’origine africaine) à différents stades larvaires.

 

205

 

 

 

 

 

Les bords du Fier sont riches de spécimens … de grandes tailles et d’envahissantes bien connues, encore elles. Le bord Sud du Massif du Parmelan et  la Tête à Turpin nous dominent.

 

 

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Cela n’empêche pas les agapes sympathiques et chaleureuses !! Merci Marinette


 

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Dans un petit village de Savoie à la recherche de la Spiranthe, les botanistes explorent et après la découverte, une photo des heureux chasseurs de trésor s’impose !

 

 

 

 

On a trouvé des spiranthes en Haute Savoie aussi !

en voici une très belle, photographiée par Jacques

211 Spiranthes spiralis Les Dronières 74 redimensionner

 

 

 

Repas au bord du petit lac de La Thuile

209

 

 

 

 

Il y a aussi de grands et beaux arbres à photographier, la prise de vue en hauteur est nécessaire

210

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les étangs de Crosagny ont aussi leurs attraits avec cette belle lumière automnale qui allonge les ombres et dore la végétation.


211 Crosagny

 

 

 

 

 

 

 

Pause auprès de leurs eaux calmes, enfin presque, les poissons qui les hantent se rapprochent dès qu’on leur jette quelque chose à happer, ils sont nombreux

 

212 Crosagny

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours la flore à la main, même les talus intéressent les botanistes !

 

213 Crosagny

 

 

 

214 Crosagny

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La saison en extérieur des botanistes tire à sa fin, nous allons devoir nous plonger dans nos livres et "réviser nos fondamentaux" en attendant le printemps.

Merci à nos mentors, Sylvie et Joanny, à notre "écrivain" Jean, à tous nos photographes, en particulier André et Jacques et à tous les membres du groupe pour tous ces moments joyeux de communion paisible avec la nature.

 

                                                                                                  Christianne

 

Photos d'André, Jacques, Nicole, Mireille............

 

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Lettres sur la Botanique J.-J. ROUSSEAU

25 Septembre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

CORRESPONDANCE AVEC Mme DELESSERT  (1771 -1773)

 

Jean-Jacques ROUSSEAU - 1712-1778

 

 img001       En cette année anniversaire de la naissance de l’illustre Genevois, Jean a lu pour nous de nombreux ouvrages du philosophe en s’attachant à Jean-Jacques Rousseau, botaniste. On découvre cette facette du philosophe surtout dans sa correspondance avec sa chère cousine, Mme Delessert.

 

 

 

En effet, lorsqu’en 1771 Mme Delessert écrit à JJR qu’elle aimerait bien que sa fille Madelon, reçût quelques rudiments en botanique, JJR s’empressa d’y répondre favorablement. Ce fut l’objet de 8 lettres s’étendant d’août 1771 au printemps 1774. Elles furent publiées sous le titre Lettres élémentaires sur la botanique à Mme de L***, peu après la mort du philosophe.

 

Voici une série d’articles, reprenant la chronologie des leçons de botaniques de JJR qui nous permettront de vous faire découvrir que la démarche de JJR, botaniste du XVIIIème siècle, n’est pas si éloignée de la nôtre. On peut dire que JJR est en avance sur son temps. Vous découvrirez aussi quelques citations de JJR choisies par Jean dans cette correspondance. Joanny illustrera notre propos. (Les citations sont tirées es Lettres sur la Botanique, sauf mention contraire)

 

 

Mais en préambule, Jean Jacques parle de lui et de son intérêt pour la botanique dans plusieurs ouvrages Rousseau juge Jean-Jacques (1772- 1776), Les Rêveries du Promeneur Solitaire Les Confessions., Fragments de botanique...., tard dans sa vie, après avoir été contraint de fuir la société des humains suite à la condamnation de ses livres philosophiques, et à la menace du décret pris contre lui.

 

«La contemplation de la nature eut toujours un très grand attrait pour son cœur : il y trouvait un supplément aux attachements dont il avait besoin ; mais il eût laissé le supplément pour la chose, s’il en avait eu le choix et il ne se réduisit à converser avec les plantes qu’après de vains efforts pour converser avec des humains ».

 

Et si cette longue conversation avec les plantes lui permettait, à nouveau, de converser avec des humains ?

