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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

J-J ROUSSEAU, épilogue I

18 Janvier 2013 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Histoire et légendes

 

L’année 2012 est terminée, nous allons bientôt abandonner Jean-Jacques ROUSSEAU et laisser la mémoire reprendre ses droits. Mais il reste cinq lettres à parcourir ensemble et à illustrer par quelques photos. Cette lecture montre combien le philosophe botaniste a essayé d’être exhaustif auprès de sa chère cousine :

 

  • Dans la lettre IV (juin 1772), JJR aborde une nouvelle famille, dans les «monopétales irrégulières » :

 « les fleurs en gueule, parce que ces fleurs sont fendues en 2 lèvres, dont l’ouverture [...] leur donne l’air d’une gueule béante ».

 

Il divise ensuite ces monopétales en labiées, (qui sont actuellement les lamiacées) et en personnées ou scrophulariacées.


000lamiacées galeobdolonb-copie-1

 

 

 

 

Lamiacées  : 

Lamium galeobdolon, ortie jaune (fleur jaune) et Ajuga reptans, bugle rampante, (fleur bleue), deux lamiacées très fréquentes dans les prairies et sur le bord des chemins.

 

000lamiacées ajuga reptans 113




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la suite de nouvelles classifications génétiques faites à partir de 2003 et dont la dernière date de 2009 (APG III *) la famille des scrophulariacées, famille « fourre-tout », a été complétement remaniée, il ne reste que peu de plantes courantes dans nos nouvelles scrophulariacées, notre Jean-Jacques y perdrait son latin !


000 moléne II

 

 

 

 

 

Il reste néanmoins une plante très fréquente, toujours sur le bord des chemins, la molène noire Verbascum nigrum.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La 5ième leçon (juillet 1772) porte sur les ombellifères, « en pleine fructification dans ce moment ». Il en donne une description détaillée, de la structure des «rayons» (ou pédicules) eux-mêmes terminés par « un ordre de rayons plus petits » ; au passage, il donne l’étymologie du terme ‘ombellifère’ ou «Porte parasol», du latin umbella signifiant parasol.

Actuellement, les ombellifères sont devenues les apiacées.


Laser siler, apiacée très courante


0000apiacées

 

Prairie d'apiacées, en juillet, en Maurienne


000 apiacées II

 

La 6ième leçon porte sur les fleurs du type pâquerette, les Composées ou Astéracées, qui sera la fleur emblématique – et si commune- qu’il nomme aussi « petite marguerite ou marguerite tout court ».


000marguerite

 


Regardez-la bien ! Il en fait une description :


«deux cents ou trois cents fleurs toutes parfaites, c'est-à-dire, ayant chacune sa corolle, son germe, son pistil, ses étamines, sa graine ». « Si vous aviez déjà les doigts exercés aux dissections botaniques, que vous vous armassiez d’une bonne loupe et de beaucoup de patience, je pourrais vous convaincre de cette vérité par vos propres yeux ».

 

Son élève devra le croire sur parole, bien qu’il continue en lui disant «regardez maintenant les brins jaunes qui sont au milieu de la fleur », puis après, «les folioles blanches au-dessus, rose au-dessous qui forment comme une couronne autour de la marguerite »... qui n’aurait pas déjà sorti la loupe, conseillée auparavant !


000fleur de marguerite-copie-1

 

  • LETTRE VII (sans date, probablement fin 1773, début 1774) :

Cette lettre est bien plus courte, et en raison de la saison propice, porte sur les arbres fruitiers que sa Chère Cousine peut trouver dans les vergers. Il en profite pour lui rappeler qu’il est nécessaire d’avoir les feuilles des plantes qu’elle lui envoie, pour les déterminer !

«Le feuillage est souvent nécessaire pour déterminer l’espèce à un aussi mince botaniste que moi ».

 

Au passage il rend hommage «au savant Linnaeus » (Carl von Linné). Que penser de sa remarque : 


« Il ne faut pas, chère amie, donner à la botanique une importance qu’elle n’a pas ; c’est une étude de pure curiosité et qui n’a d’autre utilité réelle que celle que peut tirer un être pensant et sensible de l’observation de la nature et des merveilles de l’univers »?

 

Mais cela est déjà beaucoup et le romantisme du siècle suivant ne serait-il pas en germe dans une telle observation ? 

 

 

à suivre ..........

 

                                                                                 Jean

 

 

*La classification APG III (2009), ou classification phylogénétique, est la troisième version de la classification botanique des angiospermes établie par l'Angiosperms Phylogeny Group. C'est la classification botanique la plus importante aujourd'hui. Elle est construite sur l’étude de deux gènes chloroplastiques et d’un gène nucléaire de ribosome,  ces données sont complétées dans quelques cas par d'autres données.

 

 

 

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chatou11 18/01/2013 18:03

Bonsoir Christiane, je ne me lasse pas de Monsieur Jean-Jacques Rousseau et de ses leçons de botaniques. J'adore le champ d'opaciacées à perte de vue.. impressionnant.
merci pour ce bel article
bisous tout plein et bon week end Christiane sans doute sous la neige
chatou

Entre Semnoz et Chéran 20/01/2013 09:49



je n'avais jamais vu ce genre de prairies toutes blanches d'ombelles, c'était magnifique, on en avait jusqu'à la taille.


de la neige?!?


bises CH*