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Le blog de entre-semnoz-et-cheran-gruffy et de ses botanistes

Le latin, le grec et la botanique

19 Décembre 2015 , Rédigé par Entre Semnoz et Chéran Publié dans #Flore

Lors d’un précédent article début 2014 « nomenclature en botanique », je vous rappelais comment Carl von LINNÉ (1707-1778), au XVIIIe siècle a mis en œuvre un langage universel pour nommer les plantes.  Il a « inventé » la nomenclature dite «binomiale» ou «binominale», celle qui permet de ne prononcer que deux mots pour désigner sans ambiguïté une plante unique.

Les deux noms ont été choisis en latin, langue des scientifiques jusqu’à la fin du XVIIIe. Le premier de ces deux mots, le nom générique, le genre, est commun à plusieurs espèces voisines l'une de l'autre, tandis que le second ou nom spécifique, l'espèce, est  souvent un adjectif, d’origine latine ou grec latinisé et ne s'applique qu'à un seul taxon à l'intérieur du genre. Cet adjectif décrit une caractéristique unique permettant de différencier un taxon des autres du même genre

Et, avec trois à quatre cent mille espèces répertoriées en botanique sur notre (encore) belle planète, l’imagination doit être productive ! Par convention, on écrit genre et espèce en italique et le nom de genre avec une majuscule.

 

Première page du Systema naturae 1758, LINNE.

Première page du Systema naturae 1758, LINNE.

Ordre et méthode ne signifient pas absence de fantaisie et de créativité !!

Reprenons ! Le premier nom d’une plante, nom de genre, regroupe les plantes ayant des caractéristiques similaires. Le deuxième, l’espèce, est un adjectif. (Ne pas oublier la grammaire latine ! Le deuxième mot, l’espèce (adjectif) s’accorde avec le premier mot, le genre, masculin ou féminin ou neutre, singulier ou pluriel, bon courage ! et comme c'est du latin, il y a des déclinaisons, re-bon courage!).

 

Aujourd’hui, nous chercherons quelques taxons décrits grâce à leurs feuilles.

 

L’éventail est large ! La nature a donné aux feuilles toutes sortes de formes différentes. Voilà une des sources d’inspiration de LINNE et de ses collègues botanistes.

Une feuille (folium) peut être, courte, longue, large, étroite, fine, ronde, découpée, un peu, beaucoup…

Retenons quelques mot latins :

étroite (angustus), petite (parvus), grande (grandus), large (latus), ronde (rotondum) etc….. ce qui donne angustifolium, parvifolium, grandifolium, latifolium, rotondifolium etc……

Et pour illustrer mon propos, parmi les gentianes, voici Gentianana angustifolia, gentiane à feuilles étroites.

Le latin, le grec et la botanique

Parmi les lasers, voici Laserpitium latifolium, laser à larges feuilles, beau spécimen de la famille des Apiacées.

Le latin, le grec et la botanique
Le latin, le grec et la botanique

Parmi les géraniums, voici Geranium rotondifolium, géranium à feuilles rondes.

Le latin, le grec et la botanique
Le latin, le grec et la botanique

La position de la feuille sur la tige est aussi un critère,

Amplixicaulis (amplexus, qui a embrassé et caulis la tige), Lamium amplexicaulis, lamier à feuilles embrassantes.

Le latin, le grec et la botanique

et perfoliatus (per à travers et folium feuille), Blackstonia perfoliata, blackstonie perfoliée, elle a de belles fleurs jaunes !

Le latin, le grec et la botanique
Le latin, le grec et la botanique

Le nombre de feuilles est aussi source d'inspiration, bifolium, combien ? Deux !

Maienthemum bifolium, maïenthème à deux feuilles

Le latin, le grec et la botanique

Et millefolium, mille ? Achillea millefolium, achillée millefeuille

Le latin, le grec et la botanique

La forme des feuilles est aussi très créative !

En forme de cuillière, (cochlear), de faux (falcatus), de fer de lance (hastatus), de lance (lanceola), de bouclier (pelta ou scutum), un peu guerrier, non ?

 

Campanula cochleariifolia, campanule à feuille de cochléaire, campanule fluette.

Le latin, le grec et la botanique
Le latin, le grec et la botanique

Rumex scutatus, rumex à feuilles en écusson, oseille ronde

Le latin, le grec et la botanique

Salix hastata, saule à feuilles hastées.

Le latin, le grec et la botanique

Voilà un tout petit aperçu de l’utilisation du latin en botanique, certes voir une cueillière ou un bouclier dans une feuille demande un petit effort d'imagination mais j’espère ne pas vous avoir ennuyé et ... à suivre, peut être..…

 

                                                                                      Christianne

 

Source : le latin au jardin, Diane ADRIAENSSEN, librairie Larousse.

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josette 23/12/2015 19:52

Beau travail !!!!!! comme d'habitude.
Finalement quand on a la bonne clé, le latin ne paraît pas si difficile........
Merci pour tout ce temps passé sur le blog.
De très belles fêtes de fin d'année et à bientôt. Bises

Entre Semnoz et Chéran 23/12/2015 22:27

Merci Josette, je compte sur toi pour un prochain article, tu connais tant de fleurs et je te souhaite de belles fêtes de fin d'année.
Des bises
CH*

André 21/12/2015 17:00

Bien bel article et bien belles photos, là au moins je comprends le latin ...
çà c'est du blog !
Quelle bonne idée on a eu de te confier cette lourde tâche!
Biz et bonnes fêtes de fin d'année.

Entre Semnoz et Chéran 22/12/2015 12:22

merci infiniment, j'y prends aussi beaucoup de plaisir, mais tant mieux si les articles sont lus, c'est le but.
Bonne fin d'année Ch*

Joanny 21/12/2015 14:19

Bravo Christianne ! A suivre!

Entre Semnoz et Chéran 22/12/2015 13:12

merci à toi et j'espère que tu feras bientôt un article dont tu as le secret.
Bonnes fêtes
Ch*