 

Maison natale de JJR, à Genève

 

maison natale de JJR à Geneve, gde rue

 

Lettre I août 1771, première leçon de botanique

 

S’adressant à des débutantes, mère et fille, il n’oubliera pas qu’il faut se mettre à leur portée, utiliser un langage simple avec aussi peu de mots savants que nécessaire ; que le meilleur mode de connaissance est l’observation directe de la plante, au contact de la nature :

«Le botaniste ne souffre point d’intermédiaire entre la nature et lui » (dans Fragments de Botanique).

Il faut commencer simple et ménager une progression vers le plus complexe.

Il commence par la description des différentes parties d’une plante : racine, tige, branches feuilles, fleurs et fruits. Les « Pétales de la Corolle » sont faciles à observer ...

 

Ensuite on observe le Pistil,

« petite colonne attachée tout au fond qui pointe directement vers le haut » et se divise en 3 parties, et les étamines avec leurs filets et anthères « avec une poussière jaune très odorante, qui n’a point de nom français, chez les botanistes on l’appelle le Pollen, mot qui signifie poussière ».

 

 

Faisons comme JJR mais avec les moyens du XXIème siècle

Fleurs

cerisiers

 

1 - Pédoncule floral.

2 - Réceptacle floral : extrémité plus ou moins dilatée du pédoncule portant les pièces florales.

3 - Sépale : une des pièces formant le calice, enveloppe extérieure de la fleur généralement verte.

4 - Pétale : une des pièces formant la corolle, enveloppe intérieure généralement colorée.

5 - Périanthe : Ensemble du calice et de la corolle.

6 - Ovaire : partie inférieure du pistil qui contient les ovules*.

7 - Style : filet reliant le stigmate à l’ovaire.

8 - Stigmate : sommet glanduleux du pistil, il a pour rôle de capter les grains de pollen.

9 - Pistil : organe femelle comprenant ovaire, style et stigmate.

10 - Filet : partie inférieure de l’étamine supportant l’anthère.

11 - Anthère : partie terminale de l’étamine renfermant le pollen constitué de deux loges.

12- Etamine : organe sexuel mâle de la fleur produisant le pollen.  

 

* - Ovule élément globuleux dans lequel se différencie le gamète femelle qui donnera après fécondation, la graine.

 

 

Cela permet d’introduire la notion de classification suivante : Polypétales et Monopétales. Nous disons, au XXIème siècle, dialypétale et gamopétale.

 

 

  • Dialypétale : corolle avec des pétales libres, séparés les uns des autres jusqu’à la base et se détachant un par un (définition de Jeanne Covillot).

          Exemple d'une fleur dialypétale, l'onagre (01 fleur, 02 fruit)


dialypétale

 

 

  • Gamopétale : corolle dont les pétales sont soudés au moins à la base, la corolle se détache d’une seule pièce (définition de Jeanne Covillot).

          Exemple d'une plante gamopétale, la digitale (01 fleur, 02 fruit)


gamopetale-copie-1.JPG

 

 

Il voulait aussi arracher la connaissance des plantes au savoir livresque des facultés de médecine, et boutiques d’herboristes ou apothicaires qui ne voyaient dans les plantes que source de médications : 

 

«Le premier malheur de la Botanique est d’avoir été regardée dès sa naissance comme une partie de la Médecine [....] On ne cherchait des plantes que pour trouver des remèdes, on ne cherchait pas des plantes, mais des simples ». 


dans Fragments pour un dictionnaire des termes d’usage en Botanique.   Voir aussi la 7ième Promenade, dans Les Rêveries du promeneur solitaire.

 

0051 P1020339 [1280x768]

 

                                              Jean et Joanny

 


à suivre........................

 

Photos d'André

 

 

 

 

 

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Spiranthe d'automne

19 Septembre 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

 

Spiranthe d’automne, Spiranthes spiralis (L.) orchidacées

 

Découverte avec Sylvie dans les prairies de Savoie, près du lac de La Thuile. 

Voilà encore une orchidée assez rare et une chance pour nous, elle pousse en automne, saison où il ne reste plus beaucoup de prairies fleuries à arpenter.

Spi 01w

 

Description

 

Plante grêle, 4-30 cm.

Tige vert grisâtre, pubescente.

Feuilles de l’année disparues.

