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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

La fougère des fleuristes

22 Avril 2011 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

Jean TRAVERS nous a déjà parlé de Laurent RASSAT, instituteur à Gruffy en 1875 et de sa découverte dans le Semnoz du buplèvre à grande feuille.


Aujourd’hui il nous raconte un épisode de la vie de son père Henri TRAVERS, celui qui fit don au Musée d’Histoire Naturelle de Gruffy d’un magnifique herbier.

 

La fougère des fleuristes


 « Au début du siècle dernier, les cyclamens sauvages et parfumés qui jouent à cache-cache dans les sous-bois depuis les premières pentes du Semnoz jusqu’aux rives du Chéran ont permis à certaines familles modestes un revenu non négligeable. Le village d’Allèves s’était fait une spécialité dans la cueillette, le conditionnement et la vente des bouquets acheminés ensuite vers Paris. Ce commerce mettait en concurrence certaines familles, concurrence exploitée par les intermédiaires qui fournissaient les fleuristes parisiens.

 

Cyclamens

 

A Gruffy, la famille de François TRAVERS avait découvert une autre source de revenus fournie par la forêt : une fougère qui entrait dans la composition des bouquets d’hiver pour décorer les appartements parisiens. Pas la fougère commune qui devient rousse au début de l’hiver mais le Polystic à frondes soyeuses, connu aussi sous le nom de fougères des fleuristes. Précisément c’était les fleuristes qui s’intéressaient à ces plumets vert foncé, à l’aspect vernissé. Pour l’année la plus favorable, ce n’est pas moins de 30 000 tiges de fougère qui furent soigneusement rangées dans des cartons pour expédition.


 

Contrairement aux cyclamens, il n’y avait pas de concurrence dans le domaine de la fougère. Les enfants de François, André et Henri avaient pour consigne de garder secrètes leurs longues escapades dans la forêt du Semnoz et surtout leur but. La cueillette les conduisait jusqu’à la limite des arbres, là où la pente très prononcée butte contre la base de la grande falaise. Il leur arrivait même de prospecter les failles et les vires de cette grande muraille qui se déploie du Jarou au Goléron et du Goléron aux Fours.

 

polystic2


Ce n’était pas tâche facile car ils étaient chaussés de chaussures à semelle de bois. Le retour se faisait à la tombée de la nuit par souci de discrétion ; non pas que cette cueillette fut prohibée mais pour ne pas dévoiler cette source de revenus qui permit aux trois enfants du couple de poursuivre des études supérieures.

 

Mon père Henri avait gardé un souvenir émerveillé de ces sorties. Peut être son amour de la nature et des plantes en était-il une conséquence ? 

 

                                                        Jean TRAVERS 3 décembre 2010.

 

Photo de cyclamens de Mireille et illustration fournie par le réseau Tela Botanica (Carnet en ligne)

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chantal11 02/05/2011 12:51


Voilà qui est très intéressant.. et je comprends qu'on gardât l'endroit secret!!
Un beau partage !
Merci pour la fleur de cyclamen Christiane
bonne semaine à tous et à toutes
amicalement
chantal


Entre Semnoz et Chéran 05/05/2011 10:47



Peut être les retrouverons-nous lors d'une promenade!