 


3-7 feuilles de l’année suivante, glabres,  glauques, ovales, 2-3.5 cm, en rosette à coté de la tige fleurie.


* Tiges munies d’écailles foliacées, aigues engainantes.


Spi 08w

* Bractées 6-7 mm, pubescentes, dépassant l’ovaire.

* Inflorescence sérrée, héliocoïdale, 3-15 cm.


Spi 03w


* 6-30 petites fleurs, blanc verdâtre, parfumées.

 

 

Sépale dorsal et pétales formant avec le labelle un tube campanulé

Sépales latéraux étalés

Labelle 6-7 mm jaune verdâtre bordé de blanc, ondulé

Ovaire dressé, sessile, pubérulent.

 

 

Spi 12w

 

Pas d’éperon

 

Spi 11w

 

Habitat


 

En pleine lumière, prés secs mais humides en hiver, pelouses friches en plaine jusqu'à 1000 m.

 

Spi 13w

Post scriptum

 

Dans  Etonnante flore de Bretagne, de Daniel Alliare, édition Cristel, l'auteur raconte :

 

D'abord appelée "herbe de fourvoiement" au XIIème siècle ou herbe d'égarement en Bretagne, elle posséderait le redoutable pourvoir de faire perdre la direction ou de faire revenir sur leur pas ceux qui marchent dessus.

 

Nous nous sommes tellement agenouillés devant elle, nous sommes tellement extasiés devant sa beauté, son labelle blanc délicatement ondulé, ses spirales vert gris légèrement duvetées, sa petite rosette de feuilles d'un joli vert "glauque", qu'elle n'a pas pu nous jeter un sort !!

 

De plus, nous reviendrons volontiers sur nos pas, pour la revoir l'an prochain.

 

 

                                                                                                      Christianne

Photos d'André.

 


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La parnassie des marais, un petit chef d’œuvre !

30 Août 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

 

 

Elle est à examiner de près !

parnassia palustris 1

 La parnassie des marais (Parnassia palustris L.) est le seul représentant en France du genre Parnassia, lui-même membre de la petite famille des parnassiacées, proche des saxifragacées. La plante tirerait son nom du fait que les Anciens la trouvaient si belle qu’elle devait forcément venir du Parnasse *.


C’est une plante vivace qui pousse en montagne, dans les tourbières, les lieux marécageux, au bord des ruisseaux. Elle fleurit de la fin juillet au début de l’automne. Les feuilles sont presque toutes basales, à long pétiole, à limbe cordé un peu charnu.

On peut aussi trouver une feuille caulinaire embrassante. La tige, érigée et glabre, mesure entre 5 et 40 cm, et porte une seule fleur.


Description de la fleur

  • Calice vert, beaucoup plus petit que la corolle, à cinq sépales.
  • Corolle blanche, à cinq pétales à nervures translucides.

 

parnassia palustris 2

 

L’une des particularités de la plante est la présence, à l’intérieur de la fleur et à la base de chaque pétale, d’une écaille jaune-vert clair (on parle aussi de staminode* ou d’étamine stérile) portant de nombreux cils glanduleux jaunes (à peu près une douzaine par écaille).

 

 

Parnassia palustris 0005 [1024x768]

Les cinq étamines (éléments mâles de la fleur), munies d’anthères, se recourbent sur le pistil (élément femelle de la fleur) en début de floraison.


 

Parnassia palustris 0004 [1024x768]

 

Le pistil est constitué de quatre carpelles fusionnés, il ne porte pas de style, mais seulement quatre stigmates sessiles. Si l’on observe attentivement différentes fleurs de Parnassie, on pourra constater des différences significatives dans l’aspect et la position des étamines (éléments mâles de la fleur).


Parnassia palustris 0008

 

 Ces différences d’anatomie proviennent d’un dispositif particulier : la protandrie*. Celle-ci favorise la fécondation croisée* chez cette fleur.


La pollinisation de la Parnassia palustris et principalement le rôle des staminodes ont fait l’objet d’interprétations diverses plus ou moins fantaisistes. Une théorie développée dans les années 2000 suite à différentes études, semble être maintenant admise.

La voici.


La fleur de Parnassie est donc protandre, cela implique la mise en place d’une stratégie pour attirer les hyménoptères concernés et faciliter le transport des grains de pollen vers d’autres fleurs.

Les cinq staminodes (ou étamines stériles ou écailles) de la Parnassia palustris, agissent à la fois comme fausses et véritables nectaires. Elles attirent les pollinisateurs avec leurs extrémités bien visibles mais non-gratifiantes et elles produisent également du nectar à la base.

 

La fausse autopollinisation des Parnassies :


1 les étamines à déhiscence dorsale se courbent l’une après l’autre vers le pistil d’une jeune fleur dont les stigmates ne sont pas encore développés.

2- un hyménoptère attiré par le nectar capte le pollen sur sa face ventrale

 

Parnassie stade mâle

 

 


   3- L’insecte dépose le pollen sur le stigmate réceptif d’une autre fleur plus âgée. Les étamines de celle-ci ont repris leur position initiale mais ont perdu leurs anthères.

 

parnassie stade femelle


 

 

Parnassia palustris 0013 [1024x768]

  Sur cette photo, on voit les étamines ayant perdu leurs anthères et le pistil muni de ses stigmates.


Le fruit est une capsule, ses graines sont facilement disséminées par le vent et l’eau. Elles sont très légères en raison d’une poche membraneuse remplie d’air qui est fixée à leur surface

 

Utilisation :

Cette plante modeste était cueillie à la floraison, puis séchée. Elle contient des tanins et peut être d'autres principes actifs inconnus. Comme remède de grand-mère, les personnes sujettes à l'angoisse la prenaient pour ralentir les battements du cœur, diminuer la nervosité et l'inquiétude. On relate aussi son application lors de crises d’épilepsie, et d'anciens herbiers la recommandent pour des affections hépatiques.

 

                                              Joaanny                                

 

Photos de Jacques

 

*Le nom Parnasse est, à l'origine, celui d'une montagne de Grèce. Dans la mythologie grecque, ce mont Parnasse était, comme Delphes, consacré à Apollon et aux neuf Muses, le lieu sacré des poètes. Le Parnasse devenu le séjour symbolique des poètes, fut finalement assimilé à l'ensemble des poètes, puis à la poésie elle-même.


*Staminode, en botanique, un staminode est une étamine stérile ou avortée, souvent rudimentaire. Elle ne produit pas de pollen. Les staminodes sont souvent discrets et ressemblant aux étamines, habituellement disposés en verticille dans la corolle de la fleur, mais aussi parfois assez longs pour en dépasser. Quelquefois, les staminodes sont modifiés pour produire de nectar.

 

*Protandre, qualifie une fleur dont les organes mâles sont matures et fonctionnels avant les organes femelles. Une fleur protandre bien qu'anatomiquement hermaphrodite est donc à un moment donné physiologiquement unisexuée : d'abord mâle puis femelle. La protandrie favorise l'allogamie ou fécondation croisée.

 

* Fécondation croisée, généralement réalisée par les insectes butineurs, correspond à la fécondation entre deux individus distincts. Darwin a insisté sur l’utilité de la fécondation croisée, elle maintient le type moyen de l’espèce.

 

 

                                             Joanny

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Goodyera repens

18 Août 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

Goodyère rampante, Goodyéra rampante

Quel drôle de nom ! En fait, ce genre est dédié à J. GOODYER, botaniste anglais (1592-1664)

 

Goodyera repens (L.) R.Br. Orchidaceae

Classification :

Règne     : Plantae

Famille   : Orchidaceae

Genre    : Goodyera

Espèce  : Goodyera repens (L.) R.Br.


Goodyera repens 0006 Ponnay 74 redimensionner

 

 

Nous avons découvert cette orchidée au pied des dents de LANFON, sous les Pins. Les feuilles en rosette sont nombreuses et poussent parmi les mousses et les aiguilles de résineux.

 

IMGP5644--1024x768-.JPG


Description et particularités : 

Plante grêle, vivace, haute de 6-25 cm.


·         Tige vert pâle, pubescente au sommet (les orchidées pubescentes sont très rares).

 

Goodyera repens 0001 Ponnay 74 redimensionner


·         Feuilles basales en rosette, ovales, pétiolées plus ou moins marquées de nervures blanches réticulées* (Ce type de structure de nervures en réseau est inhabituel chez les Orchidacées).

 

Goodeyera repens 10

 

·         Quelques petites feuilles caulinaires embrassantes.


·         Inflorescence assez dense, unilatérale, 3-5 cm


Goodyera repens 0017 Ponnay 74 redimensionner


·         Fleurs (5-30), horizontales, odorantes, pubescentes en dehors.

 

Goodyera repens 0011 Ponnay 74 redimensionner

·         Pas d’éperon


Répartition :


Assez présente sur le sol Français, elle est toutefois protégée dans plusieurs régions de l’hexagone.

 


* Réticulé, désigne un type de "nervation"à nervures nombreuses entrelacées comme les mailles d'un filet.


Les pneus, c’est GOODYEAR !

 

                                             Christianne

 

 

Photos de Jacques et Christianne


 

 


 
   

 
   
   
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Acanthe

28 Juillet 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Fiches techniques

Une amie m’a donné un pied d’acanthe, son jardin étant envahi par cette fleur méditerranéenne qui nous fait la joie de bien pousser à St Jorioz. La bouture s’est acclimatée sur mon balcon, dans une grande jardinière mais réclame de fréquents  arrosages.

01

 

 

 

 Je l’ai regardée se développer et j’ai pu examiner sa fleur en détail car celle-ci est vraiment particulière. De plus, ses feuilles sont un symbole de l'art, elles sont présentes dans l’architecture depuis la Grèce antique et on les retrouve souvent dans les sculptures de différentes périodes.

 

 

 

Voici quelques précisions et quelques photos pour illustrer mon propos.

 

 

 

 


L’acanthe est une plante méditerranéenne dotée d’une floraison de toute beauté durant tout l’été. Ses grands épis de fleurs roses, mauves ou blanches conviennent parfaitement aux massifs de fleurs et sont très présents dans les villes du Sud de la France. 


02

 

Les Acanthes sont un genre (Acanthus) de plantes vivaces de la famille des Acanthacées comprenant une trentaine d'espèces originaires surtout d’Eurasie et d’Afrique.

 

Botanique

 

Nom présent dans la flore de Coste : Acanthus mollis Linné

  • Plante vivace de 30-80 cm. pubescente, à tige robuste, simple, arrondie ;

03

  • feuilles opposées, les inférieures pétiolées, très grandes (30-60 cm. de long), molles, pennatifides, à divisions larges, lobées-dentées ;

 

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  • fleurs blanchâtres à nervures purpurines, très grandes (3-5 cm. de long), sessiles en gros épis terminaux munis de larges bractées épineuses ;

  

10 

  • calice glabre, à 4 lobes inégaux, fendu presque jusqu'à la base en 2 lèvres ;
  • corolle unilabiée, à tube très court, à lèvre inférieure parcheminée, obovale-trilobée ;

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·  

 

  • 4 étamines didynames, à gros filets épais, à anthères uniloculaires velues ; style filiforme, stigmate bifide ;

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  • capsule glabre, ovale, à 2 loges et à 2-4 graines grosses.

 

09 bis

 

  • Lieux frais, çà et là dans le Roussillon, le Languedoc, la Provence ; Corse. Europe méditerranéenne ; Afrique septentrionale.

 

Sculpture et architecture

La feuille d’acanthe est le décor caractéristique des chapiteaux de l’Ordre corinthien. L'ordre corinthien est le dernier des trois ordres architecturaux grecs, dont le caractère est surtout déterminé par une grande richesse d’éléments et un chapiteau décoré de deux rangées de feuilles d'acanthe. Il a été inventé aux alentours de 380 avant J-C.

La feuille d’acanthe est aussi un des plus fréquents motifs des sculptures de l’art roman.

 

Quelques exemples photographiés en mai, dans le Sud de la France et à Barcelone.

  • Reste d'un temple romain dans le quartier gothique de Barcelone
  • 11Facade d'immeuble à Barcelone
  • P1000628

 

  • Eglise St Jacques, à Villefranche de Conflent, style roman du XI éme siècle
  • 12 église St Jacquesromane XI é siècle


 

Voilà, j'espère que ma belle acanthe resitera à l'hiver savoyard.

                                                                                   Christianne

 

Photos Marie Paule, Nicole et Christianne

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Maurienne, Bessans et vallée de l'Avèrole

6 Juillet 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Sorties

L'escapade du Groupe Nature de Gruffy

 

Mi-juin, le « Groupe Nature de Gruffy » découvre la flore de montagne, en  Maurienne, grâce à Sylvie.


La Maurienne est une vallée intra-alpine française où s'écoule la rivière de l’Arc, elle est située dans le département de la Savoie. Une bonne partie de la Haute-Maurienne,  est incluse dans le parc national de la Vanoise, premier Parc National en France (1963) qui touche le parc national italien du Grand Paradis.

 

01 la vallée de Bessans

Le nom Maurienne serait un dérivé du latin Malus Rivus, mauvais ruisseau, qui a évolué en mau riou/rien. En effet, l'Arc est une rivière connue pour ses crues.


L'Arc après Bessans, et la pointe de Charbonnel

40 l'Arc

Le groupe se rend à Bessans, petite station située sur le haut-plateau mauriannais (1750 mètres d'altitude), sur la route de Bonneval/Arc et du col de l’Iseran.

«Nous arrivons mercredi matin, sous la pluie. Plein de courage, nous collectons le long de l’Arc, de nombreux spécimens à étudier au sec. Premières découvertes sous la pluie :

Phyteuma ovatum

03 Phyteuma ovatum

Aquilegia atrata

 

03 Aquilegia atrata

Nous les retrouverons le lendemain et ainsi, nous avons pu les photographier !

 

 

Robert nous accueille dans son village de Bessans. Il nous trouve un abri dans la salle hors sac du foyer de ski de fond.

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Finalement, mercredi après-midi, la météo nous offre une belle éclaircie et nous explorons le Sentier Nature en compagnie de Robert, qui gère ce sentier botanique.

 

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Sylvie «détermine » et nous instruit.

Les photographes ne savent plus où donner de l’objectif.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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Des bistortes, des alyssons et des Apiacées partout, dans les prairies alentours et le long chemin, parmi tant d’autres...

Cerestium arvense ssp strictum

08 cerestium arvense ssp strictum

Astragalus alpinus

07ASTRAGALUS ALPINUS

Nous logeons au hameau du Villaron, dans un gite charmant et confortable, le gîte de la Batisse. Bon accueil, bon repas et bonne nuit.


 

10 gîte de la batisse

 

12 Bessans et env. 152 [1024x768]

Et même aubade jeudi matin, avant le départ pour la vallée de l’Avérole.

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Hameau de Villaron

09 le villaron

Nous allons explorer l'Avérole sur les deux rives, d’abord rive gauche. Les merveilles se suivent et sur l’autre rive des hameaux habités ( ?).  

 

20 Vincendières

Astragales, oxytropis et onobrychis rivalisent de couleurs, les dryades blanchissent les rochers. Des saules nains toisent les melèzes.


IMGP3828-sarix-herbacea-ssp-serpillifollia.JPG

 

mes préférées :

 

Ajuga pyramidalis

17 Ajuga pyramidalis

 


Pinguicula alpina

 

15 Pinguicula alpina

Nous regardons, examinons, 19regardons encore.... 


 

Nous longeons le torrent jusqu’au pont qui permet de le traverser.


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Ensuite « grimpette » jusqu’au refuge de l’Avérole au pied de la Bessanèse, cherchez bien, sa couleur se fond dans le paysage.


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Là nous découvrons  "la" rareté du jour, elle est merveilleuse !


Anthyllis vulneraria ssp guyotii,

 

 

25 anthyllis vulneraria ssp guyotii

 

mais elle n’est pas seule...........


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27 Gentiana acaulis (Son bleu et son velouté me fascinent !)


En descendant, nous traversons les hameaux aperçus le matin.

26 vincendières

Une belle surprise nous attend au pied d’un oratoire rustique et touchant, il est fleuri et la plante est rare !

Minuartia villarii

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31 minuartia villarii

Nous rentrons en Haute Savoie fatigués mais heureux, la tête pleine de fleurs et de paysages sauvages. La nature ne nous déçoit jamais".

                                                                          Christianne

Adresse du gîte de la Bâtisse :

lol.villaron@free.fr

06 82 97 59 62

                                                                              Photos Nicole, Mireille et Christianne.

 

 

 

 


 

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Les libellules

25 Juin 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Faune

Les libellules peuplent notre planète depuis la nuit des temps (-340 millions d’années). Elles sont d’abord géantes (jusqu’à 70 cm d’envergure) puis leurs tailles diminuent et elles deviennent ces "élégantes voltigeuses" qui animent nos étangs.

 

Le musée de Gruffy a organisé une sortie le 26 mai, aux étangs de Crosagny, sous la houlette de Marius Bonhomme, passionné par ces « filles de l’air ».

 

DSC03193 [1024x768]

Voici de belles rencontres avec les photos de Gilles, de Marius, de Maurice et de Françoise.


DSC03190 [1024x768]


 

                      Les odonates

 

 Les libellules appartiennent à l'ordre des odonates qui comprend des insectes prédateurs, carnassiers, carnivores, voire cannibales ! Leur vol est rapide ; chacune de leurs ailes (4) fonctionne indépendamment, alors ils peuvent voler aisément dans toutes les directions !

L'appareil reproducteur est situé à l'avant de l’abdomen.

 

On distingue :


*       les zygoptères qui ont les yeux sur le côté de leur large tête, les ailes verticales au repos ; ce sont les demoiselles. (Exemple l'agrion délicat)


Agrion délicat


agrion delicat zygoptère

 

Agrion jouvencelle

  agrion jouvencelle zygoptère

 

Caloptéryx splendide

 

caloptéryx splendide male zygoptère                        

*       les anisoptères dont les grands et gros yeux sont rapprochés sur la tête, et les ailes étalées au repos ; ce sont les libellules. (exemple la libellule à 4 taches)


Libellule à 4 tâches

 

libellule à 4 taches anisoptère

 

Leucorrhine douteuse


Leuchorrinia dubia (mâle) anisoptère

Pour connaître les secrets du «cœur d’amour», accouplement spectaculaire, ceux de la reproduction et de la vie larvaire des libellules, lire la Salamandre juin/juillet 2012 « les filles de l’air ».


1.2 Ceragrion tenellum ( marais de Giez -MP)

 

Vous y decouvrirez aussi de magnifiques photos.

                                      merci à Andrée pour ce bel article

 

 


 


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Renoncules

13 Juin 2012 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Une belle rencontre samedi en parcourant le Semnoz, deux renoncules qui se ressemblent beaucoup : La renoncule à feuilles d’aconit et la renoncule à feuilles de platane. Toutes deux ont des fleurs blanches.


La renoncule à feuilles d’aconit, Ranunculus aconitifolius, nous attendait au bord d’un ruisselet, près du Golet rond.

 

près du Golet Rond

Le nom du genre Ranunculus, dérivé du latin « rana » signifie grenouille car certaines espèces vivent dans les endroits humides. C’est le cas pour cette espèce que l’on trouve souvent en colonies, dans les lieux humides en montagne.

 

Les tiges sont à rameaux étalées.

 

IMGP3412 ranunculus aconitifolius

Les feuilles basales sont palmatiséquées*  3 à 5 divisions, dentées presque jusqu'au bout.

 

IMGP3415 ranunculus aconitifolius

Les pédoncules* sont 1 à 3 fois plus longs que les feuilles, poilus sous les fleurs.

 

Ren feuil aconit 01

 

La renoncule à feuilles de platane, Ranunculus platanifolius, s’était installée au sommet du Crêt de l’Aigle.


Espèce moins répandue que la précédente, elle est protégée en région Lorraine.

 

Les tiges sont à rameaux dressés.

 

IMGP3425 ranunculus platanifolius

Les feuilles basales possèdent  5-7  divisions soudées à la base.


IMGP3426 ranunculus platanifolius

Les feuilles caulinaires* supérieures s’allongent en une pointe non dentée.

Les pédoncules, 3 à 5 fois plus long que les feuilles, sont glabres* sous les fleurs.

 

IMGP3424 ranunculus platanifolius

 

 

 

                                                        Christianne


 

 

Palmatiséquée :

se dit d’une feuille lobée comme une main, les divisions s’étendant presque jusqu’à la base.

                                 Pédoncule : portion de tige supportant une fleur

                                 Caulinaire : qui s’attache à la tige

                                  Glabre : dépourvu de poil.

 

Photos André et Christianne

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